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 « Vous me demandez, ma chère enfant, si j’aime toujours bien la vie » - Matthias & Lily

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Matthias J. Hobbes
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MessageSujet: « Vous me demandez, ma chère enfant, si j’aime toujours bien la vie » - Matthias & Lily   Mar 12 Nov - 13:31

Lily Potter
Salle commune des Gryffondors
Poudlard
Sous une tignasse rousse


Je ne vais pas commencer par "ma chère amie" car nous savons tous les deux que cette appellation serait dépourvue de sens. Complètement même. Tu n'es pas mienne, tu n'es pas chère et tu n'es pas amie. Je m'ennuie alors voilà, je t'écris. 


   J'ai choisit une voie d'étude qui ne m'enchantait pas auparavant, mais ce choix était nécessaire. Je connais déjà ta critique sur ce point, alors réagis si tu veux, j'ai déjà tout entendu. Je me retrouve toutefois à apprécier mes études. Ce n'est qu'une légère surprise car je savais que la médicomagie n'allait pas entièrement m'être déplaisante. Je pense plus tard me spécialiser dans le domaine de la métamorphose et les accidents que celle-ci entraîne; après tout, c'était ma matière préférée à Poudlard. 


   Je me plairais à lire une réponse de ta main, mais je crois que tu ne répondrais que si je te posais des questions précises. Je ne m'attends pas vraiment à ce que tu réagisses au compte-rendu de mes banalités quotidiennes. 


  Alors comment vont les cours? Est-ce que tu vas te couper les cheveux? Tes yeux sont-ils encore verts?


   Ces questions sont toutes plus ridicules et absurdes les unes que les autres. Je ne veux pas entendre leurs réponses. 


Parle, veux-tu?


Matthias

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Lily L. Potter

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MessageSujet: Re: « Vous me demandez, ma chère enfant, si j’aime toujours bien la vie » - Matthias & Lily   Mar 12 Nov - 14:05


Matthias Hobbes, quelle surprise.


Enfin, je ne sais pas si c'en est vraiment une.
Je t'avoue que le crash du hibou contre les carreaux de ma Salle commune m'a plutôt fait rire.


Voilà la raison de cet écrit ? Tu t'ennuies ? Je suis, certes, étonnée du parcours universitaire que tu t'es décidé à emprunter même si je ne doutais pas de ta capacité à aider ton prochain, mais je ne m'attendais pas à ce que tu t'y ennuies. Je t'imagine d'ailleurs rêvasser sur ton siège inconfortable.

Tes banalités quotidiennes seraient tout aussi intéressantes que la couleur de mes yeux qui n'a pas évolué depuis. Mes cheveux ont retrouvé leur longueur habituelle aux épaules et ma quatrième année n'est pas autant mouvementée que la troisième.

Ces réponses te conviennent-elles ?


Parler. Nous nous sommes dis suffisamment de choses dans les couloirs de l'école à l'époque où tu étais encore là, ne penses-tu pas ? Ne nous encombrons pas d'autres paroles qui pourraient se révéler inutiles ou simplement futiles.


Au plaisir, Matthias.
Belle surprise.

Lily.
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MessageSujet: Re: « Vous me demandez, ma chère enfant, si j’aime toujours bien la vie » - Matthias & Lily   Mar 12 Nov - 16:51


Une belle surprise.

Si c'est une belle surprise, ne souhaites-tu pas la prolonger un peu? Tu dis qu'il serait inutile de se dire plus, que nous nous avons déjà tout dit. Et pourtant, je trouve encore des choses à mettre sur papier. Un été au complet et quelques mois d'école séparent notre dernière conversation. Celle-ci en avril, en mai? Je ne me souviens plus de quand elle date. Je ne retrouve pas le reflet de ma pensée dans tes paroles: il reste énormément de choses à se dire.

Je m'ennuie ici, c'est vrai. Lorsqu'on est tout petit, on commence par s'approprier la terre, ensuite tout ce qui s'y retrouve. Et puis on grandit et bientôt, notre tête est prise dans les nuages. Voilà l'adolescence. Nous voulons percer, grandir encore un peu pour se sortir de la brume humide qui nous aveugle. Ensuite, enfin arrivés à l'âge adulte, nous nous apercevons qu'il n'y a qu'une étendue bleue. Bleue, vide et cruelle. Dans cette immensité dénudée, on s'ennuie.

L'université n'est pas comme Poudlard. Je ne suis pas le Matthias qui virevoltait sur un balais.

Nous avons encore des choses à se dire.

Matthias Hobbes

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MessageSujet: Re: « Vous me demandez, ma chère enfant, si j’aime toujours bien la vie » - Matthias & Lily   Mer 13 Nov - 8:09


Mon cher Matthias.


Non pas que tu sois mien ou que tu me sois cher, comme tu dis, mais nous devrions utiliser les bonnes conventions, non ?


Tu n'es peut-être pas - ou plus - le Matthias qui virevoltait sur un balai sur le terrain de Quidditch de Poudlard, a désespérément m'accuser d'avoir contré un de tes joueurs, mais tu es toujours, et crois-moi que tu le resteras, celui qui n'a pas cherché à voir plus loin que le bout de son nez pendant la Bataille de Noël.


Oui, je n'oublies pas encore cette cicatrice que tu m'as infligée.
Volontairement, ainsi soit-il, n'est-ce pas ?


