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 Le pavillon des hommes. [Lily]

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Lorelei Scamander

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MessageSujet: Le pavillon des hommes. [Lily]   Ven 12 Avr - 12:57



Et sur le bois laqué, il y a toujours des traces de danse.


Le pavillon des hommes.

    Razvan avait beau être prévenu, il resterait surpris en découvrant que le petit cabinet dans lequel il m'avait abandonné 5 minutes serait vide à son retour. Claquant mes mains entre elles pour en chasser l'engourdissement, je remontais la grande avenue de Pré-au-Lard. Mon président roumain avait élu domicile dans un hôtel de première classe, proposé par les bons soins du Ministère de la magie, et j'espérais qu'il puisse se passer de mes services une journée au moins. Ses gardes du corps « normaux » devraient suffire. Je l'espérais.
    Me glissant dans le vent, embrassée par le froid, je fendais cette cacophonie des vibrations, des sensations, et ma peau hérissée par une chaire de poule, pour laisser les regards de quelques curieux glisser sur moi. Porter un simple T-shirt en plein avril britannique n'était certainement pas la meilleure des manières de se faire discrète. Quoiqu'il en soit, j'appréçiais cette idée de légèreté par rapport aux dogmes anglaises. Une légèreté qui ne se captait que trop. Tapotant contre ma hanche avec mon portable, je restais aux abois. Le moindre sms, le moindre signe de vie, je discernerais tout, je verrais tout, j'entendrais tout. Il fallait simplement qu'il se dévoile. Mes yeux scrutèrent les paysages encore scintillants des cadavres de l'hiver de Pré-au-Lard, et ignorant les habitations, je me concentrais sur les lieux commerçants. J'avais peu d'espoir. Pas ici, pas dans un endroit aussi près de Poudlard. Pourquoi s'était t-il enfui ? Démissionner ne lui ressemblait pas. Enfin. Je vins mordre mes lèvres, ignorant le froid insistant qui menaçait de venir craqueler celles-ci. J'avais dit à Razvan que je ne le chercherai pas. Je lui avais dit que quoique je tente, cela serait inutile, car mon jumeau ne s'arrêtait pas, lorsqu'il avait une idée dans la tête. Mes talons explosèrent une fine plaque de verglas. Je continuais à avancer, sans même hésiter. Où était-il allé ? Pourquoi ? Pourquoi ? Ce pourquoi obsédant qui tournait et retournait dans ma tête, presque avec la même frénésie que le vent qui secouait mes mèches. Peu importe, Lore, peu importe. Concentre toi sur tout ce qui peu te faire penser à autre chose qu'à lui. Mes yeux balayèrent les visages des passants, et je laissais mes doigts heurter les surfaces d'un mur, que je longeais, en faisant crisser ma peau contre la façade. Comme un gigantesque cadavre. Hu, hu. La sensation des lames sous mes doigts me fit retirer ma main, et adoptant une gestuelle moins aérienne, veillant à adopter une démarche plus commune, je me fondais à un petit groupe d'adolescente, le temps de traverser la moitié de la ville sorcière.

    La vue d'un petit parc, petit endroit vert organisé à l'intérieur de la ville, attira mon attention. Il n'y avait rien à perdre lorsqu'il s'agissait de se débarasser de ses idées incommodantes, et ce au milieu des fleurs. Quoique vu la saison, il y aurait plus de bourgeons que de fleurs. Mais j'avais l'intime conviction d'être capable de ne pas m'ennuyer si je me rendais à l'intérieur de cet endroit. Et puis, avec un peu de chance, peut-être trouverais-je l'entrée du Daresbury dont Lorcan m'avait parlé. Peut-être. Si je cherchais bien. Ce n'est pas comme si j'étais « en retard ». Un sourire étira mes lèvres, et le vent vint claquer contre mes hanches. Mon portable vibra, mais sans regarder l'écran, je savais qu'il s'agissait de Razvan, qui paniquait. Je lui répondrais plus tard.

    Engagée dans ces avenues de haies taillées, ce petit monde féérique qui scintillait sous sa pellicule lourde d'un gel qui ne veut pas laisser le printemps s'installer, je déambulais au milieu de ces couloirs, m'attendant à tomber à chaque recoins de haie sur le lapin blanc.

    « Monsieur le lapin, m'exclamais-je, en prenant le vent à témoin, veuillez attendre, je vous prie. Voyez vous, je suis à la recherche de mon petit chat, qui s'est perdu. Dinah, oh, ma chère Dinah, si seulement tu étais là pour contempler cet endroit si bizarre ! Il y a des roses en bourgeon et du froid qui se cristallise ! Quel endroit singulier, vraiment ! Dinah, que j'aimerais que tu sois là pour constater de ce que je peux observer ! Pauvre Dinah. Sans moi, elle doit être bien triste, là haut. Je me demande si Madelaine à pensé à lui donner à manger ? Ou peut-être qu'elle lui lit un livre sans images ? Comme c'est triste, et ennuyeux, les livres sans images ! Quel intérêt peut t-il y avoir à en lire un ? »

    Sautillant dans un pas de danse hasardeux, je montais sur un banc verglacé, pour prendre de la hauteur et contempler le petit parc. Quoiqu'enfermé dans la ville de Pré-au-Lard, j'avais la sensation d'être réellement tombé au Pays des Merveilles. Les hautes haies qui encerclaient le Parc ne nous laissait pas la moindre vue sur le reste de la ville. Ici, sur ce banc, j'étais au cœur d'un labyrinthe végétal glacé. Un sourire étira mes lèvres, et je tendais les bras, pour étirer des muscles que je sentais ankylosés. Le vent souffla ma question contre mon corps, près de ma gorge, entre mes doigts. Où es-tu, Lorcan ?
    Et ce « pourquoi », je le taisais de ma tête en refermant mes doigts, dans un claquement sonore. Une tâche rousse apparue au milieu de mon univers blanc et vert. Allons bon. Une jeune demoiselle, qui me tournait le dos. Une demoiselle dont les flammes capillaires n'allaient pas sans me rappeler le visage d'une enfant rencontrée un peu plus tôt. Quelques mois, à peine. Mais est-ce que je confondais ? Mon visage s'assombrit, et descendant de mon banc, pour longer ce chemin tortueux et pernicieusement long des haies, j'allais à sa rencontre. Silencieuse, comme une ombre, mais plus douce et moins violente que les effluves animales de Lysander et Lorcan, je m'arrêtais à quelques pas derrière elle. Une seconde d'hésitation. Le temps d'un battement de cœur.

    « Lily ? »

    J'avançais, un sourire au fond des yeux. Qu'avais-je dit ? Ne pas penser à lui. Tout s'acharnait pourtant à le mettre dans ma tête. Tant pis. Il faisait froid, et l'enfant avait les cheveux de feu. J'étais un papillon de nuit, et les bougies m'attiraient.
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Lily L. Potter

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MessageSujet: Re: Le pavillon des hommes. [Lily]   Lun 15 Avr - 10:16

Levée sans réveil, avec le soleil. Sans bruit, sans angoisse, la journée se passe. Repasser, poussière, il y a toujours à faire. Repas solitaires en points de repère. La maison si nette, qu’elle en est suspecte. Comme tous ces endroits où l’on ne vit pas. Les êtres ont cédé, perdu la bagarre. Les choses ont gagné, c’est leur territoire. Le temps qui nous casse ne la change pas. Les vivants se fanent, mais les ombres pas. Tout va tout fonctionne, sans but, sans pourquoi. D’hiver en automne, ni fièvre, ni froid. Des crèmes et des bains, qui font la peau douce. Mais ça fait bien loin que personne ne la touche. Des mois, des années, sans personne à aimer. Et jour après jour, l’oubli de l’amour. Ses rêves et désirs, si sages et possibles. Sans cri, sans délire, sans inadmissible. Sur dix ou vingt pages, de photos banales. Bilan sans mystère, d’années sans lumière.

