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 Notre plus grand échec aura été de ne pas trouver le pays imaginaire.

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Pearl Smith

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MessageSujet: Notre plus grand échec aura été de ne pas trouver le pays imaginaire.   Lun 1 Juil - 19:49




«Tu m'agaces Jun.... Vraiment ! Je ne veux pas travailler sur ce projet de nanotechnologie. Pas maintenant ! Plus tard peut être, mais là je veux prendre du plaisir à inventer des choses farfelues ! »
« Tu as déjà créé une nouvelle drogue pour un directeur de cabaret, avec qui tu as disparu de la circulation... Quand vas-tu grandir et prendre les choses aux sérieux ! »
« Ma chose sérieuse est sur le point d’inonder le marché de l'armement ! J'ai le droit de me reposer non !? »
« Nous allons couler si tu continus comme ça. Nous devons assurer nos arrières en créant de quoi nous protéger. »
« Il me suffira d'un geste pour mettre hors d'usage chaque arme provenant de cet endroit. »
Je le regardais, vexé. Ce n'était pas juste. Je voulais prendre du temps pour moi. Faire quelque chose qui me ferait trépigner d’impatience. C'était pour cela que j'avais demandé à Lorcan Scamander de bien vouloir faire un bout de chemin avec moi. Il avait cette ingéniosité et cette fraîcheur qui me plaisait énormément.
« Vas-t-en, tu m’ennuies. »
À son tour vexé, Jun se retourna pour sortir de la chambre et disparaître au fond du couloir. Assise sur mon lit recouvert de drap rose bonbon je me retenais de pleurer. Dans ces moments-là je ne voulais qu'une chose, qu'il disparaisse loin, très loin de moi. Je revenais à peine d'un déjeuner d'affaires que j'avais quitté en quatrième vitesse à cause des sueurs froides de monsieur le garde du corps qui voyait du danger partout. Regardant mon réveille-je croisais la fourrure d'Anastasia qui c'était coucher entre les deux oreillers comme à son habitude.Sa fourrure blanche faisait tache sur le lit et la manière dont elle était couchée faisait d'elle une parfaite princesse Russe. Voulant m’allonger à côté d'elle je remarquais une tasse du service à dînette sous mon oreiller. Celle où Lorcan avait fait semblant de poser ses lèvres. Souriant je décidais de lui rendre une petite visite. J'étais sure de le trouver dans le laboratoire essayant de percer les secrets de ce nounours laser ou de ce canon à l'âme d'enfant. Je me levais donc de mon lit en faisant attention à ne pas déranger la princesse et d'un mouvement de doigts je changer mes vêtements sobres par la réplique exacte de ceux d'Alice au pays des merveilles. Je faisais également apparaître deux cornés de glace. L'un était exclusivement à la fraise, la glace était en forme de nounours, et l'autre à la vanille et au chocolat en forme de petit chat avec des moustaches en vermicelle sucré. Dans mes souvenirs Charles (Lorcan) m'avait avoué apprécier ces parfums.
C'est ainsi qu'en trottinant je prenais les escaliers pour descendre au sous-sol et rejoindre mon acolyte. J'étais impatiente de voir s'il avait réussi à faire quelque chose de ces idée farfelu, mais au combien divertissant. J'hésitais à frapper... Je voulais donner l'effet de surprise, sans pour autant le surprendre dans son travaille. Je détestais être dérangé, alors je connaissais ce sentiment, mais je savais aussi qu'il n'avait pas dû prendre beaucoup de pause. J'étais une directrice très attentionnée alors je le tirerais de ses expériences pour lui faire manger une glace. Fermant les yeux je lévitais et me retrouvais assise entre les fioles et produits chimiques sur le bureau. Lorcan était juste devant moi et je lui adressais mon regard le plus attendrissant et le sourire le plus radieux que je le pouvais.
« Coucou Charles... »
Comme un toon je lui envoyais un réel baiser volant qui s'écrasa sur sa joue en laissant une marque de rouge à lèvres rose.
« Le marchand de glaces est passé... Je t'ai choisi un cornet Vanille-Caramel. »
Je lui montrais le cornet en question en croquant un bout du mien. Le goût de fraise envahit l'intégralité de ma bouche et me fit frissonner avant de me faire mal au crâne. Je descendais ensuite du bureau pour tourner sur moi-même et lui faire voir ma jolie robe.
« Elle te plaît ? J'ai pensé que tu trouverais ta pose forcée plus agréable avec une Alice habiller en Alice. »
Je riais avant de lui tendre sa glace qui commençait à me fondre sur les doigts.
« Vite, elle fond ! »
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Lorcan L. Scamander

