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 Ah ! la claire fontaine... (PV Lala)

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MessageSujet: Ah ! la claire fontaine... (PV Lala)   Mer 29 Jan - 10:05


    D'accord, je le reconnais, j'étais tributaire d'une intelligence infiniment supérieure à la moyenne. Je l'avoue comme ça, sans honte. J'espère que vous êtes fortement impressionné, car ces confessions n'ont pas été facile à fournir, comme vous pouvez l'imaginer. D'abord, parce qu'elle font figure d'une lourde vantardise qui est par ailleurs inexistante. Ensuite, parce que rien ne saurait être plus vrai à ce sujet ! Quand je dis cela, en général, j'entends tout de suites les rires contempteurs, les doigts se pointer sur moi ! Mais, vous dis-je, ce cerveau au-dessus de vous n'est pas un présent, mais bien un futur incertain dans lequel tout le génie chatoyant de mon être s'y fourvoie... Lorsque, par malheur, on est plus intelligent, on a une vision plus juste du monde. On se rend compte, bien malgré soi, qu'il n'y a pas de morale, que l'on n'est pas puni ou récompensé pour avoir fait tel ou tel autre acte, et il se révèle finalement filigrané toute la bêtise humaine réunie dans une boîte de Pandore entrouverte.

    Mon cerveau vagabondait ici et là, avec ces justes pensées, emplies non pas d'une vil arrogance, mais d'une satisfaction de se connaître parfaitement. Ce jour-là que le Froid commettait accompagné de sa nurse, l'Hiver, je m'étais résolu à chercher Romain, lui secouer un peu les puces et faire de lui un peu plus un homme. Figurez-vous que je percevais chez ce garçon une affreuse tendance mégalomane (s'il y a bien quelque chose que je ne peux supporter c'est la mégalomanie, vous êtes mis au courant à présent), tendance qui le guidait vers les chemins sinueux des airs d'où il mirait la comédie humaine de cet air supérieur qu'ont les écrivains ratés. En vérité, je vous le dis, il jouait à l'indifférent, celui qui regardait du haut de son baobab les hommes. Il les jugeait, j'en suis sûr, même s'il faisait semblant de se foutre de tout.

    J'enfilai les manches de mon manteau noir, celui qui me rendait si chic (la description est trop peu claire, tous les manteaux me mettant en valeur, évidemment), et je regardais quelque temps ma figure dans le miroir. Je tournais, me retournais. Je fixais, je refixais le bas du manteau qui se finissait en queue de pie, accompagné de ces deux gros boutons blancs. Je plissai les lèvres et essayai de deviner l'apparition prochaine de ma vieillesse, de ma déchéance. Je me donnais cinq ans avant de devenir cet être, mi-homme, mi-spectre, flasque, flasque, si flasque, au bide rond comme un ballon, aux pupilles perdues dans la graisse. Depuis toujours, j'avais entretenu, par peur de vieillir, cette masse charnelle. Mais à quoi cela servait-il si le Temps, ornant une montre monstrueuse décharnait chacune de ses créatures jusqu'à les faire souhaiter de mourir ?
    Il m'arrive parfois de vouloir mourir vite, rien que pour avoir peur moins longtemps.

    Les rues embrumées du monde, laissaient flotter les âmes damnées. Je croyais voir des fantômes lorsque je voyais seulement une brume algide, fraîche, s'agitant au gré d'un vent doucereux. Je savourais de par chacun des pores de ma peau le souffle du vent me pénétrer de sa nature divine. Eole, doux Eole, t'ais-je déjà dit combien je t'aimais ? Mille fois peut-être déjà ? N'ai-je pas chanté tes louanges au bout de ma dague sanguinolente ?
    Je respirais à plein poumon l'oxygène pleine de promesse et de songes envolés. J'étais comme un vase vide que le vent bourre de bonté à refourguer au premier venu. Ce qui n'avait d'ailleurs pas loupé, car je décidai de donner quelques pièces au premier mendiant venu.
    Je suis bon.

    J'aurais pu, bien sûr, me téléporter jusqu'à l'Université. Mais je préférais me laisser emporter tel un bohémien par les chemins tortueux du monde. J'étais un pollen égaré qui errait sur les trottoirs. J'étais plein de cette énergie nouvelle que seul peut procurer l'optimisme. Par-delà ces comparaisons formidable que seul un esprit fertile et sain peut écrire, je savais que j'occupais pleinement l'espace de mon magnétisme. Quelques têtes se tournaient, mais j'ignore si c'était parce que j'étais particulièrement élégant, ou simplement parce que je chantais à tue-tête You can't always get what you want des Rolling Stones. Je chantai faux, je le reconnais. Mais j'imagine que cela me donnait un certain charme. Ou peut-être que j'avais juste l'air bourré.
    Aucune importance, vous dis-je.

    L'Université était juste en face de moi. Plein de campus. Des bâtiments dispersés.
    Je m'orientais instinctivement vers une fontaine qui, dit-on, était habité par des sirènes, ou ce genre de conneries. Je vis quelqu'un jeter une pièce d'or, et je devinais que ce petit rituel était là afin d'exaucer les voeux des étudiants superstitieux.
    Je me marrais franchement face à ces croyances stupides. Je m'approchais en me disant que c'était tout à fait le genre d'endroit que pouvait aimer Romain.
    Là, j'y trouvais Laila, sa copine. Charmant petit brin de femme. Et bandant avec ça. Elle était certainement trop prude pour devenir ma maîtresse un soir où l'alcool aurait brisé les barrières. Mais on peut toujours rêver. Je suis un Laclos, à ma façon. De même qu'un Dorian Gray, dont le seul désir est d'éviter de vieillir.

