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 "Leave Out All The Rest" [feat. Lorcan]

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Annabeth Spencer
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MessageSujet: "Leave Out All The Rest" [feat. Lorcan]   Dim 2 Juin - 11:44

    Londres.

    Je claqua un bisous sur la joue de ma mère. Elle était toujours aussi belle, malgré les années qui passait. Ses traits étaient plus marqués mais sa beauté restait intacte. J’ébouriffais les cheveux de Pete, puis le serrait dans mes bras. Je quitta le modeste appartement qui nous servait de logement, descendit au café que tenait ma mère, fermé à cette heure, puis ferma la porte à clé derrière moi. Je m’engouffrais dans les rues de Londres, serrant mes bras contre ma poitrine pour me réchauffer. Ma tenue n’était guère adaptée à une virée nocturne dans les rues des quartiers pauvres de Londres. Une jupe en jean assez courte, des leggins noirs, une paire de Doc Martens, un T-shirt de Linkin Park dix fois trop grand et une veste en cuir noire. Je passa ma main dans mes cheveux blonds. J’accélérais le pas, trotinant presque, jetant de temps en temps un coup d’œil à ma montre. Enfin, j’arrivais dans le centre de Londres. Je quittais alors le monde moldu en passant par Le Chaudron Baveur.

    J’arrivais sur le Chemin de Traverse, complétement désert. Je bifurquais rapidement vers l’Allée des Embrumes avec une certaine apréhension. Pénétrer dans cette allée était toujours difficile. Je ne m’y sentait jamais à l’aise. Toutes les boutiques étaient fermées à cette heure de la nuit, sauf une baraque délabrée ou un sorcier à l’air grincheux vendaient des tiquets à Portoloin allant vers l’étranger. La plupart des sorciers attroupés avaient emportés avec eux des bagages. C’était des nés moldus, principalement, comme moi. Mais ils ne partaient pas voir un concert. Ils fuyaient Hélios Dragonneau et son nouveau Royaume. Ils fuyaient vers la démocratie. Le vieux sorcier qui organisait ces fuites avait disposé plusieurs objets encorcelés dans son arrière boutique faisait payé une fortune pour pouvoir prendre un petit Portoloin. Je serra la poignée de Gallions que j’avais dans la poche de mon blouson en cuir.

    Pour aller voir les Linkin Park, ça avait été tout un bordel. Ils étaient passés en Angleterre pendant la période scolaire et je les avait ratés. Lorsque j’avais pu obtenir une permission pour rentrer chez moi, j’avais abandonné tout espoir de voir un de mes groupes favoris en concert. Mais en surfant sur le net la veille, j’avais miraculeusement trouvé une place au rabais pour le concert du lendemain qui se déroulait au Zénith de Nantes. J’avais pu payer sa place toute seule avec l’argent que j’avais économisé en travaillant au café de ma mère. En revanche j’avais du emprunter pour payer le Portoloin. Cela me serrait le cœur d’avoir des dettes, mais je n’avais pas eu vraiment le choix. C’était les Linkin Park après tout. Après avoir patienté pendant un bon quart d’heure ce fut mon tour de passer devant le sorcier qui fais ait passer les gens comme moi vers un futur incertain, mais peut être dénué de racisme. Je tendis avec résignation les Galions aux viel homme, qui les recompta scrupuleusement. 35 Gallions. C’était cher, mais d’autres part, c’était bien plus sûr que le transplanage ou le Réseau de Cheminée. Il ne détailla pas mon apparance physique. Sa clientèle était principalement issue de familles moldues, il avait l’habitude de voir autre chose que des capes et des chapeaux tordus.

    - Z’allez ou ?

    Sa voix était rauque et il avait des manières rustres malgré son riche habillement. Sa fortune ne devait être que très récente. Il s’enrichissait sur le malheur et le désespoir des gens. Je déglutis avec difficulté.

    - Nantes.

    Il me regarda d’un air déconcerté, puis gromella dans sa barbe noir et broussailleuse :

    - L’pays ?
    - France.
    - J’ai pas pour v’te Menthe là. J’ai qu’Paris.

    Je triturais nerveusement la fermeture de mon blouson et frotais le bout de ma Doc Marten contre les pavés.

