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 Elada L. Enatari [terminé ]

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Elada L. Enatari

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Messages : 106
Date d'inscription : 24/02/2014

Carte Chocogrenouille
Âge du personnage: 16
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Travail/Etudes: Serdaigle, septième année.

MessageSujet: Elada L. Enatari [terminé ]   Mar 11 Mar - 11:43



Elada Laora Enatari
« L’imperfection est beauté, la folie est génie, et il vaut mieux être totalement ridicule que totalement ennuyeux »



who I am

Nom : Enatari ; Prénom Elada ; Âge : 16 ans ; Date de naissance: 21 mars 2008 ; Années d'études : sixième année ; Pureté de sang : sang-mêlé ; Baguette magique : Bois d’ébène, 27,03 centimètres, cœur de dragon, très souple, idéale pour toutes les formes de magie de combat et la métamorphose. Travaillée à même le sombre du bois, la baguette d’Elada se dessine tout en simplicité. Depuis le manche qui s’esquisse en triangle et décroit en épaisseur jusqu’à son extrémité, celle-ci n’est contrariée que par un simple et sobre ornement qui, juste au-dessus de la main, rappelle la couleur dorée de son extrémité.


Caractère

Elle s’approcha d’une petite table surmontée d’un miroir et se saisit d’un objet qu’elle laissa accidentellement tomber sur le sol et qui, sous le choc, éclata en milliers de petits cristaux de verre et de poudre. Et plutôt que de s’énerver, elle prit un air confus et éclata de rire. J’ai rarement le cœur en fête de si bon matin, mais Elada rit absolument tout le temps, de tout, et tellement que s’en est presque effrayant. Elle n’est pourtant pas une matinale, mais peu de choses entament sa bonne humeur. Elle est ce genre de personne qui s’amuse de chaque situation et qui détourne chacune d’entre elles de manière à pouvoir en rire. Elada, c’est cet éternel boute-en-train qui est capable de vous faire sourire même dans les moments les plus sombres. Elle croit sincèrement que, quelque soit la situation, on peut toujours trouver pire, et qu’en se plaignant de tout, on rend soi-même sa vie moins belle. Alors elle chante et papillonne sans jamais s’inquiéter de rien, ou plutôt, sans jamais montrer qu’en réalité, elle s’inquiète de tout.

Elle souleva sa baguette et, d’un geste souple, fit virevolter les débris cristallins. Elle les observa ainsi suspendus dans les reflets du soleil, distribuant quelques éclats de lumière sur les murs, et je vis ses yeux s’illuminer comme ceux d’une petite fille qui, pour la première fois, découvre quelques flocons de neige. Et c’était un étrange contraste que de voir cette jeune femme parfois si mature demeurer cette éternelle enfant, rester cette perpétuelle optimiste capable de s’émerveiller d’un simple insecte et de se rouler subitement dans l’herbe en riant aux éclats, simplement parce c’est agréable. Nous grandissons et nos jeux cessent, mais pas les siens. Ils lui sont comme éternellement dévoués, incapables de se détacher d’elle. Et qu’importe que les temps semblent sombres, elle continue à oser se jouer de tout : des autres, d’elle-même et de toutes les situations de la vie. Grande amoureuse des jeux de mots et de l’absurde, elle pense que la dérision est la meilleure des armes et assume parfaitement son humour vaseux et excentrique. Elle est spécialiste des jeux de mots et des phrases qui ne servent à rien, mais quand on l’entend rire, il faut l’admettre, on a envie de rire avec elle. Elle a ce petit quelque chose d’insouciant et d’innocent qui rend ses lubies contagieuses. C’est une enfant, et je crois qu’elle ne grandira jamais. D’ailleurs, elle se vexe parfois. Non, en réalité, elle se vexe souvent. Elle prend alors une allure de petite fille faussement froissée et en joue jusqu’au moment où elle décide d’en rigoler à nouveau. En réalité, bien qu’elle réagit facilement aux provocations et s’énerve parfois jusqu’aux larmes, la plupart du temps, elle ne se froisse pas vraiment, mais elle aime faire semblant que c’est le cas. Elle aime jouer à la fausse rancunière, croiser ses bras fins, jeter des regards en coin faussement réprobateurs et rentrer la tête comme un bambin dont on aurait volé le biberon. Elle est comme ça, dans l’exagération et l’exubérance. C’est d’ailleurs un peu ce qui la définit ; elle est « trop » : trop bavarde, trop susceptible, trop insouciante, trop joyeuse, trop réactive, trop excentrique, trop franche, trop naturelle, trop râleuse et trop tempétueuse également.

