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 A warning to the prophet, the liar, the honest

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Lorcan L. Scamander

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Carte Chocogrenouille
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Travail/Etudes: Ecrivain - Psychiatre- clinicien

MessageSujet: A warning to the prophet, the liar, the honest    Ven 29 Mar - 23:11

Un avertissement au prophète, au menteur, à l'honnête.
C'est la guerre.



Moon.



« Tu es Chess. Tu trouveras. Ni la mort ni le soleil ne peuvent t'arrêter. Lestat serait jaloux de toi. »
Lestat serait jaloux, car on ne l'a pas aimé. Moi, je t'ai livré toute mon âme.



Dans le claquement d'une réalité qui s'achève, je refermais ma porte derrière moi, m'enfermant dans les ténèbres de mon bureau. Mes doigts restèrent accrochés au bouton de la poignée, mon dos posé contre le panneau de bois. Mes yeux avaient fouillés, malgré mon désir, les ombres de l'endroit plongé dans le noir, et trouvèrent, grâce à la luminosité de la lune, le visage au contour ciselé de Lorcan Hatefull. De Chess. Doucement, mes doigts s'ouvrirent, et glissant le long de la porte, en froissant dans mon dos le tissus de ma chemise ; je vins heurter le sol lentement. Mes genoux dérobés sous moi, je vins reposer ma tête contre la surface de la porte. Je ne parvenais pas à ne pas le regarder. Et lui ne me voyait pas. C'était insupportable. Ça m'était insupportable. Ramenant mes jambes jusqu'à ma poitrine, dans le réflexe de l'enfant qui veut cacher ses larmes, je laissais le frisson des souvenirs secouer mon esprit. Un frisson ne m'appartenant pas, mais qu'il m'avait offert. Le tout premier.


« Qui es-tu ? »


On avait appelé mon nom, et j'eus envie de lancer une plaisanterie à ce chapeau miteux que l'on venait de déposer sur ma tête. Qui suis-je, créature anglaise, chose personnifiée ? Qui suis-je, moi qui vient du pays du sable, qui parle hébreu, et trébuche sur mes prononciations anglaises ? Moi qui suis enfant du soleil, qui ai les yeux bleus, et les cheveux blonds ? Pourquoi me poser la question, alors que jamais tu ne pourrais réellement le savoir. Tu n'étais rien d'autre qu'un chapeau. Moi, j'étais tellement plus que toi.


« Le crois-tu ? Ta vie vaut t-elle plus que la mienne ? »


J'ignorais que tu étais en vie, Chapeau. À mes yeux, tu étais un objet que des anglais à qui des anglais avait voulu attacher de l'importance. Tout comme ces vêtements que je devais porter, qu'eux tous devait porter. Il y a six mois encore, je pouvais courir nu dans le désert. Avant, j'étais en Egypte, et j'étais libre. Du moins, c'est l'impression que j'avais. Je pensais que le monde m'appartenait, et qu'il suffisait que je coure toute la journée, en compagnie des enfants arabes, noirs, pour être persuadé que nous venions de faire le tour du monde ; de par nos esthnies, de par ma magie, de par les connaissances qu'eux pouvaient posséder, s'ils venaient de différentes tribus entre eux. Je ne le savais pas. Mais au moins j'étais heureux.

« Tu es donc malheureux, ici ? »


Non. J'ai découvert Chess. Je n'aurais pas pu lire de l'anglais, avant. Je n'aurais jamais découvert Cheshire.

« Est-ce que tu es prêt à tout pour montrer que tu es Chess ? »


Naturellement. Tuer ? Est-ce que je dois avoir honte de l'avouer ? Les mœurs anglais sont d'une politesse hypocrite. Si je dois casser la tête de quelqu'un contre le sable parce qu'il l'a mérité, alors je le fais. Je l'ai déjà fait. J'ai été éduqué par les scorpions des roches. J'ai grandi près des cobra. J'ai mangé avec le vent. Je suis la nature que la faiblesse anglaise redoute, dans toute sa splendeur grise et frêle. Je suis la violence, et je suis la désincarnation de la beauté. Je suis Chess. Je suis Lorcan Hatefull.


