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 Toi. [pv accouchement de Victoire]

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Lysander L. Scamander

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MessageSujet: Toi. [pv accouchement de Victoire]   Dim 9 Juin - 9:41

Toi.




    Les couloirs que j'avais côtoyés durant mon adolescence étaient vides, aujourd'hui. Une journée particulière : calme et silencieuse, qui m'effrayait de par son absence de bruits. Ste-Mangouste calme ressemblait à un asile sans fous. Assis sur un de ces bancs de plastique blanc que l'on ne retrouve que dans les hôpitaux, je gardais le regard dirigé vers le sol ; ne levant les yeux qu'aux rares passages des membres médicaux, qui passaient près de moi en me demandant si tout allait bien. Oui. Tout allait bien. Tout allait très bien. Horriblement bien, et j'avais dans la poitrine cette terreur enfouie.

    (…)

    Trois heures plus tôt.

    Le soleil avait disparu sous les nuages, et l'orage qui s'était levé avait bientôt laisser flotter sur l'Angleterre une pluie fraîche et grise. Stratford-upon-Avon n'exceptait pas, et les terres natales de Shakespeare s'imbibaient de toute la pluie qui se déversait. Le ciel zébré par les flash lumineux excitait les dragons qui avaient du mal à obéir aux consignes qui circulaient parmi les troupes. Passant avec soin auprès de chaque enclos, mes mains refermées sur un cahier waterproof, flanqué de Nicholson, je me renseignais auprès de chaque gérant, pour vérifier chacun des cheptel. Nicholson, pour couvrir le bruit des dragons qui piaillaient sous l'orage, devait hausser la voix. Penché au dessus de mon cahier, les yeux plissés sous la pluie, mon chapeau complètement détrempé, j'essayais d'écouter ce que braillait Henry Pinaut, l'éleveur du box cent vingt trois. Je voyais ses lèvres s'agiter dans des diatribes gazouillantes, mais je ne parvenais pas à entendre ce qu'il disait. Nicholson me hurla à l'oreille.

    « Ils dit qu'ils ont trois femelles qui ne sont pas dehors : parce qu'elles sont en couvaison, et que leur état de santé ne leur permet pas de rester sous l'orage ! »
    « OK ! Ça nous fait combien ? »
    « Onze ! »

    Je notais les chiffres dans la colonne attribuée, et saluais Henry, continuant vers l'autre. Recensé les dragons de chaque élevages toutes les deux semaines pour tenir une nottation des élévations ou des pertes de chaque « troupeau » faisait parti de mes obligations, et je n'envisageais pas passer le relais à quelques subalternes qu'il soit, quand bien même Nicholson était un allié de confiance et particulièrement doué à la tâche. Avançant dans la boue, pataugeant sur le terrain rendu glissant par la violence de l'intempérie, je me pliais légèrement pour continuer à avancer. Nicholson cria quelque chose à propos du temps, que je ne compris qu'à moitié, et j'acquiescais en souriant, dégoûté par la fureur du ciel. L'orage excitait les dragons ; les rendant nerveux et plus sauvages. Surtout les femelles, qui étaient, pour beaucoup d'entre elles, en période de couvaison. Malgré moi, je ne pu m'empêcher de faire le parallèle avec Victoire, qui devait être à la maison, en train de caresser son ventre. Victoire était une vraie dragonne. Les premiers jours, avant qu'on ne voie le médecin, elle avait tenu à se rendre à son boulot, assurant qu'elle pouvait encore pratiquer son activité professionnelle. Il avait fallut que je m'arme de l'avis des experts pour l'empêcher de bouger et de rester à la maison. Mais ne rien faire ne lui correspondait pas, je m'en doutais, et rieur, je rentrais le soir à la maison en considérant l'expression sombre de ses yeux quand je lui racontais les épouvantes des anecdotes de ma journée. Quoique les mois étaient passés, désormais, et il me semblait qu'elle s'accoutumait à cette paradoxale oisiveté. Et curieusement, c'était moi qui était devenu nerveux de voir ce ventre s'arrondir à n'en plus finir ; et ce processus invisible à l'oeil, mais infiniment plus compliqué que les dragons que j'affrontais dans la journée. La grossesse... quelle incroyable expérience, tout de même. Je crois que je plaignais les hommes qui ne connaitraient jamais cela, préférant abandonner derrière eux les femmes qu'ils avaient fécondés.
    Rabattant ma main sur mon chapeau décidé à s'envoler sous le souffle du vent, j'avançais encore, plié en deux, sérieusement choqué par la puissance de l'orage. Je jetais un coup d'oeil à mon cahier qui vibrait entre mes doigts, secoué par la pluie et le vent. Un éclair déchira le ciel, juste devant nos yeux, et je me figeais. Les flammes des dragons s'élevaient autour de nous : les gueules monstrueuses ouvertes dans des hurlements graves. Je me tournais vers Nicholson, l'attrapant par l'épaule, en plaçant ma bouche contre son oreille.

    « Il faut ordonner des mesures de préventions ! Fais circuler que je veux que chaque gérant soit accompagné d'un responsable de sécurité ! Prévois des modérations au cas où les dragons cherchent à se rebeller ! N'hésitez pas à utiliser la magie ! »

    Nicholson hocha la tête pour me confirmer qu'il avait compris, et dans un « crac » sonore, tranplana. Quelques minutes plus tard, des sortilèges en forme de filets dorés s'abbattaient tout autour de moi : visant les dragons qui s'énervaient trop et épouvantaient le reste de leurs congénères. Je courais jusqu'à un enclos apparemment vide de responsables : et le gérant s'approcha de moi, le visage déformé par la pluie. Il braillait.

