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 Wake me up [Lorcan]

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Mia Flavia Hobbes

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MessageSujet: Wake me up [Lorcan]   Ven 6 Déc - 18:42




    Douleur. Voilà la première impression qui submergea Mia Hobbes. A travers les vagues brumeuses qui obscurcissaient son esprit, la jeune femme reprenait doucement conscience de son corps endoloris. Elle avait la vague impression d’être là, sans toutefois prendre tout à fait conscience de sa personne de son état. Elle n’était plus qu’un fragment de conscience égaré sur une route sinueuse. Mia ne se sentait pas vivante. Elle ne respirait pas, ou du moins, elle ne sentait pas l’oxygène pénétrer dans ses poumons à intervalle réguliers, comme si son corps n’était pas tout à fait connecté à son esprit. Il n’y avait que la douleur, qui recouvrait son être tout entier, comme si sa peau tout entière était recouverte d’ecchymoses enfoncées au plus profond de sa chair. Et c’était là la seule conscience que Mia avait de son corps. Une surface endolorie, gênante dont elle aimerait se débarrasser d’un mouvement de bras comme on retire une robe trop petite. Un gémissement s’échappa des lèvres légèrement entrouverte de Mia. Ses sourcils se froncèrent au dessus de ses yeux clos, et ses cils esquissèrent un léger mouvement, mais ses paupières restèrent obstinément fermées. Elle se rappelait vaguement, de sa vie, de son existence. Mais sa mémoire n’était plus qu’un tourbillon constituée d’images floues et désordonnées. Elle était trop fatiguée pour penser. Un second gémissement s’échappa des lèvres de Mia. Elle souffrait tant. Elle sentit comme un pincement au niveau du bras qui provoqua un nouveau gémissement, puis elle sentit son corps qui s’évanouissait peu à peu. La douleur s’apaisait, et c’était comme si son corps s’envolait avec elle. Enfin, la rédemption était venue. Elle sentit son ilot de conscience s’évaporer doucement. Un voile noir s’abattit sur elle et le peu d’esprit qui s’était éveillé tomba dans un sommeil sans rêve.

    ***

    L’esprit de Mia s’éveilla à nouveau. A moitié, comme celui d’une bête ouvrant un œil dans son sommeil pour s’assurer que sa vie n’est pas en danger avant de se rendormir. Elle n’avait toujours pas repris contact avec la réalité, elle évolué dans des méandres étranges, ou elle progressait sans  peine, comme si son corps n’était fait que de fumée. Elle sentit pourtant une part d’elle-même, encore rattachée à son corps, là-bas,  ou que ce soit d’ailleurs. Et ce corps là, le vrai, il était bien mal en point. Elle ressentait ces drôles de frissons, qui l’a parcourrait toute entière, de la plante de ses pieds jusqu’à la racine de ses cheveux, de ses morsures glacées qui plantaient leurs dents goulument dans sa pauvre chair meurtrie jusqu’à l’os. Mia tenta de reprendre ses esprits, mais c'était comme si un on lui avait posé un masque sur la figure, sans orifice, et tandis que dans sa tête ses yeux étaient écarquillés, ses véritables paupières semblaient scellées. Des images défilèrent à toute vitesse: le manoir des Hobbes, Matthias, son père, sa mère, le manoir des Dragonneau, Jacob, Artémis, Poudlard, Alessandra et la Tour d'Astronomie. Des visages et des lieux qui apparaissait en une fraction seconde, sans que son esprit maladroit n'ai pu les enregistrer correctement. Mia avait la tête qui tournait, et ses paysages intérieurs devinrent flous, comme si on l'avait arrachées à ses pensées. Elle sentit l'aiguille en métal qui s'enfonçait sous sa peau, et le liquide froid qui se déversa dans sa veine. Au bout de quelques minutes, Mia avait davantage conscience de son corps. Elle sentait une présence à ses côtés et ressentait ses membres et ses organes, véritablement. Pour la première fois depuis longtemps, son esprit semblait véritablement rattacher à son corps. Mais cette impression ne perdura que quelques minutes, puis l'obscurité l'envahit toute entière, comme une bête monstrueuse se délectant de chair humaine.