Rancunière, suis-je ? Oh, oui. Un petit peu, maladroitement.


Lors de ce soir là, nous n'avons peut-être pas fait usage de mots, nous ne nous sommes peut-être pas appropriés les murs d'une Tour déserte, mais nos baguettes, particulièrement la tienne, ont suffit à s'exprimer.


Voilà sûrement ce qu'il nous restait à coucher sur un morceau de papier.


Sur ce, je te laisse te prononcer si quelque chose d'autre envahirait ton esprit, pour qu'un hibou vienne de nouveau taper contre les carreaux de mon dortoir par prudence de s'étaler contre ceux-ci.

Mais viens en aux faits, tu sais à quel point j'ai horreur que l'on tourne autour du pot.


Bien à toi.

Lily.
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Matthias J. Hobbes
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MessageSujet: Re: « Vous me demandez, ma chère enfant, si j’aime toujours bien la vie » - Matthias & Lily   Mer 13 Nov - 12:09

À Lily alors.

Si une correspondance ne te plaît pas, viendras-tu au Pré-Au-Lard me voir samedi prochain?

Si tu n'y es pas, alors je mangerai des chocogrenouilles tout seul.

Matthias

P.S. J'ai changé la chouette, en espérant que celle-ci ne te cause pas autant de trouble.

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MessageSujet: Re: « Vous me demandez, ma chère enfant, si j’aime toujours bien la vie » - Matthias & Lily   Dim 17 Nov - 6:56

Très jolie chouette.

Lily.


(…)

L’hiver s’était irrémédiablement installé. La neige ne tombait pas encore, mais ça ne saurait tarder lorsqu’on observait le mois de décembre s’approcher à grands pas de loup avec son froid glacial. Lily détestait la neige. Et tout ce qui s’en suivait. Les bonhommes de neige, les batailles de boules de neige, les flocons de neige, les vents gelés, le ciel gris. Emmitouflée dans sa doudoune à l’épaisse fourrure délimitant son col et sa capuche, la jeune fille avançait sur les pavés noirs menant à Pré-Au-Lard, son groupe d’amis l’ayant devancée depuis un petit moment, les vitrines de Noël des marchands alentours les attirant comme chaque année. Noël était une fête qu’aimait bien Lily. Pas seulement pour les cadeaux et les repas de famille au chaud devant la cheminée sifflante d’une magie active, non, plus pour sa faculté à apaiser les tensions l’espace d’un instant. Comme si cette fête avait les vertus d’une paix, le monde paraissait s’incliner devant sa féérie, mettant de côté toutes les batailles et toutes les haines. Arrivant enfin au début de l’allée, les premiers bars et tavernes affichait une lumière dense de chaleur au sein de leurs murs. Apercevant sa cousine discuter frénétiquement avec ses amies, Lily eut un sourire amusé. Qu’elle était encore jeune. Les stigmates de la dernière bataille ne paraissaient pas lui traverser l’échine de la peau, comme pour d’autres. Sûrement avait-elle hérité de la dureté de certains membres de la famille.

Continuant sa route, les Gallions constituant la seule monnaie qu’elle avait daigné emmener cliquetaient au fond de sa poche. Les quelques idées cadeaux ornant les vitrines des commerçants laissait penser à Lily que sa grand-mère devait déjà être en train de leur constituer, à elle et ses frères, des écharpes ou des pulls. James ayant déjà reçu la montre qui se succédait de génération en génération, il écoperait peut-être de quelque chose de plus original qu’un pull tricoté. Aux couleurs de Gryffondor, évidemment. Quant à elle, elle n’avait aucune idée de ce qu’elle pourrait offrir à ses parents. C’était toujours son dilemme. Qu’elle ne résoudrait que la veille de Noël, comme à son habitude.

Le train hurlait son arrivée à la Gare de Pré-Au-Lard, pas loin du Poste. Ignorant le sifflement, Lily observait la même affluence habituelle aux portes d’Honeydukes, unique magasin de confiseries du village. A côté, Derviche et Bang connaissait le même succès, bien qu’un peu moindre. Des objets magiques défectueux s’échappaient des portes et fenêtres du magasin, non loin suivit de leurs propriétaires affolés. Manquant de se prendre une petite fille, Lily l’esquiva de justesse avant d’accélérer le pas pour ne plus être dans le champ de vision d’une quelconque espèce de choses non identifiées. Pivotant enfin le visage pour regarder quel magasin elle longeait, ses pas se stoppèrent net lorsque la silhouette de Matthias Hobbes se refléta entre les carreaux de l’enseigne. Levant la tête pour en savoir le nom, elle fut étonnée de voir inscrit sur une plaque de bois « Scribenpenne », déduisant ce lieu peu commun pour une rencontre. Pensant qu’il faisait sûrement des emplettes avant de se rendre dans un café tranquille, elle jugea du regard le banc positionné en face et s’y asseyait, attendant patiemment la sortie du jeune homme, les mains enfouies dans les poches de son blouson. Lorsqu’il daigna sortir de la boutique, un sourire ornait le visage de Lily qui le salua.

