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 Après effort, le réconfort [Eléane et Romain]

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Romain P. Lesage
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MessageSujet: Après effort, le réconfort [Eléane et Romain]   Dim 5 Jan - 13:01





Après effort, le réconfort


"Ne suis-je qu'une âme dans ce monde emprunt à se délecter de ce que la nature a créé?"
Romain à un insecte



La journée filait comme le vent qui faisait danser les arbres de l'université où nous étions nombreux à aller ici et là. Romain enchaînait ses heures de cours, passant d'une salle à l'autre comme un papillon bas des ailes. Aller savoir pourquoi, aujourd'hui son pas était bien plus léger que d'habitude. Aujourd'hui était le premier jour d'école depuis les Vacances de noël et différemment des autres, notre poète était ravi de revoir cet endroit. Non pas que ses vacances s'étaient mal passées, mais bien au contraire, c'était ces deux semaines qui comblaient son esprit lui laissant un sourire mielleux sur le visage. Son esprit était encore en France, dans sa Normandie au coter de sa jolie fiancée, de sa grand-mère ainsi que de ses parents, oncles, tantes et cousins. Il ne fallait pas oublier sa sœur, bien qu'ils fussent légèrement en froid. Mais cela n'annonçait aucune pointe de noirceur dans son aire bohème. Tout autour de lui était empreint à la fête.Bien que la majeure partie des étudiants aient dépassé leurs 18 ans, chacun racontait l'ouverture de leurs paquets avec enthousiasme. Tous ou presque étaient redevenu enfant. Enfant, mais personne n'oubliait les responsabilités qu'engendrait leurs études et Romain, pour une fois, en prit compte. Cette année il avait comme résolution de travailler au jour le jour et de ne pas se faire avoir. Il était déterminé, mais Romain était romain et son tempérament léger et très lent ferait que comme à son habitude il ferait ses devoirs en plusieurs temps, jusqu'à la toute dernière seconde. Ne pas aller vite, prendre son temps. L'aube de sa vie n'était peut-être pas loin alors il pensait bon de profiter de chaque instant. Et s'est bien ce qu'il faisait. Il avait délicatement sorti son baladeur et se mit à écouter de la musique. Un fond de piano sans parole ni aucun autre instrument, juste du piano. Un son lent et léger comme lui.Il venait de sortir de cour, sa dernière Heure et il marchait dans les couloirs en direction de la sortie du bâtiment. Il se dandinait de gauche à droite comme s'il fut sur un bateau livré aux mouvements des vagues. Il fit quelques gestes de la main aux quelques personnes qui lui adressèrent des sourires et continuait, imperturbable. Il stoppa néanmoins sa joie musicale lorsqu'une personne lui posa une main sur son épaule. Tranquillement il avait arrêté sa musique et retirer ses écouteurs pour se retourner. Il fut pris de court par l'une de ses camarades, la jolie Hildegarde, qui lui fit la bise comme à son habitude. Tous deux c'étaient rencontrés dans un court de dessin. La joyeuse mademoiselle Winters, don beaucoup de garçons n’assistaient à ses cours que pour ses joyeux vêtements, ne mâchait pas ses mots et la jeune styliste en avait fait le prix. Romain était non loin d'elle et sa galanterie étant inégalable. Il avait accouru au coter de la jolie blonde, aujourd'hui rousse, pour la réconforter. Entre eux le courant passait très bien et notre Romain avait sûrement donné de faux espoirs à cette princesse. Elle l'aimait bien plus que d'amitié, ce que Romain ne percevait pas.« Romain, je suis heureuse de te voir. Je voulais savoir si tu allais assister au petit récital de musique de l'université demain soir. » Sa voix était tout aussi mielleuse que celle qu'employa Romain pour lui répondre. « Oh, bien sur. Merci de m'y faire penser. Je viendrais même te chercher si tu n'as pas de prince pour demain. » Romain pensait cela sans arrière pensé, mais pas Hildegarde dont les joues devenaient rouges. Sûrement que Laïla aurait vu rouge de savoir que son fiancé allait accompagner une fille à un récital, mais cela échappa également à Romain. Le poète niait et imprévisible qu'il était lui enlevé toutes inquiétudes quant à ce que les autres pouvaient bien penser de ses actes. La jeune Hildegarde s'en alla rapidement en montrant sa montre, pressé ou plutôt gênée. Romain continua donc son chemin qui le conduisit à la bibliothèque où il pensait passer une petite heure à traduire puis analyser un texte Germanique. Il avait pris beaucoup d'option, tout lui plaisait et notamment les langues étrangères. Des atouts qui lui serviraient grandement dans son futur métier de reporter sans frontières bien qu'il pensait plutôt aux œuvres qu'il allait pouvoir découvrir en version originale. Le lieu était plein, ce qui arracha un air d'étonnement à Romain. Dans ses souvenirs la bibliothèque de Poudlard était toujours déserte à croire que les BUSEs et ASPICs étaient une vraie partie de rigolade pour des collégiens. Surpris, mais pas mécontent il lâchât quelques mots en français se posant à lui-même la question où il pourrait se poser. De nouveau il fut interrompu, mais cette fois-ci par la bibliothécaire qui lui fit signe de retirer ses écouteurs ce qu'il fit en s'excusant toujours en Français. Finalement il trouva une place de libre vers laquelle il se dirigea. Il reconnaissait Eléane, plongée dans ses livres. Tous deux ne se connaissaient pas vraiment, mais Romain n'oubliait jamais une personne et surtout pas son nom. Arrivé à la table il prit donc la parole en chuchotant.
« Bonsoir Eléane. Autoriserais-tu un étudiant simplet comme moi à ta table ? Et Simplet me dictera de ne pas ouvrir la bouche. » Romain souriait comme d'habitude. Pas sûr qu'il deviendrait muet comme le nain.




