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 Intrusion nocturne ♠ Laïla ♠ Elada ♠ Romain

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Romain P. Lesage
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MessageSujet: Intrusion nocturne ♠ Laïla ♠ Elada ♠ Romain   Dim 27 Avr - 11:21





Intrusion Nocturne

« Ne dis pas ça, Lys. J'ai été le seul maître de mes gestes, le seul maître de ma vie. J'ai moi-même écris l'histoire que je voulais vivre. La page finale a cependant été déchirée avant que je ne lise le mot finale. J'ai pris une décision, la mauvaise, mais maintenant j'aime la vie plus que tout au monde. Et toi lys, tu n'as pas à écrire ni à modifier l'histoire de ton livre pour moi. »
Romain à Lily Potter



Romain regardait le ciel depuis un moment. Allongé dans l'herbe humide son visage était éclairé par la lune et les étoiles. L'on pouvait voir son visage meurtri par la bataille de St Mangouste datant de deux jours. Il n'avait pas tenu à être soigné. Cela aurait été trop facile. Sa vision se trouvait encore très amoindrie. Le jour il portait des lunettes de soleil pour masquer la presque absence de réaction de ses yeux et masquer ses lésions rougeâtres. Son corps était couvert de bleus qui le faisaient souffrir, mais il savait que ce n'était rien en comparaison à d'autres. Il avait entendu ces pleurs et ces cris de petite fille triste, il avait vu ces êtres qui jonchaient le sol sans jamais pouvoir se relever. Même au parc il ne pouvait oublier. Les larmes lui montèrent aux yeux et s'en échappèrent. Il se détestait de n'avoir rien pu faire. Il ne pensait désormais qu'à son départ. Il voulait partir loin d'ici. Voir le monde avant que tout ne s'écroule. Il se releva doucement et fit quelques vas et viens. Il voulait voir Laïla. Elle devait désormais être au courant de ce qu'il c'était passé dans cet hôpital. Elle devait savoir pour Tobias. Romain savait qu'il aurait du tout de suite retourner auprès de sa fiancée. Il n'avait pas trouvé la force. Il préférait se cacher dans un parc en pleine nuit en ignorant les lettres venant de ses amis et parents.
Il marcha encore un peu, juste ce qu'il fallait pour qu'il heurte une pierre et qu'il tombe. Il se releva tout en douceur, étape par étape. Il décidait en même temps que cette nuit il irait voir Laïla.
Il sortit du parc en courant manquant plusieurs fois de tomber. Heureusement pour lui il connaissait le chemin par coeur. Il avait fait des milliers de fois l’aller et retour pour se rendre à l'université. Sa première et peut-être dernière année d'université. Il était arrivé dans son loft sans vraiment savoir s'il avait fait attention en traversant les routes. Felix était là sur le rebord de la fenêtre, mais Romain n'y prêta pas attention. Il c'était changé en quatrième vitesse. Vêtu tout de blanc il alla chercher dans un placard son balai volant avant de prendre sa baguette magique et de léviter à Prés-au-lard.
Les lieux étaient déserts. Quelques personnes semblaient décuver sur un banc, mais personne ne le remarquerait. Il avait absolument le droit d'être ici, mais de se rendre à Poudlard comme il allait le faire, non. Il rangea sa baguette dans sa poche et enfourcha son balai qui prit peu à peu de l'altitude. L'air était très froid, mais Romain ne semblait pas s'en soucier. Il regardait les étoiles et rien d'autre. Autant de soleils qu'il était impossible de compter pensait-il. En chemin il reçut un message sur son téléphone portable. Il le lut d'une traite et ne voulut pas répondre tout de suite. Sa mère avait reçu sa lettre et elle s'inquiétait. Il rangea son téléphone à la vue du château. Il se dirigea automatiquement vers les tours, là où se trouvait la salle commune des Serdaigles. Il savait exactement par quelle fenêtre il fallait qu'il entre, il lui était déjà arrivé de regarder Laïla dormir au travers des vitres. Il la trouvait ainsi plus belle qu'un ange. Chaque fois qu'ils avaient pu dormir ensemble il avait toujours fait en sorte de se réveiller avant elle, pour la regarder ce qui, lorsqu'elle s'en apercevait, lui donnait du rose aux joues le faisant rire.
Arrivé devant la fenêtre il regarda si tout le monde était bien endormi, enfin il essaya. Ses yeux le piquaient plus que d'habitude. Le froid n'aidait en rien sa vision malade. Ne souhaitant faire peur à personne avec ses blessures il sortit de sa poche une paire de lunette de soleil qu'il mit sur son nez et d'un tour de magie il sortit une tulipe de l'une de ses manches. Il inspira un grand coup avant que d'un coup de baguette la fenêtre ne s'ouvre dans un cliquetis et qu'il ne se pose sur le bord. Toutes semblaient endormies.
Romain avait doucement passé ses pieds à l'intérieur avant de se laisser glisser sur le sol. Il y posa d'ailleurs son balai tout en douceur. Néanmoins en se relevant il se cogna la tête dans une porte de fenêtre qu'il referma en grognant. Il se frotta la tête et entreprit de rejoindre le lit de Laïla, mais n'y voyant rien il trébucha sur un coffre et s'étala de tout son long.
« Ce n'est pas vrai... »
Il attendit quelques secondes sans bouger au cas où il aurait été remarquer, ce qui éte plutôt certain et entrepris d'avancer à quatre pattes sur le sol.
Il finit par heurté un lit et voulut en déduire que celui-ci était celui de sa chère et tendre.
« Laïla ? »  


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Elada L. Enatari

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MessageSujet: Re: Intrusion nocturne ♠ Laïla ♠ Elada ♠ Romain   Mar 29 Avr - 9:55

- Laïla, tu dors ?  demandais-je d’un ton que je voulais discret.
- Oui, me répondit-elle la voix lasse, mais néanmoins parfaitement éveillée.
- Bon, pardon, je te laisse dormir alors… bonne nuit.

J’étais déçue, bien sûr, car une question me brûlait les lèvres depuis la matinée déjà, et j’étais persuadée que ma compagne de dortoir aurait une réponse à m’apporter. Laïla avait toujours réponse à tout.

- Dis-moi !

Sa curiosité était piquée au vif et cela me réjouit, bien que le sujet n’avait en réalité rien de passionnant.

- Tu te souviens de Marthy Chopens ?
- Oui, pourquoi ?

Je lui fis part de mes interrogations et, à mon plus grand bonheur, elle y répondit. Et ainsi, dans le noir, chacune perdue dans le moelleux de nos matelas, nous finirent par discuter… longtemps. Depuis quelques temps, il nous arrivait souvent d’avoir ce genre d’échanges qui nous faisaient oublier l’heure tardive, échanges qui étaient bien souvent interrompus par l’une de nos compagnes de dortoir, trop fatiguées pour y participer. Comme souvent, nous parlions de tout : des cours, de Joséphine, de la dictature, de Romain, des devoirs que nous avions à rendre pour le lendemain, mais aussi et surtout de sujets que je n’ai absolument pas envie d’aborder. Je me demande d’ailleurs vraiment pourquoi Lala tient toujours à les relancer, elle sait pourtant qu’ils me mettent mal à l’aise.  