« Si tu permets, j’aimerai bien partager quelques chocogrenouilles. »

La jeune fille dénoua ses jambes et rejoignit la hauteur de Matthias, les quelques centimètres qu’elle avait pu prendre pendant leurs absences ne marquant aucune distinction, l’aîné des Hobbes paraissant en avoir pris tout autant.
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Matthias J. Hobbes
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MessageSujet: Re: « Vous me demandez, ma chère enfant, si j’aime toujours bien la vie » - Matthias & Lily   Ven 3 Jan - 10:59

« Votre billet monsieur. Le train partira dans une quinzaine de minutes. Vous pouvez trouver un compartiment tout de suite si vous le désirez. Puis-je vous intéresser par la nouvelle édition de la Gazette? »

Je pris le morceau de papier, fit tinter mes pièces d'argent sur le comptoir et m'en alla avec le rouleau de journal dans la main. Je n'étais jamais venu à la gare de King's Cross en-dehors du cadre de Poudlard. Même lorsque je revenais au manoir familial, pour quelconque raison, je ne me retrouvais jamais à prendre le train jusqu'à Londres. Le quai était désert, la vapeur du train agissant comme un fantôme entre les piliers de brique rouge. Je m'avançai dans cette brume, échappant au regard de la distributrice de billets. Habillé d'un long manteau noir, coiffé d'un chapeau de feutre, j'étais conscient que ma mine ténébreuse l'avait soit intimidée ou impressionnée, ou les deux. Oh non, je ne suis pas très modeste. Mais, alors qu'avant, je lui aurai accordé un sourire salace et quelques paroles cocasses, je m'étais contenté de hocher de la tête, mon sourire ne se dévoilant absolument pas. Peut-être que j'avais la pensée ailleurs. En fait, je sais où elle était: avec cette petite fille rousse à qui j'avais donné rendez-vous.

J'entrai dans un wagon complètement vide et me frayai un chemin à travers les corps d'étudiants invisibles pour enfin trouver mon compartiment habituel. C'était ici que j'avais toujours fait le voyage vers Poudlard, ma sœur auprès de moi et Jacob en face. Un souvenir imagé m'arrêta au seuil du compartiment et je me revis, évaché sur la banquette, racontant mes dernières conquêtes à Jacob qui, comme toujours, paraissait désintéressé. Il l'était probablement aussi. Ensuite il y avait Mia, accueillant toutes ses amies venant la saluer, agissant comme une reine parmi ses sujets. Le simple souvenir d'elle dans sa gloire d'antan me déstabilisa légèrement. En comparaison, maintenant, elle était si loin de cette image de pouvoir et de célébrité. Ce compartiment ne serait pas pour moi. Je le quittai et m'en alla dans un compartiment anodin, dans lequel je n'avais rien vécu.

***

Assis dans ce compartiment, les jambes croisées, une copie de la Gazette du sorcier dans une main, le pli de mon écharpe dans l'autre, je regardais les flocons de neige défiler à toute vitesse. Je jouais à être distingué avec mon journal sur les genoux, mais je n'arrivais pas à me concentrer plus de cinq minutes sur les banalités hebdomadaires. Enfin, je les croyais ainsi, mais dans le fond, un prince manquait à l'appel. Celui-ci était jadis mon ami. Mais je m'étais surpris à m'en foutre complètement. C'était la preuve totale que je n'avais jamais possédé de l'affection à l'égard de Jacob. Que du dédain et un esprit mercantile avait habité  notre fausse amitié. Sa disparition me laissait donc indifférent; ce n'était pas ce qui occupait ma pensée. C'était une personne beaucoup plus jolie qui se mirait dans mon esprit. Je n'avais donné aucun lieu précis de rendez-vous, alors je s'imaginais une multitude de scénarios dans lesquels Lily m'abordait différemment, avec des sentiments toujours changeants. Parfois elle me voyait et affichait sa mine de gamine indifférente, tantôt elle m'accordait un grand sourire, comme lorsqu'on retrouve un vieil ami; après, c'était avec amertume qu'elle m'annonçait son mécontentement de me voir, sinon, c'était le coup de poing d'Albus qui me recevait. À chaque scène, je me voyait arrivant, les cheveux biens coiffés par quelques flocons de neige, mon chapeau dans la main, le col remonté, les yeux pétillant, prêt à affronter ma proie et mon prédateur dans un même temps.

Lily était un spécimen que je n'avais pas encore identifié. Mais je ne l'avais pas eu sous ma loupe récemment, alors je ne pouvais pas faire avancer mes recherches. Il fallait que je la vois de plus près. De plus, il y avait un mobile autre à cette rencontre inhabituelle. Mais celui-ci ne devait pas être dévoilé et puisque j'ai une fâcheuse tendance de parler de ce qui m'occupe l'esprit, il est mieux que je ne pense pas à mon double agenda.

***

Il neigeait pas au Pré-au-Lard. Ma fantaisie d'arriver les flocons dans les cheveux était détruite. Tant pis, je l'attendrai dans les Trois Balais, mystérieusement assis dans un coin sombre. Mais, en vérifiant ma montre, je constatai que je pouvais me permettre de passer par Scribenpenne, faire des "emplettes". Dans le fond, j'avais promis à Saint-Clare de lui faire part de mon arrivée. Aussi-bien le faire par chouette. J'entrai donc dans cette petite boutique. Je ne l'avais pas beaucoup exploitée lors de mes années en tant qu'écolier. C'était plutôt le magasin de farces et attrapes ou de sucreries qui avait reçu mes visites les plus fréquentes. C'était un petit magasin à l'odeur de vieux parchemin, d'encre magique et de chouettes express. Ordinaire, sans particularités. Après avoir envoyé mon message, je fut pris d'intérêt par des plumes à l'avant de la boutique. J'en saisit une et l'apporta au comptoir. Après m'être vidé de plusieurs pièces trébuchantes et résonnantes, je me précipitai vers la porte pour éviter les crottes de chouettes qui tombaient de partout.