    « M'sieur Lysander, nous manque des responsables ! Je peux pas m'en occuper. »

    J'attrapais mon chapeau, que je secouais, glissant mes doigts dans mes cheveux détrempés. Dans l'enclos, deux mâles Norvégiens se battaient, leurs ailes claquant dans le tonnerre, leurs queues frappant le sol rendu mou, excitant les autres dragons enchainés. Mes doigts se refermèrent sur ma baguette, maintenue contre ma poitrine, et ignorant l'idée que mon costume soit, ce soir, bonne pour une excellente lessive, je pointais l'artefact sur les deux mâles. Une déferlante sombre plongea sur les dragons, qui s'écroulèrent brusquement sur le sol, les yeux ouverts, la gueule mugissante. Je piallais, à l'adresse du gérant.

    « Assommés. Trouvez un responsable ; et venez me déposer un rapport sur les couvaisons de vos femelles ! »

    Je transplanais.

    (…)

    L'orage gagnait en ampleur. Les pins qui entouraient le gigantesque terrains de nos enclos avaient été soufflés, balayés, et des arbres arrachés étaient venus défoncer les enclos de certains box. Les dégâts étaient minimes, pour le moment, et je craignais ce qui pouvait arriver à l'avenir. Je n'avais pas particulièrement envie d'avoir à poursuivre des dragons, et organiser avec le Ministère une chasse aux Moldus les ayant remarqués.

    « Monsieur ? »

    Nicholson arriva derrière moi, me tendant une tasse de café. Debout devant la fenêtre de mon bureau, je contemplais de loin les sortilèges qui illuminaient l'obscurité de la pluie. Je remerciais vaguement mon associé, portant la tasse à mes lèvres. Mes vêtements, encore tout détrempés, et mon chapeau posé sur la tête, je frissonnais de froid.

    « Cet orage est un véritable problème, commenta Nicholson, en regardant lui aussi par la fenêtre. On n'est pas sûr du nombre de dragons répertoriés ; il y a eu des erreurs à cause du bruit ; et je crois que nous allons devoir organiser un second tour, pour vérifier le nombre exact. »
    « Je m'en doutais. Mais je crois que c'est une bonne occasion ; on devrait reporter cela, puisque les femelles en couvaison vont bientôt laisser les œufs éclore. Ça nous permettra d'avoir de l'avance sur la saison. »
    « Et par rapport aux relations avec la Roumanie et la France ? »
    « Je me charge des modalités. Pour le moment, il faudrait se concentrer sur la sécurité de cette organisation-là. »
    « Bien Monsieur. »

    Mon portable se mit à vibrer dans ma poche. Jetant un regard d'excuse à Nicholson, je posais ma tasse de café sur mon bureau, sortant le portable de ma poche. L'écran indiquait un appel entrant, au numéro masqué. Haussant un sourcil, je décrochais.

    « Oui bonjour ? »

    « Bonjour ». Pour la peine que mon interlocuteur soit dans un endroit où il ne sévissait pas cet orage, haha...

    « Monsieur Scamander ? Ici le secrétatiat de maternité de Ste Mangouste. Je vous appelle à propos de votre femme, Victoire Weasley-Scamander. »

    Les prunelles fendues, je me sentis paniquer. Mon cœur partit un dans un battement brusquement accéléré, mais mon corps devint complètement gelé : comme si j'étais dehors, sous la pluie. M'accrochant au bureau, sous le regard inquiet de Nicholson, je cherchais à articuler, la gorge nouée.

    « Il y a un problème ? Qu'est-ce qui se passe ? »
    « Ne vous inquiétez pas, Monsieur Scamander. Tout va bien, elle a été prise en charge par nos services. Pourriez vous vous déplacez, s'il vous plait ? »
    « Qu'est-ce qui se passe ? Elle a eu un problème ? Un malaise ? »
    « Elle a eu les premières contractions. »

    Apparemment, le niveau du téléphone était assez fort, puisque les lèvres de Nicholson articulèrent le mot « contractions », dans un large sourire. Moi, mon cerveau s'était mis en stand-by, et je restais figé sur place, le téléphone entre mes doigts crispé.

    « Pardon ? Contractions ? Qu'est-ce que c'est ? »

    Nicholson explosa de rire, et balbutiant, remettant lentement en marche mon cerveau, je répétais « oui, oui, oui » à la dame du service, avant de raccrocher. Plié en deux, mon associé répétait, dans une hilarité folle « Il a dit ''qu'est-ce que c'est ?'' Haha ! ». Livide, je le contemplais, complètement perdu, le portable entre mes doigts, incapable de me décider quoi faire, ou comment agir. Il gloussa encore, avant de venir me frapper l'épaule.

    « Allez-y, monsieur. Votre femme est en train d'accoucher ; vous devez être avec elle. Je prends en charge les opérations. »

    Bénie soit cette présence masculine capable de m'expliquer avec des mots simples et clairs la situation. Je m'offris le luxe de respirer profondément, de finir mon café, avant de passer un sms à chacun de mes collaborateurs et subalternes pour les prévenir de la situation, puis après des dernières recommandations auprès de Nicholson, je lui laissais les clés de mon bureau, et transplanais. Quelques secondes plus tard, je me retrouvais dans un Londres sous la pluie, mais au ciel calme. Traversant la foule, je me dirigeais jusqu'à Ste-Mangouste, dont je traversais la barrière magique en saluant le mannequin après lui avoir signalé l'accouchement de ma femme ; et pénétrais dans le gigantesque atrium. La première chose qui me frappait fut l'absence de monde. Où étaient les fous ? Les malades ? La foule ? Mes yeux balayèrent le parquet vide de toutes jambes, et pour la première fois, malgré les barrières que je m'étais imposé, je me demandais où était Lorcan. Ce qu'il faisait. Savait t-il qu'en cet instant même, je pénétrais Ste Mangouste, pas pour lui, mais pour Victoire et l'enfant qu'elle portait ? Qu'aujourd'hui, s'il n'y avait aucun problème, il devenait oncle ? Et moi … moi …
    Le mot père me faisait horriblement peur.