Mais c’est aussi cela qui fait son charme : elle est cette fille étrange et fantasque un peu perdue dans ses rêves et son univers. Je la soupçonne d’avoir pourtant atrocement conscience de la réalité, mais je crois que c’est la raison de tout cela. Elle préfère construire sa vie comme elle l’entend plutôt que de la subir. Alors elle existe dans son monde, et quand son petit cosmos rencontre le grand macrocosme du réel, cela donne naissance à des situations à la fois drôles et saugrenues. C’est une utopiste. Elle croit sincèrement en un possible meilleur et en des idéaux auxquels beaucoup ont cessé de croire depuis longtemps déjà. Et en cela, j’ai toujours affectionné nos conversations, à la fois intéressantes, riches et pleines de vie. Quoi qu’on en dise, Elada est une jeune femme intelligente, pleine d’idées et de ressources simplement… elle les exprime différemment de la plupart des gens. Et c’est très bien ainsi.

Et pourtant, quel sale caractère. J’ai rarement vu une personne aussi obstinée qu’elle. Elle n’en n’a pas l’air comme ça, mais elle sait ce qu’elle veut… et n’en démord pas. Oh, elle admet ses torts, quand elle pense en avoir. Mais avant qu’elle ne pense avoir eu tort, votre grand-mère a déjà fait trois fois le tour de Pré-au-Lard, et vous vous êtes fatigués de la conversation. Une éternelle combattive, autant en joutes magiques et sportives qu’en joutes verbales. Elle n’abandonne jamais. Cela fait son charme, il faut l’admettre, mais s’ajoute à la longue liste des défauts dont elle ne se cache pas. Une têtue plus que maladroite au grand cœur, voilà ce qu’elle est. Une têtue qui, malgré tous ses efforts pour cacher ses faiblesses, doute constamment d’elle. Elle semble être la force morale qui plie sans jamais rompre, et sans doute l’est-elle sous bien des aspects, mais sous cette carapace de bonne humeur et d’autodérision se cache une timidité et une fragilité à fleur de peau. Elle s’inquiète constamment de tout, mais ne le dit pas. Elle est l’écoute attentive et serviable qui pense aux autres avant de penser à elle, l’amie dévouée et la présence qui n’admet pas qu’elle puisse, elle aussi, avoir besoin de se confier. Parler d’elle lui est difficile ; et quand on approche de trop près l’antre de ses secrets, elle se bloque et devient un véritable mur de silence. Elle qui est pourtant si bavarde… Ô, elle se plaint pourtant souvent, mais seulement des petites choses. Quand elle vous dit avoir mal ou se sentir malade, alors il n’y a pas lieu de s’alarmer. J’ai compris depuis bien longtemps que ses silences sont en réalité bien plus inquiétants que ses petites plaintes quotidiennes : lorsqu’elle souffre réellement, Elada ne le dit pas, c’est aussi simple que cela. Parfois, je la trouve d’ailleurs un peu garçon manqué. Pas tellement dans son physique car à sa façon, elle reste féminine, mais bien dans ses attitudes franches, dans son caractère grège et sans chichi, presque rudimentaire. Elle ne s’encombre pas de superflu, déteste passer des heures à faire les magasins ou à cancaner ; elle est comme à l’état brut, maladroite et brusque au plus haut point. Elle ne garde d’ailleurs pas sa langue dans sa poche : elle a son avis sur tout et n’hésite pas à le partager au risque de déplaire. Quand elle n’aime pas quelqu’un, elle ne s’encombre pas d’hypocrisie, de manières et de faux-semblants, elle l’accepte très simplement et veille à rester honnête en toutes circonstances.