    - Mais je vais à Nantes moi ! Je vais à un concert au Zénith !
    - Z’avez qu’à transplanner une fois là-bas alors ! hurla t’il en tappant du point sur la table. Démmerdez vous j’ai rien pour v’te Zénith de la Menthe, mon boulot c’est d’faire passé les gens à l’étranger, si vous z’êtes pas contente z’avez qu’à aller ailleurs.

    Je me résignais et acceptais le billet pour Paris. Que pouvais-je faire d’autre ? Je n’avais pas vraiment le choix. Le viel homme sembla s’appaiser et recompta à nouveau les Gallions que je lui avais donné. C’était presque une manie chez lui. Quel radin celui là. Il me fit entrer dans l’arrière boutique ou des employés du magasins tenaient des écriteaux aux dessus de leur tête ou s’affichait les différentes destinations . Je cherchais Paris du regard. New York, Buenos Aires, Berlin, Rome, Barcelone, Madrid et… Paris. Six autres personnes attendaient déjà. Le garçon qui tenait la pancarte m’annonçait que le Portoloin partirais d’ici cinq minutes. Un badge accroché à sa robe de sorcier indiquait qu’il s’appelait Cedric. Je le salua rapidement puis jaugeais les autres « passagers ». Cedric nous compta puis fouilla dans sa veste. Il en sorti une vielle boite à musique nous ordonna de tous de la toucher. Nous nous regroupâmes autour du Portoloin et je me retrouva alors rapidement coincée entre un colosse et une petite bonne femme qui tenait un bébé dans les bras. Cedric énnonça le compte à rebours et je ferma les yeux.

    (…)

    Paris.

    J’avais atteri dans le Paris sorcier depuis bien dix minutes. Je cherchais de l’aide pour aller à Nantes. Je m’étais rapidement rendue compte que je ne pouvais pas transplaner vers une destionation qui m’était totallement inconnue, car je ne pouvais la visualiser. Alors je demander de l’aide. Je n’avais que quelques Mornilles sur moi et ne pouvais me payer de la poudre de Cheminette. J’interceptais alors les sorciers pour leur demander de l’aide, mais je ne parlais pas un mot de français et leur anglais était déplorable. Je demandais à un sorcier s’il ne pouvait pas me permettre de me rendre à Nanthes, lorsqu’ une grande perche aux allures punk-gothiques m’intercepta.

    - T’es américaine ?

    Miracle, elle parlait anglais. Je regardais avec approbation ses cheveux teints en orange vifs et sa tenue exentrique. Ses bras dénudés étaient couverts de tatouages. Une rebelle, une vrai. Elle portait les même Doc Martens que moi. Respect.

    - Non anglaise.

    Elle s’esclaffa alors. Devant ma mine déconfite, elle ajouta:

    - T’inquiètes ma chérie, j’ai rien contre les Roast Beef.

    Je marmonna rapidement que j’étais végétarienne, ce qui déclencha à nouveau son hilarité. Bien que j’étais amoureuse de son look complétement déjanté, ses manières m’agacait un peu.

    - Moi c’est Camille.
    - Annabeth.
    - Trop long. Je t’appelerais Anna. Tu veux aller à Nantes alors ?
    - Ouais. Mais j’ai pas de fric. J’ai tout dépensé pour ma place pour aller voir les Linkin Park, mais j’ai pas pu avoir de Portoloin pour Nantes alors je suis coincée dans ce trou.

    Camille s’exclaffa à nouveau.

    - Paris, un trou ? T’es jamais venue en France toi !

    Irritée par son comportement trop démonstratif, son rire agaçant et ses moqueries, je tourna les talons.

    - Et, Anna attends ! cria t’elle en m’attrapant le bras pour m’empêcher de partir. Je peux t’ammener à Nantes moi.
    - Vraiment ?
    - Oui, j’y suis déjà allée plusieurs fois avec mon ex. Je peux t’y emmener. Par contre t’as intérêt à me ramener un autographe des Linkin Park parce que moi j’ai pas de billet.
    - Marché conclus.

    Sans autre cérémonie, Camille m’atrappa la main, puis nous transplanâmes.

    (…)

    Nantes.