    « Excusez moi. Le service de maternité, s'il vous plait ? »

    Penché au dessus du bureau de l'agent d'accueil, je plongeais mes yeux dans le regard de la femme, en me demandant si elle pouvait voir toute la peur que je ressentais. C'était plus violent encore que l'orage que j'avais abandonné derrière moi. Elle sourit doucement, et me signala l'étage et les directions à prendre. Je la remerciais, et suivais l'itinéraire. Les couloirs étaient vides. Monstrueusement vides ; et je montais vers cette maternité, en ayant l'impression que chaque pas me tuait un peu plus. Tuait le petit garçon, l'adolescent, pour faire naître un peu plus le vieillard que je serais. C'était effrayant, et j'avais envie de m'enfuir : de faire demi tour, de courir, et d'aller me cacher quelque part. Je montais cet escalier de pierre, et chaque foulées qui résonnait frappait dans ma tête comme les tambours du temps. Et si cela se passait mal ? Et si Victoire ou le bébé avait un problème ? Les milliers d'hypothèses fourmillaient dans ma tête, et je me sentais me perdre avec moi même. Je franchissais une porte, pour avancer dans un couloir blanc, vide. Ce bébé qui allait naître … j'allais le tenir dans les bras, peut-être. Et le regarder, dans les yeux, en lui disant « je suis ton papa ». Parce que c'était ce qui allait peut-être arriver. Devenir père ? Mon cœur me fit mal. Au sol, le parquet bien lustré me renvoyait un reflet flouté de l'homme debout que j'étais. Dans mon costar et ma cravate, dans mon chapeau et mes yeux sombres, mon dieu, qu'est-ce que j'avais peur. Ce sentiment qui me terrifiait, me donnait envie de mourir sur place. Avancer devint un automatisme plus qu'une décision. Mon corps s'avançait vers ce futur qui m'appelait, et mon esprit me hurlait de reculer, de m'enfuir ; tout allait changer. Tout allait devenir différent. Étais-je seulement capable de l'assumer et de le comprendre ? Je ne voyais plus, je n'entendais plus, je marchais, en me rendant seulement compte qu'un compte à rebours s'était lancé dans ma tête.

    « Monsieur Scamander ? »

    Une porte s'était ouverte, et un homme en blouse verte s'était approché. Il me fit m'asseoir, et d'une voix douce, m'expliqua.

    « Elle a été emmenée en salle de travail. »

    J'avais à moitié conscience de ce que cela signifiait, mais mon cerveau refusait de répondre correctement à cette remarque. La main de l'homme se posa sur mon épaule.

    « Il faut que vous attendiez, maintenant. »

    Alors j'attendais. J'attendais, et je contemplais ce vide autour de moi. Les couloirs que j'avais côtoyés durant mon adolescence étaient vides, aujourd'hui. Une journée particulière : calme et silencieuse, qui m'effrayait de par son absence de bruits. Ste-Mangouste calme ressemblait à un asile sans fous. Assis sur un de ces bancs de plastique blanc que l'on ne retrouve que dans les hôpitaux, je gardais le regard dirigé vers le sol ; ne levant les yeux qu'aux rares passages des membres médicaux, qui passaient près de moi en me demandant si tout allait bien. Oui. Tout allait bien. Tout allait très bien. Horriblement bien, et j'avais dans la poitrine cette terreur enfouie. Le docteur m'avait dit d'attendre. J'attendrais. J'attendrais forcément. Je passais mes mains sur mon visage, laissant tomber mon chapeau sur le sol. Je ne fis aucun effort pour le récupérer, me laissant plonger dans les ténèbres de ce silence, de ce calme. Ce calme avant la tempête.
    Quelque part, une lumière rouge devint verte. Une porte s'ouvrit.

    « Monsieur Scamander ? Vous pouvez entrer. Il est né. »



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Victoire WeaScamander
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MessageSujet: Re: Toi. [pv accouchement de Victoire]   Dim 9 Juin - 12:03


    La douleur. Les cris. La peur.
    Le soutien, les larmes, les paroles douces.
    La délivrance, le repos, le sourire.
    La vie.

    ҉ ҉ ҉ ҉

    Victoire était tranquillement allongée dans son lit, la grosse tête de Gabriel reposant sur ses pieds. Le soleil lui chatouillait le bout du nez mais elle n’avait aucune envie de se lever pour le moment. A moins qu’elle n’ait aucune raison… Lysander était parti précipitamment quelques heures auparavant, faisant bien attention à ne pas réveiller la femme qui dormait à ses côtés. Mais, comme chaque matin, la blonde avait le sommeil léger et souriait devant les efforts qu’il prodiguait pour faire le moins de bruit possible. Ce qui ne réussissait presque jamais, à cause de la machine à café ou du chien qui le suivait jusque devant la porte.

    La future maman avait pris goût à son nouveau rythme de vie qui, il fallait bien se l’avouer, ne lui avait pas plu du tout au début. Elle qui avait l’habitude de courir des heures entières, faire des recherches et rester planquée à un endroit jusqu’à ce qu’un suspect se montre, elle avait dû laisser derrière elle un partenaire efficace et un travail qu’elle adorait. Les compromis avaient été faisables avant son quatrième mois de grossesse mais, après, on lui avait tout simplement interdit d’exercer. Elle avait boudé Lysander comme une gamine pendant de nombreux jours, le voyant sourire devant sa mine renfrognée quand il lui racontait ses péripéties. Puis, elle s’était attaquée à la rénovation de leur maison, se plongeant dans de longues réflexions sur les couleurs et les meubles parfaits. Et le temps avait filé. Son ventre s’était arrondis sans même qu’elle s’en rende compte, profitant de la chaleur de la maison pour porter de amples robes qui lui allaient tout aussi bien que les habits qu’elle portait au travail. La plupart du temps, elle était pieds nus sur le sol de bois et n’avait pas noté de changement quant au gonflement de ses petons, que l’on disait atteindre toutes les femmes enceintes. Puis le septième mois était arrivé et les coups de pieds s’étaient faits plus présents, plus réguliers.

    Repasser les neuf mois de grossesse comme un film était une chose que Victoire faisait souvent. Cela lui permettait de rester calme quant à la santé de son bébé, à sa santé propre aussi, bien que moins importante à ses yeux. Elle ne partait pas en crise de stress ou de paranoïa comme d’autres le faisaient et ne pensait même pas possible qu’il y ait le moindre problème lors de l’accouchement. Son médecin s’était occupé de tout, elle était confiante. Du moins, elle essayait de s’en convaincre le plus souvent possible. Car, pour ne pas mentir, cela lui arrivait de temps en temps de douter et d’avoir peur.