Elle observa les éclats de verre ainsi accrochés dans le transparent de l’air pendant encore quelques secondes, et la regarder faire me donnait le sentiment que ce moment était suspendu dans le temps, comme à jamais figé. Aussi, je fus surprise quand les morceaux se rassemblèrent pour retrouver leur forme initiale. Visiblement satisfaite d’elle-même, elle me regarda et me sourit à nouveau avant de se laisser tomber sur mon lit, les bras ramenés sur sa poitrine. Elle laissa sa nuque épouser la forme du bord du matelas et observa par la fenêtre le paysage du parc ainsi inversé. Elada est une fille du printemps, elle se sent bien quand le soleil perce la neige de ses premiers rayons. Elle est d’ailleurs à l’image des premières fleurs qui fendent le grand tapis blanc de l’hiver : énergique, combattive et déterminée. C’est une activiste, une personne un peu irréfléchie qui agit avant d’entrevoir les conséquences ; une étudiante endurante et volontaire qui n’hésite pas à se battre pour ce en quoi elle croit ; une personne qui n’a peur de rien, ou plutôt qui a peur de tout mais ne craint pas d’affronter l’adversité ou l’adversaire ; une femme d’action qui domine ses peurs pour foncer tête baissée dans le combat, qu’il soit verbal ou non. Ce n’est pas que cela lui plaise, elle fera tout pour les situations conflictuelles, mais elle croit sincèrement que parfois, regarder le mal dans les yeux sans agir rend aussi coupable que d’en être la cause.

Soudainement, elle se leva, m’ébouriffa les cheveux et sortit de la chambre en sautillant sans que je ne comprenne la raison d’une telle hâte : il n’était pas huit heures. Son habituel petit grain de folie, sans doute. Quand on y pense, Elada est une bien étrange personne : sociable, amicale et, avenante, mais un peu à côté de la plaque, et le tout en excès. Parfois, elle me fatigue ; je ne comprends pas d’où lui vient une telle énergie. D’aucuns disent qu’elle résulte de son extrême jeunesse, mais pour avoir le même âge quelle, je pense qu’il s’agit plus de sa manière d’être et de sentir. Elle est comme ça : elle est cet éternelle bonne vivante amoureuse de la vie qui aime faire la fête et s’amuser de tout, cette gentillesse qui cherche toujours à faire au mieux, cette infatigable courageuse toujours prête à tout affronter, cette maladroite qui s’assume en toute simplicité, sans se prendre la tête. Elle à ce petit côté marginal et rock’n’roll qui n’appartient qu’à elle et qui nous fait voir la vie plus colorée qu’elle ne l’est ces derniers temps.


Description physique

Je fermai les yeux et laissai mes paupières baigner quelques instants dans les premiers rayons du soleil quand le bruit d’une porte qui claque me fit comprendre que Morphée me refuserait l’asile une matinée de plus. Résignée, j’ouvrir les yeux et, ainsi étendue dans mon lit, j’entrepris d’observer à nouveau ma voisine de dortoir, laquelle, à moitié habillée à moitié en pyjama, contemplait son reflet diapré.

Elle remonta sa jupe d’écolière à coup de petits gestes minutieux, et quand elle estima qu’elle avait atteint une hauteur au-dessus de laquelle il n’aurait pas été décent de la porter, elle se tourna à demi pour observer le résultat dans ce grand miroir qui surplombait notre chambre. Elle se remit alors face à celui-ci et entreprit de soigneusement redonner à son vêtement sa hauteur initiale. Ce n’était pas la première fois que je la voyais faire ce petit manège, mais jamais elle ne s’était décidée à suivre l’exemple de ces trop nombreuses filles qui ont le sentiment que leur importance croît au fur et à mesure que leurs jambes se dénudent. Cela ne lui ressemble pas. Elle est, au contraire, plutôt du genre naturel ; le genre de fille qui ne cherche pas à plaire mais qui dégage un charme fou parce qu’elle s’accepte telle qu’elle est sans se soucier de ce que d’autres en pensent. Au début, j’admets avoir eu du mal à m’habituer à sa couleur de cheveux, beaucoup trop changeante à mon goût, mais avec le temps, je crois que l’on s’habitue à tout, même aux choses les plus perturbantes.