Où es-tu, Lorcan ?

Les évènements avaient découlés, ils s’étaient fondus dans la masse politique qui couvrait les premières pages de la Gazette du Sorcier. Un seul article lui avait été dédié. Un seul article annonçant sa prochaine démission avant que celle-ci ne soit exécutée dès le lendemain. Un petit chaos dans l’histoire mythique de l’école de sorcellerie d’Ecosse. Il commençait à faire beau. Parfois, un petit rayon de soleil pointait le bout de son nez à travers un épais nuage et réchauffait les habitants d’Angleterre pour quelques minutes. C’était comme un luxe, comme un privilège. Lily en eut un léger sourire. Ses commissures de lèvres se retroussèrent dans cette esquisse de sourire tandis que la surface glaciale du banc de pierre sur lequel elle se trouvait lui rappela les réelles températures du pays. L’allée de haies qu’elle avait traversées, taillées merveilleusement et qui donnait la sensation d’un paradis dans Pré-Au-Lard, lui permettait d’échapper ses pensées sans jugement autour d’elle. Ridicule comme idée, n’est-ce pas ? Mais Poudlard était un endroit bien dangereux pour y laisser vaquer ses émotions. Alors, quand la découverte de ce minuscule parc vu de l’extérieur mais immense lorsqu’on y pénétrait, s’était faite, la Lionne en avait fait un certain refuge. Comme une bulle que l’on pénètre à sa guise mais qui ne s’explosera jamais.
Depuis cette nuit où un trou immensément noir remplaçait sa mémoire, Lily se posait de plus en plus de question. Elle prédisait le fait d’avoir oublié certaines causes, certaines raisons à son départ, autre que celle de Chess, elle avait la sensation de manquer à quelque chose qui pouvait ne pas avoir de rapport avec Lorcan. Mais il lui manquait tellement. Malgré la colère qu’elle pouvait ressentir à son égard, il lui manquait affreusement. Parfois, elle appelait Elizabeth, en espérant que le chat apparaisse devant elle, qu’il lui donne un lien de connexion avec son maître. Mais il ne répondait jamais à ses appels. Ne lui laissait pas l’occasion d’avoir de ses nouvelles. Alors, au fil des jours et des semaines qui s’installaient, elle s’habituait à son absence, comme l’on s’habitue à une routine qui nous déplaît. Au fil du temps, elle creusait dans sa mémoire pour se rappeler le moindre détail des discussions qu’ils avaient pu partager, persuadée qu’il avait disparu pour toujours. Un abandon ? Peut-être. Que pouvait-elle savoir, assise sur ce banc alors qu’il devait se trouver à des millions de kilomètres de cet endroit précis ? Qui était-elle pour juger de ses actes ? Elle avait tué ce à quoi il tenait le plus.

Jeune fille qu’elle était, elle souhaitait plus que tout éloigner ses pensées de ce visage si singulier, associé à deux autres personnes dont on ne connaissait le nom que pour leur réputation et leur gloire dans le monde du travail. Lysander et Lorelei Scamander, l’un maintenant époux de sa cousine et père, à la tête du plus grand réseau de dragons au monde sorcier et l’autre, sublime comme le soleil, douce comme les nuages mais vorace et carnivore dans sa quête de réussite. Lily avait énormément apprécié Lorelei lorsqu’elles avaient pu se rencontrer pour la première fois au tribunal. Elles ne s’étaient vues que l’espace de quelques heures, le temps d’un déjeuner qui fut écourté par leurs obligations respectives, mais la rouquine avait adoré sa conversation joviale et son enthousiasme à en savoir toujours plus. Puis, qu’elle était belle.
L’entente d’une mélodie s’extériorisant tandis que des clients sortaient d’une boutique fit chantonner Lily, de nouveau prise dans un florilège de pensées qui ne la retenait pas au monde présent. Tapotant de ses doigts sur le rebord du banc de pierre, un nouveau sujet lui traversait l’esprit. Que s’était-il passé en cette nuit si fameuse où elle se rappelait avoir été en compagnie de Jacob Dragonneau ? Pourquoi était-elle incapable de se souvenir de ce moment-là, sans savoir pourquoi elle se trouvait avec cet élève en particulier avec qui elle n’avait aucun lien ? Enfin, aucun lien, tout était à définir. Elle ressentait toujours ce serrement au cœur lorsqu’elle l’apercevait au bout d’un couloir, avant de faire subitement demi-tour, refusant catégoriquement d’échanger un quelconque regard ou même de passer à ses côtés. La rumeur dorénavant confirmée, disait qu’il s’était entiché de Mia Hobbes. Mia, son amie dont elle n’avait quasiment plus de nouvelles depuis la bataille de décembre. Qu’était devenu chaque élève pour l’autre ? Tout avait changé. Même l’Inquisition avait éclaté.

Lionne à l’image de Gryffondor, elle chantonnait toujours cette même mélodie.

« When your dreams all fail and the ones we hail are the worst of all and the blood’s run stale, I want to hide the truth, I want to shelter you, but with the beast inside, there’s nowhere we can hide. No matter what we breed, we still are made of greed, this is my kingdom come. When you feel my heat, look into my eyes, it’s where my demons hide. Don’t get too close, it’s dark inside. When the curtain’s call, is the last of all, when the lights fade out, all the sinners crawl. So they dug your grave, and the masquerade will come calling out at the mess you made. Don’t want to let you down, but I am hell bound. Though this is all for you, don’t want to hide the truth. »

Je veux te protéger, mais avec ce monstre à l’intérieur, il n’y a nulle part où aller. Lorsque tu sens la chaleur, regarde dans mes yeux, c’est là que ce se cachent mes démons. Lorsque le rappel est le dernier de tous, alors ils creusent ta tombe. Je ne veux pas t’abandonner, mais c’est trop tard pour en sortir.

Des paroles qu’elle chérissait. Des paroles dont elle ne se lasserait jamais.
Où es-tu, Lorcan ?

« Lily ? »

Un sursaut de surprise et la concernée se retourna pour apercevoir une lueur d’espoir.
Aux cheveux n’affichant subitement pas la même longueur qu’il y a quelques mois.

« Oh, Lorelei, tes cheveux sont... très courts. »

Un sourire accompagna cette remarque des plus anodines et stupides qui soit lorsqu’on savait que la fille Scamander avait parfaitement conscience de la longueur de sa chevelure. Se décalant de quelques centimètres, la rouquine laissait une place à l’inattendue, arborant un sourire sincère quant à leur rencontre.

