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 Forgiveness doesn't mean forgetting. [Dalaigh]

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Nienna Selwyn

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MessageSujet: Forgiveness doesn't mean forgetting. [Dalaigh]   Jeu 27 Juin - 9:39


Jour même.

« Dalaigh, attends, s’il te plaît. »

Mais déjà sa silhouette s’évanouissait, blessée, trapue, abattue dans la nuit noire de cette révélation.

Jour un.

« Nienna, que se passe-t-il ? Tu n’as pas ouvert la bouche depuis hier soir, après que tu m’aies rejoins. »
« Rien, je suis juste un peu trop fatiguée. »

La salle de bain paraissait être sa meilleure amie depuis la veille au soir. Se trouvant stupide de son acte, la trentenaire y restait enfermée la plupart du temps, ne sortant que pour rendre service à son fils mais évitant soigneusement son mari qui commençait à s’agacer de son comportement. Compréhensible. Peut-être pensait-il qu’il avait fait quelque chose de travers. Et dire qu’elle n’avait pas souhaité se rendre à cette réunion. Tout cela aurait pu être évité si elle s’était efforcée de trouver une excuse pathétique pour rester avec Joshua. Mais ce n’était pas son genre, voyons, non. Elle se devait d’être cette femme exemplaire qu’ils attendaient tous.

Jour deux.

La lame du couteau trancha de quelques millimètres la peau formant l’index de la jeune femme, lâchant l’ustensile sous l’effet de la surprise. Le tintement de l’outil sur le sol marbré n’échappa pas à Sahel.

« Viens par là. »

Il se révélait tellement patient avec elle. Tellement aimant.

Jour trois.

Les hiboux n’indiquaient aucune nouvelle.

Jour quatre.

[…]

Jour neuf.

« Tu vas me dire ce qui te ronges l’esprit depuis une semaine ? »
« Je t’ai dis que j’allais bien, chéri. »
« Tu n’as jamais menti aussi mal. »

Le regard vif devant cette accusation pourtant véridique affronta celui colérique d’un homme qui ne supportait plus de voir sa femme se priver de vivre devant l’attente d’une chose qui ne semblait pas arriver.

« D’accord. »
« Merci. »

Et ils s’étaient assis, Sahel répondant patiemment aux paroles de sa femme.

(…)

« Vas le voir à la Divine Comédie. »
« Je ne crois pas qu’il ait envie de me voir. »
« N’est-ce pas toi qui me dis toujours qu’on ne sait pas quand on ne voit pas par soi-même ? »
« Bien vu. J’irai demain. Merci. »

Dixième jour.

La façade de la Divine Comédie était d’une beauté mais d’une discrétion déstabilisante. Oh, personne n’ignorait les activités qui s’y déroulaient, mais tout le monde faisait comme s’il n’y savait rien. Indécise devant les portes, scrutée par les sortes de vigiles qui semblaient bien l’avoir reconnu malgré ce même manteau qui avait dissimulé son visage quelques années auparavant, Nienna se montrait pour la première fois dans sa vie d’adulte, particulièrement hésitante et frêle devant la peur qui la rongeait. La peur qui ne lui accorde aucun regard. Qu’il ne réagisse pas à son prénom. Qu’il ne daigne même pas vouloir la reconnaître. Qu’elle n’existe plus à ses yeux. Qu’elle perde à nouveau le seul qu’elle avait désiré voir assis sur les bancs alignés du chapiteau sous lequel elle s’était mariée il y a douze ans.

Se décidant enfin à avancer d’un pas, la jeune femme se dévêtit de son capuchon pour montrer son visage aux deux hommes, spécifiant sa demande de rencontrer le propriétaire des lieux dans les plus brefs délais. Elle ne savait si son autorité valait quelque chose en cet endroit, mais le soulagement de voir un des deux monstres se tourner pour lui ouvrir la porte sans poser plus de questions lui détendit l’estomac. Franchissement le pas de la porte, elle découvrait pour la première fois ce qui semblait être le repère le plus prisé de celui qu’elle venait chercher et des riches mondains ennuyés de leur femme. L’avant-salle à franchir avant d’accéder à la principale où la musique d’un cabaret dansant se faisait déjà entendre vous plongeait déjà dans l’atmosphère d’une nuit d’ivresse. Les rideaux de velours d’un rouge bordeaux étaient subliment disposés de chaque côté des portes, incitant à entrer. Ce que ne tarda pas à faire la jeune femme, découvrant ainsi ce qui faisait trembler les femmes d’Angleterre depuis son ouverture. Les femmes, les vraies, plus belles les unes que les autres, plus jeunes, plus fraîches et plus vives, dansaient sur cette scène dressée devant les tables remplies d’hommes, verre à la main, aucun ne contenant de substance claire. Sa cape semblait lui donner une certaine confiance, sûre de pouvoir rabattre ce qui la dissimulerait à des regards trop curieux. Il semblait rare d’y voir des femmes n’appartenant pas à la comédie, trop suspect. Continuant d’avancer dans le fond de la salle, longeant les dernières tables, invisibles, Nienna observait le spectacle de ses filles qui donnaient leur corps en spectacle. L’irruption d’un homme qui semblait avoir son âge l’arracha à ses pensées, lui faisant louper un battement de cœur, trop surprise par cette venue.

« Madame, c’est un plaisir de vous voir, ce soir. Je m’appelle Aleksandr, puis-je vous être utile pour… passer une soirée des plus dignes ? »

Brun, arborant un tatouage lettré à la nuque, il avait ce sourire qui pouvait séduire n’importe quel être humain arborant des formes voluptueuses. Ses prunelles, d’un gris bleuté, ne lui offraient aucun répit pour regarder ailleurs. Le costume qu’il arborait lui donnait cet air charismatique rare aux hommes d’affaires. Amusant. Voyant en lui une possible perche pour arriver jusque Dalaigh, poliment, elle lui accorda un sourire.