Ce soir-là, ce fut Katelyn qui vint mettre fin à nos flots de paroles. L’air mécontent, le poing sur la hanche et sa baguette dans l’autre main, elle était venue se planter entre nos deux lits en nous menaçant de nous transformer en botrucs si nous ne cessions pas immédiatement de parler. La perspective m’avait beaucoup amusée, mais je crains que le rire qui s’échappa de mes lèvres n’ait pas eu le même effet sur elle. Nous consentîmes donc à cesser là nos débats et, épuisée, serrant contre moi le petit singe en couche-culotte qui me tenait compagnie depuis ma plus tendre enfance, je m’endormis.



Henry-Clifford était un bon ami. Mais en cet instant, le terrible et sanglant escargot, pris d’une crise de folie sanguinaire, n’en pouvait plus de se taire. Aussi hurlait-il tant et si bien que sa carapace n’avait cesse de toujours plus se fissurer. Bientôt, elle laisserait derrière elle des traces impérissables, rouges et gluantes, à l’image jaune de son maître. Et il grandissait. Il n’avait cesse de grandir et de grandir encore, d’observer de ses quatre yeux le monde rétrécir et se fondre sous lui. Et ses dents si carnassiennes et surtout si nombreuses n’avaient de cesse de planter mollement la terre de leur lourdeur, manquant à chaque fois de m’écorcher. Et je criais, criais devant la folie de cet ami, mais j’avais beau faire, personne ne m’entendait. Maman me regardait pourtant, mais elle ne semblait pas comprendre la nocivité de cette bave opaque et visqueuse. Non, elle était partie. Et je restais là, coite dans toute ma petitesse, annihilée sous cette immensité. Et, toujours plus, la carapace se fissurait, laissant derrière elle le sillage de son carnage. Et un escargot a beau avancer lentement, lorsqu’il est haut d’une quinzaine de mètres, il se meut d’autant plus vite qu’il est grand. Ainsi, j’avais beau courir, courir, courir encore et toujours plus, je ne lui échapperais pas. Comment étais-je arrivée là ? Je ne m’en souvenais pas, mais il me semblait que ce souvenir était pourtant de la plus haute importance. Si j’avais été Alice, j’aurais mangé un quelconque mets dont l’imprévu des effets m’eût été de l’un ou l’autre secours, mais je n’étais pas Alice, et il était bien un Henry-Clifford en colère. Il me fallait donc retrouver ce souvenir qui, certainement, me permettrait de m’échapper. Mais déjà, j’étais entourée de nombreux pieux visqueux et nacrés, bientôt je ne pourrais plus fuir. Mais quelle était cette étrange incapacité à me déplacer ? Si le ciel n’était pas devenu si vert, sans doute la question eut-elle eu plus de sens.


Un craquement. Le sol s’effondra sous mes pas, emportant avec lui, dans une chute vertigineuse et sans fin, le sanguinaire tueur et ses nombreuses et scintillantes dents. Et je tombais, je tombais, observant l’effroyable chaos qui régnait autour de moi. Sans doute étais-je désormais condamnée à indéfiniment tomber. C’eut été agréable, s’il n’y avait eu cette brise fraîche pour refroidir la moiteur de la nuit, encombrer le velours des étoiles et déranger Lily la licorne dans son sommeil. Un autre craquement brisa le silence opaque de la nuit. Aboli bibelot d’inanité sonore, que se passe-t-il encore ?



Silencieusement, je me retournai pour offrir à mon dos plus de stabilité. Et ainsi, mollement couchée dans mes draps bleu et blanc, j’écoutai le silence craquer et craquer encore, comme perturbé par une indésirable présence. Sans doute mes songes, une fois de plus, m’avaient-ils fait imaginer une quelconque ineptie. Et pourtant, tandis que mon esprit tentait encore tant bien que mal de se remettre des frasques de son imagination, ma respiration se faisait plus haletante et ma chair se dressait comme pour m’avertir d’un bien trop proche danger. Une part de moi tentait de me raisonner, mais l’autre hurlait que ce craquement que j’avais entendu n’était pas le fruit de mes divagations : quelque chose se déplaçait dans le sombre de la chambre, une chose qui se voulait probablement discrète mais qui, de manière étrange, m’avait réveillée… moi que rien ne réveille jamais. J’avais lu quelque part que le cerveau était capable de discerner les bruits suspects des bruits normaux pendant le sommeil, de sorte qu’il ne nous réveillait que lorsqu’il estimait un bruit était inquiétant ou inhabituel. Or, j’étais réveillée, et c’était là quelque chose de tout à fait exceptionnel au vu de l’habituelle qualité et profondeur de mon sommeil.

Les paupières closes, je retins mon souffle pour mieux me concentrer sur les bruissements qui se déplaçaient à ma gauche. Dans le dortoir, personne ne semblait réagir. Je frissonnai et, l’ouïe aux aguets, écoutai. Désormais, plus aucun son ne troublait le dortoir. J’avais donc rêvé. Oui, c’était cela. Il ne me restait plus qu’à me rendormir, à oublier Henry-Clifford, son amie Lily et l’ombre fantomatique que j’avais cru apercevoir quelques secondes auparavant, à oublier mes terreurs nocturnes, à…

Un corps heurta violemment le sol et puis, plus rien. Cette fois, plus aucun doute n’était permis : quelque chose ou quelqu’un se déplaçait et tentait, sans trop de succès d’ailleurs, de se faire discret.

Plus rien, le sombre, le chaos, le néant. Le calme, total, n’était plus interrompu que par les battements effrénés de mon cœur, battements qui s’interrompirent quand la masse difforme qui se tenait si proche de mon lit se remit en mouvement. Surprise, mais étrangement parfaitement éveillée, j’ouvris les yeux et, tandis que, toujours immobile, j’écoutais cette substance claire aux obscurs desseins se mouvoir dans l’obscurité, j’abandonnai mon singe Boulou à mes draps et levai le bras pour me saisir de ma baguette et me rassurer à son contact. Je n’allais certainement pas longtemps rester cette petite chose apeurée perdue au fond d’un lit trop grand, j’allais me ressaisir, me lever et intervenir avant que cette chose ne… s’approche du lit de Laïla ?

Déterminée, j’inspirai et, silencieusement, posai mes pieds sur le sol de pierres froides. Je me saisis alors d’un objet qui se trouvait sous mon lit avant de souplement me redresser. Au contact glacé du métal, je souris : lorsque j’avais placé cette poêle sous mon lit, je n’avais pas vraiment pensé qu’elle me serait un jour d’une quelconque utilité. « On ne sait jamais ce qui peut arriver la nuit ! Un objet insolite s’avère parfois de la plus grande des utilités », avais-je dit à Rebecca qui m’observait avec un regard incrédule. Mais aujourd’hui, ma baguette dans une main et une poêle à frire dans l’autre, je me félicitais d’avoir eu une idée si brillante : les créatures magiques s’attendent toujours à affronter un quelconque sortilège, mais jamais elles ne se préparent à faire face à de la vaisselle moldue ! C’était brillant ! Un stratagème parfait !

