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 Les cabossés vous dérange ? [finie]

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Apple Templewin

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Date d'inscription : 08/03/2013

Carte Chocogrenouille
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MessageSujet: Les cabossés vous dérange ? [finie]   Ven 8 Mar - 13:55



APPLE Templewin
« Sans contrefaçons, je suis un garçon. »



Suppose que je te dise...

Nom : Templewin; Prénom Apple ; Âge : 17 ans; Date de naissance: Un onze août, pour ne pas changer. ; Années d'études : Elle en est à sa septième. ; Pureté de sang Elle appartient à une vieille lignée de sang-pur, mais tombée dans la déchéance, et ruinée depuis bien longtemps. ; Baguette magique: Elle est d'un bois de saule; d'un bois blanc et lisse, dont la garde est plastifiée de manière à ce que les doigts d'Apple trouvent facilement leur prise dessus. Dans le sein de l'artefact, il y a le crin d'un cheval qui appartenait à un de ces ancêtres, un cheval dont on a oublié le nom et la légende.


Longue est la route de nos plaisirs sémantiques.

La grosse chouette blanche marchait de manière déséquilibrée sur le drap. Allongée sur mon lit, j'effleurais du bout de mes doigts la tête ronde du rapace, qui pivotant sur l'axe de son cou, semblait me regarder. Je vins chercher du bout des doigts son bec, pour refermer mon index sur la courbe de sa gueule d'oiseau. Je sentis ses paupières papilloner, dans un geste de protestation, et je le lâchais doucement.

« Sais-tu ce qu'ils disent de moi, depuis que je suis de retour ici, Wheenol ? Ils disent que j'ai changé. Ils disent que je suis moins bavarde et plus timide. Je ne trouve pas cela extrêmement sincère, et honnête. J'ai toujours été timide. Surtout avec les filles. Ce sont des créatures qui m'effraient, parce qu'elles appartiennent à un autre univers. Je ne les comprends pas, elles et leurs robes, elles et leur maquillage. Tu te souviens ? En deuxième année, Annah Clearfrem avait essayé de me maquiller, pour me rendre belle, comme elle disait. Ça m'a énervé, parce que j'ai pris cela comme... oh, comme une insulte. Je ne sais pas si je suis belle, mais je sais que dans sa bouche, ça ressemblait à une moquerie. Beaucoup de filles se sont souvent moqués de mes vêtements et de mes cheveux très oranges, tu sais, hein ? En revanche, les garçons n'osent pas. Parce que je les frappe, sinon. Je ne peux pas frapper une fille, quand même ? Une fille, c'est faible. Souvent plus intelligent qu'un homme, mais en général, c'est un être faible, et soumis à des choses qui n'effleurent qu'à peine l'individu masculin. J'ai assez de chance, je trouve. Je suis plus forte qu'un garçon, et bien plus puissante qu'une fille. »

Vanité, vanité...

« En revanche, c'est vrai que je ne suis plus aussi bavarde. C'est curieux, mais je suis totalement d'accord. Je ne ressens plus ce besoin de parler aux gens, plus comme avant. Il y un fossé entre moi et eux. Je reste sociable, hein Wheenol ? Mais... je n'ai plus autant envie de parler. Je crois que je préfère quand ce sont les gens qui viennent me voir, plutôt que l'inverse. Sauf pour les professeurs. J'aime aller leur parler. Les professeurs ont toujours des belles voix, tu as remarqués ? Je me demande si c'est normal... j'ai l'impression de découvrir cela. Je ne sais plus tellement à quoi ressembler leur voix, avant la falaise. »

La chouette monta sur les cheveux, et s'approcha de mon visage. Je l'attrapais des deux mains, et le projetant en l'air, l'écoutait déployer ses ailes dans un froufrou furieux. Un sourire para mes lèvres, tandis que je levais la main, pour essayer de récupérer l'oiseau. Une minuscule plume vint se poser dans la paume durcie de ma main.