Quel fut mon bonheur de trouver Lily au dehors.

Les retrouvailles ne correspondaient pas à mes imaginations dans le train. Elle m'accorda son sourire de bonne foi et se leva pour me saluer, toujours une tête et demie de moins que moi.

« Si tu permets, j’aimerai bien partager quelques chocogrenouilles. »

À ceci je fis tinter mon rire. Il était profond, un peu rauque, plus vieux. J'aimais la retrouver mais un sentiment de mélancolie m'habita soudainement. Elle était encore écolière et même si elle avait grandit un peu, j'étais soudainement adulte et je ne sentis plus que j'avais ma place auprès d'elle. Si avant, il y avait une barrière d'âge entre nous, celle-ci s'est élargit par mon départ à l'université. J'avais franchit une frontière qui nous séparerait de plus en plus définitivement.

Puis mon regard attrapa le sien et je me remémorai la raison qui m'attirait à elle. Cette âme ancienne, ces yeux sages. Jamais elle ne serait trop jeune et moi trop vieux. Surtout pas pour des chocogrenouilles.

« Bonjour Lily. »

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Lily L. Potter

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MessageSujet: Re: « Vous me demandez, ma chère enfant, si j’aime toujours bien la vie » - Matthias & Lily   Dim 19 Jan - 11:01

Ce regard qui attrapa le sien lui fit chavirer le cœur. Qu’il était étrange de retrouver un homme avec qui elle avait pu partager une amertume sincère entre deux couloirs ou en haut d’une tour, au bord d’une fenêtre qui n’attendait que sa chute. Il était déstabilisant d’entendre un rire qui semblait, pour une fois, enjoué. Vivant. Son visage n’avait pas bougé d’une ride. En même temps, nous ne pouvions pas dire qu’il vieillisse considérablement en l’espace de quelques mois. Peut-être seule sa personnalité avait évolué. La sensation de se retrouver face à un inconnu lui était désagréable. Pourtant, des bribes de leurs conversations lui revenaient en mémoire à la vue de cette chevelure brune et étoffée.

¤¤¤

« Ensemble, quel mot affreux. »

(…)

« Tu as toujours possédé cette aura de sécurité, ou est-ce qu’elle est apparut à ta puberté ? »
« Et toi, tu as toujours désiré suivre ton père dans ce qu’il lui semblait bon pour toi ? »

(…)

« Nous, qui sommes-nous ? Et que voulons-nous l’un de l’autre ? Je commence à me dire que ce serait impossible de le savoir vraiment… »
« Tu sais, je ne pense pas que nous soyons quelque chose, ni même quelqu’un. »

¤¤¤

« Bonjour, Lily. »

Un sourire innocent traversa ses lèvres, sa manière à elle de lui répondre. L’idée de ne pas faire preuve d’hostilités, particulièrement après les quelques correspondances échangées, lui plaisait bien. Peut-être était-ce le contexte de Poudlard et de sa division qui les avait poussé à se haïr chaque jour un peu plus au détour d’une allée ou sur le terrain de Quidditch. Si le mot « haïr » était bien approprié. N’étaient-ils pas là pour, en quelque sorte, en chercher la confirmation ? Toujours à sa hauteur, quelques mèches s’échappant de la prison que constituait son écharpe, Lily arborait ce sourire qui se voulait apaisant. Même si elle ne ressentait toujours pas cette confiance innée qu’elle aurait pu avoir avec n’importe qui d’autre, elle ne se voulait pas ici en ennemie et elle supposait que Matthias non plus, particulièrement puisqu’il avait été le responsable de ce rendez-vous autour d’un verre. Enfin, presque autour d’un verre. Jetant un coup d’œil au sac portant la mention « Scribenpenne », Lily esquissa un mouvement de tête en direction de celui-ci, non pas dans un mouvement curieux mais plutôt taquin.

« C’est pour mieux m’écrire tes prouesses à l’université ? »

Un léger rire s’échappant de sa gorge en détournant le regard, Lily pensait au ridicule de sa question. Ne lui avait-elle pas presque craché au visage dans ses dernières lettres ? Et la voilà face à lui. Contournant sa silhouette pour entamer le chemin vers les Trois Balais. Derrière son dos, elle sentait ces prunelles infiniment sombres la transpercer. Ce regard qui la toisait sans mépris. Du moins, c’est ce qu’elle se disait. Ce qu’elle ressentait. Ces iris doux. Ce sentiment de chaleur. Il suffisait de le plonger dans l’obscurité pour comprendre l’intensité et le pouvoir de ses yeux, de ses lèvres. Ces millions d’expressions qui se fondaient en une seule personne. Puis d’un coup, lorsque vous ne vous y attendiez pas, ce sourire étincelant vous éblouissait de toutes parts et illuminait la pièce que vous vous étiez emmerdé à plonger dans le noir. Matthias. Cet être que vous ne pouviez pas seulement détester ou seulement aimer. Hobbes.