« Et si quelqu'un était plus fort que toi ? »


Cette personne n'existera jamais.


« Et si elle existait ? »

Alors je l'aimerais.


Tu avais tenu ta promesse, chaton. Tu l'avais tenu, songeais en glissant mes doigts sous son corps. J'ignore de quelle manière j'avais réussi à me relever, et à traverser la pièce, mais dans le silence de sa mort, il n'y avait pas de place pour le bruit. Dans l'immobilité de sa mort, il n'y avait pas de place pour la brusquerie de mes mouvements. Dans ta mort, chéri, il n'y avait plus de place pour ma vie. Muscles bandés, je soulevais le corps de Chess, abandonnant tout effort humain, pour me glisser dans l'écrin de force du Dragon. Libre, irréel dans mes bras, le corps mort ne pesait rien. Simplement un contact de vêtements et de cheveux contre la peau nue de mes avant-bras. Je le tenais comme l'on pourrait tenir un enfant, s'il n'avait pas été aussi grand. Aussi maigre, et aussi fragile. Cassé de l'intérieur, mon chaton ne bougeait plus. En m'offrant ce souvenir, tu m'avais fait sourire. C'était un mardi de septembre, et nous étions assis sous un ciel gris. T'en souviens tu ? Tes doigts avaient glissés sur ma tempe, et sans baguette magique, tu étais parvenu au transfert de pensée. Mes yeux, dardés sur le vide, dans une contemplation passive de la journée qui s'offrait à nous, s'étaient écarquillés sous la compréhension de ce que tu étais en train de faire, et lorsque le souvenir avait pris possession de mon esprit, s'imposant à moi comme s'il m'appartenait et que j'en connaissais chaque texture, chaque recoin, je t'avais observé avec une surprise peu cachée. Tu avais souri, et je t'avais demandé « pourquoi ». Tu ne m'avais rien répondu, ce jour-là. Mes doigts avaient courus sur la peau de ta blanche, étirant sous la pression légère de mes phalanges les dermes laiteux qui couvraient ta carotide. Tu avais frémi. Simplement frémi.

« Suis-je plus fort que toi ? »

Je ne m'en étais pas vanté. Plus jamais. Tu m'avais répondu « oui », mais sans m'expliquer ce jugement, et je n'avais jamais, quelque part, été résolu à l'accepter. C'était toi, le semi vampire, le semi dieu, le semi humain, le Chess, qui était l'Invincible. Le Fort. C'était toi, Chess. Tu ne m'avais pas répondu, et le ciel était devenu gris. Pahal, dans mon ventre, avait rugi.

Elizabeth se glissa contre mes mollets, et sans le moindre ronronnement, cette fois, m'accompagna jusqu'à la sortie de mon bureau. Les mèches blondes heurtaient le vide de la hauteur de mes bras, et la nuit de Poudlard et de ses sommeils enfantin m'accompagna dans ma marche. Je ne croisais personne ; rien que les souvenirs de mon enfance, liés à ceux de Chess, qui dansaient maintenant devant mes yeux. Des souvenirs qui défilaient, au rythme de mes pas. Je voyais cet enfant blond, aux yeux bleus, petit lion, qui tenait dans ses mains une planche à roulette aux profil racé. Derrière ses prunelles bleues, l'éclat d'un vert qui s'annonçait déjà, comme pour souiller l'innocence feinte d'une enfance qui se veut parfaite. Un vert sylve, noyé par la Folie qui l'habite déjà. Un vert qui illuminera son amour et ses regards. Il y a, dans une autre vérité, un autre garçon. Un autre blond, aux yeux bleus, qui laisse pousser ses cheveux, et qui tord son corps dans une souplesse androgyne. Un autre garçon de quarante de plus que l'autre. Le présent et l'avenir se sont liés entre eux, pour former le nœud source de la violence de leur amour.
Je ne savais plus si je pleurais.
Le Hall de Poudlard était illuminé par la lune. Exaltée par la blancheur des lieux, la pureté de l'instant m'arracha à la pensée de Chess, et je ne fus plus qu'en état de contemplation devant les vitraux ancestraux de l'Ecole. Le Lion de ma maison rugissait à la nuit, dans la blancheur éclatante de l'astre nocturne. Son corps, plus puissant que jamais, exhibait l'intensité des Gryffondor. Le souffle me manqua. Traversant la nuit, un nuage se glissa entre la lune et les vitraux, et profitant de l'accalmie provoquée par la cessation de l'enchantement, pris d'un froid terrible, je traversais le Hall. Il y avait autour de moi les murmures de centaines de générations d'élèves. Il y avait Godric et il y avait Chess. Il y avait Dumbledore, Potter, Black, il y avait Rolf, Hélios, Lysander, Angela. Il y avait Chess. Chess qui souriait. Chess que le blanc de la lune aurait rendu magnifique. Ses cheveux se seraient illuminés. J'ouvrais les deux gigantesques portes, et le vent explosa dans la nuit.
Mes doigts se ressèrent autour du corps de Chess, et refusant de baisser les yeux sur lui, je levais mon visage pour contempler cet œil blanc et éternel. Pense à moi, avait t-il dit, quand les croissants de lune seront ces sourires que j'aime à imiter. Pense à moi quand la nuit sera souriante. Ce soir, Chess, la nuit était un regard endeuillé sur toi. Il n'y avait pas de sourire. Il n'y avait que la lumière étalée sur ce qui ne peut pas se cacher. Mes yeux se fermèrent, et le dragon s'éleva. Les dessins noirs recouvrirent mon corps, et je murmurais à Pahal de nous emmener loin de Poudlard.