    - Whaou la vache, hurla Camille.

    C’était bondé. Les gens se bousculaient pour entrer au Zénith. Moi de la France je n’avais rien vu. Je me fichais pas mal de Paris ou de Nantes. Je ne voulais que les Linkin Park. Je me frayais un passage dans la foule puis tendit mon ticket à un mec à l’air patibulaire et Camille passa en douce derrière lui. Nous nous rejoignîmes plus loin en ricannant. Nos baguettes étaient soigneusement rangées dans nos poches. Ici, nous étions des moldues. J’avais échangé avec Camille et nous nous étions rapidement trouvé des points communs. Elle ne s’était jamais vraiment intégrée à Beauxbâtons et rêvait de vivre de sa musique. Son métier constituait à chanter dans les bars. Elle avait lâché l’école depuis plus d’un an, et pour cela, je l’admirais. Moi je n’avais pas osé laissé tombé Poudlard. Son style de vie me correspondait tout à faut et nous avions rapidement échangé nos numéros de portable, car comme moi, en bonne née moldue, Camille ne pouvait se passer de la technologie. Elle m’avait appris quelques mots de français, mais je doutais fort que les mots beau cul, putain et bordel ne me soit d’une grande utilité. Nous nous avançâmes vers la scène. La place que j’avais achetée était dans la fosse. Nous étions tout près de la scène. Camille, les autres spectateurs et moi ne scandions qu’une chose : Linkin Park, Linkin Park, Linkin Park ! J’étais étonnée de voir qu’un grouppe qui n’était pourtant pas des plus récents était toujours aussi populaire. Mais les mouvements dans la foule étaient très chaotiques et le grouppe se faisait attendre. Je fus emportée loin de Camille. Un gros balourd m’intercepta alors et m’attrapa violement par les hanches.

    - Viens ici ma jolie.

    Je n’avais strictement rien compris mais j’avais senti son halaine fétide qui sentait fortement l’alcool dans mes narines. Je tenta de me dégager sans succès et je commançais à paniquer.

    - Putain ! hurlais-je. Leave me alone, bastard!

    Finallement, ça m’avait servi d'apprendre à jurer en français. Le gros rigola lorsque soudain il tomba à terre, m’emportant avec lui. Quelqu’un l’avait frappé. J’entendais la voix de Camille qui m’appelait en anglais. Et je cherchais des yeux celui qui m’avait aidé.


Dernière édition par Annabeth Spencer le Lun 10 Juin - 17:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: "Leave Out All The Rest" [feat. Lorcan]   Sam 8 Juin - 18:51


    « Linkin Park ?! »

    Mon cri résonna dans la cuisine, et Rolf siffla d'impatience, derrière son journal. J'ignorais le regard un tantinet accusateur de Luna qui venait de se déconcentrer de son calcul de Nargole annuels, pour me concentrer sur l'enveloppe que tenait Chess entre ses doigts. Un sourire moqueur avait étiré ses lèvres, et j'en devinais la cause ; je devais ressembler à un gamin à qui l'on venait d'offrir un énorme pot de Nutella. Tout excité que j'étais, je sautillais jusqu'au devant de mon ami, tentant de lui arracher l'enveloppe des mains, pour observer les tickets. Quoique le groupe ne fut pas particulièrement récent, j'avais une addiction particulière pour les miaulements de Chester Bennington. Chess m'empêcha toutefois de toucher à la précieuse enveloppe, me repoussant avec vigueur, ses lèvres toujours aussi étirées par ce ricanement.

    « Faut juste que je te prévienne d'un problème. »

    Oh. Je me calmais immédiatement, laissant retomber mon enthousiasme. Face à ma moue dépitée, Lorelei éclata de rire, cruelle, et sortit de la cuisine, un arrosoir sous le bras. Au même instant, Lysander entra, les mains couvertes de bandages. Se désintéressant un instant de moi, Chess contempla les blessures dextres de mon jumeau, haussant ses sourcils.

    « Un dragon ? »

    Lysander ricana et souleva ses manches, pour laisser découvrir à nos yeux l'étendue des dégâts. Je grimaçais devant la douleur que cela devait représenter, tandis que Rolf soupirait. Lysander, sans se démonter, expliqua avec un rire dans la voix.