« Je reste timide. Oui. Je reste la meilleure aux duels. Je ne veux pas laisser qui que ce soit me dépasser. Tu as remarqué ? Mon prof de sortilège m'apprécie. Est-ce qu'il sait que je défie autant de monde ? J'imagine que je perdrais beaucoup de points si il savait que lorsque la baguette me fait défait, j'en viens aux armes. Enfin. Nous continuerons à faire en sorte que cela ne se sache pas trop haut, n'est-ce pas ? Et puis, j'ai une bonne moyenne dans cette matière. Clay me reprochait de trop travailler, et de passer mon temps dans la Bibliothèque. Quelle idiote. Dans la bibliothèque, il n'y a que les garçons soumis et les filles intellos. Dans la bibliothèque, il n'y a aucun risque. »

Je retombais sur mon oreiller, sentant mes mèches, disparates, retomber sur mon visage, mes épaules et mon front. Je soufflais, avant de gonfler mes lèvres dans une moue boudeuse.

« Il n'y aura personne qui saura se faire aimer de mon âme, hein Wheenol ? Ni homme ni femme pour m'attraper, et mon plonger dans la prison du lit conjugal. Celui ou celle qui osera seulement poser ses yeux sur moi, je le tuerais. Je planterais ma lame dans son cœur, pour crever tous les sentiments humains qui ont pu y naître. Cet être oubliera jusqu'à sa mère, pour contempler son agonie. Celui qui m'approchera pour l'Amour, je le tue. »

Wheenol se reposa au sol, et je l'entendis gratter le parquet de ses serres. Mes yeux se plissèrent, dans une expression mutine.

« Crois-tu, Rapace, que les gens puissent s'aimer réellement ? Je ne vois dans leur frasque que des besoins sexuels, animaux et primaires. C'est parce que je suis un être évolué, un Humain, que je peux penser cela. »

Wheenol ne me répondit pas. Alors j'abandonnais simplement le lit, et tendant la main, récupérais mon sac, accroché au bois du badalquin.

« J'ai cours de métamorphose, Wheenol. Chasse bien. »





Même si j'en ai vu des culs...

Mrs Grandin, allongée sur le sol, regarde les nuages qui s'enfoncent dans ses yeux. Une couverture de survie est rabattue sur sa poitrine défoncée, et elle ne bouge pas, à l'instar de Pattie, sa petite chienne. La main de la vieille femme caresse la tête froide de l'animal, tandis qu'autour d'elle, les gens courent et se pressent dans ce monde aux couleurs oubliées. Grandin sent le vent sur son visage, mais il a l'odeur du pourri. Elle sent le soleil sur sa peau, mais les rayons qui l'atteignent sont filtrés par la pollution et les nuages d'orage. Elle entend, elle écoute, puisqu'il ne lui reste que cela à faire, de toutes façons. Elle a beau ouvrir ses yeux, elle ne peut pas contempler cet univers dévasté d'une modernité qui se fuit et se cherche. Mrs Grandin se demande si on lui a volé sa pancarte. Ce n'est pas rare, par ici, que les sdf et autres cabossés de la vie se volent les uns les autres. Ici, dans ce quartier de Londres, la loi du plus fort règne. Et Grandin sait pertinnemment qu'elle n'appartient pas aux plus forts. Mais elle s'en fout, et tant qu'elle a Pattie avec elle, et son bonnet sur son crâne, pour lui tenir chaud aux oreilles, elle s'en fout.
Grandin est allongé de tout son long contre le sol. Cela fait un certain moment qu'elle est dans cette position, mais avec la couverture de survie, c'est ce qui la réchauffe le plus. Elle a entendu une voiture passer, tout à l'heure, et la radio hurlait dans l'habitacle que cette nuit serait glacée. Grandin sourit, en se demandant si elle va mourir sur le trottoir. Si demain, les agents sociaux viendront récupérer son p'tit cadavre gelé. Elle sourit un peu plus. Il faudrait que quelqu'un s'occupe de Pattie. Elle sait que la chienne a faim, mais qu'elle est courageuse, et elle ne le montre pas. Pattie est vraiment une petite chose merveilleuse, et courageuse. Du bout des doigts, Mrs Grandin cherche les pièces qu'elle a accumulé dans sa poche. Elle compte cinq livres. Est-ce qu'elle peut acheter de la nourriture pour Pattie, avec ça ? Elle ne sait pas trop : le temps a passé sans elle, et elle ignore si les prix, dans le monde réel, ont montés, baissés. Elle s'en fout. Il y a des clochards qui veulent de l'argent. Elle faisait parti de ceux-là, avant. Avant qu'elle ait cette douleur à la poitrine. Et puis un jour, elle a compris que même si y'avait des braves types qui jetaient une pièce ou deux devant elle, et bien, elle mourrait quand même sur le trottoir. Pour elle, il n'y avait pas d'avenir. Mrs Grandin ne voyait pas le lendemain, et ses yeux éteints avaient depuis longtemps cessés de scuter les ténèbres. Ce n'était pas lâche. C'était simplement le constat de son combat : il n'y avait pas de fin rassurante, il n'y aurait pas de happy-end. Doucement, Pattie se mit à geindre, comme en échos à ses pensées : pour lui dire de ne plus réfléchir à cela. Grandin ricana, et avec infiniment de tendresse, caressa la petite truffe gelée de la chienne.
Quelqu'un, que Grandin avait entendu arriver, mais s'en s'y intéresser, se prit soudain les pieds dans ses jambes, et chuta, tandis que Grandin, choquée par le heurt, lâchait un juron, avant de tourner la tête vers la personne qui se relevait lentement.