Assis sur l'herbe noire du Parc, sur lequel soufflait un brise nocturne, le chat rachitique, Elizabeth, contemplait le ciel d'encre, sans jamais bouger. Ses prunelles exorbitées vers une voûte inaccessible, il semblait sourire. [/b]

(...)

« Lorcan. J'ai vécu presque dix ans sans pouvoir sortir dehors. Tu m'as offert le soleil. »

[b]La danse de l'individu avait libéré sensualité et intérêt tout autre. Mes prunelles concentré sur lui, lorsqu'il croisa mon regard, je soutins. Une seconde. Puis un sourire. Le sourire heureux de l'homme qui est simplement redevenu enfant, le temps d'un instant magique. Un sourire qui le déstabilisa, car il disparut de la scène. Il disparut, pour foncer sur moi, comme fond un rapace sur sa proie. Ses mains accrochèrent le col de ma chamise, et dans une violence qui ne nous effraya ni l'un ni l'autre, m'apprit ainsi qu'il était l'animal alpha de ce territoire. Un terrain de jeu que je foulais, mais qui ne m'appartenait pas. Je comprenais totalement le message, et ne remettait rien en question. Ses yeux bleus fouillaient mes prunelles vertes, à la recherche de la moindre défiance, mais je ne joue pas. Je le laisse gagner, parce que j'ai la très nette impression que dans la moindre tentative de geste trop brusque, je finis sans tête. Il me lâche, et se détourne, dans une invitation silencieuse. Je parcours des yeux le paysages de ces visages qui tournés vers nous, attendent la suite de cette rencontre. Je comprends qu'il n'est pas n'importe qui. Il n'est pas n'importe quoi. Son androgynie me fascine, mais son souffle me captive. Il y a, dans sa respiration, un écho qui m'effraie. Il y a, dans son regard, un miroir qui me brise. J'ai l'envie de le posséder.


(…)

Comme un parallèle à l'appel du sang qui pulse dans mes doigts, le vin rouge coule dans le verre qu'on remplit et que Chess me tend. Chess. Je doute qu'il soit possible de posséder pareil nom dès la naissance, mais son sourire qui s'étire sur ses lèvres lorsqu'il le prononce pour moi m'apprend qu'à partir de maintenant, il ne sera jamais personne d'autre que ce qu'il a voulu être pour moi. Il faudra que je me souvienne de ce constat, ce jour là, et à jamais.
Je sais que l'alcool n'occupera jamais la moindre place dans ce geste ; de sa main sur ma joue, et de son visage s'approchant du mien, pour venir filtrer un appel dans chaque fibre de mon corps. Mon corps qui réagit immédiatement au sien, et abandonnant toute tentative de me faire oublier, d'être calme et discret, d'être tranquille, je me jetais sur le baiser qu'il m'offrait, et sur bien plus encore. Une nuit longue. Une longue durant laquelle je me souvenais des sourires, des rires, et de mes mains sur son corps. De ses ongles dans mes reins, et des vibrations rauques de sa gorge, lorsque satisfait, il se laissait aller à une sauvagerie féline.