               
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Éléane I. Greengrass
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MessageSujet: Re: Après effort, le réconfort [Eléane et Romain]   Jeu 6 Fév - 16:04

Spoiler:
 

La salle était bondée et l’atmosphère commençait à se faire suffocante. Elle était arrivée il y a plusieurs heures déjà, elle ne savait plus exactement combien. Quatre ou cinq, peut-être. Et depuis, elle n’avait cessé de travailler. Le russe était une langue difficile, exigeante mais, au fond, cela lui correspondait bien… et avait l’avantage singulier de lui éviter de penser.

Elle avait passé des vacances de Noël… particulières. Elle s’était attendue à subir, dès son arrivée, les foudres de ses parents mais ils s’étaient montrés, au contraire, étrangement affables. Elle s’en était étonnée tout d’abord, mais très vite avait compris que cette apparence de sérénité retrouvée n’était qu’une façon détournée de tenter de la remettre dans « le droit chemin ».  Elle en avait été peinée mais, au fond, absolument pas surprise : le fossé qui la séparait de ses parents ne cessait de s’agrandir d’années en années, et tenter d’y bâtir un pont ne pouvait être que vain, fragile et éphémère. Elle les soupçonnait pourtant d’avoir soigneusement choisi chaque mot, chaque geste, chaque cadeau bien à l’avance, mais la raison n’était, selon elle, pas la bonne. Très vite, elle s’était sentie mal à l’aise et contrainte, de sorte qu’elle avait songé à quitter la demeure familiale pour retrouver son petit nid d’étudiante. Mais le faire eut été un horrible affront, et l’idée qu’elle passait peut-être ses dernières vacances de Noël chez elle l’avait convaincue de rester. Qu’en serait-il, en effet, de leurs repas de famille, lorsqu’elle aurait rejoint l’Ordre du Phénix ? Á cette idée, elle secoua la tête : il n’était pas sûr qu’elle le rejoindrait, après tout. Mais pouvait-elle rester ainsi inerte toute sa vie ? Ne lui avait-on pas appris à s’affirmer et à se battre pour ses idéaux ?

Elle soupira et regarda autour d’elle. Des centaines d’étudiants que la fin des vacances avait durement ramenés à la réalité s’entassaient dans la bibliothèque, pourtant encore calme une heure auparavant. Elle n’aimait pas la foule, elle ne l’avait jamais aimée. Dans ces conditions, elle avait l’impression que, même dans le silence, la bibliothèque devenait bruyante, irrespirable. Elle avait failli se lever et partir, mais elle savait qu’elle ne serait pas parvenue à se remettre au travail une fois chez elle, alors elle était restée. Après tout, il ne lui restait que quelques pages à étudier, et elle ne tenait pas particulièrement à voir ses notes baisser sous prétexte que, désormais, elle était à l'université. Or, les exigences de leurs professeurs ne cessaient de croître, et on lui demanderait bientôt de maîtriser le russe comme si elle l’avait étudié de nombreuses années durant. Mais c’était son choix, et elle l’assumait : les relations extérieures seraient très certainement ce qui lui plairait le plus en politique, elle ne pouvait donc se soustraire à l’apprentissage de nouvelles langues.