    ***

    Boum, boum, boum. Ce fracas assourdissant sortit Mia de sa torpeur une troisième fois. La terreur s'empara de cet esprit malade, le bruit était en elle. C'était le bruit du sang qui battait dans ses artères, à une vitesse affolante, encore et encore. Boum, boum, boum. Elle commença à s'habituer au bruit, et tenta de penser véritablement, mais toutes ses idées s'échappaient impitoyablement sans que la pauvre enfant ne puisse retrouver totalement la possession de son esprit. Tout était confus, bref, intense, et chaque bouffée d'air agressait sa poitrine agonisante. Quelques tâches de lumières dansaient sur ses paupières, et Mia se surprit à se laisser totalement aller, abrutie, sans que la moindre pensée ne puisse traverser son pauvre esprit vide. Alors, elle tenta de reprendre possession de son corps. Et elle lutta pour sentir ce drôle d'amas de chair, d'os et de sang qui la composait. Enfin, elle sentit. Elle sentit qu'elle était allongée dans un lit. Sous ses doigts, elle sentait le drap qui l'a recouvrait. Et tandis qu'elle reprenait possession de son corps, elle sentait son esprit qui revenait tranquillement à elle. Elle tenta de serrait la main pour le saisir, sans succès. Son esprit, presque tout à fait éveillé, se sentait piégé dans ce corps immobile et complètement inutile. Puis, épuisée par cette longue lutte, elle retomba.

    ***

    « Elle se réveille ! Et, ho, Mia, vous m’entendez ? »

    On lui ouvrit les paupières de force, en brandissant un objet magique avec une lumière blanche devant ses pauvres yeux. Un médicomage à l’haleine mentholée se pencha sur elle pour examiner ses pupilles. A l’instant même ou il la lâcha, sa tête s’effondra sur le côté et ses yeux se refermèrent. Elle sentait qu’elle replongeait doucement dans les abimes dont elle venait de sortir lorsque on lui administra quelques claques sur les joues pour la maintenir éveillée.

    « Mmmhhh. » grommela t’elle.                                                                               « Restez-éveillée! »

    La jeune femme tenta d’articuler un « non », mais aucun son ne parvient à franchir ses lèvres. Elle sentit qu’ont l’a soulevait pour la maintenir en position assise mais l’adolescente retombait systématiquement en arrière. Elle n’avait aucun contrôle, et elle parvenait à peine à formuler ses pensées dans son esprit, qui s’articulaient autour d’un flot d’émotions anonymes. On l'a secoua fortement, pour l'obliger à entrouvrir les paupières, mais Mia n'avait ni force ni volonté. Elle sentit alors l'aiguille que l'on enfonçait délibérément dans son bras, et le froid s'engouffra à nouveau dans sa veine. Elle frissonna. On l'a recouvrit de couverture, mais celles-ci demeuraient inutiles: elle gelait de l'intérieur.

    « Encore un effort, Mia! »

    On lui administra une autre claque, qui acheva de la réveiller tout à fait. Elle ouvrit les yeux, désorientées, regardant autour d'elle, la chambre blanche, et les médicomage qui s'affairaient autour d'elle. On lui tendit deux gélules roses et un verre d'eau.

    « Ça vous réveillera totalement.»

    Alors, elle les avala. Puis elle appuya sa tête tranquillement contre l'oreiller, attendant passivement que les médicaments commencent à agir. Alors elle se rappela tout à fait. Alessandra était morte, on l'avait assassinée, cruellement. Pourtant, la nouvelle ne l'attrista pas. C'était comme si elle avait eu tout son temps pour se faire à cette idée. Mia se retourna vers le médicomage qui était resté à ses côtés pendant sa convalescence.  

    « Combien de temps ai-je dormis? »
    « Six mois. »
    « Ah. »

    La jeune fille cligna des yeux et effectua un rapide calcul dans sa tête. Décembre, ils étaient en décembre. Ouch. Les images de la bataille lui revenait. Elle avait tué Ralph, sans faire exprès, et tant d'autres étaient morts. Pourtant, elle ne ressentait aucune tristesse, aucun remords. Elle ne ressentait rien d'autre qu'une profonde lassitude empreinte de mollesse. Elle se retourna vers le médicomage. Il était brun, la trentaine, de taille moyenne, et elle était sûre de ne l'avoir jamais rencontré auparavant. Pourtant, sa voix lui était si familière qu'elle était certaine qu'il lui avait parlé à de nombreuses reprises pendant son coma.