« Je vous remercie, je viens juste rendre visite à Dalaigh, si ça ne vous dérange pas de m’y conduire. »
« Veuillez donc remettre votre capuchon, on ne sait jamais pour qui les clients pourraient vous prendre. »

Obéissant à son cavalier, elle se laissa conduire, découvrant un ou deux regards intrigués tandis que les autres ne s’attardaient seulement et uniquement sur les danseuses, certaines partant en compagnie d’homme qui construisait leur vie politique sur la famille qu’ils avaient fondée. Pitoyable. Et pourtant, elle se devait de garder le silence. Passant une porte arrière, elle arrivait alors dans un endroit beaucoup plus calme, s’autorisant à défaire son habit pour que ses iris puissent de nouveau voir leur environnement.

« Vous n’avez plus qu’à vous annoncer derrière cette porte. »
« Je vous remercie. »

Son souffle lui manqua à nouveau. Maintenant qu’elle se trouvait devant cette porte qui enfermait une blessure bien trop vive par sa faute, Nienna ne savait quoi faire de ses mains. Déstabilisée par le remord, elle s’avança d’un pas pour poser sa dextre sur la surface boisée mais, ralentie par ses pensées morfondes, la porte s’ouvrit avant qu’elle n’ait pu toquer pour signifier sa présence.
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Dalaigh B. McLaughlin

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MessageSujet: Re: Forgiveness doesn't mean forgetting. [Dalaigh]   Ven 28 Juin - 12:36

Spoiler:
 



    « Dalaigh, attend, s’il te plait. »

    Les mots résonnèrent dans le vide, Dalaigh n’était déjà plus ici. Son corps avançait entre les arbres mais son esprit s’était figé, enfermé dans une boucle incessante de souvenirs.

    Premier réveil


    Les yeux de l’homme s’ouvrirent, par pure automatisme. Il n’avait que peu dormit, son cerveau étant trop embourbé dans une myriade d’images qu’il tentait d’oublier. Les paroles de Nienna résonnaient encore dans son esprit, il les analysait sans même s’en rendre compte.

    *Selina est en vie. *
    *Je ne voulais rien savoir…*
    *Elle est en Russie.*
    *Tait-toi…*

    Sa main s’abattit sur la table, renversant la tasse qui s’y trouvait, la faisant se briser sur le sol en milles éclats.

    Quatrième réveil

    La journée était déjà bien avancée, comme toujours lorsqu’il se levait. Son simulacre de sommeil ne servait à rien, son corps était maintenant aussi fatigué que son esprit. Dalaigh se tenait sous le jet glacé de la douche, ses vêtements de sport jonchant le plancher. Courir ne lui servait plus à rien. Les images ne quittaient plus sa tête. Son front se posa contre le mur et ses yeux se fermèrent, tandis que l’eau ruisselait sur ses os. Il était fatigué. Las. Il lui en voulait…

    Septième réveil

    Deux heures. Il avait réussi à dormir deux heures. Quelques tasses de café et peut-être que l’envie d’aller au cabaret viendrait. Bérénice s’inquiétait pour lui, elle ne comprenait pas ce qu’il se passait. Il était allé à cette réunion supposée secrète et depuis, il n’était plus le même. La jeune femme, encore enroulée dans les couvertures, regardait son patron tourner en rond, prendre son portable, le reposer puis se faire une tasse de café. Encore. Et encore. Elle le savait, bientôt, il craquerait et aurait recours à d’autres substances pour se tenir éveillé. Vu qu’apparemment, le sommeil lui faisait peur…

    Dixième réveil

    Dalaigh était las. Très las. En dix jours, il n’avait dormit que quatre ou cinq heures. Assis à son bureau, la musique du cabaret faisant vibrer le plancher sous ses pieds, il tenait son crâne à deux mains, en lisant les papiers qui s’étalaient sur le plateau. Mais son attention était attirée par autre chose. A chaque fois qu’il arrivait à se concentrer sur les lignes qui se trouvaient devant ses yeux, elles se floutaient et l’image de Nienna venait se coller sur le papier. Sa bouche formait toujours les mêmes mots. Selina. Russie. Nouvelle vie. Son poing frappa le bois, avant que le plat de sa main prenne le relais pour envoyer valser toutes les affaires se trouvant sur le bureau.

    Il entendait les rires, dans la salle. Les hurlements, au sous-sol. Les cris de joie, dans les chambres privées à l’étage. Et chaque craquement que produisait la vieille bâtisse. Debout, immobile dans le chaos qu’il avait créé, il se sentait seul. Seul comme jamais. Il vivait dans un monde, peuplé de vices, de souvenirs et de caféine. Ignorant le bazars qui régnait autant autour de lui que dans sa vie, il se dirigea vers la porte, l’ouvrit d’un mouvement sec et… Se retrouva face à Nienna.

    Qu’est-ce que tu fous là, toi ? Tu as encore des choses à rajouter, des brûlures à raviver ? Tu aurais mieux fait de te TAIRE !

    La porte claqua violemment et l’homme se laissa tomber au sol, les jambes croisées, le dos posé contre le battant. Il n’aurait pas dû lui parler comme cela. Elle était son amie. Et son bourreau. Elle n’aurait jamais dû lui dire que Selina était vivante. Et bien portante. Et pourtant, il était heureux, si heureux qu’elle l’ait fait. Se décalant légèrement, il permit à la porte de s’ouvrir sous la pression féminine.

    … Je suis désolé. Je n’aurais pas dû… Te parler ainsi. Je suis épuisé. Et perdu.
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Nienna Selwyn

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MessageSujet: Re: Forgiveness doesn't mean forgetting. [Dalaigh]   Ven 28 Juin - 16:54


Le regard d’étonnement disparut bien vite pour laisser place à celui de la colère, de cette colère noire qui avait si peu souvent animé les yeux de Dalaigh. Prise au dépourvue par ce nez à nez soudain, autant que son ami qui savait parfaitement bien maîtriser bien plus qu’elle ses émotions faciales, Nienna fit un pas en arrière, avant d’en faire un deuxième devant le ton bien trop élevé de l’homme qui lui faisait face, plein de haine et de rancœur envers celle qui se postait à quelques centimètres de lui, celle qui avait touché le point idéal pour le faire souffrir, pourtant bien involontairement.