Sur ces quelques considérations, elle se pencha légèrement vers l’arrière et, de sa main gauche, frotta ses yeux fatigués. Elle entreprit alors de lire quelques nouveaux mots de vocabulaire et ferma les yeux pour mieux les mémoriser. Elle resta dans cette position quelques minutes et, tout en jouant avec ses cheveux qu’elle avait ramenés sur son épaule gauche, elle se remémorait tout ce qu’elle avait appris depuis tout à l’heure. Elle était assez satisfaite, en réalité, de constater la charge de travail abattue. Dans une demi-heure, elle aurait très probablement fini et pourrait enfin rentrer chez elle… si elle se décidait à cesser de lambiner. Elle inspira doucement, prête à se remettre à l’œuvre, quand une voix l’interrompit : « Bonsoir Eléane. Autoriserais-tu un étudiant simplet comme moi à ta table ? Et Simplet me dictera de ne pas ouvrir la bouche. » Surprise, elle lâcha ses cheveux et redressa la tête, posant ainsi son regard sur le jeune étudiant qui lui faisait face. Elle le connaissait, il avait été étudiant à Poudlard en même temps qu’elle, bien qu’il n’était pas dans la même maison. À l’époque, ils n’avaient jamais particulièrement sympathisé, bien qu’ils ne s’étaient jamais détestés non plus : ils se côtoyaient simplement en cours, sans animosité ni amitié ; en toute cordialité. Romain Lesage était aux antipodes d’Éléane : rêveur, la tête dans les nuages, il était ce genre de personnes que jamais la vie ne semble abattre et qu’un simple rayon de soleil égaye pour le reste de la journée. Parfois, Éléane aurait aimé pouvoir voir les choses à sa façon mais, sous bien des aspects, son côté poète et rêveur ne pouvait être en accord avec sa personnalisé.

Aussi, bien qu’elle lui savait le contact facile, s’étonna-t-elle d’abord qu’il veuille s’asseoir auprès d’elle. Mais au vu du nombre de personnes qui peuplaient l’immense bibliothèque, cela n’avait rien de surprenant : peu de places étaient encore libres. Elle le considéra alors, plongeant ses yeux gris dans les siens :

- Si tu veux, oui, lui répondit-elle dans un souffle. Je vais te faire un peu de place.

Joignant le geste à la parole, elle entreprit de rassembler ses affaires autant qu’elle le pouvait, afin de laisser à Romain le loisir de prendre ses aises. Elle le regarda alors s’installer avant de se replonger dans son vocabulaire. Elle songea qu’elle devait peut-être paraître un peu antipathique, elle aurait sans doute dû lui demander comment il allait, quelles études il suivait, s’il avait passé de bonnes vacances ou lui poser toute autre question d’usage, mais ils se connaissaient très peu, et ce n’était ni le moment ni l’endroit. Elle entreprit donc de relire quelques-uns de ces mots étrangers et de les mémoriser en fermant les yeux et en jouant avec ses cheveux, tentant en même temps de lutter contre la faim qui, de plus en plus, la tenaillait et se couplait à la fatigue qui l’assaillait depuis plusieurs heures déjà. Et tous ces gens, si bruyants malgré leurs efforts de ne pas l’être… Elle ne pourrait rester là encore longtemps, il fallait qu’elle se hâte quelque peu et qu’elle vienne à bout de ces interminables et contraignantes listes.


Dernière édition par Eléane I. Greengrass le Jeu 10 Juil - 10:48, édité 3 fois
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Romain P. Lesage
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MessageSujet: Re: Après effort, le réconfort [Eléane et Romain]   Sam 1 Mar - 12:07





[size=16.363636016845703]Après effort, le réconfort[/size]

"Ne suis-je qu'une âme dans ce monde emprunt à se délecter de ce que la nature a créé?"
Romain à un insecte