Il y a des gens qui se souviennent dans la totalité de certains instants de leur vie : ces moment là étant gravés dans leurs esprits comme des marques au fer rouge. Faire l'amour à Chess la première fois fut un de ces moments-là, et assis en tailleur, j'observais le corps de l'Autre. Je ne le savais pas encore, mais c'était un spectacle auquel je ne me délierai jamais. L'imensité d'une courbe sur son échine, comme un paysage imaginaire dans lequel je me perdais, me fascinait. Mes prunelles vertes suivaient les entrelacs blonds de ses mèches dispersées sur son dos, et joignant mes mains, je vins déposer mes doigts sur mon ventre, en bloquant ma respiration. Un murmure.

« Mine. »

Je ne voulais pas tomber amoureux. Pas encore. Mais je savais que j'avais perdu la partie dès l'instant où il s'était engagé comme mon adversaire. Il portait le nom même de ma défaite.


(…)

Trois ans. Trois ans de vie, d'amour. D'apprentissage et de découverte de l'autre, durant lesquelles j'appris à jouer et à être joué. Chess n'était pas le genre de compagnon qui faisait en sorte qu'on l'aime. Chat sauvage, dont le charme est embelli parce qu'il crache et siffle sous les fenêtres, il allait caresser hommes et femmes, en sachant pertinnemment que je le savais. Parce que je le savais, il le faisait. Il testait, j'ignorais. Un dédain qui le vexait autant qui le troublait. Notre relation s'établissait sur des faits humains. Des des faits d'amours. Je l'aimais, et je le partageais, parce qu'il ne m'appartenait pas réellement. Parce qu'il avait quarante ans de plus que moi. Parce qu'il buvait le sang humain, et parce qu'il ne mourrait jamais. Il y avait cette puissance que j'avais senti chez lui qui s'expliquait par son passé égyptien. Il y avait cette puissance qui me séduisait, qu'il me prenne entre ses cuisses ou simplement la main.
Nous rions. Nous rions, nous grondions, nous nous moquions, nous nous embrassions, nous sifflions et nous nous aimions. Je l'aimais, je l'aimais à en avoir mal, mais refusant de m'enchainer dans un sentiment humain. Il jouait de ces barrières que je dressais, et quand bien même je l'aurais frappé pour l'arrêter, il aurait continué. Je lui offrais des armes contre moi, et il les utilisait. Notre amour avait le goût de la puérilité masculine : combat de coq, entre l'honneur et le devoir de nos simples ego. Je souriais, il riait, la vie passait.

Et puis Lily.



Le dragon survole l'Angleterre. Il est presque trois heures du matin. Dans les serres noires, il y a un corps inerte, et secouées par le vent, les mèches blondes sont les fantômes d'un passé qui veut se rattraper par lui-même. Comme un serpent qui mordrait sa queue.

L'océan gris noyait les pleurs de Chess. Je ne l'avais jamais vu pleurer avant cet instant. Debout face à la mer, sur le sable de la Bretagne, il y avait dans ces larmes de sang un sentiment implacable de remords et de souffrance, qui m'accablaient avec douleur. Je ne savais pas quoi dire, ni quoi penser face à cette manifestation de chagrin. Debout face à la mer, présents dans notre gris, je l'observais sans parler. Mes doigts vinrent caresser une joue perlée de pourpre, mais dès l'instant où mes doigts touchèrent le satin d'une peau immortelle, son bras claqua dans l'air, et mon corps frappa avec lourdeur le sol. Mon épaule craqua contre le sable, et il se dressa au dessus moi, terrifiant.