Qu’est-ce que tu fous là, toi ? Tu as encore des choses à ajouter, des brûlures à raviver ? Tu aurais mieux fait de te TAIRE !

Un sursaut anima son corps lorsque la porte se claqua violemment, le bruit résonnant dans la pièce exigüe où elle se retrouva à nouveau seule après l’espace d’une seconde et demie en compagnie du propriétaire des lieux. Secouée mais pourtant peu surprise de cette réaction, Nienna reprit ses esprits et s’avança des quelques pas reculés pour poser sa main sur le battant de porte. Sentant le poids du corps de Dalaigh contre celui-ci, elle attendit un peu plus avant d’exercer une nouvelle pression et de découvrir son ami abattu, le voyant ainsi pour la première fois de toute leur amitié. La culpabilité envahissant sa poitrine, la jeune femme eut un moment d’hésitation avant de refermer la porte derrière elle et de s’agenouiller près de son ami, devancée par ses propos.

… Je suis désolé. Je n’aurais pas dû… te parler ainsi. Je suis épuisé. Et perdu.

Oh, qui était le plus coupable des deux ? Les boucles brunes de Nienna retombant sur ses yeux, elle prit le temps de recueillir l’une d’entre elle pour la glisser derrière son oreille de son index et poser cette même main sur les genoux de son ami. Elle espérait qu’il ne la repousse pas et approchait son autre dextre pour venir la déposer sur le visage de Dalaigh, presque pleurante de la douleur qu’elle provoquait au cœur du jeune homme. Elle se rappelait de toutes les fois où il l’avait consolé, inlassablement, des blessures provoquées par la conscience de l’adolescente, des autres ou parfois de lui-même.  Toutes les fois où il l’avait prise dans ses bras, où il n’avait jamais cessé de lui dire à quel point elle était douée, à quel point sa magie et son caractère ferait d’elle une femme exceptionnelle dans ce monde. Et ce soir, les rôles s’inversaient. Elle devenait la personne coupable et lui, le blessé. Celui que l’on serrait dans ses bras. Profondément touchée par cette réaction pourtant si compréhensible, Nienna ravala difficilement la boule d’angoisse qui s’était logée dans sa gorge, tout de même rassurée que l’homme tatoué ne la repousse pas dans ses retranchements et laisse de nouveau un contact se faire. Son manteau retombait en cascade autour de leurs silhouettes, ses jambes, accroupies, se dévoilant sous la robe de dentelle qu’elle portait, la paire de talons qu’elle s’était aussi accordée d’essayer dessinait les courbes de ses chevilles pour suivre celles de sa taille. Le brouhaha du cabaret paraissait s’éteindre grâce à l’insonorisation du bureau de Dalaigh, sûrement due à un sortilège pointilleux. Cela provoquait un silence presque pesant mais nécessaire à leurs retrouvailles respectives, autant avec eux-mêmes qu’entre eux deux.

« Je pense que c’est plus à moi qu’à toi de m’excuser. J’aurais du en savoir un peu plus avant de te dire quoique ce soit, pardonnes-moi. »

Ce n’est pas un simple voyage en Russie qui lui aurait permis de connaître toute l’histoire qui unissait Dalaigh à Selina. Comment pouvait-elle savoir ce qu’ils avaient pu vivre, ce que cette sulfureuse femme avait et a apporté au trentenaire ? Lorsqu’elle avait frappé à sa porte, la chevelure dense et caractériellement féminine avait d’abord étonnée Nienna avant qu’un sourire ne prenne pleinement possession du visage de la nouvelle venue, disparaissant dans la seconde qui suivit. Peut-être aurait-elle dû s’attarder à en savoir un peu plus. Peut-être aurait-elle dû être moins naïve et retenir la jeune femme pour l’inviter à boire quelque chose. Ne serait-ce qu’un café, un thé, ou quelque chose dans ce genre. Mais non. Elle l’avait laissé filer et s’était simplement entichée à vouloir retrouver sa trace pour oublier une fois chose faite.

Le visage éreinté de l’homme qui lui faisait face lui sauta aux yeux lorsqu’elle releva d’une main le menton de son ami. Passant sa main sur le front du garçon dans un pur geste tendre, elle se releva pour sortir sa baguette de la poche de son manteau et faire apparaître dans un simple geste une serviette humidement fraîche. Ne le poussant pas à se relever, Nienna s’attarda dans son affection, plus comme un geste d’habitude que dans celui d’un repentant. Elle se voulait tendre. Elle se voulait excusable de sa maladresse et de son insouciance.

« Depuis combien de temps n’as-tu pas dormi, Dalaigh ? »

Sa voix ne résonna pas, elle, presque trop silencieuse pour se répercuter contre les murs de la pièce les enfermant tous les deux. Elle avait repris sa position des minutes précédentes, plus à l’aise pour approcher son ami sans l’oppresser dans un espace qui lui était réservé. Se rendant compte à quel point la fatigue se lisait sur son visage, elle jeta un coup d’œil circulaire pour déceler la moindre trace d’une substance qui aurait pu le faire tenir plus longtemps que la normale en éveil. Ne remarquant que de grandes tasses renfermant un liquide marron vieilli, la jeune femme eut du mal à croire que le café ait pu faire des miracles à lui seul. La culpabilité ne faisant qu’augmenter en son fort intérieur, Nienna reposa son regard sur Dalaigh dans un élan d’inquiétude.

« Oh, je t’en supplie, ne me dis pas que tu as repris ces choses par ma faute… »

Ces choses qui faisaient tant languir les moldus, toujours plus jeunes les uns que les autres. Ces choses qui ne vous laissait jamais totalement en paix avec vous-même et qui ne vous aidait en aucun cas à tenir le coup dans une vie trop mouvementée. On les appelait illicites, mais on disait souvent qu’elle vous vidait l’esprit.