    « Merci. »

    Il ne répondit pas, et hocha simplement la tête. Ils restèrent interdits pendant quelques instants.

    « Vous avez de la visite, vous sentez vous en mesure de recevoir quelqu'un? »

    Elle acquiesça puis jeta un oeil au miroir. Sa peau était pâle, mais elle avait moins mauvaise mine qu'elle l'aurait cru. Curieusement, elle avait blondi, probablement un effet secondaires des nombreux médicaments qu'on lui avait administré pendant son coma. Son corps ne la faisait plus souffrir, et les nombreuses fractures qu'elle avait encaissé après le combat de la Tour d'Astronomie étaient maintenant guéries. Tout allait pour le mieux, ou presque. C'était comme si un trou béant avait remplacé le cœur de Mia, et l'enfant, placide était comme réfractaire à toute émotion.
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Lorcan L. Scamander

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MessageSujet: Re: Wake me up [Lorcan]   Sam 7 Déc - 8:00


    L'hôpital est froid, c'est un fait. L'hôpital est froid, et assis sur l'un de ces sièges de plastique sur lesquels attendent ceux qui doivent attendre, Lorcan Scamander observe le vide de la situation. Les cheveux en bataille, les cernes qui cisèlent son visage et ses traits durcis par le strict maintien d'une personne qui ne dort plus, Lorcan a la gueule d'un homme qui vient tuer, ou qui vient de tuer. Dans le silence de l'endroit, il laisse résonner à l'intérieur de sa tête le vacarme de son esprit, et les tambours qui frappent dans sa poitrine sont l'amoncellement de ces rythmes à l'intérieur de lui ; de ces rythmes qui lui font mal, et que lui réfute. Il laisse passer devant lui ces soignants en blouse blanches auxquels il n'accorde pas le moindre regard. Ses yeux se sont accrochés à un vide, et le vide glisse entre ses phalanges : assez pour le frustrer, pas assez pour qu'il ne cherche plus à l'ignorer. Il n'y avait pas assez de place restante dans sa tête pour qu'il s'offre le luxe de penser à autre chose qu'à ce vide. Car le reste de ses pensées tourbillonnait, déchirant les soies pâles d'une protection qu'il avait voulu mettre en place. Qu'il avait voulu ériger. Et qui tombait. Des protections inutiles pour son esprits meurtri.

    Les vertèbres chantent ce chant douloureux d'un déplacement qui s'effectuent en leur axe. Silencieux, Lorcan claque et plie ce corps rempli d'os, et les virements de la situations deviennent les sifflements d'une agonie qui se réalise. Ses yeux sont remplis d'une amertume qui vient teinter le vert de ses prunelles, et dépecé de sa propre humanité, il secoue l’aiguillon qui file, qui achève cet entrelacs de tendons et d'os ; cet aiguillon harassé et les épines dorsales qui morcèlent ce corps qu'il se cherche. Le dragon ne remue plus beaucoup à l'intérieur de lui, car Lorcan est en train de l'absorber, de le dévorer. Lorcan devient dragon. Lorcan devient plus puissant, encore. Et indubitablement, Lorcan est en train de se perdre, jour après jour.


    « Monsieur ? »

    Il se réveille, s'extirpe de ses propres pensées, et se retrouve de nouveau assis sur ce siège bleu, au milieu de ce couloir dans lequel les bruits résonnent trop. Il lève son visage, et l'infirmière a un sursaut au cœur en voyant ce visage sur lequel il n'y a plus que peau et os. Pas de maigreur, pas de douleur ; juste une incommensurable existence. Une simple existence, une simple présence, mais Lorcan Scamander n'est plus qu'un corps qui bouge, et qui ne renvoie aucun sentiments. Ses yeux se  sont voilés de ses propres couleurs, et le vert est devenu synonyme de sa perdition. Il s'enfonce. Inexorablement, il s'enfonce à l'intérieur de lui-même. Depuis combien de temps a t-il sombré dans cet état famélique d'un esprit qui se noie ? Des jours, des semaines, peut-être. Il est en train de changer. Lorcan Scamander se laisse dévorer. Il évolue.