« Je suis contente de te revoir. »

Peut-être sais-tu plus de chose que moi ?
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MessageSujet: Re: Le pavillon des hommes. [Lily]   Mer 15 Mai - 14:41

    Le lapin blanc m'avait toujours accompagné. C'était Lysander, le premier, qui avait tâché ma cognition de ce blanc immatériel, de ce blanc qui par la suite avait obsédé Lorcan lorsqu'il l'avait retrouvé dans la personne de Chess. Mais contrairement à mon frère jumeau et aîné, j'avais dédaigné avec un mépris cinglant le sourire du chat de Cheshire pour me concentrer sur cet être rongeur et dantesque. Il n'y avait rien de mignon dans le lapin blanc, tout comme il n'y avait rien de mignon dans le Chat. Mais cette créature aux oreilles portées sur les secrets de l'âme, sur les retards de l'être, je l'avais fait ma hantise et mon obsession. D'aussi loin que je me souvienne, c'était l'aîné de notre trio, Lysander, qui nous avait plongé dans ce bouleversement de l'être qu'est la découverte du Wonderland. Nous étions enfants, et les sièges avaient été empilés dans un équilibre étrange, un équilibre de la main de Lorcan. Le corps de Lysander était tendu à l'extrême, et en bas de cette tour précaire, j'avais observé les doigts de mon frère se tendirent jusqu'à ce livre poussièreux. Peut-être aurions nous du le prendre comme un avertissement, du fait qu'il soit placé si haut, si innateignable. Mais le garçon blond, le futur hommes aux femmes et aux dragons avait décidé de ne jamais laissé le moindre obstacle barrer nos envies et de nos désirs. Dans un amour étrange, une fascination qui serait les prémices de notre obsession, il avait refermé sa main toute entière sur la côte d'un livre que nous ne lâcherions plus. L'équilibre avait volé en éclat, et Lorcan, dans un cri silencieux, avait observé la chute de notre frère. C'était la première fois que nous vivions cette scène de chute ; du corps qui tombe, ni vers le haut, ni vers le bas, dans une chute interminable, avec des objets qui volent dans tous les sens. Comme imprimé à la fois sur les pages du livre et dans notre réalité, Alice s'était transformé en Lysander. Le temps de quelques secondes. Le temps d'une chute.
    Luna nous avait toujours lu les livres de notre âge. Dans sa voix lente et détachée de ces intonations que prennent les lecteurs normaux, nous avions toujours imaginé des mondes froids et mécaniques au travers de ces récits de Beedle qu'elle nous racontait. Dans l'histoire des frères Peverell qui franchissaient l'obstacle d'une rivière, nos imaginaires s'étaient déchainés sur des sols froids et mécaniques, sur des réalités robotique aux sons de la voix de Luna qui tournait les pages. Dans cette chute de Lysander, dans cette vision et cette sensation gelée du corps qui tombe vers la douleur, nous avions tous les trois été si heureux, pendant cette folle seconde. Si heureux de réussir, d'aller jusqu'au bout. Le bruit avait été infâme, la douleur odieuse, mais il avait rit si fort, si hystérique, complètement immobile sur le sol, que nous étions tombé dans cette même hilarité que lui. Nous avions sombrés, si profondément. Cette vérité éclatante d'un monde sans logique, d'un monde qui se déchainait sans la moindre morale, sans la moindre clairvoyance. C'était Lysander qui avait lu, nous allongeant sur ses genoux, sous les nuages, loin de toute autre réalité. C'était lui qui avait drapé mon monde de blanc, c'était lui qui avait fait sourire le monde de Lorcan. Dans tout son droit d'ainesse, Lysander Stieg Lovegood Scamander, imposant un monde à Lorcan Sylvestre Lovegood Scamander, imposant un monde à Lorelei Stella Lovegood Scamander. Nos initiales jumelées, nos noms entremêlés, pour des réalités qui se pavanaient, arrachées au raisonnable, arraché au normal. Le lapin blanc m'avait toujours accompagné, et je l'avais toujours suivi. Mais les yeux fermés, à reculons, en souriant, sans jamais voir où j'allais.
    Alors dans cette perdition à Wonderland.
    Dans cet instant où celui qui me souriait, assis sur une branche, qui devait me donner la direction pour me dire où aller.
    Dans ce monde où j'avais perdu mon frère et son Chat à sourire.
    J'allais où, moi ?

    « Oh, Lorelei, tes cheveux sont... très courts. »

    Alors, j'explosais de rire. Vraiment, hystériquement, joyeusement, complètement-follement. Je riais en me pliant en deux, en me tenant les côtes, parce que c'était aussi risible que c'était cruel et que c'était drôle, aussi. Je riais à en mourir de rire, et des larmes vinrent perler mes yeux. Je gloussais, ululant de rire dans une hilarité qui pourfendait ma réalité, à la cognition déchirée par des dogmes tout en pommettes et en commissures pointures. Un sourire qui dévoilerait les dents de sa folie. Mm, peut-être... Pourquoi pas ?

    « Lily, Lily. »

    Je me redressais, en cessant le rire et mes respiration, pour atténuer la tempête des sentiments de ma poitrine, dans un sourire doux, mes doigts venant froisser les mèches courtes. Bien trop courtes, bien trop courtes, en fait. Je souriais, comme le suête breton qui vient calmer l'air marin, et exhaler les odeurs d'une aigue en pleine torpeur. Dans le vent, les roses des neiges scintillaient, dans un tintinnabulement de pétales lourds d'humidité, et je posais sur Lily un regard plus calme, ancré dans ce même rire. Avec plus de calme, avec plus de calme. Quel était l'intérêt de Lorcan sur cette enfant ? La couleur de ses cheveux souillait mon univers blanc. Son orange virait sur des nuances que le sang n'apportait pas. Le feu, pourtant, n'attirait que les ténèbres ? Je ne comprenais pas exactement. Mes doigts vinrent effleurer mes tempes, et je déposais ma paume sur l'épaule de la jeune fille.

    « Je suis contente aussi. Sans le moindre gêneur à l'horizon, c'est une occasion rêvée. Je t'invite quelque part ? Tu as soif ? Faim ? »

    Sans particulièrement attendre la satisfaction d'une réponse apportée, je l'empoignais avec douceur par le poignet, pour l'écarter des sentiers trop battus, déjà, par mon esprit, pour nous sortir du parc, je plongeais vers la réalité à grande foulée, lui faisant alors remarquer toutes les fleurs sur notre passage ; soulignant chaque bourgeon, chaque éclosion, chaque fleur gelée dans son mouvement, chaque feuille tendue dans le vent. Je nous ramenais à Pré-au-Lard, mes mots s'égarant sur le ciel bleu mais gelé, inaccessible et froid, sur le sol verglacé et dangereux, sur l'intérêt de porter des bottes en peau de dragon, sur les dragons et leurs capacités étonnantes de resistances au froid. Avec passion, mon souffle s'échappant en buée en dehors de mes lèvres, venant sur perdre sur l'air contre lequel ricochaient mes mots. Les dragons et leur peau cuirassée, les dragons et les membranes de leurs ailes, les plumes qui protégeaient les endroits stratégiques tels que les articulations ou les points nevralgiques de la gorge et des pattes, la puissance d'une détente de patte de dragon, puis je m'égarais en ricanant sur les lapins qui changeaient de couleur en hiver, pour ne pas être attrapés par les prédateurs naturels. Je parlais sans grande conviction de la couleur de peau et de poil des ours polaire, je parlais aussi d'un homme, gigantesque, que j'avais croisé une fois, et qui devait être un animagi ours. En l'entrainant sur la grand'route, je lui parlais des musiques moldues à la mode, je lui parlais des livres intéressants à lire, je lui parlais des oiseaux qui devaient se les cailler dans les longs vols, je parlais aussi de mon président roumain, je parlais du goût absolument ignoble des cafés, je marmonnais sur les prix des vêtements bien trop chers, et sur les … Je parlais. À n'en plus finir. Un kidnapping bavard, en somme.