Romain, sans vraiment savoir pourquoi, appréciait Eléane. Sa simple vue lui donnait le sourire, même si Romain avait toujours le sourire, même contrarié. Il ne fut pas surpris que la jolie brune lui autorise à s’asseoir avec elle. Il la trouva même adorable qu'elle lui fasse de la place en poussant ses cours. Elle semblait vraiment occupée. Une élève studieuse qui s'acharnait à réussir ses études. À la différence de Romain qui rêvait bien trop. Ses professeurs ne cessaient de lui reprocher son manque de présence intellectuel. Seule une parole suffisamment puissante de sens pouvait le sortir de sa rêvasserie. Rêvasseries qui lui faisaient faire de temps en temps des apartés en plein milieu de cour. Il paraissait souvent comme un étudiant étrange et fou aux yeux du plus grand nombre. Seules quelques personnes, souvent utopistes comme Romain, le voyaient différemment. Presque tous faisaient partie des cours de mythes et héros. Des cours presque désertés, mais qui faisaient naître de grand chercheur historique et explorateur. Romain, lui, se serait vu explorateur animalier.
Mais revenons à nos moutons.
Romain en remerciant Eléane, avait posé son sac sur le sol avant de s’asseoir. Il resta comme ça un moment en regardant Eléane avec le sourire. Il la trouvait jolie, pas comme sa Laïla, mais elle avait un petit truc de particulier. Romain la savait sang pur et ne doutait pas que la vie de cette jeune étudiante devait parfois être difficile à gérer. Pour lui, l'intelligence d'Eléane faisait qu'elle devait s'être fait sa propre opinion sur la domination sang pur et qu'elle ne pouvait être en accord avec cela. Qu'elle le fut ou non, au fond, Romain s'en fichait. Ici ils n'étaient que deux étudiant. La vie ici était paisible et rien n'allait troubler cette douce journée.
Finalement notre poète se décida à sortir ses cahiers -oui Romain préférait les bons cahiers moldus- où des pages et des pages de mots Allemands avaient été écrits en vitesse. Il en ouvrit un qui débordait de dessins qui se baladaient de page en page. Beaucoup étaient des papillons jaunes qui virevoltaient autour d'une jolie fleur rose que la jolie Hildegarde avait dessiné. Cela fit rire un instant Romain qui finalement referma le cahier. Il n'avait plus envie de travailler. Il verrait cela un autre jour. Là maintenant il voulait sortir prendre l'air. La bibliothèque ressemblait à un fournil et empêchait de respirer pleinement. Le poète avait besoin d'espace et d'un chocolat chaud ou d'un cappuccino préparé par Aby' au café du bout du monde. Idée alléchante qui lui donnait déjà satisfaction. Il pensa tout d'abord y aller tout de suite et seul, mais regardant Eléane, il se dit que c'était plutôt elle qui en avait besoin.
Il reprit donc son sac qu'il posa sur ses épaules avant de poser ses coudes sur la table et de se rapprocher de nôtre studieuse pour lui parler à voix basse.
« Que dirais-tu d'une pose dans un café ? J'en connais un super pas très loin d'ici. Les gens y ont un charme fou et je ne te parle pas des serveurs qui semblent danser entre les tables. »
Un grand sourire sur les lèvres, Romain attendait une réponse positive de la jolie brune, imaginant déjà sa tasse fumante.


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Éléane I. Greengrass
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MessageSujet: Re: Après effort, le réconfort [Eléane et Romain]   Dim 23 Mar - 10:52

Les yeux clos, le dos solidement ancré sur le dossier de sa chaise, elle ressassait inlassablement le vocabulaire qu'elle avait appris depuis qu'elle était arrivée dans la bibliothèque, plusieurs heures auparavant. Et tandis qu'elle se ressaisissait de l'une de ses mèches de cheveux dans l'espoir peut-être un peu fou que jouer avec celle-ci l'aiderait à venir plus vite au à bout de l'énorme quantité de travail dont elle et un autre petit groupe d'étudiants de son cours de russe étaient accablés depuis la veille, elle se rendit compte que l'ancien Serdaigle qui venait de prendre place face à elle semblait préférer se concentrer sur les traits de son visage plutôt que sur ceux qui couvraient ses cahiers. L'espace d'une seconde, elle posa son regard sur lui et, sans se formaliser davantage, reprit tranquillement le cours de son étude.

À nouveau, son regard s'éteignit dans l'obscurité de ses pensées. Bientôt, elle arriverait au bout de cette liste exponentielle de mots tous aussi inutiles les uns que les autres – mais elle n'était, en vérité, pas certaine de trouver un avantage au fait de pouvoir s'exprimer sur l'exportation massive de licornes dans les sociétés vaudou de l'Afrique noire avant même d'avoir appris à décrire son quotidien ; bientôt, elle pourrait oisivement s'oublier dans le confort de quelques heures perdues. Si seulement... si seulement elle faisait preuve de volonté. Mais au rythme avec lequel sa concentration s’effritait, ce n'était pas gagné.

Déterminée, elle cessa de laisser folâtrer ses pensées. Se perdre ainsi en divagations pendant ses heures d'étude n'était pas plus dans ses habitudes que se laisser aller aux épanchements amoureux en public. Elle s'amusa d'ailleurs au souvenir de ces deux étudiants qui, à l'entrée de la bibliothèque, s’étaient tant et si bien enlacés qu'il lui avait été impossible de les distinguer l'un de l'autre. Elle les avait gratifié d'un furtif et indifférent regard, quoi que sans doute légèrement dédaigneux, et avait passé son chemin sans leur accorder plus d'importance. Jamais on ne la surprendrait à s'épandre de la sorte au vu de tous, quand bien même elle serait follement éprise de quelqu’un. Il n'y a tout simplement rien de digne ou de convenant à agir de la sorte, et ce n'est non plus ni respectueux de soi ni d'autrui. Mais qu'importent les entichés de l'entrée de la bibliothèque ou ceux d'ailleurs, ils ne l'aideraient pas à réussir l'épreuve du lendemain. Elle devait se concentrer. Африка, экспот, президет. Non, ce n'était pas ça... Африка, экспорт, президент. Voilà qui était mieux, ou presque.