Ainsi armée, tandis que la chose informe et pâle se penchait sur le lit d’une Laïla au sommeil bien trop profond, je m’avançai de quelques pas. Manifestement, la bête n’avait pas remarqué ma présence. Je profitai donc de ce qu’elle s’approchait de la Belle au bois dormant pour la gratifier d’un grand coup de ma poêle de combat et, tandis que, pour une raison obscure, une corne noire se formait sur mon front, j’écoutai s’écrouler la sinistre masse. « Bravo Elada, t’aurais vraiment pas pu trouver moins crédible », pensais-je stérilement.

- Quoi que tu sois, ne bouge plus ! Crachais-je malgré moi en français d’un ton à la fois ferme et menaçant.

Confiante, je posai le pied sur le torse immense et probablement velu de la créature et la menaçai de ma baguette.

- Lumos, murmurais-je.

Autour de moi, en silence, des yeux s’ouvrirent.


Spoiler:
 


Dernière édition par Elada L. Enatari le Sam 30 Aoû - 15:58, édité 1 fois
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Laila Clennam

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MessageSujet: Re: Intrusion nocturne ♠ Laïla ♠ Elada ♠ Romain   Ven 2 Mai - 23:51

Un passage à travers la neige serpentait autour du lac, vers le terrain de quidditch pour ensuite border la lisière de la forêt interdite. Le soleil reluisait sur la toile blanche, celle-ci vide, dénuée de tous pas. Personne n'osait se promener dans ce froid glacial. Personne n'osait sortir alors que le directeur était encore absent du château. Voilà deux jours que l'autorité proéminente du collège était parti; peu de gens connaissaient la vraie raison de son départ, mais tout le monde savait pourquoi il n'allait pas revenir. S'éloignant du châssis de la fenêtre, Laila se détourna du paysage fixe et ramassa ses sacs qu'elle avait, quelques moments plus tôt, déposés à ses pieds. Avant de descendre de la tourelle, elle jeta un dernier regard sur l'espace vide et rond. Ce lieu était empreint de signification, d'événements. Elle y venait pour être seule, quelques instants dans la journée. D'habitude, ce lieu la réconfortait. Mais aujourd'hui, il ne faisait que lui rappeler que son fiancé n'était pas revenu de guerre.

***

L'inquiétude n'allait décidément jamais quitter Laila. Encore une fois, elle se retrouvait à pondérer des heures et des jours sur des préoccupations importantes, telles la disparition de son ami et mentor, ainsi que celle de son fiancé, lui qui était si réticent de partir en mission. Surtout lorsque les cours occupaient ses journées et que les devoirs ne cessaient de s'empiler de plus en plus, l'inquiétude n'était pas une activité bienvenue par la pensée de la jeune fille.


Laila errait les couloirs, l'air légèrement abattu, persévérant toutefois à travers la masse d'élèves, déterminée à achever la journée pour pouvoir enfin se retirer dans son lit et se recroqueviller dans une boule sous ses couvertures. Elle avait déjà décidé qu'elle ne pleurerait pas. Elle allait seulement fermer les yeux et oublier qui elle était pour pouvoir ainsi oublier ses troubles.

Pourtant Elada, sa compagne de dortoir dont l'optimisme était inébranlable, ne planifiait pas la laisser se cacher dans sa coquille et pleurer son triste sort. Non, pas du tout. Celle-ci allait plutôt changer les idées de la jeune serdaigle en potinant allègrement tard dans la nuit. Laila n'était pas une grande colporteuse de rumeurs, mais elle se surprit, même si préoccupée, à prendre un goût immense à bavarder de tout et de rien avec Elada. Elle oublia, pour quelques minutes, son plan de se positionner en foetus attristé et resta longuement sur son côté, son coude fermement sur le matelas et sa tête relevée vers sa voisine de lit. Elle gloussa tranquillement lorsque Katelyn vint râler et ce fut un sourire, et non des pleurs, qui la berça jusqu'aux limbes de l'endormitoire.

Les rêves s'étaient fait rares pour la jeune fille, presque toute sa vie. Mais cette nuit, ils s'enfilaient les uns après les autres, de plus en plus absurdes. Chaque histoire semblait s'empiler et à la fin, une amalgame d'éléments dépareillés se rassemblaient pour former un tout informe.  Que faire d'une fleur qui mange un orignal, alors que Romain joue au criquet avec Jacob Dragonneau et que Minerva McGonagall invite Laila pour faire de la broderie chez elle?

***

Ce ne fut pas tant la lumière qui jaillit de la baguette d'Elada que le gros bruit sourd qui l'avait précédé qui déchira Laila de ses rêves. Elle mit du temps à ouvrir les yeux et d'apercevoir tout le dortoir réveillé ainsi que les filles fixer le plancher à côté de son lit. Encore un peu endormie, elle ne remarqua pas la métamorphose de son amie.

« Qu'est-ce qu'il y a ? »

Avant de recevoir une réponse, un gémissement se fit entendre de l'espace qui était sous observation et Laila écarquilla grand les yeux, surprise par le ton de voix grave. Il y avait un homme dans leur dortoir. Tout de suite elle saisit sa baguette qui reposait sur sa table de chevet et se pencha vers l'inconnu. Si grande fut sa surprise qu'elle se jeta au bas de son lit pour embrasser Romain dans un élan de réjouissance. Malheureusement pour lui, Laila n'était pas un poid plume et son corps subit une fois de plus un léger choc.

Après quelques instants, Laila se rendit compte que son fiancé n'était que partiellement conscient et aperçu une effrayante rougeur sur son front.

« Mais qui t'as fait ça ?! » s'exclama-t-elle, outrée. « On dirait presque que... »

Elle leva les yeux vers sa camarade, qui, tant bien que mal, essayait de dissimuler une certaine poêle à frire en regardant un peu ailleurs. Abasourdie, le regard de Laila passa de Romain, à Elada, à l'arme du crime. Elle se releva, fixa Elada et pouffa de rire.

« Ça t'apprendra, mon cher, de t'introduire si secrètement dans le dortoir de ta dulcinée. Elle est bien protégée, maintenant tu le sais ! Ela', mais que diable as-tu planté sur ton front?»

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Romain P. Lesage
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MessageSujet: Re: Intrusion nocturne ♠ Laïla ♠ Elada ♠ Romain   Dim 4 Mai - 14:09





Intrusion Nocturne

L'esprit de Romain éclata sous un coup de tonner. Il pensa que le ciel lui était tombé sur la tête, allongé sur le sol sonné comme une clochette. Le bruit raisonnait encore dans sa tête lorsqu'une personne s'était jetée sur lui pour l'embrasser. Ses lunettes de soleil avaient volé un peu plus loin et c'est à peine s'il arrivait à ouvrir les yeux. Le choque avait été plus que violent. L'on avait du mal à croire qu'une jeune demoiselle avait pu avoir tant de force avec une poêle.
Romain était perdu. Il ne savait plus vraiment où il était. Son problème de vu n'arrangea rien. Il tenta d'ouvrir les yeux à plusieurs reprises, mais les baguettes lumineuses pointées sur lui l'en empêchaient. La seule chose qu'il put reconnaître ce fut la voix de Laïla qui l'interrogeait sur son mal soudain. Il ne répondit pas, pas tout de suite. Il se servit de l'une de ses mains comme d'une casquette afin de protéger ses yeux et de sa main libre il s'appuya sur le lit pour se relever.
Il appuya son dos le long du mur en soufflant et en frottant ses yeux douloureux.