    D'un coup de pied, j'ouvrais la porte gelée d'un bar, qui fit sursauter le client assis juste à côté de la porte, et envoyant voltiger les éclats d'une neige immaculée, je rentrais dans les lieux, toujours en tenant le poignet de Lily. Constatant que le lieu semblait adéquat, je lâchais avec douceur l'articulation fine de la jeune Lionne, et allant m'installer à une table de libre, promenais mon regard sur les lieux. La salle était bien remplie, et couverts sous des écharpes et des manteaux, je faisais peut-être un peu tâche, en T-shirt, dans cet univers de frileux. Pinçant mes lèvres, je ramenais la chaise jusqu'à mes fesses avec le pied, me laissant tomber sur ma jambe pliée, avant de glisser mes deux pieds jusqu'au sol, effleurant en une caresse de cuir le parquet du bar. Je concentrais les yeux de mes bleus sur Lily. Bleus. Oh, comme la première fois, songeais-je en détournant le visage pour contempler l'homme qui vint prendre notre commande. Je pris un chocolat chaud, laissant à Lily le soin de choisir, puis je reportais mon attention sur ces prunelles bleues. C'était si facile, comme piste. Si facile. Comme l'autre, d'ailleurs.

    Comme l'autre, qui avait les cheveux aussi clairs que les miens, mais qui lui, avait un pénis. J'avais souri, en approchant son visage du mien, et provocateur, il n'avait jamais baissé les yeux, tout en souriant, son visage déchiré par ce geste humain, qui le déformait dans sa folie. Ses doigts avaient broyés les miens, et j'avais ri, tandis qu'il m'insultait de son sourire. Mien, mien, avais-je murmuré. Il avait répondu la même chose. Son bleu n'avait pas été le même que le mien. Et encore aujourd'hui, le bleu des yeux de l'enfant n'était pas exactement le même. Que serait-ce, songeais-je, si je n'étais pas la sœur de Lorcan ? J'amenais mes doigts à la tasse qu'on posa devant moi, et dans une caresse sur la buée, fit naitre un lapin de vapeur, qui gambada jusqu'à se perdre dans la vapeur de la boisson de Lily, avant de disparaître, emporté par les résidus d'eau et de magie.

    « Tu ne sais pas non plus où est-ce qu'il est, n'est-ce pas ? »

    J'amenais ma tasse à mes lèvres, en aspirant la sensation de chaleur, entre mes lèvres, pour la coincer sous ma langue.

    « Il n'est pas le seul à avoir disparu. Il y a son compagnon, là. Un grand blond, aux yeux bleus. Un androgyne. Chess. Tu connais ? »

    Mes paupières plissées, je pesais sur elle un regard ni moqueur ni rieur. Le contraste, s'il avait été soulevé, aurait été amusant. Ma bouche pour le chocolat de l'enfance, mes yeux pour le poids d'une recherche adulte, d'une souffrance vieillarde. La tasse claqua légèrement contre le bois de la table, et je posais mon coude sur la surface boisée.

    « Si tu étais au courant de quoique ce soit, tu me le dirais ? »

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Lily L. Potter

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MessageSujet: Re: Le pavillon des hommes. [Lily]   Lun 20 Mai - 13:16

« Lily, Lily. »

Lorsqu’elles s’étaient rencontrées pour la première fois, Lorelei avait souri, oui, mais pas ris de cette manière. Pas ris de bon cœur, d’amusement, jusqu’à en avoir les larmes aux yeux. La rouquine se demandait encore comment il était possible que d’avoir fait une remarque aussi puérile sur la longueur de ses cheveux avait provoqué un fou rire aussi intense chez sa voisine. Elle se rappelait de cette longueur si attrayante et de ce chignon si strict qui laissait cependant ce visage doux à la jeune femme, qui ne se forçait pas à montrer un air ferme puisque le simple ton de sa voix le lui permettait. L’impérialité dont elle avait fait preuve dans l’enceinte du tribunal avait admirablement contrasté avec le déjeuner « en famille » qui s’en était suivi, la jeune femme posant un amoncellement de questions à la jeune fille qui se sentait à l’aise à ses côtés et pour cause. Elle ne sait si elle aurait supporté seul Lysander réuni à la folie de Lorcan. Déjà qu’il ne semblait pas particulièrement l’apprécier, elle n’aurait pas profité pleinement de ce moment, trop timide et réservée.

Une main aussi légère qu’un voile suivant les cours du vent se déposa sur la main de Lily.

« Je suis contente aussi. Sans le moindre gêneur à l'horizon, c'est une occasion rêvée. Je t'invite quelque part ? Tu as soif ? Faim ? »

La rouquine savait qu’il n’était pas si nécessaire que cela de donner une réponse. D’ailleurs, Lore ne l’attendit pas spécialement et l’empoigna aussi légèrement que sur l’épaule par le poignet avant de l’entraîner sur le sentier du parc qui les avait toutes deux menées ici. Là, leur chemin qui aurait pu se faire dans un silence certain, puisqu’une gêne aurait pu apparaître bien que ce ne fut pas dans le genre de la jeune femme, prit une tout autre tournure. Lorelei appliqua le stéréotype parfait de ce qu’était une fille : elle parla. Parla, parla, parla à n’en plus finir, de tout, de rien, de plantes, de fleurs, de bougons, de reproduction, des vertus des dragons, ce dont ils étaient capables, ce pourquoi on ventait leurs mérites (ainsi apprit-elle que ce fut principalement pour la chaleur que procurait leur cuir), parla de leur anatomie, de leur envergure (à se demander si le véritable métier de Lore n’était pas celui de Lys), avant de bifurquer vers une rencontre avec un homme particulièrement grand, voire géant, qui lui avait valu la réflexion de savoir si c’était un animagi ours ou non. Intérieurement, la jeune fille pensait plus à une sorte de demi-géant, type Hagrid. Mais peu importe. Franchement, autant de choses futiles que ça captait tout de même l’attention de Lily qui, en tant normal, s’en serait complètement foutu. Entre les musiques moldues récemment en vogue, tout comme les livres et le mal être probable des oiseaux devant ce froid hivernal lorsqu’ils volaient à haute altitude, la Lionne crut entendre le nom du président russe pour lequel la fille Scamander travaillait, ce qui était relativement rare d’entendre, à sa connaissance et à celle de Lorcan. Encore fut-il dans ce monde. Guettant la moindre curiosité, elle ne dut se résoudre qu’à écouter la saveur pitoyable et à vomir des cafés (français, russes ? Aucune idée) et aux prix des vêtements exorbitants pour ce que c’était ou encore les rues infâmes, jamais nettoyées par la communauté, bref. Lorelei Stella Lovegood-Scamander parlait. NE s’arrêtait PAS de parler.