Face à elle, Romain continuait de l'observer, le sourire aux lèvres. Et tandis que, la tête légèrement appuyée sur ses doigts et ses pupilles rivées sur son parchemin, elle énumérait fastidieusement les vocables qui avaient occupés sa journée, elle sentait son regard s’attarder sur elle et son sourire la détailler. Mais elle ne montrait rien du léger embarras dont cette attitude était la cause. Simplement, au bout de quelques instants, elle redressa sa nuque pour faire se rencontrer l'acier de ses yeux et l'opale de ceux du poète. Elle le considéra alors un court moment sans mot dire et esquissa le début d'un bref sourire avant de replonger dans les méandres de son occupation. Elle se demandait ce qui faisait tant sourire son compagnon d'infortune, mais elle n'en n'était pas pour autant décontenancée. Aussi, son visage gardait-il son implacable neutralité, laquelle n'était parfois mise à mal que par quelques éclats de voix provenant d'une table d'étude voisine de la leur.

Soudain, Romain referma son cahier, et les papillons qui s’ébattaient le long de ses pages disparurent, laissant dans leurs sillages quelques souvenirs heureux. Il se leva alors et, s’emparant prestement de son sac, s’accouda sur la table, son visage face au sien. « Que dirais-tu d'une pause dans un café ? J'en connais un super pas très loin d'ici. Les gens y ont un charme fou et je ne te parle pas des serveurs qui semblent danser entre les tables. ». Elle sentit son souffle rencontrer son front et, lentement, elle détacha son attention de ses cours pour observer son interlocuteur. Elle le regarda ainsi calmement l’espace d’une ou deux secondes, à la fois surprise et indécise, comme si elle n’avait pas compris la question, étonnée qu’il lui propose de l’accompagner. Elle entrouvrit néanmoins les lèvres et, jetant un furtif regard sur les livres qui l’entouraient, prit la décision de terminer son étude avant de quitter la bibliothèque.

- Je suis désolée Romain, lui chuchota-t-elle en jetant un regard en coin à la bibliothécaire, mais je dois finir d’étudier.

Elle baissa la tête, consciente d’avoir déçu l’infatigable rêveur, et se remit à lire quelques mots supplémentaires. Elle aurait volontiers pris quelques minutes de pause, mais abandonner ainsi ses cours alors qu’il lui restait si peu à apprendre serait un faire preuve d’un cruel manque de volonté. Et puis, bien que Romain fût sympathique à ses yeux, elle ne le connaissait que très peu.

Quelqu’un éternua et l’écho qui emplit l’immense salle dans laquelle ils se trouvaient rappela à Éléane la sensation oppressante qu’elle ressentait depuis qu’un immense afflux d’étudiants avait peuplé les lieux. Elle soupira. Après tout, il ne lui restait qu’une vingtaine d'expressions à étudier, et une pause ne lui ferait certainement pas de tort. Et puis, Romain était probablement d’une plus agréable compagnie que celle de leurs professeurs, ou même de que celle de ses parents en période de fête… Aussi, sur un coup de tête, elle sortit sa baguette, réduisit ses livres et les rangea dans son sac avant de se lever, la tête droite. Abandonner ainsi un travail presque aboutit ne lui ressemblait pas, mais elle avait hâte de quitter l’étouffante chaleur qui régnait entre les étagères, et il s’agissait plus de reporter son labeur que de réellement l’abandonner. Elle contourna donc Romain, avança de quelques pas avant de s’arrêter dans son élan et de se retourner en direction du jeune homme qui n'avait pas bougé.

- Et bien ? Je t’attends ! lui dit-elle d’une voix légèrement amusée.

Elle pencha la tête sur le côté, appuya son regard et se détourna ensuite pour se diriger d’un pas calme et discret vers la sortie, à la fois préoccupée et soulagée de mettre un terme à son étude.


Dernière édition par Eléane I. Greengrass le Jeu 10 Juil - 11:00, édité 2 fois
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Romain P. Lesage
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MessageSujet: Re: Après effort, le réconfort [Eléane et Romain]   Sam 26 Avr - 8:53