« C'est une gamine. Pourquoi tu poses les yeux sur elle ? Une gamine ! »
« Tu es jaloux ? »

La claque retentit, et les yeux plissés sous la douleur, je remarquais avec surprise que ses yeux avaient l'exacte couleur du ciel. Un ciel bleu, mais glacé, nuageux et électrique. Un ciel d'orage, un regard d'orage. Un regard qui possédait le sang de sa vie et de celles de ses victimes. Un regard qui se tachait comme le ciel se tâche par les oiseaux. Le sang coula sur mes joues, son visage penché au dessus du mien. Je le sentis bouger légèrement ses positions. Mais je n'attaquerais pas. Je ne frapperai plus. Un soupir fusa d'entre mes lèvres.

« Elle est importante. Mais elle n'est pas toi. »

Le chat était troublé. Le chat venait de perdre sa couronne, et il détestait cela. Il n'y avait rien de plus immatériel que l'Amour. Le chat détestait cela. Sans abaisser sa garde inutile, et sa violence rageuse, Chess se pencha, venant plaquer ses lèvres contre les miennes, dans un baiser égoïste et furieux. Je n'y répondais pas, pour ne pas tomber dans son jeu de colère. Je fermais les yeux, pour ne pas succomber au regard bleu. Est-ce que c'était à cause de l'air ? Ce baiser avait un goût de sel. L'océan, loin de nous, grondait sur le mouvement de ses rouleaux s'écrasant.


(…)

« Tu l'accompagnerais à Avalon ? »

« Je pourrais la tuer, par plaisir de la voir disparaître de ta vie. »
« Tu sais que je t'en voudrais, Cheshire. »
« Je le sais. »

Silence. Caresse.

« Pourquoi le ferais-je ? »
« Parce que je ne veux pas le faire. »
« Pourquoi ? »
« J'ai peur. »

Nouveau silence. Il s'étire, et secoue ses cheveux. J'amenais une mèche à la hauteur de mes yeux. Il sourit.

« C'est entendu. Il faudra qu'elle survive, car je verserai mon sang pour elle. Mais si elle meurt, c'est qu'elle n'aura valu aucun de mes efforts. Il faudra que je t'invite voir la Divine Comédie, un jour. Dalaigh est … exquis.  »

(…)

« Lorcan. Je n'offrirai jamais ma vie pour qui que ce soit, car je dois être le type le plus égoïste qui soit. Mais si jamais il y a quelque chose qui se passe mal, en Avalon … Ne m'en veux pas trop, s'il te plaît. »

(…)

Un contact. Sa main sur ma joue, mes doigts sur l'accoudoir du siège de bois ; mes yeux fermés, sa paume sur mes paupières. Il y a ses cheveux qui tombent près de ma mâchoire, et le parfum de son corps. Mon sourire.

« Lorcan signifie « peu féroce », en gaélique. Celui qui est peu féroce. L'homme tranquille. Je me suis toujours demandé si c'était ce que je pouvais être. Aujourd'hui, je suis incapable de me dire si c'est ce que nous sommes. »


La maison était un peu à l'écart du reste des autres habitations. Le vent soulevait les flaques d'eau, et la pluie, qui se déversait en trombe sur la campagne anglaise plongeait le monde dans le noir de mon deuil. Les traces du Dragon imprimaient dans le sol la preuve d'une anormalité, mais je pouvais pas y accrocher la moindre importance. Je ne le pouvais pas, quand l'univers s'était réduit à un corps blanc et blond, froid, gelé, détrempé entre mes bras. Frissonnant sous la pluie, sous les pleurs, sous le chagrin et la peur, je contemplais la porte de la bâtisse. Cinq heure du matin. Le soleil se lèverait, et les rayons viendraient brûler sa peau, pour me le faire disparaître. D'une main, je le soutenais, pour venir frapper avec mon poing, las, contre la porte. Plusieurs fois, abandonnant mes forces dans la chose, pour finalement abaisser mon visage jusqu'à celui de Chess. La pluie avait transformé ses cheveux dans des serpents disparates et pâles. Ses cils, perlés, appuyaient maintenant sur une maigreur que je ne parvenais plus à reconnaître. Une supplication monta d'entre mes lèvres, de ma gorge, de mon désespoir, jusqu'à ce que finalement, la porte s'ouvre, sur une petite vieille femme.

« Morgwen Delune ? »

Elle était le passé. J'étais le futur.


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