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MessageSujet: Re: Notre plus grand échec aura été de ne pas trouver le pays imaginaire.   Dim 1 Sep - 9:58

Notre plus grand échec aura été de ne pas trouver le pays imaginaire.

Pour cela, il aurait fallu que nous nous fuyons nous mêmes,
Nous, ces monstres dont nous remplissions les peurs de nos nuits et de nos imaginaires.
De cette manière, peut-être aurions nous trouvé Daresbury.
Et ensemble, nous y serions restés, pour y mourir.
Complètement fous.



Spoiler:
 

Enfants. Soyez heureux, et écoutez Charles. Mais jamais, jamais, petites filles, ne vous laissez approcher par cet homme qui a créé pour vous ce monde absurde. Ne le laissez pas poser ses mains sur les vôtres. Car jamais vous ne serez plus la même, et les mœurs adultes de la société à laquelle vous appartenez, vous jugerons coupables d'un crime dont vous serez fautives de par l'attirance qu'exerce votre corps enfantin sur ses pulsions monstrueuses. Craignez Charles, petites filles. Il est le monstre de Wonderland. Le monstre créateur. Celui qui mange les gamines.

(…)

Canon à âme d'enfant.
Tueries pleines de quenottes sucrées.
Mains potelées posées sur la crosse d'un canon.
Doigts couverts de confitures dans le creux de la détente.



    Les feuilles volaient. Enchantées, elles étaient ces diatribes encrées qui voletaient tout autour de moi, accusant ma cervelle et ma cognition, massacrant mon champ de vision pour l'élargissement de mes pensées altérées.

    Sur la pointe de mes pieds nus, agenouillés au sol, l'ongle de mon pouce entre mes incisives, j'étudiais en silence la spirale des données qui filait autour de moi, enregistrant les idées pour mieux les comprendre, pour mieux me décider. Je voulais de ce jeu qui me faisait écrivain d'un monde mécanique. Les robots venus m'aider dans ma tâche étaient des présences nettement plus serviles, habiles et appréciables que celles d'autres humains, et j'aimais l'idée d'avoir des compagnons de métal et de savoir. Des compagnons idiots mais autonomes, des compagnons froids et intelligents. Ils avaient agencés la pièce pour que nous puissions réaliser d'un côté la partie théorique de l'avancement du projet, tandis que de l'autre, dans un capharnaüm ordonné à ma logique, le canon se surelevait, positionné sur une large d'opération, surveillé comme un individu vivant et rare. Il était le bébé de notre pensée, le bébé de nos efforts, et nous tenions à lui, parents protecteurs : surveillant chacun de ses faits et gestes. L'étudiant, le disséquant, le montant, le démontant, nous ne visions rien d'autre que la perfection, et à nos yeux de chair et de verre, il fallait que le canon à âme d'enfant, dans son identité si vulgarisée, soit absolument excellent, absolument parfait.

    J'avais crains le financement, mais Pearl avait été d'un génie foudroyant, en étant pleine de ressource au niveau de ce domaine là. L'argent n'était pas un problème, et j'étais rassuré quand à cet obstacle évité. Le champs d'étude s'était étalé devant moi, et j'avais pu considérer ma tâche dans son entière composante. La forme, et le potentiel. J'avais commencé par créer le moule, en cherchant à m'inspirer fortement de la silhouette d'une mitrailleuse Gatling. Lourde et efficace, j'en avais agencée la forme pour un port épaulier, qui assurerait d'une prise rapide et malléable. Partant sur cette idée là, j'avais ensuite eu l'impression de construire mon projet à partir d'un algorithme déjà établi. Il avait fallu creuser la masse, considérer le résultat pour en imposer les boyaux. Notre seconde tâche avait consisté en la construction d'un concept, sa finition, et sa réalisation.