Si le passage était vide, les bars devaient l’être tout autant. Ou, peut-être l’inverse. Peu importait-il. Sachant qu’elle n’avait pas besoin de l’inciter à la suivre, la rouquine ne se retourna pas, restant le visage enfouie dans l’encolure de son foulard. Même si la neige ne décorait pas encore leurs cheveux, il n’était affaire que de quelques minutes, pensait-elle. Le chemin était encore de pierres, le voile blanc ne tarderait pas à bloquer la porte du bar vers lequel elle se dirigeait. S’enfonçant entre les deux poutres de bois, Lily poussa la porte et laissa la chaleur rosir ses joues et apaiser son souffle. Elle laissait le soin à son compagnon de refermer la porte derrière lui, une table lui faisant de l’œil par sa position avantageuse. Personne ne penserait à tourner le regard vers eux si des visiteurs venaient à entrer. Ainsi, ne seraient-ils pas bêtement dérangés par de possibles connaissances. Glissant ses jambes sur la banquette, elle se laissa aller encore quelques secondes à la chaleur de son manteau avant de le retirer et de le déposer à ses côtés, soigneusement, cette fois-ci. Elle n’avait pas envie de jouer l’enfant, ni la femme d’ailleurs. Elle avait simplement envie d’être elle. Lily.

« Un chocolat bouillant, s’il vous plaît. »

Le serveur disparut après la commande de Matthias et les laissa plusieurs minutes à leur solitude avant de déposer les boissons respectives devant chacun d’eux. Il semblait avoir retenu la précision « bouillante » de Lily, la tasse abondamment fumante lui faisant de l’œil. Hésitant une seconde à la tenir fermement entre ses mains, la Lionne finit par avouer une parole, mesurant l’impact que pourrait avoir des mots aussi banals que ceux qu’ils allaient échanger.

« Disons que ça peut paraître étrange, mais je suis contente de pouvoir partager un petit moment serein, avec toi. »

Approuvant la sincérité de ses paroles par un regard appuyé de douceur, la jeune fille porta la tasse à ses lèvres prudemment, par peur de se brûler.
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MessageSujet: Re: « Vous me demandez, ma chère enfant, si j’aime toujours bien la vie » - Matthias & Lily   Mar 21 Jan - 11:07


Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit
.

J'étais venu pour lui dire bonjour. Je n'étais pas venu pour dire "Bonjour". J'étais venu pour lui dire bonjour. « Bonjour Lily ». Après cette brève salutation, un silence pensif cloua mon bec. J'étais heureux de la revoir; c'était comme si je ne l'avais jamais laissée et pourtant nos entretiens précédents semblaient lointains et j'en étais nostalgique. À quoi bon être dans ce état? Elle était là, devant moi, indomptable comme toujours. Peut-être était-ce parce qu'aucune futilité accompagnait ma visite. J'étais là pour une raison très précise et peut-être que cela ruinait tout le plaisir du mystère de notre connaissance.

Je l'observais, encore muet. Ses mèches flamboyantes montaient et descendaient, comme la flamme du monde qui subsiste et qui perdure à jamais.

« C’est pour mieux m’écrire tes prouesses à l’université ? »

Cette remarque maladroite me rappela notre correspondance et l'animosité qui avait brièvement pétillé avant que j'aie proposé une rencontre. L'ampleur prévue de ma tâche n'avait jamais dépassé des échanges de bout de papier, mais j'avais constaté qu'une relation épistolière ne pouvait pas durer beaucoup plus longtemps entre Lily et moi; j'avais fait part de mes remarques à Saint-Clare et ensemble, nous nous sommes mis d'accord pour que j'organise un entretien de vive-voix avec la plus jeune Potter. J'avais peut-être comploté secrètement - inconsciemment même - d'abandonner les paroles écrites pour pouvoir poser mes yeux à nouveau sur cette brindille de femme. Elle m'avait manqué. J'étais content de la revoir. Mais une ombre troublait ma pensée. Je ne répondit pas à sa remarque maladroite.

[...]

Sirotant une simple bière-au-beurre et elle un chocolat bouillant, je prolongeais le gouffre de ma parole. Elle ne semblait pas me remarquer ma vexation; elle restait Lily, la petite grande Lily. Elle hésitait à soulever sa tasse fumante et se résigna à placer quelques mots sur la table, peut-être pour déléguer l'action de boire une gorgée brûlante.

« Disons que ça peut paraître étrange, mais je suis contente de pouvoir partager un petit moment serein, avec toi. »

Mes yeux rencontrèrent ses lèvres. Venait-elle d'avouer cela? Vraiment? Elle m'avait prise au dépourvu. Je souris. Comme toujours. Je me réajustai sur mon banc, prit d'une soudaine vitalité. Elle avait déclenché ce que je prisais tant dans notre relation: la controverse, l'inhabituel, le compliqué. J'oubliai pour un instant le motif sérieux de ma rencontre et c'était Matthias qui prenait Lily par le bras pour l'emmener dans une tourelle. Pour aucune raison valable. Pour des paroles. Pour le jeu.