    « Hobbes. »

    C'est un murmure projeté entre ses lèvres ; sans force ni conviction. Un simple mot, nom, pour établir un contact sociétal, pour faire comprendre le but de sa raison. La femme comprend et il se lève lentement, en étirant son corps qui craque. Chaque os, sous les muscles, sont ces aiguilles de verre qu'il cherche à ne plus trop casser. Il n'est plus vraiment en mesure de se réparer, désormais. Il est affaibli, cet humain qui s'amusait avant à se battre pour de l'argent. Il est affaibli dans son corps, parce que dans sa tête, tout est en train de s'élever. Il grandit, et ses ailes seront bientôt assez ouvertes pour qu'il puisse s'envoler. L'infirmière lui demande de le suivre, et il obéit, docilement. Ils marchent en silence, et si les talons de la femme claquent sur le sol, ses foulées à lui semblent glisser. Trop fragile, devenu trop léger, il ne fait plus le moindre bruit. Car dans son existence, il n'y a plus que le bruit de sa folie qui hurle.

    Le dragon marche sur la pointe des pieds.


    On pousse une porte, et Lorcan avance. On pousse une porte, et Lorcan abaisse les yeux. Sur ce corps sale, trempé d'une sueur qui témoigne de la douleur. Sur ce corps pâle, qu'il a presque envie d'ignorer. Sur ce corps trop petit. Ce corps qui se perd au milieu des draps. Ce corps qui pendant un instant, devient presque celui de Lily, mais couché sur un autre lit, couché pour ne plus jamais se remettre à bouger. Or, Mia Flavia Hobbes bouge. Mia Flavia Hobbes est vivante.

    Et Lily aussi.

    Les yeux verts accompagnent le mouvement de l'infirmière qui vient se placer à côté, et Lorcan sait qu'elle ne peut pas rester. Il ne sait pas pourquoi, mais il le sait ; il ne le veut pas. Il faut qu'elle parte, et doucement, il s'active, pour se remettre à marcher près du lit, devant lequel il s'arrête, et sort ses mains de ses poches. Elles viennent, araignées blanchâtres, se déposer sur le matelas, pour y appuyer le poids de son corps qui se penche en avant, et Lorcan embrasse Mia, ses lèvres sèches pressant contre la bouche de l'enfant. Elle n'est pas une enfant. Dévore la. Touche la. Mange la. Le baiser devient une source de douleur, et Lorcan ferme plus fort encore les paupières. Il ne veut pas. Il ne veut pas. Il ne peut pas vraiment résister. Lorcan. Arrête de croire qu'être gentil est une bonne chose. Regarde les. Regarde les tous. Tu leur fais mal. Lorcan cesse le baiser ; et l'infirmière est partie, sans demander son reste.

    Il se relève, et c'est le silence au fond de ses yeux. Il jauge. Il jauge, et revient passer ses longs doigts plans entre les plis de sa poche ; comme si les garder visibles lui faisait mal. Il glisse les mains dans ses poches, pour bien les y enfoncer, pour ne peut-être plus jamais les en ressortir. Son oreille écoute ; et il perçoit les bruits d'un éloignement de la femme. Il n'y a personne pour écouter. Ses yeux évaluent. Il n'y a personne pour regarder.

    « Rien de personnel. Je voulais qu'elle parte. »

    Il tourne, se détourne, et va s'asseoir dans l'un des fauteuils. Ses yeux verts posés sur le front de la jeune fille, il observe et la contemple, mi-là, mi-absent. Il l'observe, en opposant ces différences qui ne les rassemble. Il est habillé en noir, complètement, dans le deuil de son esprit qui part à la dérive, elle porte ce blanc de ces vêtements qu'on les nouveaux-nés. Mia Hobbes est une nouvelle-née. Il ne vient pas ici pour la plaindre ou pour la câliner. Il ne vient pas ici pour s'énerver ou pour rire. Il ne vient pas ici en sachant. Il ne sait même pas ce qu'il fait là. Un sourire automatique, vestige de son ancien lui, court sur ses lèvres, le temps d'une seconde.