    Me relevant brusquement, j'attrapais une page contenant les schémas de l'intérieur de notre Gatling. Le canon à particules était un nom qui me déplaisait, mais qui était le plus facile à utiliser. Si je devais le baptiser correctement, j'aurais appelé notre projet « Gatling à projections fréquentielles au visées d'atrophies du préfrontal. » Mais « canon à âme d'enfant », et « canon à particules » paraissaientt être des noms nettement plus vendeurs. Étalant la feuille sur le coin d'un mur, je sifflais un robot qui vint me la maintenir, tandis que j'enfilais mes gants de protection, pour plonger mes doigts dans la tripaille mécanique de mon bébé-canon.

    « Vous avez raccordé l'émetteur de fréquence au microphone interne ? »
    « Yep Sir, siffla un robot. Il ne manque plus que l'enclenchement de l'oscilloscope A2, sur la structure droite du Gatling. Oh, et le système de percussion est en place. »

    Je laissais un large sourire s'étaler sur ma face.

    « Nicholson, vous êtes un tas de ferraille que j'aime, indubitablement. Comment faites-vous pour deviner mes questions ? »
    « Je fais en sorte de vous comprendre, Sir. »

    Ricanant, je surveillais les données quant au calibre et à la fréquence, équilibrées toutes deux sur le même support relatif à la donnée « poids-taille », puis m'emparant d'un tournevis, vint resserer les vis pour combler les écarts de trois milimètre d'une plaque supposée équilibrer la pression lors des tirs. Brusquement, un liquide noir me coula sur les doigts, attaquant la surface du gant, la rongeant comme de l'acide. Une alarme se mit à sonner dans le bec de chacun des robots, et Nicholson me tira vers l'arrière, tandis qu'un bras électronique, se détendant de son corps de métal, m'arrachait le gant. Ma peau n'était pas attaquée, et je pliais et dépliais les doigts, le rythme de mon cœur brusquement acceléré.

    « Signalisation d'un problème de fuite du carburant, dans la partie interne, sous le système de ventricule à soufflant. Signalisation du problème achevé, prise en charge immédiate de la réparation du sujet. »

    Feulant, je jetais mon deuxième gant au sol, tandis que Nicholson et ses compères s'activait sur la blessure de notre bébé. La blessure était minime, mais réduisait notre champ d'action, et nous faisait perdre du temps. Mais la blessure était minime. Retournant vers mon bureau, ignorant les feuilles qui continuait à voleter, je remettais d'un geste distrait le nœud papillon autour de mon cou, irrité par cette perte de temps. Quoique celle-ci serait récupérée d'ici un quart d'heure. Dans un craquement sonore, une silhouette apparut devant moi, et avant que je n'ai eu le temps de plonger la main vers ma baguette, la personne qui nous attaquait braquait vers moi une glace à la crème. Haussant un sourcil, je regardais le large sourire d'une Pearl apparue, et étudiais sa glace, tandis qu'un baiser presque réel venait heurter ma mâchoire. À ce contact, et au nom avec lequel elle me salua, je me détendais, brusquement heureux et souriant. Charles. Charles, toujours, et évidemment.

    « Le marchand de glaces est passé... Je t'ai choisi un cornet Vanille-Caramel. »

    Nyéhéhéhé.

    « Elle te plaît ? J'ai pensé que tu trouverais ta pose forcée plus agréable avec une Alice habillée en Alice. »

    Je jetais un bref coup d'oeil derrière moi, posant mes yeux sur l'ensemble des robots qui réparaient la fuite. Puis récupérais entre mes doigts la glace et sa forme de chat, laissant un sourire doux courber les lignes trop droites de mes lèvres.

    « Vite, elle fond ! »
    « Merci Alice. »

    Un prénom prononcé avec le sourire, tandis que je mordais dans la tête du chat, imaginant quelle terreur cela représenterait si Chess venait à être dévoré, tué par Charles. Haha. Daresbury serait en plein effroi, et même la Reine Rouge ne pourrait plus contenir cette panique qui aurait lieu.