Tout le stéréotype de la fille disparu en un coup de pied dans la porte du bar, imposant encore une fois sa présence à un public qui la dévisagea pour cette entrée fracassante. Désireuse de passer inaperçue par simple soucis de discrétion et de tranquillité – histoire de ne pas se taper la honte, en faite, - Lily se fondit sur la banquette qui entourait la table qu’elles avaient choisi. Le regard que lui accordait son aînée ne la dérangeait aucunement bien que ce n’était pas tellement agréable. Soyons clair, passez sous un rayon x, ça fout les jetons. Répondant négligemment « la même chose » au serveur qui vint poliment commander, elle finit par accorder un sourire à sa compagne de chocolat, ne sachant que faire devant cette insistance alors qu’elle se doutait parfaitement de ce que la sœur du disparu allait lui demander. Elle avait cependant l’air plongé dans des pensées que seule elle-même pouvait apprivoiser. N’osant interrompre celles-ci, elle entoura la tasse qu’on lui déposa de ses mains blanchâtres et fut quelque peu surprise de l’apparition d’un lapin qui plongea dans le liquide chocolaté de sa boisson. Levant les yeux vers la maîtresse de ce tour, l’allusion à un Wonderland qui tournait autour du lapin blanc perpétuellement en retard lui traversa l’esprit.

« Tu ne sais pas non plus où est-ce qu'il est, n'est-ce pas ? »

Elle ne serait sûrement pas là, si elle le savait.

« Il n'est pas le seul à avoir disparu. Il y a son compagnon, là. Un grand blond, aux yeux bleus. Un androgyne. Chess. Tu connais ? »

Quelle question. Enfin, peut-être n’était-elle pas censée tout savoir ?

« Si tu étais au courant de quoique ce soit, tu me le dirais ? »

Lorelei avait changé de position. Tentait de se donner un air décontracté qui trahissait son appréhension et son manque de connaissances. « Je ne sais pas ce que c’est. Mais évite le thé, juste par prudence. » Ne t’inquiètes pas, Lorcan, c’est du chocolat. Chaud. Chaud, chaud, chaud. En réalité, elle se demandait si c’était une bonne idée que de dire les évènements passés à Lore. Même si elle comprendrait de cette manière, le pourquoi du comment, ce n’était pas chose aisée. Peut-être que Lorcan ne désirait pas qu’elle sache. Peut-être qu’il désirait seulement avouer qu’une partie de cette nuit-là, de leur périple à Avalon. C’est dans cette pensée que Lily se rendit compte à quel point elle ne le connaissait pas. Pas du tout. Elle se retrouvait dans une position délicate, dans l’ignorance totale de ce qui pourrait se révéler être le mieux. Et elle n’était pas très bonne actrice pour dissimuler son malaise. La tasse dans laquelle le lapin joyeux avait disparu dansait à présent entre ses doigts, à demi vide du liquide marron glacé qui la remplissait. Elle réfléchissait à toute vitesse. Dire la vérité ou dissimuler un mensonge ? La jeune femme n’avait plus tellement cet air rieur sur le visage, bien qu’elle se veuille décontracter. Elle voulait des informations. A se demander si leur rencontre était réellement le fruit du hasard, si elle n’avait pas eu la certitude de pouvoir savoir quelque chose de la part de la Lionne ou si elle s’était simplement dirigée vers elle dans une rencontre sympathique. Ou les deux. Décalant de quelques centimètres le verre blanc, Lily adopta elle une position typiquement enfantine. Croisant ses avant-bras, elle déposa dans le creux de ceux-ci son menton, veillant ainsi à garder le visage redressé pour porter son attention sur son interlocutrice. Sauf que son regard était tellement intense qu’elle se redressa instinctivement.

« Okaj, comme dirait Lorcan. »

Par quoi commencer ?

« Pour répondre à ta toute première question, je sais encore moins que toi ou n’importe qui d’autres sur cette Terre où il se trouve et ce qu’il y fait. Pour répondre à ta deuxième interrogation, je te demanderai à toi qui ne connais pas Chess ? Oui, je l’ai déjà rencontré et je vois qui c’est. Et à ma connaissance, il ne m’apprécie pas et pour cause. »

Et pour cause d’une certaine nuit dans un certain temple dans la peau d’une certaine déesse.

« Et en ce qui concerne la troisième question, comme je te disais, et pour cause. »

Un sourire innocent dessina les lèvres de la rouquine. Bien. Instant délicat en perspective.
Elle avait envie de pleurer.

« Ca, commença Lily en soulevant son t-shirt pour laisser apparaître l’esquisse d’une plume, c’est Madness. Tu dois sûrement la connaître, un peu. Bon bah, bref, certains évènements ont fait que. Mais ce n’est pas là où je veux en venir. Lorcan a cru bon de m’emmener à Avalon, avec Chess. Toute seule. Avec Chess. Je te passe les détails de nos retrouvailles. Lorcan disait que c’était pour m’aider à contrôler Madness, pour voir dans quelle mesure je pouvais lui résister. En fait, il ne m’a rien dit, mais j’ai cru le comprendre. Après. Enfin, on a donc atterris dans… là-bas et en ôtant le fait que tout est déjà tordu de base, différents évènements et l’environnement qui nous entourait a complètement changé Chess. Au début, tout allait bien. Mais à partir du moment où on a pénétré dans ce temple, à l’effigie de Rê et de tout ça, toute cette mythologie. Si j’avais su, j’aurais trouvé un moyen pour qu’on s’en aille, mais… -un chevrotement dans sa voix enfantine trahissait son émotion-, de toutes manières, c’était trop tard, il a commencé à complètement perdre possession de son corps, Sekhmet s’est littéralement emparé de lui, a profiter de notre faiblesse dans ce milieu et… et il est carrément devenu elle. Il avait son physique, ses défenses, sa force, sa taille, tout. Et son seul but, c’était de me tuer. De me laisser pour morte, de m’achever. Je ne sais pas s’il avait conscience de quoique ce soit. Il voulait juste me tuer de ses propres griffes. Comme si le chat était devenu beaucoup trop puissant. Et j’avais aucune chance de m’en sortir contre lui, ma magie ne fonctionnait pas, tout était inhalé par celle du temple. Je ne savais pas quoi faire. Il fallait que j’utilise ce que j’avais autour de moi pour me battre. Et le seul truc que j’ai trouvé, c’est de lui planter une pierre taillée en pointe par ses propres soins entre les deux yeux. »

Comme une fatalité.

« Je l’ai tué. J’ai tué Chess. Après avoir fait ça, il a repris sa contenance normale. Et il avait une énorme plaie dans le crâne, je lui ai fracassé le crâne. Lorcan est arrivé. Je ne l’ai jamais vu dans un état pareil… J’ai achevé ce qu’il avait de plus précieux. Je lui ai enlevé une partie de lui. Je l’ai forcé à nous ramener dans « la bonne dimension » et là, je ne l’ai plus revue. Je suis sortie de son bureau à sa demande après que Branstone ait subi sa colère et je ne l’ai plus revu. On a annoncé sa démission et ensuite… ensuite sa mort. Mais ça, je n’y crois pas. Je ne sais pas toi, mais je n’y crois pas. »

Et voilà. Voilà que le récit était fait, peu en détails mais en toute sincérité. Profondément meurtrie par l’histoire qu’elle venait de conter et les souvenirs aussi vifs qu’au moment présent, Lily ne bougeait plus. Que vouliez-vous qu’elle fasse ? Si ce n’est se résoudre à cette fatalité qui lui pesait sur les épaules.
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MessageSujet: Re: Le pavillon des hommes. [Lily]   Mar 21 Mai - 11:24

Spoiler:
 

    Et le froid de mon corps qui glissait de ma tête jusqu'à mes orteils, quand les doigts de Lorcan glissaient dans mes cheveux, couraient sur ma joue, dans une caresse silencieuse, horriblement tentante. Je m'arrachais à la raison, pour plonger dans ses yeux, et pour quémander une explication, pour essayer de m'imposer face à ce silence de son rire et de son regard.