« Vous ne pourriez pas faire attention ? Heureusement que ce n'est pas ma chienne que vous avez tapé ! »
« Désolée Madame. Je nous avais pas vue. »

La voix était jeune, et féminine. Une gosse ? Grandin se prit à sourire. Un rictus édenté, moqueur, dans lequel tout le froid du Londres enneigé se glissa : et à l'intérieur de sa bouche, son rire se mêla au vent.

« Pas vue, hein ? Heh, c'est moi qui ne vous voit pas. Vous me preniez pour quoi ? Un sac poubelle sur le sol ? »
« Je ne vous ai pas vu. Je ne vois pas. »
« Oh. »

Grandin trouva brusquement la force de se relever, et Pattie, surprise, se mit à japper en direction de l'inconnue. Quoiqu'ici, pour elle, tout était inconnu, et ce, certainement à jamais. Grandin leva la main, dans cette recherche de l'Autre, l'Autre qui elle non plus ne pouvait pas voir. Les doigts gelés attrapèrent une manche, remontèrent un bras, et attrapèrent une main. Une main lisse, très lisse sur le poignet et le dos de la main. Une main chaude et fine, dont les doigts, comme une complicité tendre à leur mutuelle cécité, se refermèrent dans sa paume. Grandin sentit alors la peau massacrée, sèche, et déformée. Des mains rugueuses, calleuses, à la force travestie. Des paumes d'homme, sous des doigts de femme.

« Comment t'appelle-tu, petite ? »
« Apple Templewin. Vous ? »
« Marcia Grandin. Et la p'tiote, là, c'est Pattie. Comment ça se fait que tu marches dans un endroit aussi sinistre, Apple ? »

Ses doigts avaient courus le long du bras, effleurés une poitrine plate, et remonté une gorge chaude. Pour finalement se poser sur un visage qu'elle caressait maintenant, du bout de ses ongles, pour deviner ce visage qu'elle ne verrait pas.

« Rien de très intéressant. J'essayais de ne pas avoir peur de l'inconnu. »
« De l'inconnu ? »
« De tout ce qui m'est étranger. Ce qui est invisible, que je ne voyais pas avant, je le devine dans l'ombre, maintenant. J'étais partie faire la guerre à ces monstres de l'ombre. Et je suis tombée sur vous. Pattie est là ? »

La petite chienne, accompagnée d'une tape sur le garrot par Grandin, vint humer les doigts de Apple, qui elle, ne bougeait pas sous l'introspection kinesthésique de Marcia Grandin. Les doigts de la vieille femme caressait ce nez un peu recourbé, ces lèvres arrondies et sèches, ce visage ovale et plat, ces yeux étirés et ces prunelles alertes.

« Tu ne t'armes pas d'une canne blanche, pour ce genre de guerre, ma fille ? Ça éviterait bien des dommages collatéraux. »

Apple sourit, d'un sourire que les doigts de Grandin accompagnèrent.

« Nos troupes ont déjà le moral bien bas, pour qu'en plus, on leur présente un moyen de défense aussi ridicule et inutile contre l'ennemi. J'essaie d'apprendre par cœur ces endroits que je connaissais, de manière à n'avoir pas besoin de canne. Ce serait humiliant pour moi. »
« Tu étais voyante, avant ? »
« Oui. »
« Que s'est t-il passé ? »
« J'ai subi un choc cérébral, et la lésion a provoqué une perte immédiate de la vue. »
« Chérie, j'ai fait mat' sup, moi : maternelle supérieure ! Alors parle moi de manière à ce que je te comprenne. La rue, dans mon cas, ç'a m'a rendu bête. … Tu rougis ? »
« Je suis désolée. Je ne voulais pas être orgueilleuse. »
« Dis moi donc ce qui t'es arrivé. »
« J'ai glissé d'une falaise. »

Le sifflement appréciateur de Grandin arracha un sourire amusé à Apple, qui caressait avec soin le corps frissonnant de Pattie.