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Dalaigh B. McLaughlin

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MessageSujet: Re: Forgiveness doesn't mean forgetting. [Dalaigh]   Sam 29 Juin - 9:51



    La tête baissée, Dalaigh ne put voir le regard de culpabilité que son amie lui lança, avant de reprendre contenance et de poser une main sur son genou. Cela le ramena quelques années en arrière, lorsque les rôles étaient inversés.

    Flashback

    Nienna, je suis désolé que tu sois encore tombée sur un idiot…

    Les bras du garçon enserraient le corps fragile de sa meilleure amie, son menton posé sur ses longs cheveux bruns. Les larmes de la fille coulaient lentement sur ses joues, roulant ensuite sur les avant-bras dénudés du Gryffondor. Il lui murmurait de temps en temps des paroles réconfortantes mais se taisait le reste du temps. Parler ne servait à rien tant que la rancœur faisait pleurer les yeux de Nienna. Quand elle se fut enfin calmée, elle s’était endormie sur un des fauteuils de la bibliothèque, leur endroit favori que ce soit pour discuter, rigoler ou pleurer. Elle était quasiment toujours déserte et ils avaient réussi à dénicher un coin où personne ne venait jamais. Ils en avaient fait leur endroit de prédilection, amenant en toute discrétion quelques fauteuils confortables et une table basse. Une fois assuré que Nienna dormait, Dalaigh s’était levé et, au bout de dix longues minutes de marches dans les couloirs poussiéreux du Château, était enfin arrivé en cuisine.

    Helvy, peux-tu me préparer un chocolat chaud ? C’est pour Nienna…

    L’Elfe de Maison, ravi de pouvoir aider, se chargea de faire un breuvage à la fois léger et mousseux pour la jeune femme, qu’il appréciait beaucoup. Il indiqua aussi à l’étudiant qu’il l’amènerait directement à l’endroit qu’il lui indiqua et le jeune homme reprit sa marche solitaire pour retourner au chevet de son amie. Quand il s’assit dans le fauteuil le plus proche, Nienna se réveilla gentiment et la tasse fumante attira immédiatement son regard. Avec un petit sourire, elle l’attrapa et trempa ses lèvres dedans tandis que le garçon passait un bras autour de ses épaules.

    Flashback

    « Je pense que c’est plus à moi qu’à toi de m’excuser. J’aurais dû en savoir un peu plus avant de te dire quoique ce soit, pardonnes-moi. »

    Un petit sourire tira les lèvres de l’homme. Sourire amer, sourire forcé. Sourire qui tendait à rassurer son amie mais qui lui faisait plus de mal que de bien.

    « Depuis combien de temps n’as-tu pas dormi, Dalaigh ? Oh, je t’en supplie, ne me dis pas que tu as repris ces choses par ma faute… »

    Je n’ai rien pris, mis à part du café. Beaucoup de café. Et mes heures de sommeil se comptent sur les doigts d’une main, depuis que…

    L’homme se racla la gorge, repoussa légèrement la jeune femme et se leva prestement. Il devait se ressaisir, maintenant. Cela faisait dix jours qu’il était en mode automatique, vivotant et grignotant à peine, se nourrissant presque exclusivement de ce breuvage noir et parfois infecte. Tendant une main à Nienna, toujours au sol, il l’aida à se remettre sur pieds et attrapa sa veste. Il devait sortir. Il devait prendre l’air, absolument. Et manger, éventuellement. Son estomac noué ne lui permettrait peut-être pas d’avaler grand-chose mais c’était de toute façon mieux que rien.

    Vient. On sort.

    Sans plus d’explication, il prit la main de Nienna et l’entraina dans les escaliers. Avant de partir, il devait donner quelques instructions à ses employés, afin que tout se passe dans le plus grand contrôle. Le volume de la musique augmentait au fur et à mesure que les marches disparaissaient sous leurs pieds. L’odeur particulière de sueur, de fumée et d’alcool régnait dans la salle principale où Dalaigh donna ses premiers ordres, à la barman, qui devrait se charger de fermer le cabaret à l’heure prévue. Il ne voulait aucun retard. Puis, ce fut au tour d’Oddie de recevoir quelques informations quant au nouvel arrivage qui devait se trouver au sous-sol. Elle savait comment s’en charger mais ne savait pas à qui il était destiné, et ce fut l’information que Dalaigh lui fournit. Les colosses chargés de la sécurité eurent eux aussi leur dose de recommandation et, enfin, l’air frais de la rue lui mordit le visage.

    Un soupire passa la barrière de ses lèvres et, tandis qu’il enfilait sa veste, il regarda Nienna. Cette femme n’avait jamais voulu le faire souffrir en lui fournissant ces informations. Mais cela était tout de même arrivé, par la faute de son cœur blessé. Il lui en avait fait voir de toutes les couleurs, lors de leurs années à Poudlard, et voilà qu’à la première blessure, il disparaissait, lui hurlait dessus et hésitait même à ne jamais la revoir. Il était mesquin. Et s’en rendait compte maintenant. Le silence s’éternisa durant leur trajet jusqu’au bar-restaurant qu’il avait l’habitude de fréquenter lorsque son estomac criait famine. Quand ils se furent assis et eurent passé commande, Dalaigh reprit enfin la parole.

    Tu sais, je suis vraiment navré de t’avoir… Hurlé dessus. Je crois que je ne voulais tout simplement pas accepter qu’elle t’ait visité sans moi et surtout, que tu l’ais retrouvé sans mon aide. Ou peut-être est-ce elle que je ne pardonne pas d’être partie. Je ne sais pas.
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Nienna Selwyn

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MessageSujet: Re: Forgiveness doesn't mean forgetting. [Dalaigh]   Sam 29 Juin - 13:54


Flashback.