    Posant les pieds en bas de son lit, la jeune femme se leva lentement, posant une main sur le gros ventre qui lui avait fait changer aussi bien ses habitudes alimentaires que son centre de gravité. La nausée matinale avait disparu depuis bien longtemps, maintenant, mais elle ne se forçait jamais à manger lorsqu’elle n’en avait pas envie. Descendant lentement les escaliers, elle remarqua que le ciel se couvrait de plus en plus, le vent amenant de gros nuages gris et chargés de pluie. Une grimace passa sur le visage de la vélane et elle regretta de ne pas avoir accepté l’invitation de ses parents pour une semaine sous le soleil toulousain. Mais son état ne lui permettait plus de transplaner et les transports publics l’avaient toujours rendue malade. Elle avait donc refusé, se réconfortant de la chaleur printanière qui régnait sur Londres depuis quelques temps, surprenant les londoniens de pure souche, habitués à un temps bien plus maussade. Comme celui qui s’annonçait visiblement pour la journée. Un soupir lui échappa et elle se rendit à la cuisine en trainant les pieds, une envie de yaourt aux céréales et d’un jus d’orange lui tiraillant le ventre. L’horloge de la pièce lui apprit qu’il était déjà passé onze heures et un mot sur le buffet lui apprit que son mari ne rentrerait pas pour manger, à midi. Parfait.

    Sur un petit plateau en bois, Victoire posa un grand verre de jus d’orange, frais bien entendu, quelques biscottes, un petit pot de confiture à la fraise et un yaourt aux céréales complètes. Portant prudemment le tout sur la table basse du salon, la jeune femme gronda Gabriel qui avait eu la bonne idée de se mettre dans ses pieds et qui avait risqué de lui faire renverser son brunch de femme enceinte. Elle s’affala ensuite dans le grand canapé, plus que confortable et de toute évidence bien trop grand pour un couple seul, alluma la télévision après avoir cherché la télécommande dans les recoins du salon et commença son petit-déjeuner tardif en regardant un dessin animé datant visiblement de quelques années. Le temps passait à une vitesse rare devant ces émissions pour enfants et le carillon lui indiqua que midi était arrivé sans qu’elle ne le voit arriver. Gabriel, couché à ses côtés, leva un regard humide vers sa propriétaire et aboya gentiment. Avec un sourire, Victoire se leva, enfila un jean et une chemise blanche avant de chausser ses pieds et d’ouvrir la porte d’entrée en attrapant une laisse particulièrement longue.

    Les nuages prenaient maintenant tout le ciel, couvrant la moindre parcelle de bleu. Frissonnant, la blonde attrapa son manteau rouge avant de claquer la porte derrière elle. Les sorts de protection se mirent automatiquement en place dans un léger grondement suivis de quelques cliquetis mais Victoire était déjà bien trop loin pour les entendre, suivie de près par son énorme chien. Au début, elle avait eu peur que Gab terrorise les enfants du quartier ou pire, qu’il se montre violent envers elle. Mais il s’était révélé parfaitement dressé et capable de distinguer les dangers bien mieux qu’un être humain. Ainsi, elle était protégée. Quant aux enfants, ils trouvaient très drôle de pouvoir monter sur le dos du chien, qui se laissait faire sans broncher, car sa carrure gigantesque lui permettait de porter deux enfants en bas âge. En fait, il s’agissait plus d’un petit ourson que d’un gros chien.

    Les pavés défilaient sous les pieds des deux promeneurs quand les gouttes commencèrent à s’écraser sur le sol avec violence. La vélane rabattit sa capuche sur ses longs cheveux blonds, se transformant par la même occasion en petit chaperon rouge. Enceinte. Gabriel, la langue pendue hors de sa grande bouche, semblait vouloir attraper la moindre goutte d’eau et la jeune femme n’eut pas le cœur de lui dire qu’ils devaient rentrer. Ses jambes commençaient à être fatiguées car la balade s’était éternisée et ils étaient maintenant en plein centre de Londres. La rue était passagère, presque bondée à cause de l’heure. Les fonctionnaires sortaient des bureaux pour manger, les étudiants également et elle ne parlait même pas des enfants qui courraient derrière leurs parents, ou vice-versa. Surtout vice-versa.

    Une petite douleur monta dans son ventre et elle dût s’arrêter un instant sur le trottoir, pendant que Gabriel continuait son chemin en trottinant. Lorsqu’il remarqua que sa propriétaire était bien loin derrière lui, il revint sur ses pas, frottant sa truffe humide contre le bras tremblant qui enserrait le ventre rebondi. Il vit la jeune femme changer de couleur, devenant très pâle et se mordant les lèvres. Les mains se serraient de plus en plus sur les pans du manteau et Gabriel aboya légèrement, poussant du museau le coude de la blonde. Celle-ci lui adressa un petit sourire, se redressa et fit un pas avant de se plier de douleur. Un cri lui échappa et quelques personnes se retournèrent avant de continuer leur chemin. Un homme se dirigea vers elle, lui demanda ce qui lui arrivait et, voyant son ventre, lui proposa de l’amener à l’hôpital le plus proche. Passant un bras autour des épaules de son bon samaritain, Victoire lui indiqua la direction à prendre, heureuse d’être partie en promenade plutôt que d’être restée chez elle. Accoucher à la maison n’avait jamais fait partie de son plan… Une fois qu’elle arriva devant la devanture du magasin Purge & Pionce, elle remercia l’homme et insista pour qu’il s’en aille. Celui-ci lui jeta un regard incompréhensif et la regarda entrer dans le magasin, après avoir parlé avec un mannequin. Il s’en alla, secouant la tête de droite à gauche, grattant son front et grommelant que les femmes étaient folles. Le hall d’entrée de Sainte-Mangouste était bien désert, pour une fois. L’infirmière de service à l’accueil entendit Victoire avant de la voir et, quand la jeune femme arriva devant le bureau, la professionnelle de la santé était déjà sortie de son box, un téléphone de service à la main.