 « Ça t'apprendra, mon cher, de t'introduire si secrètement dans le dortoir de ta dulcinée. Elle est bien protégée, maintenant tu le sais ! Ela', mais que diable as-tu planté sur ton front?»

Un léger rire échappa à Romain. Ela' était une vraie sentinelle et il se demanda comment une poêle avait bien pu se trouver à sa portée. Romain n'avait pas imaginé un seul instant que ce fut une arme en fonte et non un sort qui puisse le mettre un instant KO. En plus de ça ses bleus et articulations lui faisaient encore plus mal qu'avant. Quelle erreur que de n'avoir pas prévenu son arrivé. Il se tortilla pour faire craquer son dos qui lui arracha quelques grimaces avant de s'asseoir sur le lit de sa fiancée.

« La prochaine fois je préviendrais. »

Il passa la main sur son front. Déjà une bosse était en train de se former.

« Ela' j'aurais préféré une simple pétrification... »

Un nouveau rire léger lui sortie des lèvres. Il préférait en rire et préférait surtout d'être tombé sur Ela' que sur une tout autre personne qui l'aurait emmené dans les cachots en attendant le lever du soleil. Autour de lui Romain remarquait que bien evidement ils n'étaient pas que trois. Les autres demoiselles du dortoir se cachaient soit sous leur couette pour camoufler leur pyjama ou me pointaient de leurs baguettes lumineuses d'un regard dur.

« Bonsoir jeune demoiselles. Je suis navrée d'avoir troublé votre sommeil. »

Romain leur fit un petit signe et toutes semblèrent apaisées. Personne n'allait leur faire de mal. Il se doutait que toutes ou presque ne dormirait pas de la nuit, mais il avait vraiment eu besoin de venir là maintenant.

« Vous allez bien ? »

Il avait un léger sourire sur le visage. Rien qu'à la vue de sa fiancée il était déjà heureux. Bien qu'il se demandait si elle, garderait son sourire longtemps. Dire à celle que l'on aime que l'on veut partir un moment du monde sorcier pour aller se perdre dans un coin perdu du monde n'est pas la meilleure des choses.


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Elada L. Enatari

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MessageSujet: Re: Intrusion nocturne ♠ Laïla ♠ Elada ♠ Romain   Mar 13 Mai - 9:20

Autour de moi, des baguettes s’allumèrent et, bientôt, la pénombre fit place à la plus grande clarté. Si la situation n’avait pas été si amusante, j’aurais probablement été de la plus horrible des humeurs : troubler le temple sacré de mon sommeil n’est pas la meilleure des idées, et qui me connaît suffisamment ne s’y risque généralement pas. Mais sous mon pied menaçant, gisait un Romain tout de blanc vêtu et sur le front duquel se formait déjà une proéminence douteuse. Outre mon incompréhension et ma culpabilité de l’avoir ainsi amoché, cette vision me mit dans un tel état d’euphorie que bientôt, mon diaphragme ne put retenir le rythme effréné de ses contractions. Je me mis alors à rire, à rire à n’en plus pouvoir, à m’en tordre le ventre, à rougir ma crinière, à sentir éclater mes tempes sous la pression trop intense de mon souffle. Et tandis que je retirais mon pied du torse de l’ancien Serdaigle pour le délivrer de mon emprise, déjà Laïla se jetait au sol pour l’embrasser. Et moi, malgré la responsabilité que j’avais dans l’état de ce garçon, je continuais de rire à en avoir mal et de rire encore, bientôt rejointe par certaines de nos camarades de dortoir. Sans doute le soulagement de savoir Romain en vie ajoutait-il à l’absurde de l’instant et ainsi, participait-il à cette crise d’hilarité que j’aurais voulue générale. Mais Laïla ne semblait pas d’humeur joyeuse. Bien au contraire, elle me fixait de ce regard perçant d’incompréhension dont seule elle détient le secret.

« Mais qui t'as fait ça ?! » s'exclama-t-elle, outrée. « On dirait presque que... »

Sur ces quelques paroles, bien que consciente que cela ne me disculperait pas, je m’empressai de dissimuler l’arme du crime derrière mon dos et de regarder vers le lit de Katelyn d’un air que j’espérais innocent. Mais pour je ne sais quelle obscure raison, la candeur de mes regards tend toujours à me culpabiliser davantage. Aussi, contenant mes éclats de voix hilares du mieux que je le pouvais, je m’attelai à feindre de n’être pas la cause de tout ceci – pour autant que l’on considère que Romain n’en n’était pas lui-même la source, ce qui était plus que contestable, détaillant chacune de pierres qui entouraient la fenêtre avec la plus évasive des insistances. Et ainsi, tandis que ma nuque suivait les mouvements faussement ingénus de mes yeux amusés, je prenais le plus grand soin à éviter de croiser ceux de mon amie qui, bientôt, s’esclaffa à son tour.

Je poussai alors un souffle de soulagement et ainsi, malgré la colère que je ressentais de savoir l’intrus présent dans notre dortoir à une heure si avancée de la nuit, mes lèvres s’étirèrent en une expression à nouveau enjouée.

« Ça t'apprendra, mon cher, de t'introduire si secrètement dans le dortoir de ta dulcinée. Elle est bien protégée, maintenant tu le sais ! »

Les poings fermement ancrés sur mes hanches, dominant un Romain visiblement affaibli, je voulus ajouter une phrase pour marquer mon approbation avec Laïla, ainsi que désapprobation de savoir son « Roro » parmi nous. Un instant, je l’imaginai nous épiant à la fenêtre, et cette sensation qui me parcourut l'échine me déplut fortement. Mais déjà, sa promise reprenait le cours de ses paroles.

« Ela', mais que diable as-tu planté sur ton front? »

Quelques gloussements tintèrent à mes oreilles et je pris conscience que, sur mon front, une corne noire était toujours fièrement plantée, tel un séquoia au milieu d’une forêt de pins. Par chance, je n’avais jamais redouté l’absurde. Étais-je seulement ridicule, en ce moment ? Rien n’était moins certain, bien que l’expression de notre convive permettait d’en douter.

Pour toute réponse, je plantai simplement mes prunelles dans celles de mon amie et, ourlant ma lèvre inférieure d’un air dubitatif, haussai les épaules avant de passer ma main le long de la nacre ébène qui me surplombait de toute sa hauteur. Et dans la perplexité de mon expression, elle disparut aux yeux de tous.