Nienna, je suis désolée que tu sois encore tombée sur un idiot…

Secouée de tremblements tellement le chagrin envahissait son corps, l’adolescente se laissait aller dans les bras de son ami, mesurant l’ampleur de sa naïveté devant ce garçon qui l’avait courtisé pendant des semaines et des semaines. La bibliothèque était le premier refuge qu’elle avait trouvé, Dalaigh ne tardant pas à retrouver la disparue dans ce coin qu’ils avaient aménagé à leurs goûts et leur propre confort. A vrai dire, ils avaient bien deviné à force d’observation que ce coin de la salle n’était jamais fréquenté, les livres s’y trouvant étant interdits à l’emprunt et ne relatant que de botanique ou d’étude des moldus. C’est à force de fouiller que les deux jeunes gens avaient décelé dans les multiples étagères, des bouquins de défense contre les forces du mal ou de métamorphose, avant qu’ils ne se révèlent bien piètres dans cette dernière matière. Comme un appartement, ils faisaient une colocation sur cet endroit, s’y retrouvant parfois ou y disparaissant seul. Fatiguée de rancœur, c’est après une bonne heure que Nienna s’endormit, lasse, avant de rouvrir les yeux dix minutes plus tard, attirée par l’odeur de la tasse fumante de chocolat chaud déposée devant elle. C’était son breuvage préféré et elle eut à peine le temps de remercier Helvy qu’il disparut de nouveau, probablement dans les cuisines de Poudlard. Bien qu’elle ne soit pas fervente de la libération des Elfes, elle appréciait ce petit être pour l’attention qu’il lui portait. Saisissant la tasse, un sourire était venu embrasser ses lèvres, son regard dirigé vers le jeune homme qui refusait de la lâcher d’une semelle. C’était à croire qu’il la consolerait toute sa vie.

« Merci… »

Flashback.

Je n’ai rien pris, mis à part du café. Beaucoup de café. Et mes heures de sommeil se comptent sur les doigts d’une main depuis que…

Sans mettre de mots en fin de phrase, Dalaigh se releva, franchissant quelques pas avant de tendre sa main à la jeune femme qui la saisit pour se redresser. Sa paire de talons ne la relevait pas de beaucoup lorsqu’on connaissait son petit mètre cinquante-sept, mais peu lui importait. Anxieuse, Nienna observait le comportement de son ami qui paraissait vouloir changer du tout au tout. Presque étrange. Une demi-seconde passa avant qu’elle ne puisse poser une question, incitée à suivre le jeune homme sans demander son reste, ni d’explications. Elle savait bien que le silence serait de mise et préféra obéir à sa demande silencieuse, écoutant tout de même les instructions laissées à leur passage par le patron auquel elle tenait la main. D’un œil discret, elle en profita pour observer les lieux plus en détails bien qu’ils disparurent en un éclair. Une fois la porte d’entrée franchit en tant que retour en arrière, l’air frais de la nuit noire contrastait avec la douceur qu’avait pu connaître la trentenaire en se rendant à la Divine Comédie. Si elle avait pris son manteau par simple souci de discrétion, elle fut ravie de l’avoir sur les épaules, toujours impressionnée de la capacité de Dalaigh à ne pas ressentir le froid qui l’entourait. Particulièrement cette brise glacée qui rongea le creux de ses joues. Toujours aussi muette, elle suivait cet homme qui la tenait fermement comme pour ne pas la perdre, ne reconnaissant que peu le quartier vers lequel ils se dirigeaient. Même surprise de s’arrêter devant un bar-restaurant à l’ambiance chaleureuse et veloutée, contrastant horriblement avec le reste des enseignes, Nienna eut un instant d’hésitation avant de passer les portes de l’enseigne, mine de rien heureuse de retrouver une chaleur de printemps agréable. Acceptant sans trop de choix l’invitation, la brunette s’assit en face de son ami à une table quelque peu reculée de la salle et passa commande. A nouveau seuls, Dalaigh parut restreint un instant avant de prendre la parole, brisant enfin ce silence qui régnait depuis leur départ du cabaret quelques minutes plus tôt.

Tu sais, je suis vraiment navré de t’avoir… hurlé dessus. Je crois que je ne voulais tout simplement pas accepter qu’elle t’ait visité sans moi et surtout, que tu l’ais retrouvé sans mon aide. Ou peut-être est-ce elle que je ne pardonne pas d’être partie. Je ne sais pas.

Et elle ne pouvait pas lui reprocher de ne pas savoir. Aussi rancunière pouvait-elle être, elle comprenait la réaction d’un homme qui avait perdu sans fatalité l’être qu’il aimait. Faisant glisser sa cape le long de ses épaules, elle posa le tissu à ses côtés sur la banquette qu’elle occupait, laissant ainsi s’écouler quelques secondes pour trouver les mots justes qui ne semblaient pourtant pas vouloir lui venir.

« Je ne savais rien d’elle. Absolument rien. Pas même qu’elle avait un quelconque rapport avec toi. J’ai agis par simple soif de curiosité et de satisfaction personnelle, sans savoir l’impact que cela pourrait avoir sur toi, sur nous. Peut-être même sur elle. »

Remerciant d’un léger sourire le serveur qui déposa le liquide transparent d’un whisky devant les deux adultes, Nienna laissa de nouveau passer quelques secondes, prises au dépourvue par la tournure de cette soirée, bien qu’elle n’en attendait pas moins. Dans ses souvenirs, le peu de fois où Dalaigh et elle avaient été en désaccord, l’ignorance n’avait jamais durer plus d’une semaine, si l’on omettait les douze ans passés sous silence. Le verre tournant entre son pouce et son majeur, elle refusait inconsciemment catégoriquement de lever les yeux pour affronter un regard dont elle était la cause d’une perte d’éclat. Se décidant enfin, elle murmura quelques mots.

« Je ne veux rien savoir. Sauf si tu décides de m’en parler. Je suis simplement venue te voir pour te présenter mes excuses, car j’ai été ignorante et naïve. Ce n’était pas mon but, de te blesser. Loin de là, tu le sais très bien, tu m’as vu, plus jeune, faire ce dont j’avais à faire pour satisfaire ma vengeance. »

Ses prunelles se relevèrent pour prouver la sincérité de ses paroles. Un sourire vint même appuyer un peu plus ses dires.