    « Une dragonne en chaleur qui n'a pas aimé que j'essaie de lui panser le museau. Elle m'a renâclé dessus. »

    Chess explosa de rire, et se concentra sur moi. Je croisais les bras sur ma poitrine, mon esprit vaguant dans cette recherche du problème que pouvait représenter la menace silencieuse de Chess. Est-ce qu'il fallait que je me plie à des conditions ? Est-ce qu'il avait décidé de s'amuser en m'ordonnant d'éxécuter d'abord quelque chose avant de m'offrir le cadeau ? Il avait pourtant précisé que c'était mon cadeau d'anniversaire. Le concert aurait lieu demain, le 11 août, jour de mes 20 ans. Il ne se serait tout de même pas permis d'opposer quoique ce soit à cela, face à ma famille ? Il ne se serait pas déplacé jusqu'ici, si c'était le cas. Je fronçais les sourcils, mes prunelles obscurcies par le doute. Lui, de son côté, s'amusa de mon expression en arborant néammoins un visage calme.

    « Et bien, vu que c'est moi qui t'offres la place, j'estime que j'ai parfaitement le droit de venir à ce concert aussi, alors tu vas passer ta soirée avec moi. Pour toutes réclamation, s'adresser au bureau des plaintes. »
    « Oh ! »

    Je me jetais sur lui, refermant mes bras autour de ses épaules, plaquant ses lèvres contre les miennes, et il éclata de rire, dans une hilarité que je goutais du bout de la langue. Je retombais sur mes pieds, les yeux émerveillés, un sourire ravi sur les lèvres, et il me tendit l'enveloppe, en rangeant ses mains dans ses poches. Je me tournais vers Rolf, qui croisant mon regard, releva le journal. Je sortais avec Chess depuis un an, et je l'avais prévenu que je ne comptais pas forcément faire des héritiers. Je l'avais prévenu que j'aimais Chess comme un malade, que c'était viscéral, et que je préférais m'arracher la tête ou me la frapper contre un mur plutôt que de souffrir comme je souffrais lorsqu'il n'était pas avec moi. Je crois que mon père avait compris. Il avait toujours su mon penchant pour les garçons, mais je pense qu'il avait espéré que cela disparaisse après ma majorité. Que cela s'atténue, du moins. Ici, ils étaient tous au courant que je n'étais pas gay. Je préférais simplement les garçons. Mais j'aimais les femmes. Luna n'avait jamais opposé la moindre critique à propos de cela, et Rolf s'était simplement contenté de grogner un peu. Mais par chance, j'avais un Don Juan de frère, alors la succession était assurée. Le sujet de la sexualité de Lore, en revanche, restait absolument indéterminé.

    « Vous partez à quelle heure ? » Demanda Lysander, en se servant une tasse de thé.
    « Vers vingt heures, j'imagine. Juste avant que ça ne commence. Je n'aime pas trop les foules ''avant-concert'', c'est vraiment insupportable, marmonna Chess. On en profitera pour rejoindre directement la fosse. »


    (…)