    Madame, suivez-moi. Le médecin a été prévenu de votre arrivée et il va vous ausculter immédiatement.

    Dans un sourire qui ressemblait plus à une grimace, Victoire suivit la femme qui la guidait à travers les longs couloirs blancs et silencieux de l’hôpital. Elle avait l’impression que jamais elle n’atteindrait sa destination en vie tant la douleur dans son ventre se faisait présente et pressante. Plusieurs fois, elle s’appuya contre le mur, reprenant difficilement son souffle. Chaque fois, c’était la truffe de Gabriel qui, dans son dos, lui faisait reprendre la marche. Enfin, une porte s’ouvrit et on indiqua à la vélane de s’allonger sur la table au centre de la pièce.

    Le médecin va arriver et, à mon avis, vous irez directement en salle d’accouchement. Doit-on prévenir quelqu’un ?

    Mon mari… Lysander Scamander… Son numéro est dans mon portable, dans la poche de mon manteau…

    La douleur s’entendait dans la voix de la jeune femme et Gabriel pleura légèrement, posant sa tête sur les jambes de sa propriétaire comme il avait l’habitude de le faire. L’infirmière lui jeta un regard plein de compassion avant de prendre le téléphone de Victoire et de composer le numéro qu’elle lui avait indiqué. La conversation se tint dans le corridor devant la salle mais elle ne prêta pas la moindre attention aux paroles échangées, se concentrant sur la présence rassurante du médecin qui venait de faire son apparition, lui expliquant d’une voix douce qu’ils allaient l’emmener d’ici deux petites minutes en salle d’accouchement car elle était prête. On lui demanda de laisser le chien dans le couloir, près des sièges de la salle d’attente, et une contraction survint à ce moment-là, lui coupant la parole. Il fallait que ça s’arrête. Maintenant. Elle hocha la tête, indiquant au Médicomage en chef qu’elle était d’accord pour laisser Gabriel derrière elle mais qu’il devait être pris en charge. Ce qu’on lui promis.

    ҉ ҉ ҉ ҉

    Les cris semblaient faire baisser la douleur mais celle-ci reprenait de plus belle à chaque fois que le souffle manquait à la vélane. Les cheveux collés sur son front, le visage crispé, la respiration haletante, elle se sentait à bout de force. Elle savait que Lysander était arrivé, en panique d’après l’infirmière qui avait essayé de la détendre. Cette jeune femme lui était inconnue mais, aux yeux de Victoire, représentait une personne stable qui l’avait accompagné depuis son arrivé à Sainte-Mangouste. L’infirmière lui avait même donné sa main pour que la blonde puisse s’accrocher à quelque chose, au cas où elle en avait besoin. D’ailleurs, Victoire était persuadée de lui avoir cassé quelques os…

    Enfin, un cri et un pleur résonnèrent dans la pièce à la chaleur étouffante. Victoire se relâcha, reprenant peu à peu une respiration régulière pendant que les Médicomages s’affairaient autour de l’enfant, le nettoyant et l’enveloppant dans une serviette douce d’un bleu pâle lui rappelant la mer. L’infirmière lui amena son enfant avec un doux sourire et Victoire tendit les bras. Délicatement, on posa le bébé dans les bras de sa maman et les personnes dont on n’avait plus besoin purent disparaitre sans faire de bruit, laissant le lien magique se créer entre la mère et son enfant. La porte s’ouvrit ensuite, permettant au papa d’entrer et, à part l’infirmière et le Médicomage qui s’occupaient de nettoyer les dernières traces de douleur sur le visage de Victoire, la salle n’était qu’à eux quatre. Lentement, Victoire leva la tête vers son mari et, avec un sourire rayonnant, découvrit le visage de l’enfant pour que son père puisse l’admirer.

    C’est Selim.
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Lysander L. Scamander

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MessageSujet: Re: Toi. [pv accouchement de Victoire]   Dim 9 Juin - 12:54



    Toi.

    Je me levais. Ignorais le chapeau tombé au sol, et avançais jusqu'à ce voyant vert, et cette porte ouverte, avec l'impression que tout ce qui pouvait être raisonnable dans ce monde venait de disparaître. Tout ce que je connaissais, tous les fondements logiques de ma vie ; balayés par un souffle surpuissant. Combien de temps, d'années, avant que je m'en remettes ? J'avançais jusqu'à dans cette salle lumineuse, bourrée de promesse. J'avançais, et je distinguais les détails autour de moi avec une incroyable netteté, sans pour autant chercher à les regarder. Non. Non, mon regard cherchait ces cheveux blonds que j'avais tellement caressés, touchés, embrassés. Est-ce que tout allait bien ? Victoire allait t-elle bien ? Victoire ? Mes yeux accrochèrent un regard bleu, noyé au milieu d'un gigantesque sourire, qui me regardait déjà ; qui m'avait trouvé bien avant que je ne le cherche. Je m'avançais. Dans ses yeux, il y avait un mot. Un prénom. Un prénom qu'elle m'offrit lorsque ses mains me présentèrent cet être de mon sang et de ma chair. Un être rose, chaud, et minuscule. Si minuscule que mon souffle me manqua. Ou peut-être était-ce à cause de ce visage, de ce sourire de Victoire. Je répétais. Selim. Ce fut la contemplation absolue, la découverte d'un nouveau monde. Un monde de chaleur, de joie, de bonheur intense, qui se résumait sur ce petit être, sur ce petit visage, sur ces petits yeux.