    « Dans quel état de perdition psychique tu dois être. Comme ce serait intéressant de pouvoir admirer cela. »

    Mais il n'a pas le temps. Il n'a plus le temps. Il débite.

    « Jacob Dragonneau est mort. Ta copine Warrington aussi. Et beaucoup d'autres. L'épidémie qui s'était installé en Angleterre peu de temps avant le Bal a été finalement éradiqué. Hélios Dragonneau est devenu le chef incontesté d'un gouvernement politique qui n'a plus rien de démocratique. Nous sommes à l'aube d'un monde qui s'enfonce dans la folie de mon oncle. Tu n'es rien de plus qu'une pièce sur l'échiquier des sangs-purs. Quand tu te seras remise de ta quarantaine, va te faire recenser en signalant ton statut de Sang-Pur. Maries toi. Tu auras une vie tranquille, et heureuse. Le règne est aux Sang-Pur. Le monde magique est en proie aux griffes d'un homme bouffi d'orgueil. Alors n'hésite pas, et rejoins-le rapidement dans ses idéaux. »

    Il a presque récité. La voix est monotone et terne. Il n'y a pas eu d'intonation, il n'y a pas le moindre sentiments. Les prunelles fixées sur quelque chose qui n'appartient pas à la réalité de l'instant, sa respiration s'est ralentie, et il songe à se lever, et à quitter l'endroit. Il se lève. Mais ne part pas.
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Mia Flavia Hobbes

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MessageSujet: Re: Wake me up [Lorcan]   Dim 8 Déc - 8:44


    Lorcan Scamander était probablement la dernière personne que Mia s’attendait à voir dans cette chambre d’hôpital.  Pour elle, s’était sa mère, avec ses tendres cheveux bruns qui s’apprêtait à franchir la porte, accompagnée de son mari, avec sa figure austère cachant une douceur infinie. Il aurait son bras passé autour de ses épaules, et Matthias les aurait précédé, profitant de la nouvelle pour sécher l’université, le sourire aux lèvres, l’œil pétillant. Ils étaient sa famille, ceux avec lesquels elle avait grandit, évolué. Et pourtant sa famille n’était pas là, venue fêter le retour à la vie de l’enfant prodigue, de la fille chérie. C’est Lorcan, qui rentre dans cette pièce blanche, qui pousse cette porte blanche, précédé d’une infirmière en blanc. Blanc, blanc, blanc. Cette couleur l’écœure. Le blanc à perte de vue ne lui rappelle pas la tendre neige qu’elle adore, ou ces ciels grisâtres annonçant l’arrivée de son cher Hiver. Ce blanc, mat, uni, sans consistance, baigné de lumière lui rappelle la mort, la maladie, le coma. Elle aurait aimé lancer des choses colorées sur ces murs blancs.  Du rouge, du bleu, du vert, du jaune, du violet, n’importe quoi. Elle voulait salir ces murs, baisser cette lumière qui l’aveuglait, et lui donner la sale impression d’évoluer dans un halo blanc. Le halo de la mort, qui brillait dans cette chambre toute blanche, laide et lumineuse.

    Et Lorcan, vêtu de noir tout entier, détonnait dans cet univers incolore, apportant un peu de repos aux pauvres yeux fatigués de l’enfant. L’adolescente se redresse en position assise, pour accueillir l’étranger avec le peu de dignité que ce corps malade pouvait lui offrir. Qu’est ce que Lorcan fouttait la? Ils n’étaient ni amis, ni amants, ni ennemis, ni rivaux, et pourtant ils étaient terriblement proches, comme reliés par un fil rouge qui leur permettait de s’éloigner, sans pourtant jamais rompre le lien qui les unissait. Elle contempla Lorcan, qui semblait en piteux état. Mais elle n’est pas mieux. Mia détourne son regard une fraction de seconde pour voir les dégâts sur sa propre personne. En face d’elle, ce miroir lui renvoie son reflet stoïque, qui ne lui appartient pas. La flamme qui brûlait dans ses prunelles chocolat s’est évanouie, son sourire malicieux s’est oublié, pour laissé place à des lèvres closes, neutres. Mia n’est plus que l’ombre d’elle-même alors que l’ambition a déserté son esprit fatigué. Lassée de son reflet, elle se retourna vers Lorcan, corbeau noir dans un nuage blanc. L'infirmière, droite comme un i, les jauge du coin de l'oeil, et sa présence la mettait mal à l'aise.