    Mes talons battaient la mesure des secondes qui s'écoulaient. Assis sur le rebord d'une fenêtre, j'observais les gens se presser dans la rue en dessous moi. Habillé d'un jean, de mes Doc Martens, et d'un T-shirt blanc, j'avais attaché mes cheveux en une queue de cheval. J'attendais l'arrivée de Chess qui se préparait pour la soirée, s'habillant en chantonnant dans la salle de bain de mon appartement de Londres. Huit arrivait à grand pas, et j'attendais avec un furieux empressement que l'aiguille atteigne cet ourouboros debout. Huit heures. Huit heures. Huit heures. Huit heures. Je détachais pourtant les yeux du cadran lorsque la porte de la salle de bain, de l'autre côté de l'appartement, s'ouvrit, et qu'une seconde plus tard, une main se refermait autour de mon poignet. Je me sentit entrainé par l'aspiration magique du transplanage, pour que quelques instants plus tard, je frappas le sol de mes genoux, dans un mauvais rétablissement. Laissant un « outch » douloureux s'échapper hors de mes lèvres, je me relevais lentement, en étudiant autour de moi. Plongés dans l'ombre d'un gigantesque escalier, je levais les yeux sur le dessous des marches franchies par des Nantais trop pressés. Autour de l'escalier, les murs étaient tapissés d'énorme miroirs tachetés par les ans, orangés par les temps. Je constatais, dans le miroir, de la tenue de Chess. Glissée sur ses hanches, une jupe de dentelle noire, se stoppant dans des froufrous volages au dessus de ses genoux. Des bas noirs glissés sur sa peau, et des Doc Martens montantes qui venaient effleurer ses genoux. Sur sa poitrine, un épais pullover en laine sombre, qu'il souleva pour me montrer les plaques de cuir qui enserraient sa peau. Comme des écailles, diverses lames étaient plaquées contre le cuir, mais recouvertes par le pull noir, elles restaient invisibles au yeux du monde. Sur son crane, ses cheveux que j'avais tellement l'habitude de voir détachés étaient relevés en un épais chignon : et quelques mèches lâches retombaient autour de son visage, avec une inconsidération feinte. Ses yeux cerclés de noir, et ses lèvres colorées en rouge, Chess se faisait plus féminin que jamais, ce soir. Je tendais la main, et il déposa dans ma paume ses longs doigts maigres, ses ongles pointus peints de noir et de rouge. Je le laissais m'entrainer dans cette apréhension de Nantes, ses mots défilant alors pour m'expliquer tout, où que se posât mon regard. Les statues de plâtre de l'Escalier du passage Pommeraye ; un des endroits les plus beaux de Nantes : un escalier de bois sous une gallerie recouverte, aux rambardes en métal ouvragé ; qui s'étirait sur deux gigantesque étages : étages qui s'ouvraient sur une multitudes de petites boutique, cela allant de l'opticien au vendeur de chicha, en passant par la boutique de vêtements, et le musée miniature de Nantes. Glissant sur la Place Royale, j'allais effleurer des yeux les courbes magnifiques des déesses de pierre allongées sur la fontaine gigantesque, caressait du regard la Loire égérie et son bras rond, et ses seins fermes. Nous prîmes le tramway, longions les Cinquante Otages et ses verdures étalées, passions devant l'Hôtel Dieu et ses vitres bleutées ; traversâmes la Loire et ses remous, changions de tram, pour glisser dans un Nantes excité et passif, tranquille et épouvanté. Lorsqu'une heure plus tard, nous arrivions finalement à la frontière Nantes-St Herblain, sur la pelouse du Zénith, j'ouvrais la bouche dans un feulement stupéfait et ravi du nombre de personne qui fourmillait tout autour de la gigantesque salle de concert. Chess ricana, et prit ma main.

    « Transplanage ? »
    « Sauf si tu préfères évidemment faire la queue. »
    « Bien sûr que non. »

    La seconde d'après, nous apparaissions dans le dos d'un groupe de jeunes ne se rendant compte de rien. Bousculés, bousculant, tenant entre mes doigts la main de Chess pour ne pas le perdre, nous atteignimes le labyrinthe de barrière zigzaguantes qui permettaient l'entrée au Zénith. Tendant nos tiquet à l'agent de sécurité, je me pressais à côté de Chess entre les barrières de sécurité, mais aucune alarme ne s'éveilla, quand bien même Chess avait des écailles métallique plaquée contre la peau.

    (…)