    « J'ai eu un léger problème, mais le projet est à son terme, Pearl. Dès la semaine prochaine, tu pourras présenter le prototype. Est-ce que ça te va ? »

    Crainte naissante, crainte enfantine, et besoin de plaire. Oh, seigneur. Ici, Wonderland n'était pas loin.


Dernière édition par Lorcan L. Scamander le Lun 2 Sep - 3:43, édité 1 fois
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Pearl Smith

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MessageSujet: Re: Notre plus grand échec aura été de ne pas trouver le pays imaginaire.   Dim 1 Sep - 12:45



Le laissant prendre la jolie glace je goûtais mes doigts pour y retirer les perles de crème fondues. Un péché que j'avais découvert très tard avec la meilleure des glaces au monde. Une glace Italienne pour laquelle je craquais à chaque fois que je me rendais en Italie. Nul ne pouvait apprécier autant une glace après y avoir goutté. Les autres bien que très bonnes paraissaient moins vivantes, moins envahissantes.

« Merci Alice »

Je souriais à ce prénom choisi sur mon terrain de jeux préféré. Il n'y avait rien de mieux que de faire semblant. C'était un art de faire croire l’inexistant invisible, et j'y régnais en maître. Je lui répondais par un clin d’œil, savourant toujours ma glace tout en l'observant faire de même. Je grimaçais lorsqu'il croqua sans la moindre pitié dans la tête de ce chat, avant de laisser quelques rires envahir la pièce.

« J'ai eu un léger problème, mais le projet est à son terme, Pearl. Dès la semaine prochaine, tu pourras présenter le prototype. Est-ce que ça te va ? »

Je fronçais des sourcils en l'écoutant parler ainsi. Pearl, avait mis la frontière entre le réel et l'irréel. Je lui accordais un point, comme moi il était impossible de lui donner un autre horizon que celui du travail, dans un laboratoire. Haussant les épaules je descendais du bureau et me résignais à rentrer dans le rôle de l'inspectrice.

« Je vois que Monsieur Scamander n'aura d'yeux que pour sa création, jusqu'à ce que son génie ne lui ait rendu une véritable existence. Soit. Je suppose que ce doit être amusant d'endosser le rôle que tu viens de me donner. Une... patronne en sommes. »

Souriant je laissais flotter ma glace dans les airs. Je me frottais les doigts avant de les claquer d'un geste sec et bruyant. J'endossais ainsi du rôle la tenue caricaturale. Jupe, veste de tailleur noir, talon noir, cheveu attachés, lunette sur le bout du nez, mains dans le dos.

« Un problème, dis-tu ? »

Faisant claquer mes talons sur le sol je m'approchais de cet extraterrestre d'imaginaire. Je passais autour des robots et venais me poster là, juste devant cette arme.

« Je dois t'avouer que je ne voyais pas les choses ainsi. Forme, taille, poids, rien n'est conforme à l'idée que j'avais de ce tout nouvel appareil. Je vois donc, un tas de problèmes. »

Je les observais réparer une fuite et faisait le tour de l'objet puis je me retournais brusquement vers Lorcan avec un grand sourire.

« C'est pour cela que je l'adore. Je ne t'ai pas fait venir pour tes capacités. Je me moque bien de savoir quand je pourrais montrer le prototype, et puis pourquoi devrais-je le montrer ? C'est toi, le créateur. Cela représente une folle idée qui a traversé notre imaginaire. Une idée qui pour une fois rassemblait un " nous ", que pour une fois je n'ai pas réalisés. Tu me donnes le plaisir de découvrir quelque chose, alors que c'est toujours moi qui aie surpris le plus grand nombre. Pour une fois une personne nourrie mon imaginaire et c'est toi. »

Détachant mes cheveux je rejoignais Lorcan.