« Tu es sûrement la seule personne à qui j’accorde une confiance aveugle depuis que j’ai onze ans. Alors je ne vais pas t’en vouloir de t’exprimer, certes en hurlant, pour apaiser quelque peu ta douleur. Je le comprends, puisque je suis entièrement fautive dans cette histoire. »

Une gorgée du liquide neutre glissa dans sa trachée, ouvrant ainsi le bal après avoir un brin trinqué grâce au verre de son ami, frère et premier homme ayant croisé sa vie.


Dernière édition par Nienna Selwyn le Mar 30 Juil - 15:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Forgiveness doesn't mean forgetting. [Dalaigh]   Jeu 4 Juil - 8:21



    « Je ne savais rien d’elle. Absolument rien. Pas même qu’elle avait un quelconque rapport avec toi. J’ai agis par simple soif de curiosité et de satisfaction personnelle, sans savoir l’impact que cela pourrait avoir sur toi, sur nous. Peut-être même sur elle. »

    Lentement, les doigts squelettiques se refermèrent sur le verre et, une seconde plus tard, le reposèrent, vide, sur le plateau de bois. Le liquide brûla sa gorge en descendant le long de sa trachée, glissant comme un serpent de feu. Ses yeux se fermèrent, le temps d’une fraction de seconde et, quand il les rouvrit, il fixa la femme qui lui faisait face. Cela faisait des années qu’ils étaient amis et, mis à part la longue période durant laquelle il était devenu un fantôme, jamais ils ne s’étaient quittés, jamais ils n’étaient restés séparés, jamais ils n’avaient eu de secret l’un pour l’autre. Alors oui, il était évident que Nienna ne pouvait pas savoir que la femme qui s’était présentée sur le pas de sa porte était l’amour de Dalaigh, son rayon de soleil, son souffle de vie. Qui l’avait quitté, sans raison, sans explication. Elle ne pouvait pas savoir tout cela. Il était dans le caractère de Nienna d’accepter sans explication un cadeau, une visite inconnue. Il ne pouvait pas lui en vouloir.

    « Je ne veux rien savoir. Sauf si tu décides de m’en parler. Je suis simplement venue te voir pour te présenter mes excuses, car j’ai été ignorante et naïve. Ce n’était pas mon but, de te blesser. Loin de là, tu le sais très bien, tu m’as vu, plus jeune, faire ce dont j’avais à faire pour satisfaire ma vengeance. »

    Un sourire tira les lèvres de l’homme lorsque les souvenirs lui revinrent en tête.

    Flashback

    Le garçon courrait à en perdre haleine, se frappant parfois contre les parois de pierres. L’ombre derrière lui marchait calmement, certaine de sa victoire. Une capuche cachait le visage mais la certitude imprégnait de peur les muscles du jeune homme. Du coin de l’œil, il vit une silhouette se matérialisé. Puis, il se retrouva sur le sol. Un petit rire échappa à la personne encapuchonnée tandis que l’ombre disparaissait à nouveau, dans un chuintement.

    « Tu n’aurais pas dû me mentir, mon très cher. Maintenant, tu vas devoir subir la douleur que tu m’as fait endurer. Et, grâce à mon ami qui t’a fait tomber à la place que tu mérites, tu vas y rester. Un long moment. »

    Dans l’ombre, un sourire vicieux tire les lèvres encore vierges d’encre tandis que, d’un simple mouvement de baguette, il empêche quiconque d’entendre les hurlements du garçon dont sa meilleure amie est en train de se venger.

    Flashback

    Oui, tu es douée en vengeance.

    « Tu es sûrement la seule personne à qui j’accorde une confiance aveugle depuis que j’ai onze ans. Alors je ne vais pas t’en vouloir de t’exprimer, certes en hurlant, pour apaiser quelque peu ta douleur. Je le comprends, puisque je suis entièrement fautive dans cette histoire. »

    Tu ne l’es pas entièrement. Selina aussi détient une grande part de responsabilité. Mais cela n’a jamais été son fort de s’en rendre compte.

    Sa voix s’éteignit tandis qu’en face de lui, Nienna buvait une gorgée du liquide brûlant. Le regard de Dalaigh se perdit au fond de son verre vide et, quand le petit claquement du verre sur le bois se fit entendre, il reporta son attention sur son amie.

    J’ai rencontré Selina en Norvège, en août 2010. Elle est partie trois ans plus tard. Sans laisser de mot, sans rien dire. La dernière fois que je l’ai vu, nous montions sur l’un des plus beaux plateaux norvégiens, une pointe acérée qui s’avance dans le vide, au-dessus d’un fjord. Huit heures de marche pour la montée. Le lendemain matin, je me suis réveillé et elle n’était plus là. Ses affaires avaient disparues, seule son odeur flottait encore dans l’air.

    Ses yeux se perdirent une fois de plus dans le vide, revivant pour la millième fois cette dernière journée avec la noiraude. Il passa une main lasse sur son visage et faillit plonger la main dans sa poche pour attraper un petit cachet blanc. Mais il y renonça, comme il y avait renoncé durant ces dix jours interminables. Peut-être devait-il partir à sa recherche, maintenant. Peut-être n’attendait-elle que ça. Secouant sa tête, il se rappela une fois encore que, si elle avait voulu qu’il la retrouve, elle lui aurait laissé un indice. Quoi que ce soit. Quelque chose.

    Et je n’ai plus jamais entendu parler d’elle, avant que tu m’apprennes qu’elle était venue en Angleterre. Chez toi. C’est tout  ce que j’ai envie d’en dire pour le moment…
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MessageSujet: Re: Forgiveness doesn't mean forgetting. [Dalaigh]   Mar 30 Juil - 15:54


Cette expression de retour en arrière qu’affichait Dalaigh accentua ses dernières paroles, les souvenirs traversant sa mémoire lorsqu’ils se trouvaient encore au collège.

Flashback.