    La fosse, bondée, hurlait le nom du groupe. Excité comme une puce, je me glissais dans ce flot humain qui se soulevait en scandant les mots « Linkin Park ». Contre moi, tout proche de ma peau, Chess riait à en avoir mal à la tête, ses mains plaquées contre mes reins. Pour mes vingt ans, le cadeau était sympa. Très sympa. Nous avançions encore, le plus près possible de la scène ; quoiqu'un écart de sécurité soit imposé par les agents de protection ; qui avaient mis des barrières et qui essayaient de faire reculer les fans qui hurlaient. Dans quelques minutes, le concert commencerait, dans quelques minutes les miaulements de Chester et les ronronnements de Mike empliraient les oreilles de tous. Vu la cohue qui régnait, l'excitation de toutes les personnes ici présentes ce soir était à ne plus douter. J'allais attraper le regard de Chess à côté de moi pour lui demander quelque chose quand un homme me bouscula. Ça n'avait rien d'extraordinaire : je me faisais balloter dans tous les sens par les autres fans. Mais cette bousculade là me fit tourner les yeux ; comme un signal, comme un réflexe. Et je posais le vert de mon regard sur un homme qui devint en une seconde une proie ; dès l'instant où la fille sur laquelle il venait de poser ses mains hurla en anglais. Je glissais. Je glissais, mon bassin se tordant, mon genou s'élevant et se dépliant dans un coup éclair, au milieu de la foule ; mes doigts refermés sur une garde réflexe. Mon pied s'explosa contre son flanc, et je le sentis s'effondrer. Je repris mes appuis, m'approchais, immédiatement accompagnée par l'ombre blanche de Chess qui se pencha au dessus du type, l'attrapant par les cheveux, le soulevant pour lui murmurer quelque chose en français, dans une voix ronronnante. Je posais mes yeux sur la demoiselle. Anglaise, donc ?

    « Tout va bien ? »


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MessageSujet: Re: "Leave Out All The Rest" [feat. Lorcan]   Lun 10 Juin - 17:28

    « Tout va bien ? »

    Je me frotta la tête. Lors de la chute je m'étais violemment cogner contre le sol et ma boite crânienne n'avait pas vraiment apprécié le choc. J'ouvris les yeux en regardant autour de moi. J'étais au sol et l'autre abrutit gisait sur le sol à quelques mètres. Une jolie blonde était penchée au dessus et lui murmurait quelques mots en français. Le garçon qui m'avait sauvée se tenait au dessus de moi. Je lui adressa un demi sourire en me relevant péniblement.

    « Ouais, merci. »

    Je jaugeais du regard l'inconnu. Il était grand, brun et devait avoir la vingtaine. Son look n'avait rien de bien excentrique. Jean, T-Shirt. La base quoi. J'appréciais ses Doc Martens avec un sourire. C'était la deuxième personne de la soirée que je rencontrais qui portais le même type de chaussures que moi. Je rejetais mes cheveux blonds en arrière et chercha Camille du regard. C'est avec stupéfaction que je la vis à côté de la jolie blonde qui accompagnait mon sauveur, entrain de donner des coups de pieds féroces de le ventre gras de mon agresseur. Je voyais le bout fuchsia de sa Doc Martens pénétrer rapidement entre les boulets de Loque Roulante - surnom que j'avais choisis sur le moment - et je réprima une grimace de dégoût. Ses pompes magnifiques étaient bonnes pour la poubelle. Quel gâchis. J'appréciais toutefois la vigueur avec laquelle Camille avait prit ma défense, alors que nous ne nous connaissions seulement que depuis quelques heures. Je m'approchas doucement d'elle posant ma main sur mon épaule.

    « C'est bon Cam'. Tu peux t'arrêter maintenant. »

    Camille envoya un ultime coup dans le ventre de Loque Roulante avant de lui cracher à la figure. J'hochais la tête pour marquer mon approbation. J'avais grandit dans l'East London, dans les quartiers pauvres. J'avais appris à me battre avec mes poings, mes pieds et des battes de baseball avant d'avoir touché une baguette magique pour la première fois, en l'occurrence ma baguette magique. J'étais une Moldue avant d'avoir été une sorcière. C'était un fait. Je ne reniais pas la Magie. Bien au contraire. J'adorais la Magie. Elle faisait partie intégrante de mon être. Mais il ne fallait pas se voiler la face. J'avais été élevée par des Moldus, comme une Moldue. Et comme ces abrutis de l'Inquistion le disaient si bien, j'avais été étrangère à ce monde pendant les onze premières de ma vie, et connaissait ma véritable nature que depuis six ans. J'avais passé plus de temps a vivre comme une Moldue que comme une sorcière. Après Poudlard, je me voyais mener une vie entre les deux mondes. Comme je l'avais toujours fait.