    « Alors, qu'est-ce que tu lui trouve ? »

    Il riait, se penchait, et m'embrassait près de l'oreille, comme une défaite de sa part, comme s'il n'avait jamais réellement désiré conserver pour lui seul le secret de son cœur, de son âme. Mais il ne me regardait jamais, pourtant. En pensant à ça, il contemplait certainement son visage, dans ses souvenir, avec tout le calme adulte dont il savait faire preuve.

    « Elle est fascinante. »

    Et il s'écartait. Il s'écartait, ses doigts s'égaraient sur sa poche, et je le savais à la recherche d'un paquet de cigarette, ou de n'importe quelle autre drogue. Un stupéfiant, pour le calmer, pour qu'il ne se perdre pas dans le rire. Mais il restait calme, indubitablement calme, et tout dans son regard trahissait cette passion pour l'enfant du train. J'aurais aimé être là, pour voir de mes propres yeux, entendre de mes propres oreilles, et comprendre. Lorcan ne révélait jamais complètement les choses. Uniquement le plus important.

    « Elle est forte, aussi. »

    Et il souriait, indubitablement. Il souriait, et quand il disait ça, j'avais l'impression qu'il avait trouvé quelque chose. Un endroit vers lequel il pouvait marcher, sans fermer les yeux. Alors je ne comprenais plus.

    Je contemplais Lily, et ses cheveux enflammés. Lily, et son jeune âge. Lily, et l'aura de bizarrerie qui l'entourait, comme un châle d'étrangeté, comme un nuage de chaleur, qui ne se voyait pas, et se ressentait du bout des doigts. J'étais presque sûre qu'il l'avait interrogé, à propos d'être Héritier. J'étais presque sûr qu'il aurait aimé savoir ce qu'elle ressentait, comment elle le sentait, et l'envisageait. J'en étais presque sûre, et j'avais un mouvement de retard sur l'échiquier car si je connaissais la superficialité du mouvement, je ne connaissais pas le déplacement. Qu'y avait t-il ? En dessous ? Sous les yeux bleus ? Qu'y avait t-il, exactement, dans les yeux verts, quand il réfléchissait à elle ? Je taisais mes silences, hurlant mes angoisses, étouffant mes craintes et mes espoirs. Je devais me contenter de comprendre. Collectionner les informations, glanées à tout va. Pour comprendre, simplement, parce que sinon je n'avançais pas.

    « Okaj, comme dirait Lorcan. »

    Ce fut comme un pont, qu'elle relia entre elle et moi. Un lien que je savais sûr, dont je connaissais chaque extrêmité, mais qu'elle assurait comme une passerelle entre ce qui oscillait avec « confiance » et « appréhension ». Si elle choisissait de jouer Lorcan comme la corde entre nous, elle gagnait la partie, et tuait mes doutes. Je n'étais pas partageuse, mais j'étais avare, et elle m'offrait de mon avidité. Alors je ne craignais plus, tout simplement. Elle m'effrayait, cette petite, à jouer si bien aux échecs contre moi.

    « Pour répondre à ta toute première question, je sais encore moins que toi ou n’importe qui d’autres sur cette Terre où il se trouve et ce qu’il y fait. Pour répondre à ta deuxième interrogation, je te demanderai à toi qui ne connais pas Chess ? Oui, je l’ai déjà rencontré et je vois qui c’est. Et à ma connaissance, il ne m’apprécie pas et pour cause. »

    Elle ne savait pas. Pendant une seconde, je faillis me lever et m'en aller. Avant de me rendre compte que la corde était déjà bien accrochée à mes poignets et mes chevilles, et qu'elle m'enfonçait dans le flots de mes propres réponses, sans m'avancer, mais sans me perdre, car elle offrait des arguments à ma reconnaissance, à ma compréhension. Elle connaissait Chess. Elle connaissait le Chat, et le Chat ne l'aimait pas ? Oh ? Voilà qui était étonnant. Qu'avait t-elle fait, pour qu'il ne l'aime pas, lui, cet adorateur de l'être humain ; ce voyeur continuel de l'humanité ? La réponse était claire, pourtant. Tout. Tout ce qui était fascinant restait …, indubitablement, fascinant. Pour les prunelles vertes, qui avaient imprimées et ciselées ses traits et ses attraits dans sa mémoire. Chess devait jalouser, certainement. Il n'était pas partageur. Enfin. Techniquement, Lily n'avait qu'à attendre encore une bonne petite quarantaine d'année, et il se mettrait peut-être à l'apprécier enfin.

    « Et en ce qui concerne la troisième question, comme je te disais, et pour cause. »

    Est-ce que tu me le dirais ?
    Elle ne dit rien, et souleva son T-shirt.

    « Ca, , c’est Madness. Tu dois sûrement la connaître, un peu. »

    Lorcan qui hurlait en déchirant les murs de ses ongles ? Oui.

    « Bon bah, bref, certains évènements ont fait que. Mais ce n’est pas là où je veux en venir. Lorcan a cru bon de m’emmener à Avalon, avec Chess. Toute seule. Avec Chess. Je te passe les détails de nos retrouvailles. »

    Silence. Mes yeux posés sur elle, pour espérer la voir sourire et achever immédiatement en disant « Joooke ! » Avalon. Avalon. La raison de l'emprisonnement de Xénophilius à Azkaban. Lorcana vait t-il complètement oublié ça ? Complètement perdu la tête ? Ou est-ce qu'il avait trop fumé ? Je ne bougeais pas, dans l'attente d'une suite de phrase, de la suite de son discours, pour comprendre. Comprendre la suite, horriblement.

    « Lorcan disait que c’était pour m’aider à contrôler Madness, pour voir dans quelle mesure je pouvais lui résister. »

    Je vois.

    « En fait, il ne m’a rien dit, mais j’ai cru le comprendre. Après. Enfin, on a donc atterris dans… là-bas et en ôtant le fait que tout est déjà tordu de base, différents évènements et l’environnement qui nous entourait a complètement changé Chess. Au début, tout allait bien. Mais à partir du moment où on a pénétré dans ce temple, à l’effigie de Rê et de tout ça, toute cette mythologie. Si j’avais su, j’aurais trouvé un moyen pour qu’on s’en aille, mais… »

    Lorcan. Qu'est-ce que tu as fait, seigneur ?