Et puis, elle n’en change pas tant que ça comparé aux possibilités qui s’offrent à elle. À sa place, j’en choisirais chaque jour une nouvelle mais elle, elle préfère se contenter d’osciller entre le rose et le roux, prétendant qu’elle préfère sa couleur naturelle à toutes les autres. Moui, j’avoue avoir également eu du mal à admettre que le rose puisse être la couleur naturelle de ses cheveux, mais j’ai fini par y croire, car c’est bien la teinte que prend sa chevelure lorsqu’elle dort. Les métamorphomages m’ont toujours intriguée, sans que je comprenne trop pourquoi. Cette capacité à changer, à toujours être autre sans pour autant perdre son moi profond. Cela me fascine et m’effraye en même temps. Heureusement, le visage d’Elada reste invariablement le même, bien que depuis quelques temps, ses traits d’enfants ont commencé à s’affiner pour dessiner l’esquisse d’une femme. Je me demande à quoi elle ressemblera plus tard, quand elle travaillera ; si un employeur l’acceptera telle qu’elle est, avec toutes ses excentricités, ou bien si elle devra s’assagir pour se fondre dans le moule que la société aura dessiné pour elle. Je ne l’imagine pas en mouton, similaire à tant d’autres, cela m’est impossible.

Elle se débarrassa du tee-shirt bariolé dans lequel elle avait passé la nuit et remplaça celui-ci par sa chemise de cours, qu’elle boutonna à hauteur raisonnable et dans laquelle elle camoufla le long pendentif en argent et au motif compliqué dont je ne l’ai, jusqu’à présent, jamais vue se séparer. Je me suis toujours interrogée sur sa signification, mais je n’ai jamais osé lui la lui demander. Alors je me figure que cela fait partie des mystères insondables de son être, et je me contente de cette explication.

Avant d’entreprendre de nouer la cravate aux couleurs de notre maison, elle démêla ses cheveux de quelques gestes rapides et en changea une dizaine de fois la couleur, passant du blond au bleu, pour finalement revenir à sa couleur initiale. Elle tenta également différentes longueurs mais, de la même façon, revint à leur hauteur de départ, laissant quelques mèches chatouiller le creux de son dos. Elle semblait satisfaite, comme toujours. Elle ne se trouve pas particulièrement belle, mais elle est elle-même, et cela lui convient.

Elle en revint à la cravate, qu’elle noua de manière négligée, et entreprit ensuite de mettre une paire de boucle d’oreilles, deux petites cerises en forme de cœur et à la tige verte. Son excentricité m’a toujours fait d’autant plus sourire que, même en uniforme, elle parvient à la faire ressortir. Elle a ce besoin d’être physiquement à l’image de sa personnalité : colorée, vivante. Elle n’a que faire de savoir si ses vêtements, qu’elle complète parfois de bijoux bigarrés et originaux, sont ou non dans l’air du temps et de s’ils portent ou non aux ragots, pourvu qu’ils lui plaisent à elle. Les chicaneries à ce sujet ont d’ailleurs très vite cessé, les jaloux monochromes prenant bien vite conscience de leur inefficacité. Et puis, quoi que l’on en pense, il faut bien admettre que cela lui va  bien. C’est ainsi : elle est Elada, cette fille si particulière que rien ne semble déranger et qui s’accommode de tout, avec ce qu’elle a.

Elle s’approcha à nouveau du miroir, se regarda dans celui-ci et hésita l’espace d’une seconde avant de faire demi-tour et de me sourire. Elle ne se maquillerait pas aujourd’hui non plus. Elle a toujours préféré le naturel à tous les apparats qu’affectionnent les mêmes jalouses monochromes qui lui en ont tant voulu d’oser rester elle-même sans se poser plus de questions. Et quand bien même il lui arrive parfois de souligner son regard de l’une ou l’autre façon, elle le fait toujours avec tant de naturel qu’il est presque impossible de décerner la moindre trace de poudre ou de fluide noir. Elle ne se parfume pas non plus, se contenant des odeurs chaudes et sucrées de ses shampoings.

Elle s’assit sur son lit et le soleil qui se refléta sur le blanc de sa chemise illumina son visage, faisant ressortir le vert profond de ses grands yeux et dessinant une ombre le long de ses traits ronds, portant encore les marques de l’enfance. Comme à son habitude, un sourire heureux illuminait le pâle de sa peau, peau que je lui ai toujours jalousée, par ailleurs. Que ne puis-je, moi aussi, avoir le loisir de rendre à ma guise ma peau lisse et exempte d’imperfections ?