Encore sous l’émotion de savoir Romain dans la tour Serdaigle, je le vis bientôt se redresser et s’asseoir sur le lit de ma voisine de songes. Malgré l’air jovial que j’affichais, je n’étais absolument pas enchantée de sa présence. Bien sûr, j’étais soulagée qu’il ne lui soit rien arrivé de fâcheux, que cela soit en raison d' l’amitié que j’avais à son égard ou à l’égard de sa fiancée – à cette pensée, mes yeux implorèrent le ciel –f et, bien sûr, j’étais sincèrement amusée par la situation, mais au-delà de ces considérations, je ne pouvais m’empêcher de penser qu’il était très mal séant de sa part de s’introduire ainsi de nuit dans notre chambrée, tel un voleur par une nuit trop claire. Si je ne l’avais pas déjà si violemment heurté et s’il n’avait pas déjà eu l’air si abimé, je me serais fait un immense plaisir de lui faire goûter à l’un de ces sorts dont j’ai le secret. D’autant que le fait qu’il soit aussi facile de s’introduire dans un lieu réputé pour être l’un des plus sûrs d’Angleterre ne m’enchantait guère et ajoutait à mon irritation. Rebecca nous ferait encore part de ses peurs irrationnelles ; elle n’en dormirait plus pendant des mois, et je devrais encore guetter à la fenêtre des jours durant pour la rassurer. Ô joie, ô bonheur !

« La prochaine fois je préviendrai. »

Incrédule, je le considérai.

- Oh non, tu sais, ce n’est vraiment pas la peine ! dis-je d’une voix qui laissait poindre une ironie à peine masquée. On n’avait pas eu notre dose d’adrénaline ce soir, tu arrives juste à temps ! Et puis tu sais, ajoutais-je tandis qu’une étincelle espiègle s’allumait dans mon regard, on adore recevoir des hommes dans notre dortoir !

Sur ces quelques mots, je lui fis un clin d'oeil et découvris mes dents dans un sourire exagérément forcé, et la moue désabusée et sceptique de mon visage laissa place à cette expression enfantine, presque effrontée, que j’affichais si souvent. D’avance, je m’amusai de la réaction qu’il pourrait avoir face à une telle déclaration.

« Ela' j'aurais préféré une simple pétrification... »

Évidemment, qu’il aurait préféré une pétrification. Mais je n’étais pas certaine qu’une pétrification eut un quelconque effet sur une acromantula, un détraqueur plein de perversité, un joncheruine géant, un strangulot mutant, un basilic, un elfe de maison coléreux ou sur un Henry-Clifford incarné. Alors, ne pouvant choisir le sort adapté, j’avais utilisé mon arme secrète. Simple, efficace et inimitable ! Néanmoins, dans une mimique désolée, je fixai Laïla pour lui signifier que je m’en voulais d’avoir ainsi affligé un peu plus son fiancé, puis secouai frénétiquement la tête en gratifiant une fois de plus le plafond du désappointement de mon regard. Alors, sans mot dire, tandis que je l’entendais s’excuser de perturber notre nuit, je me dirigeai vers la salle de bain pour en ressortir quelques secondes plus tard, un linge mouillé à la main, linge que je lançai aimablement à notre visiteur pour qu’il puisse apaiser sa douleur. C’était là ma façon de m’excuser, puisque je n’étais pas certaine que c’était à moi se présenter des excuses.

« Vous allez bien ? »

Bien que je connaissais notre rêveur depuis plusieurs années déjà, je fus surprise par la question et, visiblement, je ne fus pas la seule car Katelyn, la plus vindicative et la plus mordante d’entre nous toutes, se leva et se dirigea à son tour vers la salle de bain, probablement pour contenir les reproches salés qu’elle réservait notre hôte imprévu. Il n’y avait là rien de surprenant : il ne fait pas bon réveiller la bête dans sa torpeur, et c’est probablement là notre plus grand point commun. Alors, je la regardai partir, soulagée de ne pas devoir affronter sa colère, et me tournai vers Romain, qui souriait faiblement.

- Oh, tu es venu tenir salon ? le questionnais-je d’une voix incroyablement douce et badine. C’est une excellente nouvelle ! repris-je de manière enjouée. J’ai récemment lu un bouquin dont j’aimerais beaucoup m’entretenir avec vous. C’est l’histoire d’une harpie qui tombe amoureuse d’un niffleur pendant la Grande Peste noire de 1347 et qui, ne pouvant vivre son amour au grand jour au risque de décevoir Poupine sa maman, décide de s’exiler dans les Terres du Milieu. Là, elle rencontre Siegfried, le héros légendaire, ainsi qu’une allégorie de Jean de Meung, et tous deux…

Constatant l’incrédulité des visages qui me considéraient, je laissai ma phrase en suspens. Au-delà de l’ironie enjouée dont je colorais mes paroles, détourner ainsi la conversation, ne pas demander à Romain comment il allait depuis la bataille de Sainte-Mangouste et ne pas lui faire de reproches quant à sa venue mal venue quand Laïla était probablement si heureuse de le retrouver et quand moi-même j’étais, d’une certaine façon, soulagée de sa présence, était un moyen de casser le malaise palpable qui s’était installé dans la pièce. Après un laconique instant de silence, je continuai :

- Quoi ? …Non ? demandais-je, hésitante. Bon très bien ! repris-je gaiement après avoir croisé le regard suppliant de mon amie. Mesdemoiselles, le spectacle est terminé ! Papa et maman ont à discuter.

J’enserrai alors ma baguette et, passant devant chacun des lits qui emplissaient la pièce, j’entrepris d’en défaire les baldaquins pour offrir à Laïla et Romain l’intimité qu’ils désiraient très certainement retrouver l’espace de quelques instants. Je me dirigeai ensuite vers mon propre lit et, après m’être saisie de mon livre de chevet, tapotai le bout de ma baguette sur un objet insignifiant qui se transforma en une inutile paire de lunettes, puisque ma vue ne requiert d’aide d’aucune sorte. Je me dirigeai ensuite vers le lit de Laïla et m’assis à la place qu’occupait son cher et tendre quelques secondes auparavant. Ainsi, le corps droit, je tendis les jambes et les croisai avant d’ouvrir l’ouvrage que je tenais entre mes mains et de grotesquement poser ma nouvelle paire de lunettes bien trop bas sur mon nez. Ainsi, calmement, le menton haut, je considérai par moments le couple par dessus la monture noire qui ceignait mon visage.

- Allez-y, faites comme si je n’étais pas là ! Je veille au grain ! Dis-je en jetant un regard circulaire sur la pièce pour vérifier que les enfants étaient bien sagement endormis.

Mes iris effleurèrent alors les pages jaunies et cornées et, tranquillement, tandis que je faisais face aux deux amoureux, j’entrepris une lecture désintéressée, relevant de temps à autres mon visage faussement stoïque. Bientôt, nous aurions le droit aux baisers et autres démonstrations d’amour en tous genres. De la joie et du bonheur à l’état pur. De quoi me mettre d’excellente humeur, moi que ce genre d’épanchements met toujours dans un état d’inconfort gêné. Nous nous apprêtions à passer une excellente nuit, que j’espérais néanmoins que notre ancien camarade de maison aurait la décence de ne pas passer dans notre dortoir.