    « ... de toutes manières, c’était trop tard, il a commencé à complètement perdre possession de son corps, Sekhmet s’est littéralement emparé de lui, a profiter de notre faiblesse dans ce milieu et… et il est carrément devenu elle. Il avait son physique, ses défenses, sa force, sa taille, tout. Et son seul but, c’était de me tuer. De me laisser pour morte, de m’achever. Je ne sais pas s’il avait conscience de quoique ce soit. Il voulait juste me tuer de ses propres griffes. Comme si le chat était devenu beaucoup trop puissant. Et j’avais aucune chance de m’en sortir contre lui, ma magie ne fonctionnait pas, tout était inhalé par celle du temple. Je ne savais pas quoi faire. Il fallait que j’utilise ce que j’avais autour de moi pour me battre. Et le seul truc que j’ai trouvé, c’est de lui planter une pierre taillée en pointe par ses propres soins entre les deux yeux. »

    Elle n'avait pas besoin d'en dire plus. Lorcan avait été là. J'avais été là. Lysander avait été là. Dans la souffrance, dans l'éclair de la salle de bain, la dernière pièce du puzzle, la pièce manquante, celle sur laquelle était imprimée la pierre qui s'abat, l'os qui vole en éclat, et le rouge qui gicle. La salle de bain qui disparaît, pour être noyée sous ce rouge, dans le cœur, dans l'âme et dans les yeux. La salle de bain qui disparaît, remplacée par un décors inconnu, aux dieux élevés sur les murs, qui contemplent, et qui envahissent le monde, leur œil noir dévorant, fixés sur le mortel. J'entendais le hurlement de peur et de désespoir de Lorcan, j'entendais Sekhmet qui dévorait tout, tout. Finalement, tout. Je voyais Lily, et ses cheveux de flammes, au milieu du réel incendie. Et le Chat, qui ne bougeait plus. Par terre, ses cheveux étalés paraissaient tâcher la scène d'une présence irréelle.


    « Je l’ai tué. J’ai tué Chess. »

    Je la fixais, incapable de parler.

    « Après avoir fait ça, il a repris sa contenance normale. Et il avait une énorme plaie dans le crâne, je lui ai fracassé le crâne. Lorcan est arrivé. Je ne l’ai jamais vu dans un état pareil… J’ai achevé ce qu’il avait de plus précieux. Je lui ai enlevé une partie de lui. Je l’ai forcé à nous ramener dans « la bonne dimension » et là, je ne l’ai plus revue. Je suis sortie de son bureau à sa demande après que Branstone ait subi sa colère et je ne l’ai plus revu. On a annoncé sa démission et ensuite… ensuite sa mort. Mais ça, je n’y crois pas. Je ne sais pas toi, mais je n’y crois pas. »

    Et ce fut cette dernière phrase qui me fit m'accrocher à elle comme on s'accroche à une bouée. Elle représenta alors tout mon espoir de ne pas me perdre dans la Folie de Madness, de ne pas être une petite fille perdue dans l'illusion de ne pas voir son repère abandonné dans le noir, de ne pas être la petite sœur qui refuse de perdre son grand frère. De ne pas être la jumelle qui perd une parie de son âme. De son être.

    « Okaj. »

    J'explosais mes phalanges contre la surface de la table, dans une résonnance qui fit soulever d'un centimètre mon chocolat. Le chocolat et sa fumée qui s'envolèrent.

    « Je suis incapable de croire qu'il est mort. Je sais que je le saurai s'il venait à dispraître. Lebon a dit qu'il l'avait vu sauter du haut d'une falaise. Mais si Lorcan était mort, je le sentirais. Je le sentirais, et je ne sens absolument rien. Comme s'il était toujours là. Il ne répond pas à mes sms. Il ne répond pas à ceux de Lysander. Je sais qu'il se cache. Je ne savais simplement pas pourquoi. Tu m'as donné mes réponses, maintenant. Je ne sais pas si je dois te haïr ou te trouver incroyable. »

    Sur le pilori de ma colère, je l'aurais fusillé, et Lorcan aurait jeté les fleurs. Tout aurait si magnifique. Si simple, et si rapidement oublié. Je grondai, avant de glisser mes doigts devant mon visage. Les années qui s'entrechassaient devaient faire des jeunes des adultes, et des adultes des vieux. Le cycle d'un vieillissement qui m'usait, mais qui ne faisait que se découvrir à moi. Je me demandai, si finalement, tout n'était pas faux. Si Lily et moi ne nous acharnions pas. Lysander et son silence, Lysander et son aînesse. Je ne voulais pas croire qu'il n'y croyait plus. Ce silence, ce téléphone qui restait éteint, tout cela … c'était simplement lourd, sur ma conscience.

    « Mais Lorcan t'aime, et je ne peux pas ignorer cet amour. Simplement parce que c'est lui. »

    Et pourtant, je la foudroyais du regard.
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MessageSujet: Re: Le pavillon des hommes. [Lily]   Ven 7 Juin - 10:55

« Okaj. »

Et merde.

« Je suis incapable de croire qu'il est mort. Je sais que je le saurai s'il venait à dispraître. Lebon a dit qu'il l'avait vu sauter du haut d'une falaise. Mais si Lorcan était mort, je le sentirais. Je le sentirais, et je ne sens absolument rien. Comme s'il était toujours là. Il ne répond pas à mes sms. Il ne répond pas à ceux de Lysander. Je sais qu'il se cache. Je ne savais simplement pas pourquoi. Tu m'as donné mes réponses, maintenant. Je ne sais pas si je dois te haïr ou te trouver incroyable. »

Doublement merde.

« Mais Lorcan t'aime, et je ne peux pas ignorer cet amour. Simplement parce que c'est lui. »

Lui avait-il dis quelque chose ? Entièrement ? Ou seulement partiellement ? Lily ne bougeait pas de sa banquette soudainement devenue inconfortable. Ce n’était pas le regard incendiaire de Lore qui l’effrayait. Ni même sa menace silencieuse d’une mort soudaine quant au sauvetage de sa peau par l’amour de Lorcan. Non. Par quoi devrait-elle être effrayée lorsqu’une bête de mille fois votre envergure avait joué sur votre vie ? Silencieuse. Lily était indéniablement silencieuse. Elle comprenait, en quelque sorte, la haine que devait lui vouer Lorelei Stella Lovegood-Scamander. Le sentiment de solitude quand on savait que Lys ne s’acharnait pas à retrouver son jumeau, tout comme elle. Non, peut-être qu’elle ne comprenait pas. Tout ce qu’elle savait, c’est sa culpabilité dans la disparition de Lorcan. Lore la dévisageait. La sympathie qu’elle avait eue pour la petite tête rousse lorsqu’ils avaient tous les quatre déjeuné au restaurant, semblait disparaître en un froncement de sourcils. Visiblement, elles étaient toutes deux fatiguées. Lessivées. Rincées par les évènements qui se succédaient sans qu’elles ne puissent y réagir, impuissantes.
Lily se devait de s’expliquer. De donner son point de vue. Ses idées. Mais comment être sûre de ce qu’elle fait ?

« Je ne pense pas que Chess soit mort, en réalité. Du moins, pas vraiment. C’est peut-être idiot, mais ça me paraît improbable qu’il soit mort quand on sait qu’il ne vieillit pas et que peu de choses l’atteignent, notamment grâce à ses pouvoirs. Alors comme un simple coup dans le crâne aurait-il pu le tuer ? Je t’accorde que ce n’est pas un simple coup. Pas vraiment. Mais ce qui m’intrigue encore plus, c’est qu’on est parlé de la mort de Lorcan dans la Gazette alors que les évènements de ce jour ne conseillent pas de divulguer la mort de qui que ce soit. Et soyons d’accord qu’auparavant, aucun journaliste n’a eu l’idée de mentionner Lorcan dans le journal. Alors pourquoi le faire subitement ? Est-ce que quelqu’un ne l’aurait pas demandé ? Est-ce qu’il ne l’aurait pas demandé lui-même, d’une manière ou d’une autre, pour accomplir quelque chose sans encombre ? »

Son raisonnement paraissait fou. Mais n’étaient-ils pas emprunt de folie dans cette famille ?