Elle se pencha et je la vis délaisser les habituels bas de l’hiver au profit de chaussettes qui lui couvraient les genoux et s’arrêtaient à leur hauteur. Elle les compléta de chaussures vertes, et cela me fit sourire. Le rendu n’aurait pas pu seoir à n’importe qui, mais force était de constater que cela lui allait bien. Tout en chantonnant, elle se leva et s’étira de toute sa longueur, et je pus admirer sa carrure de petite sportive se déployer sous mes yeux. Non pas qu’elle soit si petite que cela. En réalité, elle est plutôt de taille moyenne. Mais, ne me demandez pas pourquoi, je me la suis toujours figurée petite.

Elle s’approcha du rebord de la fenêtre, posa ses mains sur la pierre nue de celui-ci, ferma les yeux et se laissa, l’espace de quelques instants, baigner dans les rayons du soleil. Je pu alors distinguer les courbes de ses formes que je lui ai toujours jalousées. Je ne suis pas petite, je suis même plutôt grande et plutôt bien en chair. Pas grosse, non, mais simplement très… féminine. J’aurais voulu être plus musclée, plus sèche, un peu comme l’est Elada. Elle, de son côté, aurait voulu avoir « des formes mieux dessinées et moins masculines », un peu « comme les miennes ». Je n’ai jamais compris en quoi elle trouve ses formes masculines. Certes, la femme n’a pas encore totalement remplacé l’enfant, mais je les trouve plutôt harmonieuses : elle a de longues jambes, musclées mais bien dessinées. Et sous ses mollets se devine l’ombre de muscles légers et allongés. Sa taille, légèrement marquée, contraste avec ses épaules à la fois fines et carrées, lui dessinant une jolie silhouette, rehaussée par des bras légers et athlétiques. Je trouve cela plutôt joli. Mais les filles ont cette fâcheuse tendance à toujours se jalouser l’une l’autre plutôt que de se contenter de ce qu’elles ont… Bien qu’en réalité, je pense qu’Elada s’accepte telle qu’elle est, avec ses imperfections. Je la soupçonne d’ailleurs d’avoir inventé cela pour me rassurer. Et d’une certaine façon, je lui en suis reconnaissante.  


C'est une histoire...

Elle disparut quelques instants dans la salle de bain et revint avec une petite chouette taupe mouchetée de blanc dans la main. Elle me la désigna du doigt d’un air faussement réprobateur :

- Joséphine s’était encore perdue ! déclara-t-elle de son habituelle et déconcertante simplicité.

Je souris en regardant le minuscule rapace qui, bien qu’il appartienne à son père, lui rendait souvent visite. C’était un drôle d’animal, à l’image de ses propriétaires, qui allait ici et là même en l’absence de courrier et ne cessait de se perdre maladroitement dans les couloirs et autres coins improbables de l’école. Une bête susceptible mais attachante. Je la regardai la nourrir de quelques bouts de biscuit, attacher un ruban à sa patte et la renvoyer dans la petite maison dont elle provenait. Elada est très proche de son père alors, quand ils n’ont rien à se dire, ils font simplement voler l’animal d’un coin à l’autre de l’Angleterre pour se rassurer l’un l’autre. Je me suis longtemps interrogée sur cette étrange pratique et puis, j’ai fini par en comprendre les raisons.

Laissant virevolter derrière elle quelques mèches désormais rousses, Elada se dirigea à nouveau vers sa table de nuit qu’elle entreprit de remettre en ordre en chantonnant. Comme souvent, elle plaça les divers objets d’une manière singulièrement différente de la veille et laissa son regard s’attarder quelques secondes sur un cadre qui, contrairement au reste ses affaires qu’elle déplace sans cesse, occupe invariablement la même place depuis son arrivée à Poudlard. On peut y voir deux petites filles d’environ cinq ans rire aux éclats dans un champ d’herbe verte, sous le regard protecteur d’une jeune femme aux cheveux roses et d’un jeune homme au visage paisible. Tous les quatre semblent y être parfaitement heureux. Elle releva la tête, ferma les yeux et sourit.

Pendant de longues années, je n’ai su que peu de choses d’Elada : elle était née en Belgique, dans un coin de campagne moldue dont j’ai oublié le nom et avait immigré en Angleterre à l’âge de neuf ans. Son père était Anglais, sa mère Belge ; lui était médicomage, elle travaillait pour les services secrets du Ministère. Ils s’étaient tous les deux rencontrés lors d’un voyage d’Hélène en Angleterre et ne s’étaient plus quittés. Ils s’étaient mariés et avaient eu une petite fille. Les parents d’Alistair étant moldus, Elada avait été élevée dans une atmosphère aimante et chaleureuse où se mélangeaient magie et technologie : elle avait ainsi été à l’école avec des enfants dépourvus de pouvoirs et avait regardé la télévision, mais avait appris, dès son plus jeune âge, à monter sur un balai et à dégnomer le jardin.