    - Bonjour, Laila, dis-je en posant une main bienveillante sur son épaule. Comment vas-tu ? Comme ça tu attends Romain, toi aussi ?

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Laila Clennam

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MessageSujet: Re: Ah ! la claire fontaine... (PV Lala)   Mer 29 Jan - 13:04

Allais-je toujours être gouvernée par des sentiments? À jamais naufragée dans les abîmes des émotions les plus nauséabondes? De plus, allais-je toujours me poser ces questions?

Elles me menèrent à l'université. Je veux dire les deux sorcières que Tobias m'a attribuée en tant qu'escortes. Les questions ont peut-être, elles aussi, eu un certain rôle à jouer sur ma décision de venir à Londres. Je n'avais pas parlé de ma rencontre avec Caleb à Romain et je ne savais pas pourquoi. J'avais l'impression que si je lui disais, il s'inquiéterait pour rien. Mais si je ne disais rien, ce serait comme lui dissimuler la vérité, non? Enfin, si ce n'était pour lui avouer rien ou un rien, je voulais tout de même le voir.

J'avais plaidé ma cause auprès de Tobias qui, je crois, m'affectionne assez pour me laisser faire ce que je souhaite. Il a insisté pourtant pour que j'ait une escorte car les patrouilles de l'ADJ étaient malveillantes envers tous et surtout envers "quelqu'un comme moi". À vrai dire, j'avais tous les qualificatifs nécessaires pour être arrêtée et exécutée sur le champ: née-moldue, membre de l'ODP, protégée de Tobias, fugitive, hors de Poudlard pour aucune raison valable. J'acceptai donc sans protester. Je pouvais facilement renvoyer mon escorte lorsque je serai seule avec Romain. Tous les deux, nous ne courrions aucun danger.

Devant la glace du dortoir, je m'étais contemplée avec un sourire aigre-doux. J'avais toujours une certaine radiance dans le visage à l'idée d'aller voir Romain. On me l'avait fait remarqué maintes fois et je commençait à le reconnaître. Mais j'aurais aimé le découvrir de par moi-même. Je m'était trouvée jolie, mes boucles châtaines retombant au bas de mes épaules, dépouillée de mon uniforme. Dépouillée de toute trace de vêtement, à vrai dire. Pourtant,  Je ne m'étais pas regardée nue dans la glace depuis l'enfance. J'avais eu froid: même les épais murs de Poudlard ne pouvaient empêcher l'air glacial de raclé ma peau nue. Pourtant, en effleurant mon bras, je n'avais pas sentit ma peau se gondoler comme de la chair de poule. Je m'étais d'abord fixée dans les yeux, me répétant mon nom. Je dois avouer que ce fut un moment d'étrange lucidité, qui pourrait également être un lapse complet de folie. Je suis capable des deux. Ensuite, je m'étais toisée du regard, du haut jusqu'au bas, moulant du regard les courbes établies qui définissaient ma silhouette. Était-ce possible que je ne sois plus une petite fille? Mes nuits avec Romain aurait dû me confirmer ceci. Il m'avait fait sentir comme une femme. Caleb aussi me l'avait dit. Mais j'avais cette inlassable envie de vouloir le reconnaître par moi même. C'est pour ça que j'ai eu cet épisode devant le miroir.

Je m'étais ensuite habillée des vêtements les plus habituels et m'étais emmitouflée dans ma canadienne rouge en posant mon béret blanc, celui que France m'avait offert à Noël, sur les cheveux remontés.


***

Je regardais autour de moi. Je viendrai ici dans deux ans, sûrement. Ces grands bâtiments flambants neufs seraient ma demeure. Certes, j'étudierai dans chacun des pavillons, mais rien ne pouvait m'empêcher de les traiter chacun individuellement et avec le même émerveillement. Je rejoindrai Romain dans cette institution. Nous serions peut-être mariés. Sûrement. J'avais dix-sept ans maintenant, l'âge que je lui avait donné comme condition. Nous pourrions se marier demain si on le voulait. Mais je préférais me marier en mai, ou en juin. Romain comprendra. Il était romantique comme ça.

Mon regard se posa sur l'eau verdâtre de la fontaine ensorcelée et je m'asseyait sur son rebord, étirant mon doit pour venir troubler l'eau. Heureusement, une main se posant chaudement sur mon épaule m'en empêcha. Je me retournai aussitôt et reconnut Ulric Difeable. Sa proximité me déstabilisa quelque peu et je me levai subitement, craignant de tomber dans l'eau froide, sous l'effet de la surprise.

- Monsieur Difeable, m'exclamai-je, vous m'avez surprise. Mais oui,  j'attends aussi Romain. Mais il vient de m'envoyer une note me disant qu'il est encore en cours. Il sera libre que dans une heure.

Je mettais de l'emphase sur le temps d'attente, pour qu'il se dissuade et qu'il s'en aille. Je ne voulais pas lui expliciter que j'avais fait beaucoup de kilométrage pour venir voir mon fiancé et que j'avais sûrement priorité, cela aurait été impoli. Et ce personnage inspirait la courtoisie et l'application des règles de l'étiquette.

Un monsieur. Monsieur élégant. Il était sans aucun doute très charmant et j'avoue que mes cinq sens m'avertissent de sa présence de façon... disons romantique, pour ne pas troubler les jeunes âmes. Sans aucun doute, c'est un bel homme. Mais pas mon type. Il est comme de la vanille. La vanille sent bon, mais son odeur s'empare de tout et, très vite, devient nauséabonde.

- Vous êtes venu voir Romain pour une raison particulière, M. Difeable?

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