« Je te donne l'obligation de me surprendre, lorsque ce " prototype " qui je suis certaine et bien plus que cela à tes yeux, sera mis en marche. Je veux une profusion d'étonnement, de surprise dans mon regard. Je trépigne d'impatience de voir ça car je suis certaine que tu y parviendras. »

Je changeais de nouveau de vêtement, reprenant mon style rétro-glamour et me posais de nouveau sur le bureau.

« Charles... C'est comme ça que je te présenterais. Je veux t'entendre parler de cette création à ceux qui seront présents lors de sa sortie officielle. Tu es le seul qui pourra les convaincre de déboursé de l'or pour cette innovation et même si cela ne marche pas, moi j'aurais lu la fierté dans ton regard et l'émotion dans ta voix. »
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Lorcan L. Scamander

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MessageSujet: Re: Notre plus grand échec aura été de ne pas trouver le pays imaginaire.   Sam 7 Déc - 9:44

    Accroupi au sol, Lorcan attend. L'arme est posée devant lui, et ses doigts sont suffisamment près pour pouvoir s'en emparer et tirer en moins de quelques secondes. Quelques secondes qui suffiraient pour tous les viser, et les toucher. Il pourrait. Il pourrait faire cela, mais ce serait contraire à l'unique loi qu'il s'est imposé. Lorcan est accroupi sur le sol, et en attente de ce rideau qui se lève, Lorcan reste silencieux. Éthique d'un monde qui se respecte, Lorcan ne s'est pourtant pas habillé pour l'occasion. On ne le prendra peut-être pas au sérieux. Ses doigts caressent le canon Gatling, et ses yeux se posent sur Nicholson. Le robot est éteint, silencieux, et dans la contemplation de son être, Lorcan s'offre le luxe d'imaginer l'idée d'une destruction de ce corps de métal. Mais Pearl attend. Pearl doit être présente, là bas, quelque part derrière les rideaux.

    Ils attendent tous.

    Lorcan a disparu quelques temps. Pas suffisamment pour que l'on s'inquiète : il a régulièrement envoyé des hiboux à Pearl. Mais il a disparu pour mieux revenir. Le Gatling, chargé aux particules enfantines, est prêt. Indubitablement. Laisse t-on disparaître ses employés et leur projet ? Pearl l'a fait, Pearl lui a laissé ce retrait. Et si elle a posé des questions, Lorcan n'a pas répondu. Il a simplement prétendu que l'arme était fin prête. Complètement achevée, et parfaite.

    Accroupi au sol, Lorcan attend. Un homme vient à sa hauteur, habillé de ce même noir que lui, et technicien de cet événement, lui signale avec douceur qu'il va pouvoir se préparer à venir présenter son projet. Lorcan hoche la tête, signale qu'il a compris, et ses doigts récupèrent avec douceur le corps calibré. Il se relève, et dans ses bras, le canon ressemble presque à un bébé. Dans ses yeux, il n'y a rien. Sur son visage, il n'y a que l'ombre d'un vague ennui, pendant qu'il y réfléchit. Il suit en silence l'homme qui lui montre le chemin, et Nicholson les rejoint, son moteur ronronnant l'accompagnement de leurs foulées. On se stoppe devant cet intestice de lumière. Dans les coulisses, le noir s'adapte à l'humeur d'un Lorcan qui vérifie les branchements du Gatling. Le technicien le regarde, lui et ses grands doigts, ses yeux verts qui se sont éteints, et ce sourire qu'il n'a pas. Le technicien croise le regard du Dragon, et s'excuse brièvement, et s'écarte. Lorcan reste seul, sa respiration devenue un peu accélérée dans la violence qui s'exprime soudain dans sa tête. Qu'on ne le regarde pas, qu'on ne lui parle pas. Il a mal. Mais il astique les nervures, et caresse le cylindre à pression.

    (…)

    « Bonjour. »

    C'est un silence qu'il contemple. Ce sont des regards qu'il dévore des yeux. Il a posé le canon à particules, et il marche lentement, en les contemplant. Ils sont tous assis, devant cette estrade sur laquelle il est monté, et sur laquelle il se fait Grand Dévoreur de leur attention. La Gatling est disposée, chargée. Nicholson est immobilisé. Il ne cherche pas Pearl du regard, au milieu de ces sièges dans lesquels ils sont tous installés.