Et puis un jour, j’ai osé lui demander qui était cette petite fille sur la photo avec elle et qui lui ressemblait tant que j’avais peine à les distinguer l’une de l’autre. L’espace de quelques instants, son visage s’était durci, et tandis qu’elle me fixait, interdite, le regard fuyant, les lèvres hésitantes, elle me répondit avec une désarmante simplicité qu’il s’agissait de sa sœur aînée, sa sœur jumelle. Je restai coi de longues secondes, comme incapable de comprendre ce que je venais d’apprendre. Comment pouvais-je avoir partagé le même dortoir qu’elle pendant de si longues années sans jamais avoir même soupçonné qu’elle ne fut pas enfant unique ? Je m’étais toujours figurée avec une grande limpidité que l’autre fillette sur la photo devait être sa cousine, cela avait toujours été clair dans mon esprit, aussi restais-je stupéfaite. Mais ma stupeur ne fit que croître lorsqu’elle ajouta ces quelques mots qui, à n’en point douter, lui arrachèrent le cœur autant que les lèvres : « Elle est morte. Ma mère aussi ». C’était il y a plusieurs moi déjà, mais je me souviens encore de l’étrange sensation provoquée par l’écho de cette phrase. Je voulus réagir, mais elle coupa court à toute discussion en chassant son air absent pour me proposer une bataille de boules de neige. Je n’en sus jamais plus, ou du moins pas de sa bouche. En réalité, personne ne sait si Hélène et Aoda sont réellement mortes. On sait juste qu’elles sont parties se promener un soir où Elada était malade, qu’elles ne sont pas revenues et que jamais personnes n’eut de leurs nouvelles. On les a pourtant longuement recherchées, le Ministère déployant maints efforts pour les retrouver, mais sans succès. Elada et son père ont longuement espéré leur retour mais un jour, ne pouvant plus supporter de vivre dans la maison qui avait vu leur bonheur, ils ont rejoint la famille et les amis d’Alistair, dans l’Angleterre qui l’avait vu grandir. À dater de ce jour, Elada avait cessé de se lamenter et avait renoué avec le quidditch et sa joie de vivre : sa mère avait disparu, sa sœur aussi. Et voilà, c’était tout. Cela l’a probablement beaucoup fait souffrir, mais elle n’en parle pas. Je pense d’ailleurs que c’est la raison pour laquelle elle devint cette boule d’énergie que nous connaissons aujourd’hui. D’une certaine façon, elle cherche à prendre sa revanche sur la vie, à vivre pour ces deux êtres qu’elle a tant aimés et surtout, je suis intimement convaincue qu’elle garde l’espoir d’un jour les revoir. C’est quelque chose que je trouve à la fois admirable et triste. Tout cela, elle ne me l’aurait jamais confié, c’est Tom qui me l’a dit. Je n’ai pas osé lui poser plus de questions, alors je les ai posées à Thomas. Il a hésité, parce qu’il respecte beaucoup Elada et ses secrets, mais il a fini par me raconter ce qu’il estimait pouvoir me dire.