    Être seule avec Lorcan ne l'effrayait pas. Et bien qu'elle ait déjà fait l'expérience de sa violence et de ses emportements, Mia n'avait pas peur car elle n'avait pas l'intention de reproduire les même erreurs que dans le passé. Pas de révolte, pas de provocation cette fois-ci. Tout rapport de force était à proscrire car la Nature avait sans conteste privilégié Lorcan sur ce plan là. Il pourrait la briser sans peine, sans s'essouffler. Ses doigts se refermeraient sur elle, et ses os craqueraient tandis qu'elle étoufferais, tel un petit oiseau dans la main d'un enfant cruel. Car Mia se sentait davantage oisillon que chatte en ce moment là. Les mains de Lorcan se posèrent sur le matelas, il se pencha sur elle, et le poids de son corps appuyé sur ses extrémités fit grincer le matelas. Un grincement doux, à peine audible, et Mia ferma les yeux pour mieux l'écouter. Elle sentit alors quelque chose de chaud et de sec s'appuyer sur ses lèvres roses. Mia ouvrit les yeux, à l'encontre des usages, avant de les refermer tranquillement. Elle ne ressent rien, ce baiser la laisse de marbre, et pourtant, elle l'accentue dans l'espoir de réveiller ses nerfs endormis. Lorcan achève le baiser, et plus par habitude que par envie, Mia rapproche ses lèvres pour le prolonger. Il se relève, elle retombe mollement sur les oreillers. Les mains de Lorcan quittent le matelas pour se glisser dans ses poches. Et Mia regarde ces deux grandes mains blanches disparaitre dans le tissu noir, fascinée.

    « Rien de personnel. Je voulais qu'elle parte. »

    Ah. Cette soudaine intimité lui avait de toute manière trop étrange pour être réelle, et ce baiser factice ne lui avait apporter aucun plaisir. Mia tourna vers les yeux vers la porte, ou l'infirmière se tenait quelques minutes plus tôt. Disparue, envolée. Les souhaits de Lorcan s'étaient réalisés.

    Elle n'était pas triste, pas heureuse, pas en colère. Elle ne ressentait rien. Et le corps de Mia, habituellement tourmenté par mille émotions, se retrouvait perdu depuis que les tempêtes de son âme et les portes de son âme s'étaient fermées. La gamine était devenue stoïque sans prévenir, et ces changements soudain la laissait étourdie. L'étourdissement était tout ce qui lui restait, vestige de l'ancienne Mia, partie en cendres en ce jour tragique à la Tour d'Astronomie de Poudlard.

    « Dans quel état de perdition psychique tu dois être. Comme ce serait intéressant de pouvoir admirer cela. »

    Elle le regarde s'éloigner et s'asseoir dans la fauteuil. Au dessus de lui, le miroir lui renvoie encore ce maudit reflet. Mais elle ne le regarde pas, elle est trop obsédée par Lorcan. Mia le fixe, sans répondre. Le brun de ses yeux rencontrant le vert des siens. Un sourire éphémère se dessine sur ses lèvres, avant de disparaitre. Ainsi, voilà donc tout ce que Lorcan était venu faire dans cette chambre d'hôpital, examiner ses pensées, ses émotions, en bon psychiatre qu'il était. Et bien qu'il s'amuse, elle ne ressentait plus rien, de toute manière. Elle s'abandonnerait tout entière aux mains du tyran, qui de ses mains joueuses pouvait à loisir modeler son esprit vulnérable. Et Mia, à des années lumières de la réalité, projetait le Lorcan du passé sur le Lorcan du présent. Dans sa tête se rejouait cette fameuse scène de janvier, lorsque Brandstone l'avait obligée à se rendre dans le bureau du psychiatre. Mia avait beau eu se rebeller et se débattre, Lorcan avait tout de même su disposer d'elle comme il l'entendait, et lorsqu'il l'avait enfin libérée, elle était revenue se jeter dans la gueule du dragon, tête la première. Parce que Lorcan exerçait une attraction étrange sur Mia. Une attraction dangereuse que son instinct de survie lui criait d'ignorer. Mais elle restait sourde aux suppliques de son instinct, suivant celui qui pouvait l'amener à sa perte. Mia était inéluctablement attirée par Lorcan. Ce n'était ni sentimental, ni physique. Non, c'était intellectuel.