Après effort, le réconfort

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L'air béa, Romain regardait toujours Eléane. Il se demandait également si Aby travaillait aujourd'hui et il pensait déjà à la joie qu'il aurait de revoir ce café où il n'était pas allé depuis plusieurs semaines. Romain était trop emballé aussi il ne réalisa pas tout de suite que sa voisine de table venait de lui exprimer son refus. Il le réalisa lorsque qu'Eléane avait remis son nez dans ses cahiers. Elle devait finir d'étudier... Le romantique ne fut cependant pas déçu, cela n'était que partie remise. Il se disait que les leçons de la demoiselle ne dureraient pas longtemps alors il se posa sur sa chaise pour attendre.
Il se mit donc à observer le monde qui les entourait. Il regarda d'abord la bibliothécaire qui regardait par-dessus ses lunettes afin de repérer d'éventuel fauteur de troubles. Il y en avait peu qui osaient faire le moindre bruit. Tous les mythes parlaient de bibliothécaires effroyables qui vous envoyait balader au moindre éternuement. Il finit par remarquer deux amoureux assis l'un en face de l'autre qui se faisait du pied. Cela donna un peu plus le sourire à Romain qui désormais ne pouvait que penser à Laïla. Il l'avait quitté il y avait de cela quelques jours, mais après avoir été constamment avec elle il ressentait un grand vide. Il resta à regarder ces deux amoureux un moment avant qu'il ne remarque du mouvement sur la table. Il se mit à observer Eléane qui s'activait. Elle avait refermé ses cahiers et les réduisait désormais avant de les mettre dans son sac. Elle finit par se lever et lui dire qu'elle l'attendait.
Romain eut un grand sourire et se leva pour rejoindre Eléane.
"Tu vas voir c'est un super café. Il faut juste que nous traversions le parc."
Romain savait qu'il avait de la chance que la jolie Greengrass vienne avec lui. Elle ne lui avait jamais semblé très bavarde à Poudlard et encore moins ici. Leur marche se fit donc silencieuse. Ils traversèrent le complexe universitaire avant de s'engager dans le parc qui marquait une des liaisons entre le monde sorcier et Moldu. Pour Romain ce passage était le plus beau de tous. C'était l'hiver, mais du coté sorcier comme moldu l'on pouvait voir des plantes en fleur qui supportait sans un mal se climat froid. À chaque saison de nouvelles plantes apparaissaient au plus grand plaisir de Romain. Il inspira un grand coup ce qui lui piqua les narines, mais l'air ici était bien mieux que celui de la bibliothèque. Il regarda un peu partout s'arrêtant parfois devant une fleur étrange qui lui donnait le sourire. Il remarqua également le sac d'Eléane qui paraissait incroyablement lourd comparé au sien. Il allât donc lui proposer de le lui porter. Il leur restait bien 5 minutes de marche et Romain était de ceux qui pensaient que c'était aux Hommes de porter, même un sac qui était sans aucun doute féminin. Eléane eut l'air d’apprécier le geste. Romain le vit dans son sourire, mais ce ne fut pas pour autant qu'elle lui permit de le lui prendre ce que Romain comprenait. Romain ne pensait pas à ce que les autres pourraient bien penser de ce geste. Tout comme il n'avait pas pensé aux racontars de ses collègues de classe lorsqu'il avait prêté son manteau à Hildegarde. Romain était galant et cela le faisait passer pour un charmeur invétéré alors qu'il n'avait d'yeux que pour sa Laïla. Beaucoup étaient même tombé de haut en apprenant qu'il était fiancé a une jeune fille encore au collège d'à peine 17 ans. Une histoire à dormir debout pour certains.
Romain continua donc d'observer ici et là les quelques fleurs qui subsistaient à l'hiver. Ils finirent par passer du coter moldu. Du parc l'on pouvait déjà voir l'enseigne " Le bout du monde " que Romain fit remarquer à Eléane. Ils allaient sortir du parc lorsque Romain remarqua une jolie fleur blanche qu'il cueillit avant d'offrir à Eléane. Il ne connaissait pas cette plante, mais sa blancheur lui faisait penser à du Jasmin, fleur qu'il aurait tout à fait associée à Eléanne. L'on pouvait voir une certaine grâce dans ses mouvements surement dus à son éducation qui lui donnait de l'élégance et son caractère que Romain voyait très fort marquait le fort parfum du Jasmin qui masquait tout autre odeur.
« Elle me fait penser à une fleur à laquelle toi-même tu me fais penser. »
Romain souriait tout en tendant sa fleur à Eléane. Bientôt il allait pouvoir offrir des tas de tulipes à sa Laïla puisque l'hiver partirait bientôt. Il pensait aussi à un plausible mariage cet été puisque Laïla avait atteint sa majorité.   


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Éléane I. Greengrass
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MessageSujet: Re: Après effort, le réconfort [Eléane et Romain]   Ven 11 Juil - 16:32

« Tu vas voir c'est un super café. Il faut juste que nous traversions le parc. »



[…]



La neige avait recouvert l’étendue du paysage de son manteau originel et l’air gelé finissait de rafraîchir ses pensées. Elle avait toujours aimé la période hivernale et, tandis que ses chaussures pénétraient le moelleux du tapis virginal qui baignait le parc d’une intense lumière éthérée, elle écoutait craquer le givre au contact de ses semelles. Elle souffla et une buée incertaine s’échappa de sa bouche, lui faisant enfoncer un peu plus sa tête dans son pull de laine verte. Elle affectionnait la sensation fraîche de l’air glacé et s’en accommodait plus que des chaleurs intenses de l’été. L’hiver, quand il était blanc, était, à n’en point douter, sa saison favorite.