    « Le canon à particules de modèle Gatling est une mitrailleuse de type B14 sortie récemment des fabriques Smith, est une arme conceptuelle. »

    Ils sourient doucement. Lorcan dédaigne, et vient se placer près du support de l'arme. Ses doigts se mettent à courir sur les lignes ciselées de la mitrailleuse, et ses yeux abandonnent le public pour entraver de l'esprit chacune des fibres métalliques de ce qu'il a sous la main. Il perd soudainement cette expression fatiguée, et ses yeux s'allument d'un éclat qui rivalise à l'acier sa dureté. Il ne les regarde plus, toute son attention concentrée sur l'engin. Ses mots s'élèvent, cruels, durs, mais roulés par l'intonation d'une passion qui glisse sur eux, qui racontent la violence d'une arme qui ne tue pas, mais qui fait vivre. La violence d'une arme qui restait une arme dans sa finalisation, dans ses courbes et son concept. Et ses mots qui s'empreignent de cet effet doucereux et qui imprègnent leur esprit. Et Lorcan qui parle, qui murmure, et qui sourit. Et eux, ces trafiquants, ces marchants, ces tueurs, qui se mettent à désirer.

    (…)

    « Pearl. »

    Il s'est écarté de l'estrade, il lui a laissé le temps de marchander le prix, mais maintenant que c'est presque fini, il l'a attrapé par le poignet pour l'enfoncer dans la pénombre des coulisses. Il la prend, et la serre contre lui, sa mâchoire contre la sienne, sa bouche contre les cheveux de sa patronne.

    « Alice. Il faut que je prenne des vacances. Laisse moi m'échapper quelques temps. Je dois m'écarter, je dois faire quelque chose. J'ai besoin de mon laboratoire, mais je ne peux pas assurer que ce que je vais y faire soit légal. Laisse moi te faire comprendre que j'en ai besoin. Je ne peux pas répondre à toutes les questions que tu risques de me poser, Alice. Sache juste que c'est nécessaire. Est-ce que tu comprends ? »
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MessageSujet: Re: Notre plus grand échec aura été de ne pas trouver le pays imaginaire.   Dim 8 Déc - 11:25



Il avait fallu du temps, mais le temps savait être bénéfique. Le temps avait fait passer beaucoup de choses et toutes semblaient être parfaitement choisies. Lorcan avait su se faire attendre et je crois que jamais je n'avais été aussi patiente de toute ma vie. Mais le moment était arrivé. J'avais rempli une salle qui se voulait secrète au monde du Yang, mais incontournable pour le Yin. Mafieux français, arabe, coréen, espagnol, américain, anglais, italien, pratiquement tous les pays étaient représentés. Il me semble que c'était la première fois que j'organisais un tel événement. Même mon père se trouvait là.
À l'entrée de cette salle fraîchement redécorée et remplie de luxe je me chargeais d’accueillir chacun d'entre eux. Même dans ce monde nous avions nos règles de politesse. Aujourd'hui je me devais d'être un hôte parfait. Je portais une robe en lin blanc m'arrivant jusqu'aux chevilles et marquée par un décolleté plongeant. Mes cheveux étaient légèrement ondulés et je me gavais des compliments que ces bussiness-man savaient si bien faire. Une fois le balai de bandits terminé je refermais moi-même les portes et assombrissais l’éclairage d'un claquement de doigts.