« Pourrais-tu le dire? Même si ça te demanderait une sorte d'abandon. Comme une faveur que tu me ferais? Je ne veux pourtant pas te le dire. Si je t'avouais ce que je souhaite que ta voix énonce, le plaisir se serait enfui. Ces paroles à la volée sont les seules que je peux articuler, que je peux dérober à mon esprit. Je voudrais tant te dire ce que je veux extraire de ta bouche, de ta parole, de ton esprit, mais il n'y a que ces mots incongrus que je me permet de te véhiculer. »

Une excitation parcourait ma colonne vertébrale: j'étais en feu. Je comprenais très bien l'incohérence du jet de paroles duquel je venais d'arroser Lily. C'était presque délibéré. Le regard d'incompréhension qu'affichait la petite m'arrêta dans mes pistes. Je me suis rendu compte que j'étais à mi-chemin entre être assis et être debout, alors je retrouvai mon creux de chaise et accotai mes coudes sur la table. Je regardais vers le bas.

« Je t'ai dit bonjour. À toi. J'imaginais que ce serait réciproque, voilà tout. Ce que tu viens de me dire: «... avec toi», m'a semblé être un aperçu d'une certaine affection que tu pourrais avoir à mon égard. Je ne parle pas d'affection dans le sens populaire. Affection en tant qu'affect. Un attachement, un...»

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Lily L. Potter

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MessageSujet: Re: « Vous me demandez, ma chère enfant, si j’aime toujours bien la vie » - Matthias & Lily   Mer 22 Jan - 13:37

Ce sourire n’était pas de ceux que Matthias accordait à ses amis. Du moins, à ces quelques connaissances qu’il appréciait à leur juste valeur. Il était de ceux qui dissimulait une vérité plus profonde, plus sournoise, bien plus matérialiste et déstabilisante que toutes les vérités auxquelles nous devons faire face au cours de notre vie. Ne dédaignant mot, Lily regardait ce visage qui avait approché le sien le haut de la Tour d’astronomie. Ces lèvres qui avaient touché les siennes dans un geste de chasteté. Cette main qui avait caressé sa peau le temps d’une fraction de seconde. Cette pensée ne l’écœura pas mais le dilemme de sentiments partagés lui coupait l’envie de parler. Devait-elle faire comme avec Jacob et comprendre ce qui pouvait les rattacher ou bien s’exercer à faire tout le contraire et le mépriser un peu plus à chaque heure, chaque minute, chaque seconde ?

« Pourrais-tu le dire ? Même si ça te demanderait une sorte d’abandon. Comme une faveur que tu me ferais ? Je ne veux pourtant pas te le dire. Si je t’avouais ce que je souhaite que ta voix énonce, le plaisir se serait enfui. Ces paroles à la volée sont les seules que je peux articuler, que je peux dérober à mon esprit. Je voudrais tant te dire ce que je veux extraire de ta bouche, de ta parole, de ton esprit, mais il n’y a que ces mots incongrus que je me permets de te véhiculer. »

Le chocolat fumait encore de sa chaleur. Silencieuse, Lily jouait avec le tourbillon de volute blanche, l’enroulant autour de son index pour en dissiper les méandres dans les airs. La seule chose qu’elle avait pu saisir des dernières paroles prononcées par l’homme mi-assis, mi-debout face à elle, était qu’il n’était pas devant cette table avec la simple idée de causer. De prendre des nouvelles, d’échanger des idées. Non. Il avait une idée bien précise en tête et peu lui importait de savoir ce qu’il attendait qu’elle lui dise, comme il l’avait déblatéré dans son monologue une seconde plus tôt. Elle abandonna les gestes de sa main pour la faire disparaître comme une seconde peau autour de la tasse. Les gestes de Matthias furent plus doux. Plus contrôlés. Plus sûrs d’eux-mêmes.

« Je t’ai dit bonjour. A toi. J’imaginais que ce serait réciproque, voilà tout. Ce que tu viens de me dire : « … avec toi », m’a semblé être un aperçu d’une certaine affection que tu pourrais avoir à mon égard. Je ne parle pas d’affection dans le sens populaire. Affection en tant qu’affect. Un attachement, un… »
« Tu n’es pas venu innocemment, n’est-ce pas ? »

Elle ne savait s’il avait terminé sa phrase mais elle ne lui laissa pas le temps de le faire. Elle n’avait pas envie de se fatiguer dans des discussions similaires à celles qu’ils avaient déjà pu avoir au sein du château. Il en était parti, n’était-ce pas différent, à présent ? La situation ne devrait-elle pas être différente ? Tout devrait-il être dissemblable, maintenant ?
Lily. Lily, pourquoi es-tu encore assise à cette table ? Il ne te regarde même pas. Préfère croiser les rides boisées de ce qui supporte ses coudes plutôt que de lever les yeux et te prouver une quelconque forme de sincérité. N’imagines pas, Lily. Agis.