« J'aime bien tes cheveux. Ils sont très épais, et ils partent dans tous les sens. J'aime ta peau, aussi. Tu dois être jolie. Tu te souviens de tes couleurs ? »
« J'ai les cheveux oranges. »

Le concept de « jolie » n'existait pas dans la tête d'Apple. Un garçon n'était pas « jolie ». La chienne quitta ses doigts, pour venir se réfugier contre sa maîtresse, en geignant doucement. La vieille main abandonna finalement le visage d'Apple, pour se concentrer sur les vêtements qu'elle portait. Sous les doigts de la vieille femme, les tissus d'un uniforme militaire roulaient, dans des cascades de plis et de tissage. La main s'arracha avec violence, sous la reconnaissance de l'uniforme.

« Tu es de l'Armée ? »
« Mon père est cavalier. Je ... »
« Vas-t-en ! Dégage de là ! Je ne veux pas te voir ! Pars ! »

Hystérique, Mrs Grandin essayait de se relever, pour attraper la jeune fille, pour la bousculer, mais dans un glissement de ses genoux, celle-ci avait déjà disparue, emportée par un coup de vent.


Moi je veux vivre...

« Apple ? »

Tout commence par l'Être. Tout commence par un prénom.

« Apple, attrape ma main ! »

Tout commence par une vie qui se hurle.

« Apple ! »

Tout se termine par une fin.

(…)

Rentrez dans cette chambre.
La porte est entrouverte, et vous pouvez constater qu'en posant votre main sur le panneau de bois, celui-ci est finement ciselé. Sous vos pieds, les franges d'un tapis tressé, qui s'achève face à la chambre. La porte est ciselé, dans des gravures qui témoigne d'une certaine richesse. Il vous suffirait de vous retourner pour constater que le manoir dans lequel je vous ai fait entrer est empli de cette ambiance aisée, de ces ambiances qu'ont les manoirs des familles riches.

Pénétrez ce lieu, et fermez doucement la porte derrière vous. Il n'y a personne, de toutes façons. Je me suis assuré que vous compreniez cette histoire sans que les personnages ne viennent vous y gêner. Ils seront là quand les scènes du passé devront resurgir. Commencez par avancer. La chambre est lumineuse, et tout autour de vous, la composition et la disposition des meubles de bois rouges enflamment le lieu dans un éclat intense. Sur votre droite, un lit aux drapées dorées, sur lequel le soleil se reflète ; en effet, la fenêtre qui vous fait face laisse passer la lumière de cette journée merveilleusement lumineuse, et les rideaux flottent dans le courant d'air glissé par l'interstice des vitres ouvertes. Vous pouvez détourner vos yeux de la fenêtre et regarder que contre l'un des murs, il y a un bureau de bois. Approchez vous en. Penchez vous au dessus de ces papiers qui en recouvrent la surface, et qui frissonnent à votre approche, vous qui déplacez le courant d'air. Sur les feuilles les plus élevées, vous pouvez poser vos yeux, et observer cette écriture penchée, un peu griffue, dont la vitesse d'écriture à éclaboussé les marges. Maintenant, déplacez doucement les feuilles, sans les froisser, de manière à pouvoir récupérer un petit carnet de cuir, défraichi, que je vous conseille de prendre entre vos doigts. Caressez sa couverture bleue, ses coins cornés. Ouvrez-le. À première vue, vous constatez qu'il est vide ; mais posez vos doigts. Ressentez vous les reliefs ? Des points, des petites alvéoles, dans des pores de papier créées par un instrument pointu. Connaissez vous cet alphabet invisible ? Le braille.
La main qui a écrit ces lettres griffonnées caresse cet alphabet, le connaît, et le comprend. La main qui a écrit dans ces deux genres de mots a aussi dessiné les dessins que vous devriez voir, si vous vous retournez. Ils sont accroché au mur à droite de la fenêtre ; approchez vous-en, pour mieux les voir. Ils sont nombreux. Ils tapissent le mur dans toutes sa largeur. Commencez par aller voir le premier : celui tout près de la porte. Allez-y.
Y êtes vous ? Regardez la feuille.