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Laila Clennam

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MessageSujet: Re: Intrusion nocturne ♠ Laïla ♠ Elada ♠ Romain   Jeu 15 Mai - 13:45

Elada, son regard gêné, embarrassé, et puis sa corne. Elada était une licorne et tout le monde semblait être plus préoccupé du fait qu'un homme était dans le dortoir. J'avais un peu envie de souligner de nouveau que ma voisine de songes avait une corne plantée sur le front; cependant, son regard s'accrocha fermement au mien avant qu'elle me fasse une moue et que le pic qui impressionnait tant disparaisse à son toucher. Quelques instants plus tôt, le rire de mon amie avait habité la chambre tel un carillon; maintenant, c'était à moi de faire tinter ma voix, manifestant ainsi mon divertissement. Je riais à n'en plus finir, de ce petit rire qui chatouille le larynx et qui descend titiller la poitrine. Les secouements m'agitaient doucement et j'avais besoin de me retirer un instant de cette situation quelque peu absurde - pour ne pas dire hilarante. Doucement, mon front vint rejoindre le sternum de Romain et pendant quelques secondes, mes rires résonnèrent sur son torse. Il me semblait que des siècles s'étaient écoulés depuis notre dernière rencontre; je voulais savourer nos retrouvailles. Mes palpitements cardiaques gagnèrent en vitesse, sûrement parce que je sentais son souffle englober ma tête; j'entendais sa respiration profonde humer mon odeur tandis que, de mon côté, j'absorbais tout son parfum en me blottissant contre le haut de son corps. J'avais fermé les yeux. J'avais oublié ce qui nous entouraient. Je ne remarquais même pas le dialogue entre ma camarade (qui était quelque peu mécontente de l'apparition de mon doux et tendre) et l'objet de son mécontentement.  Nous étions seuls, ensemble.

- Oh, tu es venu tenir salon ? C’est une excellente nouvelle !  J’ai récemment lu un bouquin dont j’aimerais beaucoup m’entretenir avec vous. C’est l’histoire d’une harpie qui tombe amoureuse d’un niffleur pendant la grande peste noire de 1347 et qui, ne pouvant vivre son amour au grand jour au risque de décevoir Poupine sa maman, décide de s’exiler dans les Terres du Milieu. Là, elle rencontre Siegfried, le héros légendaire, ainsi qu’une allégorie de Jean de Meung, et tous deux…

Je reconnaissais ce ton et je m'en méfiais. Ma tête se releva et mon regard accompagna tous les gestes d'Elada, scrutant son humeur. Elle n'accorda pourtant pas de démonstrations satisfaisantes à mes observations. Romain n'avait pas été très malin de demander au petit troupeau de jeunes filles endormies qu'il venait d'arracher au pays de l'endormitoire si elles allaient bien. Je lui dirigeai un sourcil mi-grondeur, mi-amusé en lui chuchotant que peut-être il devait chercher à se faire pardonner.

Si mes murmures avaient rejoint son oreille, je n'en savais rien car Elada avait déjà bien l'intention de prendre la situation en main.

- Quoi ? …Non ?  Bon très bien !  Mesdemoiselles, le spectacle est terminé ! Papa et maman ont à discuter.

- Merci Ela, dis-je, amusée.

Aussitôt, nous nous retrouvions les trois seuls à être au découvert. Romain et moi étions sur mon lit, blottis ensemble, observant les actions d'Elada. Personnellement, j'avais envie de garder Romain dans mon lit toute la nuit; Elada aimait bien Romain, je le savais. Elle l'appréciait car, qui ne pouvait pas aimer ce poète rêveur? Mais son comportement ce soir me signalait bien qu'elle n'allait pas supporter la présence d'un garçon dans le dortoir, surtout si ce garçon allait dormir avec moi. Sa pose sur le bord de mon lit avec ses lunettes qui tombaient sur son nez me fit bien sourire.

- Tu seras la chaperonne ce soir, chère? fis-je en raillant un peu.

-Ah non !

Au seuil de la porte se trouvait Katelyn, mal coiffée, les mains sur les hanches, le regard plein d'éclairs et le front plissé de frustration.

- Il n'est pas question qu'Ela fasse la chaperonne parce qu'il est absolument hors de question que monsieur-le-fiancé passe la nuit dans le dortoir, s'écria-t-elle avec fureur.

Les uns après les autres, les rideaux des baldaquins s'ouvrirent de nouveau et toutes les filles sortirent leurs têtes endormies pour assister à la crise de nerf de Katelyn.

- Je suis allée voir la préfète, et elle s'en vient maintenant. ET C'EST QUOI L'AFFAIRE DE NOUS ÉPIER PAR LA FENÊTRE BORDEL ? ROMAIN PETER LESAGE, DEHORS !

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Romain P. Lesage
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MessageSujet: Re: Intrusion nocturne ♠ Laïla ♠ Elada ♠ Romain   Mar 1 Juil - 11:17





Intrusion Nocturne

Romain se faisait spectateur des lieux et surtout d'Elada. Il aimait la folie de la jeune fille qui savait si bien rendre le quotidien surprenant. Elle avait à la fois cette bêtise et cette remarquable perspicacité. Il fallait aussi voir ses manières théâtrales qui faisaient oublier à Romain le pourquoi du comment il se trouvait ici. Ce soir Romain n'était pas un grand parleur. Il ressentait le besoin de voir du monde, mais surtout le besoin de toucher le visage de celle qu'il aimait tant.
Avoir Laïla dans ses bras lui faisait un bien fou. Il respirait son odeur en se disant au combien il était chanceux d'avoir ainsi rencontré son âme soeur. Il se sentait apaisé bien que fautif des choses qu'il avait à lui dire. Enfin, s'il pouvait en avoir l’occasion.
Personne n'avait remarqué que Katelyn s'tait éclipsé avec l'intention de faire partir ce cher Romain. Elle avait comme à son habitude son air de fille toujours agacée. Un caractère qui faisait bien rire Romain. Il regardait la jeune Serdaigle avec un léger sourire. Il n'était pas en colère. Mieux, il comprenait. Cependant il voulait qu'elle aussi comprenne ses intentions.
Il fit glisser ses doigts dans les cheveux de sa dulcinée avant de prendre la parole.

« Katelyn, j'ai à parler. Une préfète ne changera en rien mes intentions. Au pire elle ne fera que rendre ma présence plus longue et ton sommeil plus court. Je ne partirais pas. Pas tout de suite. Tu rends les choses plus difficiles qu'elles ne le sont déjà. J'ai à parler de St mangouste. »

Les visages endormis des demoiselles se firent plus graves. Tout le monde avait le droit de savoir ce qui s'était passé là-bas. Romain avait vécu ce moment, aussi il devait tout raconter à Laïla pour qu'elle puisse comprendre qu'il voulait partir loin un moment et ce, avec ou sans elle, marié ou pas. Romain craignait une rechute sentimentale. Il ne voulait pas revivre cet épisode de maladie mentale. Aussi ne pensait-il qu'à se changer les idées. Depuis le temps qu'il souhaitait voyager, il voyait là l'occasion parfaite.
Il passa sa main sur son front douloureux avant de regarder Elada.