« Qu’est-ce que tu veux ? »

Le masque indéfectible de la jeune fille avait revêtu son visage, mûrit par la nouvelle année qu’elle avait acquise pendant l’été. Lasse, plus aucun sentiment ne traversa ses prunelles, si ce n’est celui de la dureté. La sensation de déception qui envahissait son échine se mesurait à sa curiosité. Faible curiosité, pourtant, lasse de devoir se battre avec un homme tel que Matthias Hobbes. Plein d’ambition, plein de pouvoir, plein d’intelligence, pour sûr et probablement d’une agréable compagnie derrière cet être qu’il s’amusait à jouer.
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MessageSujet: Re: « Vous me demandez, ma chère enfant, si j’aime toujours bien la vie » - Matthias & Lily   Mer 22 Jan - 21:56



Ma phrase était trop lasse; je ne savais plus comment lui expliquer. Je voulais qu'elle nous ramène au passé pour que l'on recommence à nouveau. Non. Ce n'était pas ça. Je voulais qu'elle m'aime et qu'elle le proclame haut et fort. Non plus. Je voulais qu'elle n'ait pas sourit et qu'elle n'ait pas fait sa remarque maladroite. En partie. Il y avait quelque chose au delà de la rétraction de ses gestes; il aurait fallu qu'elle en pose d'autres.

« Tu n’es pas venu innocemment, n’est-ce pas ? »

Elle n'avait pas compris. Je ne crois pas qu'elle ait compris. Mais elle savait déjà trop.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.


Je prit mon temps pour relever mes yeux vers elle. Sous aucune circonstance je devais me trahir. Je baissai mes coudes à une vitesse qui me semblait anormalement ralenti. En réalité, j'essayais de trouver une solution le plus rapidement possible et ma pensée se déchaînait à toute vitesse; mon corps, au contraire, semblait réagir à pas de tortue. L'effet de contraste, on va dire. Elle ne me faisait pas confiance. Ce n'était pas nouveau. Elle était perspicace. Ce n'était pas à afficher dans la Gazette du Sorcier, non plus. Elle savait que j'étais contre elle. Je savait qu'elle savait. Mais elle n'avait pas compris.

« Qu’est-ce que tu veux ? »

« Que tu dises mon nom. »

Je l'avais prononcé aussitôt que mes pupilles noires s'étaient plongées dans ses iris verts.

***

Plusieurs comportements auraient pu être employés face à la tentative de démasquage de Lily. Une réaction aurait pu être défensive, jouant l'innocent, sortir des « Mais que dis-tu là? D'où tu sors ça? ». Elle aurait tout de suite sauter sur la conclusion la plus probable: Matthias était un garçon stupide qui n'était pas capable de dissimuler son rôle d'espion pour une des deux factions ennemies.

Une alternative aurait été de répondre avec agressivité en lui faisant part de son outrage et de remarques comme « Pourquoi penses-tu toujours du mal de moi? Je ne suis venu qu'en ami! Etc, etc. ». Peu crédible, surtout si le mot "ami" était employée. C'était une relation beaucoup trop éloignée de l'amitié mondaine pour utiliser se terme à la légère.

Je choisit l'option la plus calme, la plus naturelle. Je lui ai dit la vérité.


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MessageSujet: Re: « Vous me demandez, ma chère enfant, si j’aime toujours bien la vie » - Matthias & Lily   Ven 28 Fév - 16:36

« Qu’est-ce que tu veux ? »
« Que tu dises mon nom. »

Le choc électrique de deux couleurs diamétralement opposées intensifia les paroles du jeune homme qui ne semblait plus vouloir nier. Il savait qu’elle ne lui faisait pas confiance. Il savait qu’elle ne ferait jamais preuve de clémence envers lui. Il savait qu’elle était contre lui. Seulement techniquement.

La cuillère en loupa un tournant dans sa rotation régulière du bord de la tasse. Matthias Hobbes était assis devant elle. Avait calmement prononcé une demande pourtant pas si singulière et courante. Du moins, pas avec elle. Qu’en était-il dans son esprit ? Le sien divaguait à n’en plus finir. Lily ne répondait plus de rien. Ne semblait plus saisir la tournure des évènements desquels elle était pourtant pleinement actrice. Une minute de l’épisode lui échappait. Faisait filer le sifflement du vent entre ses doigts.

« Matthias… »

Elle se rendit compte la fraction de seconde suivante qu’elle avait involontairement exaucé son vœu. Pourtant simple accolade à l’introduction de ce qu’elle s’apprêtait à lui dire, elle n’avait pas réfléchi et avait obéi à sa demande. Sa voix en dérailla et ses prunelles s’en perdirent dans la noirceur de celles qui lui faisaient face. Il n’avait irrémédiablement pas perdu de son charme. De son charisme. De son mystère.

« Matthias. Tu te rappelles, les fois où je me demandais sans cesse pourquoi, pourquoi nous nous parlions alors que nous étions si différents ? Pourquoi nous nous amusions à nous chamailler alors que tout nous séparait ? Et que tu me répondais sans cesse que ce n’était pas ce qui importait, tu t’en rappelles ? Aujourd’hui, je ne me pose plus la question. Du moins, je m’efforce à ne pas le faire. Après tout, tu as raison, c’est bien inutile puisque nous ne pouvons pas nous forcer à éviter ce qui nous tombe dessus. J’ai simplement cette image qui me revient sans cesse lorsque ton visage traverse mon esprit ou que j’entends ton nom au détour d’une rue. Cette image de ta baguette pointée vers moi alors que je suis déjà au sol. »

Elle qui avait abaissé son regard le releva à ce dernier mot. Elle n’avait pas pris cet épisode comme un acte de faiblesse, bien au contraire, mais de lâcheté. Et avec toute la volonté du monde, elle ne pouvait se l’ôter de l’esprit. Mais était prête à pardonner.