Le premier dessin, aux traits très enfantins, représente une famille, assemblée autour d'un berceau, et le bleu est la couleur dominante de ce dessin. Un bonhomme, aux bras et jambes batons, représente le père, à gauche du berceau. Cet homme porte un uniforme de soldat, et vous pouvez constater que ce soldat semble très gradé, très fier, très charismatique, en somme. Ce soldat verse de grosses larmes bleues, qui tombent jusqu'à ses pieds.
De l'autre côté du berceau, il y a une femme. Très mince, très grande, et de longs cheveux roux, qui cascadent jusqu'à ses genoux. Ses yeux sont fermés, et son visage a été colorié en gris. Elle porte une robe noire, et semble s'écouler de ses jambes du sang, qui vient tacher le sang. Au centre de ce couple, le berceau, bleu, abrite un bébé totalement rose.

Laissez moi vous expliquez.
Apple est née dans une famille dont le père est réputé depuis plusieurs années pour ses talents de chef militaire. Lieutenant des forces cavalières chargées de la protection des personnalités sorcières importantes, il a placé dans la grossesse de sa femme un espoir gigantesque à l'idée d'avoir un héritier. Le garçon tant désiré naquit cependant fille, et l'homme perdit sa femme lors de l'accouchement. Ce fut le premier événement marquant de la vie d'Apple.

Vous pouvez maintenant vous concentrer sur le second dessin.
Il représente une enfant, qui porte des vêtements de garçon. Debout à côté de son père, l'enfant regarde celui-ci jeter une poupée dans le feu, et lui tendre une épée en bois. Permettez que je passe les explications, vous aurez compris, je crois, comment se déroula l'éducation d'Apple, dès son plus jeune âge.

Le troisième suivant présente maintenant cette même enfant, qui porte toujours des vêtements masculins, mais dont les cheveux, profondément dessinés au feutre orange, forment comme une tâche de couleur au milieu de ce dessin. Le bleu est toujours là, omniprésent dans ce dessin sur lequel l'enfant est représenté assise sur un énorme étalon blanc. En revanche, une chose est notable ; sur la face ronde de l'enfant, il y a un énorme croissant rouge que vous pouvez interpréter comme un sourire. Ce dessin est heureux. Ce dessin est le commencement de l'amour d'Apple pour sa vie. Son père, à l'âge de huit ans, lui fit prendre des cours d'équitation, et la passion folle pour l'étalon blanc qui devint son coursier fit pleinement accepter sa vie à Apple. Sachez qu'en général, Apple n'aime pas tellement les animaux. Ni les cheveux. Mais ce cheval blanc est le sien, et son père est fier de cette passion.

Faites quelques pas, ignorez certains dessins ; ils représentent l'enfance d'Apple. Une enfance travestie, durant laquelle son père l'aima énormément, mais l'éleva comme un garçon. Des dessins représentant les cours d'épée, les leçons d'histoire, son cheval, et les années qui défilent. Arrêtez vous, maintenant. Observez le dessin qui représente une énorme allée, bondée de monde. Vous devez la reconnaître, non ? Le chemin de Traverse. Apple a onze ans, quand elle dessine ce dessin. Vous pouvez reconnaître la boutique d'Olivander, le Royaume du Hibou, et toutes ces boutiques qui font la légende de l'Allée. Apple ne s'y est pas représentée, mais considérez que ce dessin est comme une photo de ce qu'elle a vu, de ce qui l'a marqué. Qu'est-ce qui vous a marqué, vous, lors de votre premier passage dans cet endroit ?

Continuons. Rendons nous au dessin suivant. Il représente Apple, dans la gare de King Cross. Apple est devant une valise qu'un enfant balance, et elle a son épée dans la main. Sous ce dessin, accroché juste en dessous, l'enfant qui a jeté la valise est représenté l'épée sous la gorge, Apple vainqueur. Derrière elle, son père est là, aussi, et sourit.