    « Jacob Dragonneau est mort. Ta copine Warrington aussi. Et beaucoup d'autres. L'épidémie qui s'était installé en Angleterre peu de temps avant le Bal a été finalement éradiqué. Hélios Dragonneau est devenu le chef incontesté d'un gouvernement politique qui n'a plus rien de démocratique. Nous sommes à l'aube d'un monde qui s'enfonce dans la folie de mon oncle. Tu n'es rien de plus qu'une pièce sur l'échiquier des sangs-purs. Quand tu te seras remise de ta quarantaine, va te faire recenser en signalant ton statut de Sang-Pur. Maries toi. Tu auras une vie tranquille, et heureuse. Le règne est aux Sang-Pur. Le monde magique est en proie aux griffes d'un homme bouffi d'orgueil. Alors n'hésite pas, et rejoins-le rapidement dans ses idéaux. »

    Jacob, mort. Voilà quelque chose que Mia n'aurait su imaginer, et pourtant voilà que la nouvelle la laissait de marbre, ou presque. Une larme coula sur sa joue, alors que son coeur ne ressentait rien. Bizarrerie physiologique qui l'étonna. Elle n'avait pas mal et pourtant elle pleurait. Une seule petite larme, symbole de son humanité disparue qu'elle dégagea d'un coup d'index. La mort d'Alessandra n'était pas une surprise, elle l'avait vu morte de ses propre yeux et elle avait eu le temps de faire son deuil pendant ses six mois de coma. Elle avait écouté la suite du discours de Lorcan sans broncher, comme si elle approuvait. Et pourtant l'existence que le jeune homme lui peignait la rebutait. Mia était promise à un mariage d'amour, c'était tellement rare pour les jeunes filles de sa condition. Elle ne voulait pas épouser un des Scorpius Malefoy de ce monde. Avec Jacob, elle était bien. Elle avait été heureuse, et ce bonheur lui avait été arraché. Elle aurait pu être princesse, reine, même, si Phillip avait été écarté du trône d'Angleterre d'une manière ou d'une autre. Tout ses projets et ses espérances s'étaient envolées et il ne lui reste plus rien. Un pion, voilà ce qu'elle était devenue. Lorcan avait raison, et pourtant, malgré l'injustice, elle ne dit rien, ne proteste pas, jusqu'au moment ou Lorcan se lève de son siège.

    « Ne t'en vas pas. »

    Elle avait dit ça d'une voix rauque, fracassée, presque trop grave pour ce petit corps frêle. Alors elle se leva, fébrilement, posant ses petit pieds nus sur les dalles blanches. Elle avança, chancelante, comme un poulain tout juste sorti du giron de sa mère, peinant à trouver l'équilibre sur ces jambes trop grandes. Mia s'avançait doucement jusqu'à Lorcan dans cette blouse blanche, informe qu'elle détestait. Elle l'aurait bien arrachée, cette vilaine blouse. Les yeux de Mia restaient fixés sur Lorcan, et pourtant il y'avait encore ce miroir dans son champs de vision, ce miroir qui lui renvoyait son reflet enlaidi, grimaçant. Mia devait s'en débarrasser, alors elle tend la main pour le décrocher du mur et l'attrape du bout de ses longs doigts blancs. Voilà, doucement. Elle tient entre ses mains le miroir détesté, regardant encore quelque instant se visage amoindri. Pendant une fraction de seconde, elle croit voir Jacob, derrière elle, qui la fusille du regard. Mia sursaute, et la, c'est le drame. La glace lui échappe des mains, et se brise en mille morceau sur le sol blanc. Des bouts de verre s'enfonce dans ses chevilles et ses mollets nus, au plus profond de sa chair.  Elle ne crie pas, ne grimace pas. Mia regarde le sang couler le long de sa jambes, sur ses pieds, pour s'étaler sur le blanc morbide de l'hôpital.

    Et elle éclate de rire.
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