« C’est une chose qu’aujourd’hui, je serai incapable de faire. Même si nous devions nous battre l’un contre l’autre, seul à seul, je préférais faire demi-tour ou passer à côté de toi plutôt que de t’infliger un sort, aussi petit ou puissant soit-il. Je n’y arriverai pas, ce serait plus fort que moi. Parce que je ne me pose plus la question de savoir ce qui me retient à toi. J’accepte, c’est tout. »

Il fallait bien, un jour, que l’un ou l’autre se décide à expliciter le fond de ses sentiments, de sa pensée, de ses envies. Aujourd’hui, en faisant cette demande aussi simplement, Matthias avait sûrement fait un grand pas. Lily, elle, venait de terminer son chemin.
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MessageSujet: Re: « Vous me demandez, ma chère enfant, si j’aime toujours bien la vie » - Matthias & Lily   Mer 19 Mar - 9:22

Ce qui m'occupa les oreilles:
 

Son immobilité me parlait. Avant qu'un son ne sorte de sa bouche, je savais que je l'avais atteinte, d'une manière ou de l'autre. Un pétillement m'habita: j'étais heureux. Heureux que ce que je disais, ce que je faisais, ce que j'étais provoquait une réaction si perceptible chez l'autre. Chez elle, surtout. J'étais comme un enfant qui venait de placer le dernier morceau pour son jeu et qui, tremblant d'excitation, observe son manège s'exécuter à perfection. Quelle joie, quelle jubilation, puisqu'elle a dit mon nom. Je ne savais plus quoi faire de mon corps, devenu de trop pour cet état dans lequel je m'étais mis. Il se tenait là, au point d'ébullition, oscillant entre une démonstration explosive de joie ou bien le simple abandon, par pure extase. Calme-toi, petit corps. Il ne faut pas être démonstratif à tel point, elle n'a dit que mon nom.

Par surprise, probablement. C'était involontaire, cette appellation ordonnée. Les choses étaient bien faîtes, mais mon bonheur demeura éphémère. Je voyais bien qu'elle allait me dire quelque chose de grave, quelque chose de gros. Une réprimande envers un petit enfant qui s'est trop laissé emporté par son jeu, une parole de déception qui vient ternir les espoirs et les joies. Un autre affect.

« Matthias. Tu te rappelles, les fois où je me demandais sans cesse pourquoi, pourquoi nous nous parlions alors que nous étions si différents ? Pourquoi nous nous amusions à nous chamailler alors que tout nous séparait ? Et que tu me répondais sans cesse que ce n’était pas ce qui importait, tu t’en rappelles ? Aujourd’hui, je ne me pose plus la question. Du moins, je m’efforce à ne pas le faire. Après tout, tu as raison, c’est bien inutile puisque nous ne pouvons pas nous forcer à éviter ce qui nous tombe dessus. J’ai simplement cette image qui me revient sans cesse lorsque ton visage traverse mon esprit ou que j’entends ton nom au détour d’une rue. Cette image de ta baguette pointée vers moi alors que je suis déjà au sol. »


[...]


« C’est une chose qu’aujourd’hui, je serai incapable de faire. Même si nous devions nous battre l’un contre l’autre, seul à seul, je préférais faire demi-tour ou passer à côté de toi plutôt que de t’infliger un sort, aussi petit ou puissant soit-il. Je n’y arriverai pas, ce serait plus fort que moi. Parce que je ne me pose plus la question de savoir ce qui me retient à toi. J’accepte, c’est tout. »

Tandis qu'elle avait rejeté son regard vers le bas, moi, je la fixai. Doucement, tranquillement. J'écoutais sa voix, sa petite voix, et pourtant ce qu'elle me disait ne voulait pas s'imprimer sur mon entendement. Certainement, celui-ci n'est capable de rien refuser, alors bien sûr, la couleur de ses paroles et l'étendue de son discours frappa mes sens. Mais ce qu'elle souhaitait exprimer, je n'arrivais à joindre. Enfin, je ne voulais pas, peut-être. Car lorsqu'elle me rappelait mes actions du Noël de 2022, je ne voulais plus écouter. Et lorsqu'elle me parlait du passé, je ne voulais plus entendre. Un de mes défaut, peut-être, de ne pas vouloir regardé en arrière. Peut-être est-ce pour cela que les amitiés ne me réussissaient pas: je refusais de reconnaître tout le cheminement des relations ainsi que les expériences vécues et les caps franchis. C'était moi, pourtant. Peu importe.

« Ce que tu dis, c'est très beau Lily. Mais je ne comprends pas. Parce que je suis distrait, parce que je n'ai pas de volonté, parce que je suis moi? Je ne sais pas. Te dire cela: je ne sais pas... On dirait que c'est le même discours que je tiens depuis toujours avec toi. Je t'ai dit, jadis, en d'autres mots, qu'il suffisait que nous soyons nous-même, sans autre encadrement. Mais je ne sais pas qui tu es et j'ai l'impression d'être dans une position de désavantage par rapport à toi. Je l'ai toujours eu, cette impression. La seule chose que je connais, que je sais, c'est notre relation. Mais les relations, ce n'est pas mon aire d'expertise; je n'y suis pas habitué, enfin. J'ai perdu le fil de mes pensées. Tu fais ça. »

Je me levai, quittant la banquette, le dos à elle.

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« Vous me demandez, ma chère enfant, si j’aime toujours bien la vie » - Matthias & Lily

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