Elle battit des cils et contempla le désert immaculé. Les faisceaux de lumière épousèrent sa rétine et elle se délecta de la délicatesse du tableau. Tout était si paisible, si beau, si épuré. Elle aurait pu rester là des heures, simplement à observer l’incandescente lueur qui voyait s’unir le ciel et l’horizon, à écouter craquer la glace et à sentir se refroidir les extrémités de ses joues et la pulpe de ses doigts. Elle aimait la caresse de la fibre chaude qui ceignait ses mains alors que ses boucles amples se mêlaient négligemment à son écharpe. L’air était agréable, alors elle s’était allégée de son bonnet pour mieux profiter de la brise qui s’oubliait sur l’arrondi de ses oreilles. Ainsi, dans la tranquillité qui les voyait s’éloigner des étagères poussiéreuses de l’université, ses sens se brouillaient et savouraient le bruit silencieux de ce désert de calme et du contraste froid de la pierre et du verglas. Une plénitude sereine s’engouffrait dans son estomac et la faisait s’émerveiller toujours un peu plus de cette lumière qui se logeait au creux de ses entrailles et lui arrachait quelques rares sourires.

Quelques mètres devant elle, Romain avançait gaiement, folâtrant entre les flocons comme un enfant qui voit la neige pour la première fois. Elle marchait, le considérait avec flegme, observait son dos s’émoustiller au gré de ses distractions. Et c’était à ses yeux une bien étrange scène que de voir cet homme si grand demeurer un éternel enfant. Il n’était pas comme elle. Ses façons avenantes, qu’il exécutait avec tant de sincérité et de conviction, avaient quelque chose d’amène, mais également de déstabilisant et, bien qu’elle n’en laissait rien paraître, cela la laissait dans un état d’inconfort gêné. Depuis toujours, elle était restée figée dans des carcans rigides à la logique surannée, de sorte qu’aujourd’hui, elle ne savait comment aborder tant de naturel et de spontanéité. Tout l’avait constamment tenue à l’écart de ces épanchements ingénus cependant, tout proche d’elle, l’étudiant débordait de candeur et d’intentions inoffensive. Elle soupira.

Bientôt, ils s’engagèrent dans un parc, qu’ils traversèrent sans mot dire et qui les emmena le long d’un étroit passage. L’air y embaumait un étrange parfum de janvier et de juin, parcouru de couleurs improbables. D’un moment à l’autre, ils déboucheraient dans un quartier dépourvu de magie, dont les décors perdraient en excentricité mais dont les odeurs gagneraient en subtiles nuances ; le parfum inconnu d’un univers trop peu souvent parcouru. Les moldus étaient aux sorciers ce qu’en cet instant Romain était à Éléane, mais leurs savoir-faire aussi surprenants que créatifs avaient quelque chose de fascinant. On ne pouvait leur enlever le mérite d’avoir su tant inventer sans jamais deviner ce monde enchanteur que décrivent leurs contes et qu’ils effleurent pourtant continuellement. Se doutaient-ils seulement ?

Quelques enjambées encore, et une respiration frigorifiée vint prendre place auprès d’elle pour accompagner le rythme que lui imposaient ses jambes. Une foulée de plus, et les lèvres dont provenait cette vapeur brumeuse voulurent la débarrasser du sac qui heurtait sa hanche à intervalles réguliers. À ses côtés, Romain la surplombait de toute sa hauteur, mais son visage aimable lui souriait. Elle refusa néanmoins et ses pommettes s’étirèrent en une confuse expression d’excuse complaisante, mais qui ne suffit probablement pas à camoufler son attitude altière. Elle appréciait l’attention, mais elle saurait le porter seule.

Le sentier se fit plus étroit et ils s’aventurèrent dans une allée bordée de haies. L’odeur du buis ajouta au sentiment composé qui l’animait depuis qu’ils avaient quitté la bibliothèque. Placide et détendue, elle avançait, simplement. Elle eût espéré être seule, peut-être, pour mieux entendre couler la sève le long des écorces, tandis que quelques flocons se perdaient dans ses sourcils. Pour autant, ce désir de solitude ne découlait pas de la trop grande innocence de Romain qui, si elle la mettait légèrement mal à l’aise, l’égayait néanmoins comme celle d’un bambin qui rit de chaque trouvaille. Simplement, plus qu’à son habitude, elle ressentait le besoin de s’isoler. Elle repensait à Poudlard, aux heures de quiétude qui avaient bercé ses premières années, aux troubles qui les avaient appesanties. Elle repensait aux visages qui avaient tenté de sonder les mystères du sien. Un instant et Elegius, Gavried, Matthias, la Dragonneau et même la petite Grimm tourbillonnèrent dans son esprit. C’était si loin, déjà. L’atmosphère changeait en Angleterre, s’appesantissaient d’on-ne-sait-quoi douteux et inquiétants ; ou plutôt d’on-sait-quoi inavoués, subrepticement cachés aux yeux de tous et volontairement ignorés de chacun. Fermer les yeux est depuis toujours la façon la plus simple que l’homme a trouvé d’affronter l’adversité. N’étaient-ils pourtant pas des hommes, ceux qui choisissaient de maintenir l’état d’éveil tant que leur corps et leur esprit le leur permettaient ?