Les dessins suivants, vous pouvez les survolons ; je ne veux pas m'arrêter précisément sur eux. Ils représentent les cinq premières années d'études à Poudlard d'Apple. Il y a les cours, il y a les couloirs, il y a les toilettes pour garçons, il y a des boites de tampons, il y d'autres élèves qu'elle défie, à la baguette, à l'épée, et rarement Apple y est représentée comme perdante. Vous pouvez comprendre qu'elle est une enfant qui ne se résout jamais à perdre, qui aligne les duels, et qui se fait une petite popularité, autant parmi les filles que parmi les garçons. Des élèves sont représentés, soit mis en valeurs, soit le visage barbouillé, mais je vous le répète, ses cinq premières années d'étude ne sont pas très importantes. Elle s'habille en garçon, frappe et apprend.

Approchez vous d'un dessin : le plus sombre de tous. Il est gris et noir, et même les cheveux d'Apple, dessinés dans la violence d'un feutre noir et d'un crayon anthracite, perdent de leur éclat enflammé. Apple est plaqué contre une falaise, le vide hurlant sous elle ; une pluie drue s'abattant sur la scène. Le père est allongé sur le rebord de cette falaise, et tend la main, comme s'il essayait d'attraper Apple.

Permettez que nous plongions dans l'histoire de ce dessin.

(…)

« Apple ! »

La pluie explosait contre son corps, comme des centaines de mains alourdissant sa chemise de nuit, l'humidifiant, pour venir se plaquer contre ses reins et ses bras. Ses doigts, glissant, étaient désespèremment crochetés contre la roche rendue glissante. Les yeux grands ouverts sur ce ciel qui se zébraient d'éclair, Apple ne savait plus si elle pleurait, ou si les larmes qui coulaient sur ses joues et noyaient ses yeux était la pluie. Le vacarme épouvantable de l'orage se déchainant sur elle la rendait sourde, et elle savait qu'elle n'était qu'une poupée ballotée dans le vent. Combien de temps tiendrait t-elle, encore, avant de lâcher ? Ses bras, entrainés à l'épée, étaient douloureux, et ses épaules l'élançaient. Mais elle savait que ce ne serait pas son corps qui la trahirait : mais la roche sous ses doigts. Elle allait glisser. Le caillou se décrocherait sous son poids, et elle allait glisser. Au dessus d'elle, dans la brève détonation lumineuse d'un éclair, elle crut apercevoir son père. Ses prunelles s'étrécirent. Oui ! Il était là !
Père, voulut t-elle murmurer. Mais sa voix éteinte n'aurait jamais porté dans ce vacarme des éléments déchainés.

« Apple, attrape ma main ! »

Elle ne pouvait pas. Il était trop haut. Bien trop haut. Et si elle lâchait la roche, elle savait qu'elle n'aurait pas la force de se retenir d'un seul bras. Toute sa vie, elle avait appris à être plus forte qu'un garçon, pour être plus forte qu'un homme. Elle était dans l'été de ses seize ans. Elle savait son corps rompu à l'art du combat, au cheval, et jamais elle n'aurait du glisser le long de cette falaise. Jamais elle n'aurait du mourir de façon aussi conne. Tiens. Ce serait ses ennemis qui seraient heureux d'apprendre qu'on avait retrouvé son corps désarticulé au bas de cette falaise. Sous la pluie mugissante, Apple se surprit à sourire. Le vent lacérait son dos, et elle sentait sa chemise de nuit, tâche blanche qui collait à ses seins et à ses cuisses, dans une traitresse étreinte. Elle avait essayé de s'accrocher ; de glisser ses pieds contre la falaise, mais le vêtement l'avait fait glisser, et elle savait l'effort inutile. Il était trop tard. Son père hurlait au dessus d'elle. Hurlait son prénom. Puis soudain il se tût, et il lui sembla, que pendant une seconde, tout le monde entier devint silencieux pour qu'elle puisse entendre la phrase qu'il murmura.

« Je t'interdis de perdre, Apple. Je t'ai élévé pour que tu gagnes. Toujours. »

La foudre explosa, et le rocher glissa sous ses doigts.

(…)

Revenez doucement à la réalité. Abandonnez ce passé d'orage et de pluie, de bruit et de hurlement du vent pour revenir dans cette chambre lumineuse et silencieuse. Le dessin suivant représente Apple. Elle est couchée dans son lit, et un bandage enserre sa tête. Son père est assis à côté d'elle, et a le visage levé vers un médecin, qui semble parler. Le diagnostic est établi ; Apple ne retrouvera jamais ses yeux.