    « Je peux ? »

    Doucement, mes mains se refermèrent sur le corps rose et chaud. Tellement chaud, d'ailleurs. Un corps ôté du ventre de sa mère, qui portait sur sa peau l'ardeur de mon amour pour elle. Qui portait sur sa peau la chaleur de ma passion. Mes doigts se refermèrent, et doucement, je le soulevais. Doucement. Tellement lentement, en fait. Je le soulevais, et je vins le poser contre ma poitrine, plongeant mes yeux dans les prunelles claires du bébé. Ses yeux à demi fermés contenaient un regard que je ne parvenais pas à décrocher : un regard dont je devins addictif, qui me lacéra le ventre et l'esprit, dans une vague brutale de bonheur. Un regard qui me fit prendre conscience que Selim était vivant, que Selim n'était plus une idée, et que je le tenais dans mes bras. Qu'il était mien. Qu'il était mon fils.


    « Coucou Selim. C'est papa. »

    Je souriais, époustouflé. Je souriais, je riais, avec l'impression que mes bras étaient les plus forts du monde, et que jamais je ne laisserais tomber, jamais je ne serais ailleurs que là, et que jamais il n'y aurait d'autre meilleure place que celle là en cet instant même, avec mon fils entre les bras. Ce visage, ces yeux qui me contemplaient. Seigneur. Tous mes doutes envolés, toute ma peur disparue. J'étais père, et il n'y avait pas d'autre vérités possible. Père de cet enfant là, qui était mon fils, père de Selim. Et mon cerveau, ma poitrine, mon cœur, tout, tout hurlait cette vérité. Je m'asseyais sur le matelas, à côté de Victoire, juste à côté, arrachant mes yeux de ceux de Selim, pour plonger le vert de mon regard, absolument émerveillé, dans l'océan de ceux de Victoire. Plus de mille fois, ce bleu là m'avait noyé. Envoûté. Glacé. Re-noyé. Sauvé. Ce bleu là de la femme que j'aimais. Ce bleu là de la femme qui m'offrait mon fils.

    « Merci. »

    Je tendais les bras, lui présentant Selim, et restant penché au dessus de nous, de notre futur, embrassais son front. Dans mon corps, tout le frisson de l'avenir, du bonheur.

    « C'est … waow. Tu vas bien ? »

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Victoire WeaScamander
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MessageSujet: Re: Toi. [pv accouchement de Victoire]   Dim 9 Juin - 14:16


    Lysander tendit les bras, demandant doucement la permission de prendre son fils dans ses bras. Retenant un rire, Victoire plaça Selim de façon à ce que son mari puisse prendre facilement le nouveau-né. Les mains de l’homme enserrèrent le petit corps, comme s’il tenait entre ses doigts la chose la plus précieuse et la plus délicate au monde. Un sourire doux s’épanouissait maintenant sur le visage de la maman tandis qu’elle regardait ses deux amours. L’un était grand et brun, l’autre était minuscule et le duvet qui recouvrait le haut de son crâne était clair. Les yeux verts de Lysander rencontraient ceux, plus clairs, du bébé. L’un ne connaissait de la vie que ses deux parents, l’infirmière et le Médicomage qui l’avait mis au monde. L’autre avait vu des choses que personne ne voudrait garder en mémoire. L’un ne connaissait que la douceur et l’amour. L’autre avait vu la vie dans son entière cruauté. Pourtant, lorsque Lysander tenait son fils dans ses bras, il ne semblait voir que les choses belles et douces qu’il puisse y avoir sur terre.

    « Coucou Selim. C’est papa. »

    Cette fois, Victoire ne put contenir un petit rire, qui sembla résonner dans la salle éclairée, les parois blanches répercutant le son cristallin. Après les cris de douleur venaient ceux de la joie, simple, nue. Le sourire sur le visage de Lysander était celui de la personne la plus heureuse au monde, du père qui vient de découvrir son enfant, du mari comblé. Pourtant, quelques mois auparavant, la vélane n’aurait jamais pensé pouvoir voir un air pareil sur le visage de son amour. Celui-ci s’assit d’ailleurs à ses côtés, faisant plier le matelas sous le poids de leur petite famille. Le regard vert se détacha de celui de Selim pour se plonger dans l’océan bleu de Victoire. Le sourire doux reprit sa place sur le visage fatigué de la maman et, tandis que Lysander la remerciant en plaçant le bébé dans ses bras, Victoire sentit une fatigue immense l’envahir en même temps qu’un sentiment de bien-être total.

    La tête de la jeune femme se posa sur l’épaule de l’homme en même temps que des lèvres effleuraient son front. Les bras se Victoire se refermèrent autour de ce si petit corps, le montant jusqu’à sa poitrine sur laquelle il se blottit, fermant ses yeux et ses poings dans un mouvement empreint de douceur.

    « C’est… Waow. Tu vas bien ? »

    Bien mieux maintenant que je peux le tenir dans mes bras. Et je suis épuisée. J’espère que tu n’as pas trop flippé lorsque tu as reçu l’appel de Sainte-Mangouste. Je serais presque d’humeur à m’en vouloir si c’était le cas.

    La pointe de rire qu’il y avait dans sa voix disparu bien vite, la fatigue reprenant le dessus. Elle leva la tête et, attrapant délicatement le menton de Lysander, posa ses lèvres sur celles de son mari avec une douceur infinie.
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Laila Clennam

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MessageSujet: Re: Toi. [pv accouchement de Victoire]   Dim 9 Juin - 19:47

Lysander Scamander. Lysander et Victoire. Laila se souvenait de leurs temps à Poudlard autrefois. Elle était minuscules, eux étaient légende, presque. Pourtant, ils lui avaient sourit. Comme des grands qui se moquent un peu d'une enfant, peut-être. Laila fut une enfant adorable, pas du tout bruyante, ni placoteuse. Mignonnement innocente. Pas comme certains qui se vantaient inconsciemment de leur ignorance et de leur puérilité. Non, elle avait su se faire agréable, être de bonne compagnie. Est-ce cela qui avait gagné le coeur des jumeaux et de leur amie? Pourquoi s'étaient-ils intéressés à elle? Ce fut d'abord Victoire. Pour Laila, Victoire était la meilleure. Son idole, sa grande amie. Pendant les deux premières années, du moins. Après elle est partie et la serdaigle s'était créé d'autres amitiés, d'autres connexions. Lorsqu'elle était avec l'élégante vélane, la petite s'était toujours sentie privilégiée, honorée en sa présence. Une telle relation peut paraître artificielle et elle l'était sûrement, au début. Mais lorsque les jumeaux étaient là, c'était différent. Lorcan. Lorcan avait aussi été un sujet de fascination pour elle. C'est avec du pourpre aux joues qu'elle avouerait l'avoir un peu aimé pendant une année. Mais il avait toujours été tête en l'air, inaccessible, ailleurs. Aussi, c'était connu qu'il n'était pas aux filles, quoique seulement en sous-entendu. Mais laissez une petite rêver.