Thomas, elle l’a rencontré dans les barques qui nous ont menés depuis le lac jusqu’au château, le jour de notre arrivée. Il avait été intrigué par la couleur de ses cheveux, alors il s’était assis à ses côtés, tandis qu’une autre fille et moi-même leur faisions face. Ils ont échangé quelques banales formules de politesse et, très vite, se sont menacés de se jeter l’un l’autre par dessus l’embarcation dans les eaux noires du lac. Ils se sont ainsi chamaillés tout le long du trajet et depuis, ils n’ont jamais cessé. Je me souviens qu’à notre premier bal de Noël, il avait consciemment tâché sa robe blanche pour la faire enrager… ou pour montrer sa jalousie de la voir si bien habillée et accompagnée pour l’occasion ? Je ne l’ai jamais bien su. Toujours est-il que le lendemain, il s’est réveillé avec tant de pustules sur le visage qu’il en était méconnaissable. Personne n’a jamais pu prouver qu’Elada était à l’origine du sortilège, mais personne n’en n’a jamais douté non plus ; et le sourire dont elle le gratifia quand il passa devant elle pour se rendre à l’infirmerie confirma aux yeux de tous sa culpabilité. Le jeune homme ne tarda d’ailleurs pas à se venger en l’envoyant tête en avant dans un cactus haut de plus de deux mètres en cours de botanique, et elle râla tant et si bien et pendant si longtemps qu’il crut bon, chose Ô combien rare, de s’excuser. Je pourrais ainsi passer des heures à seulement énumérer la liste des mauvais coups dont chacun est responsable… Tom et Ela’ fonctionnent ainsi : ils se détestent, mais ils ne peuvent passer l’un de l’autre. Alors ils se cherchent et souvent, ils se trouvent. Ils ne se supportent pas, s’évitent même parfois, mais à choisir, ils s’assoient l’un à côté de l’autre en cours pour mieux pouvoir se quereller. En réalité, cette situation les amuse beaucoup et je suppose que c’est la raison pour laquelle ils l’entretiennent. Et je crois que malgré leur tendance à s’infliger les coups les plus bas, ils ont plus de respect l’un pour l’autre que pour n’importe quelle autre personne. D’ailleurs, les rares fois où Elada accepte de se confier, elle ne se confie à nul autre que lui. Et pour elle, il est capable de déployer des trésors de patience, de compréhension et même, de protection. Et il va de même pour la demoiselle. Au fond, ils forment un bien étrange couple. Ils sont diamétralement opposés et en même temps, ils se ressemblent beaucoup. Ils sont comme les deux parties d’un tout à la fois homogène et disparate ; parfois très beaux à regarder, parfois terriblement fatigants à écouter, mais souvent très drôles. Et depuis toutes ces années, tous nous nous demandons quand ils se décideront à admettre ce qu’ils semblent être les seuls à ne pas voir et qui semble pourtant si évident aux yeux de tous. Ils vivent leur petite vie comme si l’autre n’existait pas, sans prendre conscience de leur jalousie mutuelle et sans voir que si leurs histoires de cœur ne sont que passagères, c’est que leur trop grande proximité refroidit même les amoureux les plus téméraires. Peut-être ne sont-ils tout simplement pas prêts, mais tous nous nous demandons néanmoins quand ils franchirons le cap. Les paris sont ouverts depuis plusieurs années déjà.

Tandis que je végétais toujours oisivement sur mon lit en me laissant ainsi aller à mes pensées, Elada consulta notre nouvel horaire avant de m’annoncer avec une moue déconfite que nous commencerions la journée par un cours de potions. Je haussai les épaules et l’observai d’un regard amusé. Il est vrai qu’elle a toujours été bien plus douée en cours de sortilèges ou de défense contre les forces du mal qu’en potions ou en histoire de la magie, ce qui est sans doute imputable à sa tendance à ne travailler que le strict minimum pour garantir sa réussite, trouvant toujours mieux à faire que de se perdre dans les allées de la bibliothèque. Il faudra pourtant qu’elle fournisse quelques efforts si elle veut un jour pouvoir devenir auror. Quelle drôle d’idée d’ailleurs, que celle de devenir auror. Jamais il ne me viendrait à l’esprit d’exercer un métier à tel degré de risque, mais faut admettre que je la vois bien s’épanouir dans cette profession : douée dans la plupart des matières nécessaires, elle a ce tempérament fougueux et indompté qui fait naître en elle un constant besoin de bouger et surtout, point non négligeable, elle est capable, en cas de nécessité, d’aller bien au-delà de ses limites, jusqu’à l’épuisement. Je me souviens de l’énergie qu’elle a déployée l’année passée quand elle a rejoint les Rebelles - et, à mon humble avis, l’Ordre du Phénix -, alors que, de mon côté, je me faisais plus réticente. Elle ne pouvait concevoir de ne pas intervenir, alors elle ne tarda pas à les rejoindre. Et bien qu’elle fut tout aussi effrayée que nous l’étions, elle sut faire preuve de beaucoup de calme et de maîtrise de soi. Elle n’hésita d’ailleurs pas, lors de l’affrontement qui vit la fuite de Branstone, à se mêler aux combats. Et bien que je finis par me joindre à elle, je fus impressionnée de voir son habituelle gaucherie se transformer en force sereine. Nous ressortîmes légèrement blessées et extrêmement fatiguées de ce carnage, mais la satisfaction que je pus lire sur son visage de ne s’être pas allée à la couardise suffit à me convaincre qu’elle s’épanouirait en intégrant cette élite spéciale du ministère. Et la ténacité dont elle fait souvent preuve me persuade qu’elle y parviendra. Hier encore, lors du match de quidditch, nous avons tous pu constater son extrême endurance et sa surprenante capacité à supporter la douleur. Frappée à trois reprises par le même cognard, elle n’aura eu de cesse, malgré les coups reçus, de poursuivre le souafle que lorsque le glas sonna la fin du match. En cela, c’est une bonne joueuse, exigeante, rapide et qui s’entraîne souvent. Bien sûr, elle aime rencontrer ses limites et en fait toujours trop, mais c’est cette capacité voir au-delà des difficultés qui me fait dire qu’elle aura sa place au cœur de l’action quand, de mon côté, je me contenterai m’amuser entre d’immenses rangées de fioles multicolores. Quand on y songe, nous sommes tellement différentes que je me demande comment nous parvenons à nous entendre : moi, la londonienne calme et rangée et elle, le mélange de culture décalé et déjanté. Mais je dois bien admettre que désormais, une journée sans son lot d’étrangetés me paraîtrait bien terne.