« Oh, Nienna, je connais ce regard. »
« Tu ne peux pas savoir à quel point il m’a fait souffrir. »
« Très bien, on s’en occupe cette nuit. »

Et les deux adolescents quittèrent l’unique table vide qu’ils avaient prise d’assaut dans la Grande salle.
La nuit était arrivée rapidement, plongeant dans l’obscurité le château de sorcellerie et forçant les quelques huit cent élèves à rejoindre leur dortoir respectif. Nienna chez les Serdaigle, Dalaigh chez les Serpentard, ils avaient convenu d’une énième abstraction des règles afin de se retrouver dans le parc de l’école. Cependant, ils ne s’étaient pas donné rendez-vous pour être à nouveau seuls, non. Ils attendaient à plusieurs mètres de distance l’un de l’autre celui à qui la jeune fille avait envoyé un « carton d’invitation pour une nuit fluviale ». Lui, dans l’ombre, il était presque impossible à distinguer tandis qu’elle, pourtant vêtue de noir de la tête aux pieds grâce à une cape qu’elle ne quitta plus jamais par la suite, était parfaitement visible au coin d’une tourelle, attendant patiemment. Pas longtemps. Enfin, il apparut.

Enfin, il put souffrir autant qu’elle.

« Tu n’aurais pas dû me mentir, mon très cher. Maintenant, tu vas devoir subir la douleur que tu m’as fait endurer. Et, grâce à mon ami qui t’as fait tomber à la place que tu mérites, tu vas y rester. Un long moment. »

Cette voix glaciale qui résonnait dans l’obscurité fut accompagné d’un mouvement de baguette dont, elle le savait, les hurlements qu’il causerait seront éteints dans le silence du parc.
Sûrement, ce fut cette nuit-là que les sortilèges impardonnables traversèrent les fines et sculpturales lèvres de Nienna pour la première fois, éteignant ses paroles comme les rires discrets mais hilares de son compagnon à quelques pas de sa personne.

Flashback.

Visiblement, la même période de leur amitié leur avait traversé l’esprit à tous deux, la remarque anodine de Dalaigh chuchotée dans le bar où ils se trouvaient encore. Le verre de la jeune femme, lui, ne se vidait pas, que très peu, peu encline à se laisser séduire par un breuvage devant la conversation qu’ils faisaient durer depuis leur arrivée.

Tu ne l’es pas entièrement. Selina aussi détient une grande part de responsabilité. Mais cela n’a jamais été son fort de s’en rendre compte.

Dans l’incapacité à trouver une parole crédible, c’est à ce moment là que NIenna porta le verre à ses lèvres, goûtant au liquide brûlant qui ne la surprit pas. Que pouvait-elle dire ? Qui était Selina pour elle, si ce n’est une inconnue qui avait frappé à sa porte un après-midi d’hiver ? Seule la noirceur de sa chevelure l’avait marqué. Se demandant comment était-il possible de porter telle couleur lorsque l’on paraissait si douce. Son voyage en Russie l’avait fait découvrir encore une autre partie du monde sorcier, la rue digne du Chemin de Traverse étant beaucoup mieux dissimulée que ce-dernier. Si un sorcier n’avait pas été interpellé par sa présence, elle n’aurait jamais su, jamais trouvé. Tout n’avait été que pur hasard, comme tout. Comme le fait que cette femme soit l’amante de Dalaigh, qu’elle ait eu écho de son nom, que les deux personnes assises l’une en face de l’autre en ce moment même se connaissent comme frère et sœur.

J’ai rencontré Selina en Norvège, en août 2010. Elle est partie trois ans plus tard. Sans laisser de mot, sans rien dire. La dernière fois que je l’ai vu, nous montions sur l’un des plus beaux plateaux norvégiens, une pointe acérée qui s’avance dans le vide, au-dessus d’un fjord. Huit heures de marche pour la montée. Le lendemain matin, je me suis réveillé et elle n’était plus là. Ses affaires avaient disparues, seule son odeur flottait encore dans l’air.

L’ombre qui traversa les prunelles de son ami alerta la jeune femme quant aux derniers passés seul qu’il venait de traverser. Qu’avait-il fait ? Comment avait-il tenu ? Il lui avait certifié que le café avait suffit mais… était-ce vraiment la vérité ? Elle ne pouvait douter de lui, ne devait, n’imaginer quoique ce soit. Ne sachant quoi dire, elle devinait le malaise qui allait s’installer s’ils continuaient dans ce mutisme. Se réfutant pourtant à prononcer quelconques mots, Nienna n’osait même pas approcher sa main pour la poser affectueusement sur l’avant-bras de son ami.

Et je n’ai plus jamais entendu parler d’elle, avant que tu ne m’apprennes qu’elle était venue en Angleterre. Chez toi. C’est tout ce que j’ai envie d’en dire pour le moment…

Se sentant irrémédiablement coupable, elle tournait nerveusement le verre entre les extrémités de ses doigts, se trouvant pour la première fois confrontée à ce sentiment d’incapacité autant dans les paroles que dans les gestes. Plus les secondes passaient, plus ses pensées défilaient, sans y mettre de l’ordre, sans savoir discerner le vrai du faux, le bon du mauvais, l’intelligent du stupide. Jusqu’à ce qu’elle n’eut d’autres choix que de proposer quelque chose.

« Ecoutes-moi, je peux te dire comment on accède au quartier sorcier de Moscou. Mais je te le dis honnêtement, je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Je déteste l’idée que tu restes sur cette femme mais je comprends celle que tu ne peux pas continuer et passer sur ces évènements sans avoir eu d’explications. Je t’ai dis que je savais où elle était. Je peux m’y rendre. Ou te l’indiquer. Ou oublier. »

Une avalanche de solutions dont elle n’était pas sûre elle-même de leur viabilité. Bien sûr qu’elle pouvait s’y rendre. Qu’elle ne lui cacherait pas la vérité. Mais était-ce vraiment à elle de le faire ? L’aiderait-elle vraiment ? Elle n’en savait rien, ne savait plus ce qui était nécessaire ou non. Si ce n’est de contribuer à son bien-être.