Lysander. Lysander n'aimait pas Laila. Laila n'aimait pas Lysander. Des deux garçons, c'était le plus froid, le plus méchant. Si elle se sentait petite à côté de Victoire et de Lorcan, elle se sentait comme une minuscule crevette devant lui. Il ne lui parlait pas, sauf pour passer une remarque glaçante. Mais si Victoire et Lorcan ne pouvaient se passer de sa présence, alors elle allait le supporter. Il faisait mal à Victoire, par contre. Mal? Laila le croyait, à treize ans. Si elle avait été plus courageuse, elle l'aurait dit à son amie. Mais cette qualité allait se faire développer beaucoup plus tard dans sa vie. Elle bourgeonnait à peine, à l'automne de ses seize ans.

Tous les trois, ils s'étaient évaporés, disparus. Tout continuait. Lorcan fut une présence pendant l'été, de temps à autre. Laila en prit meilleure connaissance et l'aima. Cette année, il fut à Poudlard, soit-disant pour aider les élèves, mais la trucidée n'avait pas une fois franchit le seuil de la porte de son bureau. Dommage.

Puis la chaumière aux coquillages. La convalescence. Merveilleuse guérison. Laila s'était retrouvée en ce lieu, elle avait été heureuse. Elle s'était retrouvée. Elle avait retrouvé Victoire. Et Lysander. Elle leur avait sourit du plus bel écarquillement de dent qu'elle possédait et ils étaient de nouveau amis. Différemment, certainement. Les angoisses de l'adolescence avaient quitté les deux jeunes adultes et leur amour retrouvé détendait tous leurs entretiens. L'organisation du mariage avait été un temps de joie pour Laila et s'est avec la larme à l'oeil qu'elle les avait observé se destiner l'un à l'autre. Elle avait changé d'avis sur Lysander. Il pouvait la rendre heureuse, le faisait déjà, alors l'adolescente ne savait pas pourquoi il ne pouvait pas être avec Victoire.

"She made you decent and in return, you made her so happy."

***

Oui, allô? Vraiment? Tout de suite, j'arrive.

Elle se retourna vers Tobias et il hocha de la tête en souriant bêtement. Elle pouvait s'y rendre. Sans se changer, sans se coiffer, elle pris une poignée de poudre de cheminette et se transporta dans les couloirs froids de Sainte Mangouste. Peu après, Tobias suivit, rassurant ainsi le personnel, qui se demandait ce qu'une élève de Poudlard, encore dans son uniforme, faisait dans leur foyer central. Il accompagna la jeune fille au comptoir et informa l'aide-médicomage qu'elle était ici sous permission spéciale, pour un accouchement.

Elle est de la famille?

L'aide-médicomage était réticente à l'idée de laisser une délinquante juvénile se promener dans SON hôpital. C'était une matronne au visage moins doux que la Dragonne, si vous pouvez l'imaginer. Sa coiffe ridicule lui faisait perdre de la crédibilité et en temps normal, Laila aurait du supprimer un fou rire en la voyant. Cependant, elle était pressée et la trouvait irritable avec ses airs de dédain prétentieux. Elle répondit vite, sans penser.

Oui.

Elle se surprit, mais en fut heureuse. Elle aimait l'idée de faire partie de la famille de Lysander et Victoire, même si eux même n'en avait aucune connaissance. Pourtant, c'était eux qui l'avaient appelée. C'était même Lysander, la voix tremblotante, qui lui avait annoncé l'arrivée de leur enfant, de leur fils. Une fois étampée sur la main d'une permission d'entrée, elle avait couru jusqu'à eux, recevant des regards ahuris des patients, des visiteurs et surtout du personnel. Elle s'en fichait, elle allait voir le bébé.

Hors haleine, des mèches se défaisant de son chignon écolier, elle fit son entrée. Une fois sur le seuil, elle n'osa plus s'avancer. La scène qu'elle venait d'interrompre était si belle, elle ne dit un mot. Elle regarda la mère, elle regarda le père et doucement, elle s'approcha.


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Jacob Dragonneau
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MessageSujet: Re: Toi. [pv accouchement de Victoire]   Mar 2 Juil - 5:09


    Jacob entrait dans les couloirs blancs, avec cette détestable impression d'être dans la maison des morts. Il y avait tout ce silence qui prenait des proportions immenses. Et lui, avec son allure craintive se sentait pris au piège, comme une créature un peu bête, un peu trop enviable, qu'on aurait enfermé dans la prison blanche. Il marchait péniblement, avec ses pensées et ses songes qui le rongeait tranquillement et même avec une lenteur céleste.

    ***

    Pour être tout à fait honnête, les plans de Jacob n'avait pas été tout à fait ceux de visiter le bébé de deux personnes dont l'existence pouvait bien se trouver à Numance ou en France, ou n'importe où qu'il s'en fichait royalement. Princièrement, devrais-je même dire. Lysander était ce cousin, un peu plus responsable que Lorcan, un peu moins fou, mais qui n'était pas pour autant un ami, un cousin apprécié ou une connaissance avec qui l'on a le plaisir de discuter deux fois l'an. Il était, tout au plus, une personne du même sang. Victoire, c'est un autre cas. Une fille de Weasley, les amoureux des moldus. A moitié vélane, Jacob avouait bien malgré lui son attirance pour elle. Mais il la détestait. A Poudlard, lorsqu'ils se trouvaient dans le même couloir, ils s'évitaient joyeusement, comme deux aimants que l'on aurait retourné, pour rire.