« La nature t'a doté d'une force incroyable. Dieu merci, je n'ai pas rencontré une Elada royaliste ce soir-là. »


En finissant sa phrase, Romain eut une pensé pour Tobias. Il était toujours porté disparu. Il avait dû être emmené par l'une ou l'autre des factions adverses. Romain connaissait l'attachement qu'avait Laïla pour cet homme aussi il la serra dans ses bras en lui murmurant à l'oreille.

« Je suis désolé pour Tobias, mais je suis certain qu'il ne va pas tarder à réapparaître. »

Il n'était pas mort ça il en était certain. Il y avait forcément une raison qui faisait qu'il avait disparu. Après avoir fouillé St mangouste de fond en comble et n'avoir pas trouvé une seule trace du directeur, Romain, ne pouvait qu'en être convaincu.
Levant la tête vers Katelin qui visiblement était toujours aussi contrarié, Romain, craignait qu'elle ne remonte sur ses grands chevaux. N'était-elle, pour une fois, pas curieuse ?



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Elada L. Enatari

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MessageSujet: Re: Intrusion nocturne ♠ Laïla ♠ Elada ♠ Romain   Dim 7 Sep - 15:51

Mon simulacre de lunettes délicatement posé sur l’arête de mon nez, je feuilletais sans vraiment le lire ce magnifique livre illustré sur la Guerre des gobelins. Le sujet était passionnant, passionnant. Au moins aussi captivant que la vue de Laila blottie dans les bras de son Adonis. Trop d’effusions d’amour tue l’amour. Je l’ai toujours clamé et je pense que l’on devrait plus souvent prendre cette observation en considération. Je n’ai jamais ressenti le besoin d’être le témoin de scènes dégoulinantes de petites attentions mignonnes et de mignardises nappées de mots doux. Non, vraiment, j’affectionne Laila et j’apprécie Romain, mais je les préfère individuellement, ou tout du moins non englués : tenir la chandelle, très peu pour moi. Mais celui qui s’était rendu coupable à la fois de voyeurisme – bien que j’espérais en réalité qu’il ne nous avait jamais observées auparavant (je me jurai de le lui demander quand j’en aurais l’occasion) – et d’immigration clandestine, ne me laissait d’autre choix que celui de…

- Tu seras la chaperonne ce soir, chère ?

…chaperonner. Laila avait toujours le mot juste. Accompagnant ses dires, ma peau se creusa alors dangereusement et ma crinière blêmit jusqu’à se confondre avec la blancheur de mon t-shirt. Je pris ensuite un accent chevrotant et renchéris :

- Bien sûr mon enfant. Pensiez-vous que vous alliez pouvoir rester là, à la merci de la tentation et du péché, sans la moindre surveillance ? Les jeunes filles de bonne famille comme vous l’êtes se doivent de recevoir la meilleure des éducations, et je ne saurais souffrir de…
- Ah non ! hurla une voix perdue dans l’immensité.

Ce timbre si doux, si mélodieux, je l’aurais reconnu entre mille : Katelyn à l’apogée de sa splendeur et de son irascibilité. Une grande actrice, s’il en est. Malgré ses humeurs nomades et malgré les chicanes qui nous opposaient régulièrement, j’estimais Katelyn. Elle faisait de la vie un théâtre, une tragi-comédie un peu surfaite, mais tellement plus palpitante. Mais dans le rôle pauvre petite chose effrayée, j’avais toujours été médiocre. Aussi, je ne pus me retenir d’éclater de rire. J’étais désolée pour elle et nos comparses, mais la situation était bien trop burlesque pour que je ne m’en gausse pas.

- Il n'est pas question qu'Ela fasse la chaperonne parce qu'il est absolument hors de question que monsieur-le-fiancé passe la nuit dans le dortoir.

J’étais d’accord, Romain ne pouvait rester dans les coulisses de nos songes. C’était moi qui dormais à côté de Laila, après tout, et je ne voulais pas entendre des bruits de succions ou autres râles suspects tout au long de la nuit. C’était hors de question, mais je n’allais pas pour autant approuver les sombres emportements dramatiques de la madone. Tranquillement, je me levai et me dirigeai donc vers notre amie, dans l’espoir d’apaiser la tempête Katy avant que celle-ci ne se déclenche.

- Je suis allée voir la préfète, et elle s'en vient maintenant. ET C'EST QUOI L'AFFAIRE DE NOUS ÉPIER PAR LA FENÊTRE BORDEL ? ROMAIN PETER LESAGE, DEHORS !

Trop tard. Cette lourde sentence tombée, je déployai ma gorge de plus belle, ne pouvant empêcher les mouvements effrénés de mon diaphragme. J’avais conscience de n’avoir, aux yeux d’aucun spectateur, les réactions que l’on attendait de moi. Mais le spectacle était beaucoup trop drôle pour que je puisse le prendre au sérieux et beaucoup trop sérieux pour que je n’en amuse pas. Je crois que certaines de nos condisciples auraient moins souvent dû porter au mélodrame les petites entorses au règlement. Je n’avais jamais pâti d’avoir circulé après minuit dans Poudlard, d’avoir emprunté certains passages secrets, de m’être perdue dans la forêt interdite, d’être tombée dans le lac, d’avoir atterri dans un cactus géant en cours de botanique ou encore d’avoir passé la nuit dans le parc. J’en gardais, au contraire, d’excellents souvenirs. Et s’il y avait un règlement, c’était bien pour qu’il soit transgressé de temps à autres, sans quoi il aurait perdu de sa raison d’être et de son intérêt. Et quoi que l’on en pense, une affaire telle que celle-ci ne pouvait être si gravissime qu’elle n’y paraissait. J’étais naturellement toujours un peu irritée par l’arrivée soudaine de Romain, mais cela tenait plus en ce que je m’étais sentie épiée et observée qu’en sa présence ici.

La poitrine toujours prise de spasmes nerveux, je m’approchai de Katelyn et entourai ses épaules de mon bras. Offrant ainsi à l’assemblée réunie la possibilité de contempler le magnifique ours bedonnant qui agrémentait l’avant de mon haut de pyjama ainsi que les innombrables petits cœurs vermeils qui en ornaient le short, je ne focalisai néanmoins mon attention que sur le profil de la matrone, dont les pupilles furieuses ne daignaient pas me donner la réplique.

- Ha, ha ! dis-je dans un excès d’éloquence en ébouriffant sa tignasse brune. Je l’adore ! N’est-elle pas géniale ? demandais-je en aparté à qui voudrait répondre.

Dans un coin, quelques gloussements égayèrent l’atmosphère tandis que, tapis dans l’ombre, Romain et Laila profitaient de ma tirade pour se rapprocher. Dans le rôle des amants malheureux, ils faisaient fort. Quant à moi, tournée vers Katelyn, j’ajoutai :

- Dodeline, tu es géniale !
- Ela’… Rétorqua-t-elle, la moue désapprobatrice.
- Si, si ! J’insiste ! Interjetais-je avec flegme, mais d’une façon exagérée que j’espérais théâtrale.