Les dessins suivant représentent la lente rééducation d'Apple. Son père lui apprit à monter à cheval sans ses yeux. À se battre à l'épée sans ses yeux. À esquiver et contrer des sortilèges sans ses yeux. Apple appris à vivre sans ses yeux. Sur les dessins, plus la moindre trace de Poudlard : elle resta un an chez elle, dans son manoir, avec son père, à reprendre une lente possession de son environnement et de ses moyens sans ses yeux. Poudlard fut prévenu de son absence par une longue lettre explicative de son père, signée par les médecins, et elle passa ses examens à distance. Le dernier dessin la représente assise sur son cheval blanc, en uniforme militaire, ses cheveux roux étalés dans le vent. Elle a le visage tourné vers Poudlard, au loin, et à sa ceinture, l'épée est là, à portée de doigt.

La rentrée pour sa septième année a eu lieu, et Apple a encore plusieurs dessins à faire. Pensez-vous que votre portrait puisse être affiché sur le mur de sa chambre ? Qui sait ?

Désolée, Scorpius. C'est beaucoup plus petit que Chess.


Derrière l'écran, se trouve ...


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fiche par romane de Artsoul


Dernière édition par Apple Templewin le Mer 13 Mar - 17:12, édité 13 fois
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Matthias J. Hobbes
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MessageSujet: Re: Les cabossés vous dérange ? [finie]   Ven 8 Mar - 14:08

ReReReWilkommen très chère.

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Victoire WeaScamander
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MessageSujet: Re: Les cabossés vous dérange ? [finie]   Ven 8 Mar - 14:55

Rererere-bienvenue Smile Tant de compte, tant d'histoires
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Scorpius Malefoy

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MessageSujet: Re: Les cabossés vous dérange ? [finie]   Ven 8 Mar - 15:33

J’attent une aussi magnifique histoire que celle de Chess !! Lala a bu du café
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Artémis D.Dragonneau

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MessageSujet: Re: Les cabossés vous dérange ? [finie]   Sam 9 Mar - 10:19

J'attend un portrait psychologique des plus intéressent! Lala a bu du café
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Jacob Dragonneau
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MessageSujet: Re: Les cabossés vous dérange ? [finie]   Sam 9 Mar - 10:22

re-re-re-re-bienvenue ! ^^
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Mia Flavia Hobbes

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MessageSujet: Re: Les cabossés vous dérange ? [finie]   Dim 10 Mar - 12:24

Bienvenue pour la énième fois!
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Lorcan « Chess » Hatefull

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MessageSujet: Re: Les cabossés vous dérange ? [finie]   Lun 11 Mar - 5:23

J'essaie de finir la fiche d'Apple cette semaine ! ~
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Apple Templewin

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MessageSujet: Re: Les cabossés vous dérange ? [finie]   Mer 13 Mar - 12:32

Physique mis à jour. Reste... le caractère.
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Lorcan L. Scamander

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MessageSujet: Re: Les cabossés vous dérange ? [finie]   Mer 13 Mar - 13:16

La partie caractère, c'est le plus hard u_u
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Apple Templewin

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MessageSujet: Re: Les cabossés vous dérange ? [finie]   Mer 13 Mar - 17:09

Terminéééééééé.

Tout sauf Pouffy, s'il vous plaît ;__;
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Artémis D.Dragonneau

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MessageSujet: Re: Les cabossés vous dérange ? [finie]   Mer 13 Mar - 17:31

Citation :
« Il n'y aura personne qui saura se faire aimer de mon âme, hein Wheenol ? Ni homme ni femme pour m'attraper, et mon plonger dans la prison du lit conjugal. Celui ou celle qui osera seulement poser ses yeux sur moi, je le tuerais. Je planterais ma lame dans son cœur, pour crever tous les sentiments humains qui ont pu y naître. Cet être oubliera jusqu'à sa mère, pour contempler son agonie. Celui qui m'approchera pour l'Amour, je le tue. »

, tu vas plaire au Roro national!
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MessageSujet: Re: Les cabossés vous dérange ? [finie]   Dim 17 Mar - 7:54

Bienvenue chez les
Gryffondors


Tu peux désormais aller réserver ton Avatar.
Si tu ne veux pas être perdue va aussi te créer une fiche de Lien & un répertoire de Rp.
Je rajoute 5 Points pour ta maison.
Bonne continuation à toi, & bon jeux.
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