Tout d’un coup, je la vis se précipiter vers la porte telle une traînée de bonne humeur, disparaître et  revenir pour me regarder de ses grands yeux d’éternelle enfant, l’air presque inquiet :

- Tu ne viens pas manger ? Me demanda-t-elle de son léger accent.

Je souris et, lourdement, le visage encore à moitié endormi, la rejoignit. Cette journée ne faisait que commencer mais elle promettait, à l’égal de toutes les autres, d’être bien singulière.


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Laila Clennam

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MessageSujet: Re: Elada L. Enatari [terminé ]   Jeu 13 Mar - 11:39

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Si tu ne veux pas être perdue va aussi te créer une fiche de Lien & un répertoire de Rp.
Je rajoute 5 Points pour ta maison.
Bonne continuation à toi, & bon jeux.

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Elada L. Enatari

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Date d'inscription : 24/02/2014

Carte Chocogrenouille
Âge du personnage: 16
Double-compte: Éléane I. Greengrass
Travail/Etudes: Serdaigle, septième année.

MessageSujet: Re: Elada L. Enatari [terminé ]   Ven 14 Mar - 5:53

Merci beaucoup Lala   

...Je sens que ça va être le carnage dans le dortoir des Serdaigle Smile
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Laila Clennam

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Age : 21

Carte Chocogrenouille
Âge du personnage: 17 ans
Double-compte: Matthias et Margaret
Travail/Etudes: 6e année Poudlard

MessageSujet: Re: Elada L. Enatari [terminé ]   Ven 14 Mar - 6:09

Ça va être tout simplement fabuleux, mwahaha !

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Elada L. Enatari

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Messages : 106
Date d'inscription : 24/02/2014

Carte Chocogrenouille
Âge du personnage: 16
Double-compte: Éléane I. Greengrass
Travail/Etudes: Serdaigle, septième année.

MessageSujet: Re: Elada L. Enatari [terminé ]   Ven 14 Mar - 6:13

 

Je vais tenter de créer ma fiche de liens ce soir, histoire que l'on puisse s'amuser un peu après le carnage de Sainte-Mangouse  Jeu 
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Nienna Selwyn

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Age : 22

Carte Chocogrenouille
Âge du personnage: 32 ans.
Double-compte: Lily L. Potter.
Travail/Etudes: Activités inconnues.

MessageSujet: Re: Elada L. Enatari [terminé ]   Ven 14 Mar - 12:36

Heureuse de m'être penchée sur ta fiche, j'aime beaucoup.
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Elada L. Enatari

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Carte Chocogrenouille
Âge du personnage: 16
Double-compte: Éléane I. Greengrass
Travail/Etudes: Serdaigle, septième année.

MessageSujet: Re: Elada L. Enatari [terminé ]   Sam 15 Mar - 6:53

Merci beaucoup Nienna  calin1 
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MessageSujet: Re: Elada L. Enatari [terminé ]   

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Elada L. Enatari [terminé ]

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