Ils avancèrent quelques minutes encore et, bientôt, Romain lui indiqua une enseigne taillée dans une bûche vieillie et dont les rainures se perdaient dans les murmures du vent.  Au bout du monde. L’idée était charmante. Ils approchèrent encore. L’encre bleue de l’écriteau se faisait irrégulière sous les nœuds tendres du bois.

Un pas, et puis un autre encore dans l’herbe dure. Ils allaient sortir du parc et la vision d’absolu qu’offraient les reflets rose et mauve qui s’étendaient en infinis bandeaux primitifs sur toute sa longueur disparaîtrait. Que faisait-elle ici, quand elle pouvait être partout ailleurs ? Sous ses pieds, se dessinaient d’étranges personnages aux allures fantomatiques. Nul doute que son compagnon de route voudrait s’entretenir avec eux de quelques singulières histoires racontées un soir au coin du feu. Abandonné à ses pensées, il admirait les quelques pousses téméraires que le début d’année n’effrayait jamais, se penchait pour mieux en humer les arômes. Tout, chez Romain, semblait indifférent aux qu’en-dira-t-on et incapable de se conformer aux fausses apparences qui définissent la majorité des gens. Il était brut, à l’état pur, et des manières juvéniles marquaient encore les traits de sa figure rougie par le froid. Une bien étrange personne. Une bien étrange personne qui, insouciante des regards de ce couple qui les observait depuis quelques secondes déjà, se pencha pour ramasser une plante à laquelle, pour une mystérieuse raison, il avait trouvé un attrait différent de celui de ses voisines. Il priva ensuite le ciel de la contemplation de son échine et, s’approchant d’elle, lui tendit la fleur qu’il venait d’arracher au tapis lactescent de l’hiver.

« Elle me fait penser à une fleur à laquelle toi-même tu me fais penser. »

De l’autre côté du chemin, les regards se firent plus intéressés, et la surprise la laissa un moment indécise. Que quiconque d’autre agisse de la sorte, et sa réaction ne serait pas des plus appréciée. Mais Romain était différent de tous les individus qu’elle avait côtoyés jusqu’ici et il ne méritait pas son mépris.

« Tu devrais faire plus attention à tes faits et gestes, Romain. Je crois savoir que tu es fiancé. Ca pourrait être mal interprété ».

Son ton était neutre, quoi que volontairement distant pour ne pas se montrer dédaigneux ou hautain. Elle voulut se contenter de cela et s’éloigner de son habituelle allure haute et trop fière, mais un étrange sentiment lui intima de ne pas se montrer aussi âpre et infaillible qu’à son habitude. Elle n’avait pas à lui faire la leçon ni même à rester l’immuable impassible qu’elle avait toujours été. Et refuser aurait été sans aucun doute été inconvenant. Le juste milieu.

« Merci ».

Ses iris gris s’adoucirent imperceptiblement – peut-être cette impression n’était-elle d’ailleurs que le fruit de son imagination – et, sans inutiles paroles supplémentaires, d’un geste souple, elle accepta l’hellébore avant de faire claquer le cuir de ses bottes sur les pavés qui s’acheminaient en dehors des jardins.

Au loin, les regards s’évanouirent et les deux jeunes adultes, que la vie avait en tous points opposés, s’arrêtèrent bientôt devant une porte massive, mais accueillante. Derrière elle, raisonnait le doux brouhaha des rires qui s’entremêlent aux tasses qui s’entrechoquent. Il fallait entrer, désormais. Aussi, la porte sombre grinça-t-elle sous la pression de ses gants, déconcentrant vaguement quelques têtes accomplies. Elle glissa dans la pièce et un bouillonnement suffocant la prit à la gorge et empourpra son teint, tandis que Romain ajoutait à la boue laiteuse qu’avaient charriée ses bottines sur le sol. Et alors qu’elle se tenait là, observant la joyeuse cohue sonore qui s’évadait des conversations, il se frottait les mains de satisfaction et d’impatience. Et sur sa mine ravie, brillait un éclat joyeux qui illuminait ses pupilles enfantines.
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Après effort, le réconfort [Eléane et Romain]

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