    Il y avait, bien entendu, cette question qui revenait sans cesse. Pourquoi ? Pourquoi Lysander et Victoire l'avaient-ils désignés comme parrain ? Pourquoi avait-il accepté bêtement ? Pourquoi avait-il pensé que l'importance d'un parrain était quasi nulle ? Pourquoi ?
    Il était un homme responsable, qui mettait toujours de côté ses convictions si c'était pour le bien d'autrui. Voilà sans doute la raison pour laquelle il avait été désigné. Ou peut-être qu'une fois de plus, ce renard d'Helios avait fourré son nez dans l'affaire de son fils et qu'il avait voulu rapprocher les cousins. Mais non, il n'aurait pas fait ça. Parce qu'au fond, il se fichait de son frère Scamander. Qu'il pouvait bien crever parmi les rats. Oui, voilà.

    Dans le manoir lugubre, tous les objets étaient à leur place. Seul Helios Dragonneau était absent. Sa charge de roi l'obligeait à courir partout, et comme il ne laissait personne gérer son royaume, il n'était presque pas là.
    Cette folie du travail, d'ailleurs, Lysander l'avait bel et bien.

    Les couloirs sombres étaient faiblement éclairés par les torches enflammés. Jacob, fasciné, déambulait comme un fantôme en quête de quelques parchemins. Il avait dans l'idée de faire quelques commandes illégales au marché noir, et ses quelques connaissances dans le millieu pourrait l'y aidé. Bien sûr, il aurait pu faire appel à un laquais pour cette besogne. Mais il préférait encore le faire. Cela occuperait un peu ses vacances.
    D'autant qu'il était complètement désemparé face au chagrin de Mia.
    Alessandra était morte, bien morte. C'était une sorcière doué, jolie avec sa crinière de feu, gentille, idéologiquement dans le vrai... Et tout s'était terminé bêtement. Eleanor Branstone s'étaient enfuie. Maximilian St-Clare était arrivé sur le dos d'un dragon.
    Et tout s'était ainsi terminé. Jacob en était malade de rage.

    Il se promena encore un peu dans la forêt, là où il allait durant l'été quand il se transformait en vous-savez-quoi. Mais il aimait bien les lieux. Les arbres étaient grands, vieux, immuables. Leur écorce semblait s'être décolorée. Et dans tous les cas, le temps semblait s'être inscrit dans leurs rides mal assurés.

    Ce matin-là, encore, Jacob s'était éveillé avant le soleil. Tout était sombre, tout semblait plus vrai. Il avait marché dans les sentiers délavés, puis, comme un rôdeur il s'était enfui, zigzaguant entre les arbres. Il lui sembla enfin comprendre le monde telle qu'il était vraiment. Beau, ténébreux, bon. Bien plus encore, sans doute. Avec le lent levé du soleil,  le ciel avait prit des teintes de pastel, de roses et de violet. Et le peintre qui s'était occupé d'un tel tableau avait fait là un chef d'oeuvre, pensa Jacob en revenant sur ses pas.

    Et puis... non rien... Jacob avait passé un bon moment à regretter ce moment où il lui semblait que les mystères du monde s'étaient révélés à lui. A présent, à pleine clarté, les messages secrets ne semblaient plus vouloir rien dire. Les idées s'étaient enfuies.

    Puis, il avait reçu une missive, vaguement griffonné qui lui sommait de venir immédiatement à Ste-Mangouste, l'hôpital des sorciers. Le petit était né, Lysander le lui avait écrit. Bien sûr, si le téléphone avait pu prendre sa place dans le manoir, il aurait pu arriver plus rapidement. Mais la famille Dragonneau n'aurait jamais rien accepté qui puisse être moldu. Point.

    Alors, il avait transplané de son Irlande natale, de ses verres pâturages, de son ciel devenu gris. Il n'était pas encore bien entraîné, mais en deux ou trois essais, il parvint finalement à proximité de son but.

    Et il était entré dans Ste-Mangouste. Il avait croisé la désagréable réceptionniste. Il était ensuite arrivé devant la porte sans nom.
    Ils étaient là, juste derrière.
    Il resta un bon moment à réfléchir, le poing levé et tremblant. Il inspira un bon coup, puis encore une fois. Mais il ne parvenait pas à se manifester ou à entrer simplement. Il était le parrain d'un enfant qu'il se sommait, s'assommait même, à ne pas aimer. Et il savait qu'il n'y réussirait pas.

    Et puis, l'esprit complètement vide, il était entré, tout sourire. Il était là, dans les bras de son père, tendre. Elle était là, la mère qui avait vu son ventre s'arrondir pendant neuf mois. Elle était là, dans le lit, fatigué par l'effort. Et puis, il y avait Laila, deux pas en arrière, auquel il adressa un bref signe de tête.

    - Félicitation, parvint à dire Jacob, sincère. Il est... il est magnifique.

    Il s'était approché, sans trop savoir ce qui l'attendait. Il n'avait pas encore vu la bestiole complètement de face.
    Le mystère de la vie.
    Il y avait cette tête-là, les yeux plus fermé qu'ouvert, la tête presque chauve. Il était dans le ventre d'une femme quelques heures auparavant. Et voilà qu'il était projeté dans la vraie vie.
    Mon Dieu ! Que les guerres, que les famines, que les morts paraissaient dérisoires en comparaison de cet enfant aux yeux bleutés, vaguement étoilé !

    - Comment s'appelle-t-il ? demanda le parrain, perdu par le simple regard hagard du poupon de deux personnes qu'il avait méprisé stupidement jusqu'alors.

    Ils étaient là, tous les cinq. Et c'était agréable, éphémère, et en même temps sans fins véritables.
    Parce que... à présent, Jacob et Laila était les parrains d'un petit enfant et que rien ne les prédestinait vraiment à l'être. Mais qu'ils le seraient bien malgré eux.
    Pour toujours.


[HJ: Je ne sais pas si c'est bon, et si ça se situe après la bataille. Si ce n'est pas le cas, excusez-moi x) ]
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