Je savais qu’elle me détesterait pendant au moins deux jours pour avoir brisé la trame qui la voyait être le justicier d’une fable grandiloquente. Mais le regard désespéré de Romain et la lueur amoureuse dans celui de Laila me dictaient de ne pas laisser le courroux de notre vedette gâter ce moment. Si l’étudiant avait pris le risque de venir jusqu’à nous, j’osais supposer qu’il ne l’avait pas fait dans l’unique but d’embrasser sa fiancée, bien que j’avoue que son romantisme exacerbé me laissait perplexe à ce sujet. Katelyn me pardonnerait, de même que nos autres camarades de chambrée qui s’esclaffaient gentiment ou ronchonnaient sous leurs draps, cherchant en vain Morphée derrière leurs oreillers. Voilà qui agrémenterait nos longues soirées d’hiver, lorsque nous aurions des enfants avides des histoires dont leur future école était le décor.

Bientôt, ce fut Romain qui interrompit le nœud naissant de mes rêveries. Il devait parler, il ne s’en irait pas. Et pour appuyer son propos, il mentionnait Sainte-Mangouste. Voilà qui faisait mouche… En une phrase, le jeune espoir avait regagné l’intérêt vacillant des Serdaigle les plus endormies.

- La nature t'a doté d'une force incroyable. Dieu merci, je n'ai pas rencontré une Elada royaliste ce soir-là.

J’avais dû lui causer une forte douleur, en témoignait d’ailleurs le renflement bleuissant qui ornait désormais son front. J’en étais désolée, mais je n’étais absolument pas prête à m’excuser : après tout, il était entièrement responsable de son malheur et personne ne pourrait me blâmer d’avoir voulu protéger Laila et le reste de la troupe. C’était de la légitime défense, mon capitaine ! Mais il est vrai que malgré la petitesse de mes bras, j’avais toujours eu beaucoup de force. C’était là une de mes qualités : j’étais résistante, je savais me défendre. Il fallait bien cela pour compenser ma maladresse et mes idées souvent jugées trop saugrenues. Mais heureusement, je n’étais pas la seule à être maladroite. En ce domaine, Romain me faisait concurrence. Je crois qu’il était venu sans trop savoir comment se comporter ni quoi raconter. Pour tout dire, je ne suis même pas certaine qu’il savait pourquoi il était venu, et cela le mettait dans une position inconfortable. Son discours se faisait donc malhabile et gauche, ce qui était peut-être également imputable à la bosse dont j’étais la cause. Je n’aimais pas l’idée d’être l’auteure de cette boursouflure et je ne savais comment réagir face au soulagement dont il nous faisait part de n’avoir pas dû affronter, le soir de la bataille, une personne dotée d’une force « similaire à la mienne ». Je souris faiblement pour masquer mon malaise. Peut-être que j’allais tout de même m’excuser.

- Pardonne-moi, concédais-je simplement.

À ce moment, un craquement se fit entendre. Je tournai d’abord la tête en direction de Rebecca, qui n’avait jamais maîtrisé l’art subtil de la discrétion, mais la belle, ses magnifiques cheveux blonds défaits, se contentait de timidement serrer contre elle l’ours en peluche que Laïla et moi lui avions offert pour son anniversaire. Quelqu’un venait. J’avais presque oublié : Katelyn était allée chercher Abby quelques instants auparavant. Avec Pad, nous avons toujours imaginé qu’à chaque fois qu’elle s’énervait, une nouvelle tâche de rousseur apparaissait sur ses joues rondes. C’était probablement vrai. Abby a un visage charmant, mais j’ai rarement vu quelqu’un que la contrariété fait rougir autant qu’elle.

- Quelqu’un peut-il m’expliquer ce qu’il se passe ici ? demanda-t-elle d’un ton étonnement stoïque.

En bonne comédienne, apercevant Romain, elle poussa léger cri.

- Alors c’était vrai ! poursuivit-elle, l’air effaré. Laila tu as vraiment invité Romain dans votre dortoir ! En pleine nuit !

Je vis les traits de Laila, qui jusqu’alors essayaient dangereusement d’atteindre le sternum de Romain, se vexer en même temps que ma gêne grandissait. Alors, je fis ce que je faisais toujours pour masquer mon embarras : je détournai la situation pour la dédramatiser et qui sait, peut-être en rire.

- Hey, Irma ! Viens donc un peu ici, j'ai un super truc à te monter !
- Irma ? Je ne m’appelle pas Irma, Elada ! C’est nouveau, ça ?
- Chuuut Irma, tout va bien, murmurais-je doucement en tentant de l’emmener hors de la chambre.
- ELADA ENATARI ! hurla-t-elle, je suis préfète-en-chef ! Et il y a un garçon, qui n’est même plus à Poudlard sur le lit de Laila Clennam !
- Oh, toi aussi tu as remarqué ce léger détail…

Je m’apprêtai à continuer sur cette lancée vaudevillesque, mais je compris que, dans le présent cas, cette recette qui avait souvent fait ses preuves ne me serait d’aucune utilité. Je pris donc le parti de continuer calmement.

- Je ne pense pas que tu devrais aller chercher la vieille McCormick. Elle ne pourrait pas mettre Romain en retenue, mais elle pourrait punir Laila… qui n’était au courant de tout ceci… je crois. Et puis, pense au nombre de points que pourrait perdre notre cher Rowena ! Non, vraiment, personne ne veut ça. Le mieux serait sans doute de leur accorder quelques minutes pour discuter, ensuite Romain s’en ira.

D’une prunelle noire, je lançai un regard appuyé et suspicieux au principal concerné et, profitant de la réflexion d’une Abby désemparée, sans plus me soucier d’une pseudo-bienséance surfaite, je séparai le couple, entraînant l’un et l’autre dans le couloir qui menait à la salle commune et glissant au passage un clin d’œil amusé à Rebecca, qui pouffait silencieusement.

Complice, mais néanmoins toujours un peu agacée par l’intrusion de Romain, je leur soufflai quelques paroles rapides avant de refermer la porte de notre tanière en espérant contenir à l’intérieur tout ce beau monde :

- Si j’étais vous, je ne trainerais pas trop !

Dans son coin, les bras croisé, adossée contre le mur, Katelyn fulminait de ma prestation. Dans les grands drames bien calibrés, elle excellait, mais s’éloigner du script lui avait toujours fait perdre ses repères : en improvisation, j’avais toujours été la meilleure. Mais elle ne m’en voudrait pas indéfiniment, et j’osais espérer que cette performance surfaite éviterait à chacun d’avoir des ennuis.

Le sourire aux lèvres, je m’avançai donc dans la pièce, oubliant presque l’heure tardive :

- Alors, qui pour une bataille explosive ?


Dernière édition par Elada L. Enatari le Dim 7 Sep - 20:36, édité 1 fois
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Intrusion nocturne ♠ Laïla ♠ Elada ♠ Romain

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