    « Ils arrivent, ils arrivent! »

    Un garçon au visage boutonneux perché sur un grand benêt à l'air dégingandé s'était mît à hurler une simple phrase en français. Et la foule était devenue hystérique. Camille se pencha vers moi pour me traduire ce que le garçon avait braillé. J'hochais silencieusement la tête. Mais rapidement la tension baissa et les spectateurs se remirent à discuter entre eux. Fausse alerte. Mon attention se reporta sur le garçon qui m'avait sauvée et la charmante jeune femme qui l'accompagnait, habillée de noir tout entier. Ses lèvres rouges détonnaient avec la tenue sombre qu'elle avait choisie. Elle était sublime, avec ses longs cheveux blonds clairs attachés en chignon. Elle aussi portait des Doc Martens. C'était la soirée. J'adressa un sourire franc à ce charmant couple puis décida qu'il était plus que temps de nous présenter.

    « Moi c'est Annabeth. Elle, la c'est Camille. Merci de m'avoir sauvée de Loque Roulante.»
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MessageSujet: Re: "Leave Out All The Rest" [feat. Lorcan]   Dim 30 Juin - 21:22

HS: c'est court. Sorry. Oh, et j'ai des superbes problèmes de couleurs, alors comme je ne voyais plus rien du tout en postant, j'ai mis en blanc.

    La fille me répondit dans un anglais parfait. Tant mieux. Elle se releva lentement, se frottant l'arrière du crâne, et je jetais un regard inquiet sur le sol. Aucune trace de sang sur le sol, en dehors de celui qui allait certainement se mettre à couler si la partenaire de la jeune fille, une goth' bien prononcé, continuait à frapper avec autant d'effervescence notre ami le pervers. Je fis cependant semblant de ne rien remarquer, et me concentrais sur Chess qui se ramenait à mes côtés, un sourire satisfait étalé sur ses lèvres carmines, et une touffe de cheveux entre ses doigts refermés. J'ignorais ce qu'il avait dit à sa proie, mais celle-ci avait définitivement perdu le statut de prédateur, du moment où il était entré dans mon champs de vision, puisque Chess se faisait l'allongement naturel de mes chasses. Au jeu du chat et de la souris, nous étions certainement les plus joueurs. Je glissais mes doigts sur mes lèvres, et il écarta les siens, lâchant les cheveux. J'observais la chute lente des capillaires. Un garçon hurla à l'arrivée du groupe. Il y eut un silence. Mes yeux retombèrent sur les cheveux en suspension. Qui tombaient, qui tombaient.



    Fausse alerte. La dernière mèche heurta avec douceur le sol, balayée ensuite par la chaussure de la fille blonde et anglaise qui se retournait vers moi. Elle posa ses yeux sur Chess, le dévisageant. Le prenait t-elle pour un homme ou pour une femme ? Un sourire énigmatique courut sur les lèvres de mon ami, et je saluais avec intérêt celle qui se présentait. Annabeth. Anna. Heh. Ça ne te disait rien ? Je tournais vers Chess un regard amusé, avant de me concentrer de nouveau sur la demoiselle, feignant toujours ignorer l'autre goth qui tabassait le pervers. A la bonne heure.

    « Lorcan. »


    Une pierre, deux coups. Quoique. Je tournais mes prunelles vertes sur Chess, qui haussa néammoins les épaules, décidant de ne pas rester assez nébuleux pour les consciences qui ne pouvait pas comprendre ma plaisanterie personnelle.

    « Chess, ronronna t-il, d'une voix incroyablement douce. C'était un plaisir. »


    Une voix un peu grave, mais facilement méconnaissable pour un individu masculin. Oh, tu joues, bébé ? Je regardais l'autre vers ramper, et le saluais du bout des doigts, pour un français à l'accent rouillé.

    « Goudebaille, chéri ! Reviens nous voir une prochaine fois ! »


    Je m'emparais du poignet de ladite Camille, la faisant tournoyer sur elle-même un instant, avant de marmonner, en regardant la scène, pour concentrer ensuite mon attention sur Chess et Annabeth.

    « Bien. J'espère qu'ils feront Breaking the Habit ! »


    Chess haussa les épaules, et vint près de moi, montant sur mes pieds pour gagner quelques centimètres, et tenter d'appercevoir la scène. Un sourire se découpa sur ses lèvres, dans un étirement étrange de rouge dévoilant des dents trop blanches, trop parfaites, des canines certainement trop pointues.

    « Ils arrivent. »


 
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