Lorcan se présenta aussi sobrement qu'il savait le faire et rien qu'à regarder son regard je pouvais vivre par procuration ce que moi-même j'avais pu vivre avant. Un immense sourire se dessina sur mes lèvres dessinées en un rouge sombre. Je n'allais pas m’asseoir, j'allais simplement me mettre tout au fond de la salle adosser au mur, juste en face de lui. Je lui imaginais une émotion, une peur. Je me demandais si comment moi il n'avait pas craint de voir le prolongement de son imagination aux mains d'un autre. Je me persuadais qu'au fond il pleurait de voir la fin de cette aventure. Finalement je n'écoutais pas Lorcan. Je le regardais simplement sans écouter. Je voyais dans ces gestes sa fierté. Quelques larmes glissèrent sur mes joues, mais c'était bien au-delà de la tristesse. C'était une sorte de mélancolie, d'attachement, de folie, d'un tout que je savais indescriptible. Ce chère Charles n'avait plus la même apparence, mais pour moi il avait toujours eu un physique que j'étais la seule à connaître. Charles était très grand, les cheveux changeant de couleur au fil des saisons, les yeux d'un bleu azure, il avait les doigts d'un pianiste et le visage d'un enfant. Seule sa voix ne changeait pas. Jun me donna un mouchoir avec lequel j'essuyais mes quelques larmes et puis ce fut la fin. Après cela, l'arme ne lui appartenait plus. Lorcan disparut et devant moi les têtes se retournèrent affichant des sourires satisfait. J’expirais profondément c'était à mon tour de jouer.

***

« Monsieur Cao, je ne saurais vous fixer un prix définitif. Vous connaissez la règle. Bien loin des enchères je laisse la bourse grimper. Toutes les œuvres sortant de mes industries ne peuvent être surpassées que par une autre de mes inventions, alors ne faites pas la fine bouche. »
Le visage de cet homme asiatique quarantenaire était comme tous les autres. Rempli par le vice et la fierté il ne se laissait jamais convaincre. Il fallait simplement ne pas leur donner le choix.
« Comment le pourrais-je avec une femme telle que vous. Je crois que le jour où je ne saurais pas émerveiller par l'une des armes Smith vous ne serrez hélas plus de ce monde. Je vous ferai un chèque tous les jours, à vous de prendre celui qui vous sciera le mieux. »
J'eut à peine le temps de le saluer que déjà l'on venait me saisir par le poignet. Je reconnut Lorcan. Il m'emmena sans un mot dans un endroit sombre et vide avant qu'il ne me prenne dans ses bras. Je ne voyais pas à quoi il voulait en venir, mais je ne fis rien. Cela l'apaisait peut-être. Avait-il eu la plus grande peur de sa vie sur une estrade accrochant les regards d'une vingtaine de malfrat ?

« Alice. Il faut que je prenne des vacances. Laisse moi m'échapper quelques temps. Je dois m'écarter, je dois faire quelque chose. J'ai besoin de mon laboratoire, mais je ne peux pas assurer que ce que je vais y faire soit légal. Laisse moi te faire comprendre que j'en ai besoin. Je ne peux pas répondre à toutes les questions que tu risques de me poser, Alice. Sache juste que c'est nécessaire. Est-ce que tu comprends ? »

Un léger rire m'échappa. Pendant un court instant javais pensé qu'il s'était senti comme moi la toute première fois. Mais j'avais complètement eu tort. Le cerveau humain m'échapper donc autant... Je riais également de cette illégalité qu'il avait prononcée. N'était-ce pas ce que nous faisions chaque jour ?

« Tu viens de t’exposer publiquement à des dizaines de personnes qui mérite bien plus que la mort et toi tu me parles d'une pseudo illégalité. Tu es définitivement l'un des plus grands mystères que je connaisse. »

Je souriais.

« J'aurais toujours des questions. À ce moment précis je dois en avoir une centaine. Pourquoi Lorcan ne pleure t-il pas ? Pourquoi suis-je ici ? Pourquoi ces coulisses manque-t-ils de luminosité ? Pourquoi Lorcan me demande des vacances dans un laboratoire ? Mais ce ne sont que des questions parmi tant d'autres. Si je te les pose répond-y par d'autre questions qui auront le mérite de me distraire. Va pour le laboratoire, mais surtout ne fais rien qui soit légal, cela irait à l’encontre de mes principes. Promets-moi juste une chose. »

Je posais mes mains sur ses épaules et plongeais mes yeux dans les siens.

« Tes vacances passées tu auras à m'expliquer cette si grande nécessité. »

Je libérais ses épaules et faisais quelques pas les bras croisés.

« Pourquoi faut-il que tu es une chose à coeur et pas moi ? C'est injuste, Charles. Je vieillis et mes idées aussi. Pourquoi tout devient si sérieux et solennel?»
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