« A toi de voir, tu sais que je serai capable de beaucoup. Pour toi. »

Un léger chaos se fit entendre, trahissant l’ambiance pourtant sereine du bar, détachant le regard de Nienna sur Dalaigh pour observer la scène de déboires avant d’ignorer, imaginant que ce n’était pas nécessaire de rajouter ses yeux dans ceux déjà pivotés. Suffisamment coupables pour porter le poids d’une autre dispute.
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Dalaigh B. McLaughlin

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MessageSujet: Re: Forgiveness doesn't mean forgetting. [Dalaigh]   Jeu 8 Aoû - 6:05



    « Ecoutes-moi, je peux te dire comment on accède au quartier sorcier de Moscou. Mais je te le dis honnêtement, je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Je déteste l’idée que tu restes sur cette femme mais je comprends celle que tu ne peux pas continuer et passer sur ces évènements sans avoir eu d’explications. Je t’ai dit que je savais où elle était. Je peux m’y rendre. Ou te l’indiquer. Ou oublier. »

    Le regard du squelette se perdit au fond de son verre. Voulait-il réellement savoir ? N’était-il pas plus facile de faire semblant d’oublier, de balancer son sourire à la face du monde et de se rouler en boule une fois le petit jour venu. N’était-il pas plus facile de mentir ? Avait-il vraiment envie de savoir les raisons qui avaient poussé Selina à disparaitre, alors qu’il avait le sentiment de les connaitre ? Au fond de lui, une petite voix lui criait que oui. Qu’il voulait savoir. Qu’il devait savoir pour avancer. Pour laisser le passé derrière lui. Mais le regard de Nienna l’empêchait de prononcer le moindre mot. Cette femme, assise en face de lui, qu’il connaissait depuis des années. Il lui avait tout donné. Ils s’étaient tout promis. Et il lui avait soufflé des paillettes à la figure en disparaissant à son tour. N’était-ce pas simplement une preuve de l’humour tordu du destin ? Il n’en savait rien…

    « A toi de voir, tu sais que je serai capable de beaucoup. Pour toi. »

    Je le sais. Quant à vouloir savoir où elle se trouve… Je ne suis pas sûr de le vouloir.

    Un léger brouhaha se fit entendre dans son dos et son manque évident de sommeil provoqua une réaction violente, qu’il tenta de contenir. Mais le mouvement brusque de retournement était déjà fait et il ne put que retenir les insultes qui lui brûlaient les lèvres. Lentement, il posa ses mains sur le plateau de la table avant de prendre son verre et de le finir, d’un seul coup. Son regard glissa sur la table, sur les mains fines et nerveuses qui tenaient l’autre verre. Il monta sur les bras délicats et pourtant si forts, effleura la poitrine, une clavicule et se fixa dans les yeux de Nienna. Il était sûr qu’elle savait. Une lueur de peur dans son regard se consumait lentement. Le squelette tendit la main, caressa les doigts de la femme et lui sourit légèrement.

    Je ne sais pas si je veux savoir car tu sais à quel point ma curiosité peut me jouer des tours. Je serais du genre à te dire que, une fois cette information acquise, je serais rassasié car je saurais qu’elle va bien. Mais au fond de nous, nous savons très bien qu’à la première occasion je courrais là-bas pour vérifier de mes propres yeux. Encore. Et encore.

    Il retira sa main, la leva afin de commander un autre verre et la laissa retomber sur ses genoux. La force le quittait lentement mais sûrement. Le sommeil le narguait avec ses douces volutes opaques et ses promesses de souvenirs douloureux et pourtant si nécessaires. Il ne voulait pas dormir. Il ne pouvait pas céder. Ni à l’appel vital de son corps, ni à sa pulsion destructrice qui lui disait de prendre quelque chose, afin de ne pas fermer les yeux et se laisser aller à la tentation primaire. Il ne pouvait s’abandonner à aucune des deux. Pas en présence de Nienna.

    Je vois très bien que tu as peur pour moi. Mais j’ai besoin de savoir pour avancer… Je crois.

    Son nouveau verre arriva et il remercia la serveuse d’un sourire avant de le boire tout aussi vite que le premier. Les douces vapeurs de l’alcool montaient lentement mais sûrement jusqu’à son cerveau afin de l’embuer. Les contours de sa vision se floutaient un peu, sa tête tournait légèrement et sous ses pieds, le sol semblait commencer à onduler. Il se sentait bien. L’alcool n’avait jamais été une échappatoire auparavant, mais peut-être avait-il loupé quelque chose. Il savait bien que l’alcool ne résoudrait pas ses problèmes et que le lendemain matin, tout ce qu’il y aurait gagné n’était qu’un mauvais mal de crâne et probablement une compagne inconnue dans son lit. Mais le sentiment de calme qui l’habitait ces quelques heures valaient certainement ces légers désagréments. Le squelette passa une main fatiguée sur son visage et reporta son attention sur son amie.

    Que veux-tu faire, maintenant ? Nous pouvons rester ici, nous pouvons tout aussi bien nous poser chez moi pour continuer à discuter. Sans boissons alcoolisées, si tu le souhaites.

    Un sourire groggy tira rapidement ses lèvres et, en se levant, il fit basculer sa chaise en arrière. Le bruit du bois sur le sol ne se répercuta que quelques secondes plus tard dans son cerveau et il tendit la main pour relever l’assise et reprendre sa veste, qu’il avait abandonnée là lorsqu’ils s’étaient assis. En temps normal, Dalaigh n’aurait jamais été dans un état pareil au bout de deux simples verres. Mais le manque de sommeil et de nourriture pouvait être dangereux… La seule contenance de son ventre en ce moment-même était de l’alcool et un morceau de pain qui datait du matin déjà. Après avoir remis la chaise à sa place, il sortit dans les rues de Londres, sans faire attention à la présence de Nienna, et laissa le vent lui mordre le visage avec un accueil bienvenu. Il ne savait même pas où il se dirigeait, ni même s’il se dirigeait quelque part. Il savait juste qu’il devait avancer. Dans le moment présent comme dans le reste de sa vie. Mais cela, il l’aurait probablement oublié au réveil…
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