« Et ne me dis pas qu’il vous aurait prévenu, Lysander ou/et toi, parce que ça n’aurait fait que faire échouer son plan. Il est censé être mort. Ce que nous ne croyons pas, et toi plus que moi puisque tu l’aurais su, sinon. Autrement que par la presse, je veux dire. Il est donc libre de tous ses mouvements, il peut faire absolument tout ce qu’il veut. Répondre au moindre de ses désirs, jouir de la liberté qu’il veut acquérir. Et à ton avis, quel serait son désir le plus profond ? Ne penses-tu pas qu’il est parti essayer une quelconque idée pour que Chess revienne à la vie s’il n’est réellement plus de ce monde ? Personnellement, je pense que si. Je ne pense pas que ni l’un, ni l’autre, soit mort. »

Une parole revint à la mémoire de la jeune fille. Lore n’avait-elle pas mentionné le nom de Lebon ?
Qu’était-il devenu depuis ?
Qui savait où est-ce qu’il se trouvait ?
Ce qu’il faisait ?
Ce qu’il prévoyait ?
N’était-il pas, lui, au courant de quelque chose de plus ?
N’avait-il pas menti à Lore pour détourner les soupçons ?
N’avait-il pas été victime d’un sortilège face à un cette falaise ?
N’était-il pas lui, le mort ?

« As-tu eu d’autres nouvelles de Lebon, depuis qu’il t’a dit ce qu’il avait vu ? »

La question lui paraissait essentielle, voire, existentielle. Si la sœur de Lorcan ne s’était pas plus attardée que ça sur le sort de Lebon, alors qu’il serait probablement le premier que les yeux verdâtres viseraient, alors son plan avait parfaitement fonctionné. S’il en avait un. Aussi, quel impact avait Madness sur son état d’aujourd'hui ? Arrivait-elle à abuser de lui ou la contrôlait-il toujours ? Toutes ces questions auxquelles il était impossible de répondre. Toutes ces questions qui ne se trouvaient que parmi tant d’autres. Loin de là l’idée d’être mal à l’aise, Lily tentait de faire comprendre à Lore que tout n’était qu’une question de logique. Tentait de faire passer ses nerfs au second plan. De faire passer sa raison au second plan. Si on suivait le raisonnement de Lorcan, celui qu’il aurait pu faire depuis le début, bien avant de démissionner, bien avant que Chess ne meurt, bien avant de les envoyer à Avalon, alors, quelques points que Lily devait évoquer maintenant devaient être justes. Au moins quelques uns. Lorelei partagerait-elle son avis ? A voir.

« Ce qui serait bien, à mon goût, c’est qu’on aille y faire un tour. Au laboratoire. Si tu acceptes que je t’y accompagne, évidemment. »

Ce qui n’était pas gagné d’avance. Mais si Lily avait réussi à la convaincre, peut-être seraient-elles plus efficaces à deux. Plus réactives, plus intelligentes. Les deux jeunes filles ne prêtaient plus attention au liquide à présent froid qui trottait devant elle, écarté d’un geste de la main grâce à son récipient. Les clients avaient défilés le temps que chacune expose ses idées. Certes, la cohabitation n’allait pas être simple. Mais tout serait sûrement plus rapide à deux. Comme dans une bulle, plus rien ne les atteignait. Elles n’avaient qu’un seul but commun : le retrouver.
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MessageSujet: Re: Le pavillon des hommes. [Lily]   Ven 7 Juin - 18:29

    « Je ne pense pas que Chess soit mort, en réalité. Du moins, pas vraiment. C’est peut-être idiot, mais ça me paraît improbable qu’il soit mort quand on sait qu’il ne vieillit pas et que peu de choses l’atteignent, notamment grâce à ses pouvoirs. Alors comme un simple coup dans le crâne aurait-il pu le tuer ? Je t’accorde que ce n’est pas un simple coup. Pas vraiment. Mais ce qui m’intrigue encore plus, c’est qu’on est parlé de la mort de Lorcan dans la Gazette alors que les évènements de ce jour ne conseillent pas de divulguer la mort de qui que ce soit. Et soyons d’accord qu’auparavant, aucun journaliste n’a eu l’idée de mentionner Lorcan dans le journal. Alors pourquoi le faire subitement ? Est-ce que quelqu’un ne l’aurait pas demandé ? Est-ce qu’il ne l’aurait pas demandé lui-même, d’une manière ou d’une autre, pour accomplir quelque chose sans encombre ? »

    Malgré mon sentiment de colère et de frustration à l'égard de la petite rousse, je ne pus qu'accorder de l'intérêt à ces remarques. Un intérêt, qui au fil de ses dires, avait dissipé ma rage et ma moquerie pour laisser place à l'avidité des pièces manquantes, à la résolution du puzzle. La théorie, néammoins, était imparfaite. La faille, cependant, je ne la remarquais peut-être qu'au fait qu'elle restait gravé dans ma mémoire, puisque terriblement importante. La Gazette avait parlé de Lorcan, avant sa disparition. La première fois, dans l'article qui signalait au monde l'existence d'Hyperion Palmer. La seconde fois, lorsque Monsieur Potter et Monsieur Palmer avaient portés plainte contre diffamation à l'égard du journaliste ayant insulté Lorcan. La réplique de celui-ci, David Spencer, portait aussi le nom de Lorcan Scamander entre ses lignes. Et enfin, cet avis de décès. Il y avait cette faille que Lily ne prenait pas en compte, et qui malgré ses convictions, ne me laissait pas entendre qu'elle puisse avoir raison. Son argument ne tenait pas, puisqu'il y avait cette faille. Mais était t-il possible que je me laisse tenter par cette idée ? Lorcan ferait il en sorte d'organiser une mise en scène ayant pour spectacle sa propre mort, de manière à ce qu'on le laisse tranquille ? S'amuserait t-il à sauter du haut d'une falaise ? Non, ce n'était pas possible. Quand bien même Lorcan restait imprévisible, Lebon assurait l'avoir vu sauter ; et les rapports du légiste attestait du cadavre, reconnu comme celui de mon frère. Comment serait t-il possible qu'il y ait pu avoir un corps si Lorcan était vivant ? Ou l'inverse ? Lebon était prévenu de tous sortilèges : il ne se serait jamais fait avoir. Pas parce que Lorcan maniait mal la baguette, mais simplement parce qu'il était Lebon, et qu'envers Lorcan, il avait toujours pris ses précautions. Et puis, il y avait cet incendie qui avait détruit l'appartement de Londres de Lorcan. Il y avait Elizabeth qui avait disparu.

    « Et ne me dis pas qu’il vous aurait prévenu, Lysander ou/et toi, parce que ça n’aurait fait que faire échouer son plan. Il est censé être mort. Ce que nous ne croyons pas, et toi plus que moi puisque tu l’aurais su, sinon. Autrement que par la presse, je veux dire. Il est donc libre de tous ses mouvements, il peut faire absolument tout ce qu’il veut. Répondre au moindre de ses désirs, jouir de la liberté qu’il veut acquérir. Et à ton avis, quel serait son désir le plus profond ? Ne penses-tu pas qu’il est parti essayer une quelconque idée pour que Chess revienne à la vie s’il n’est réellement plus de ce monde ? Personnellement, je pense que si. Je ne pense pas que ni l’un, ni l’autre, soit mort. »

    Merde. Cette gamine, malgré moi, était en train de me convaincre.

    « As-tu eu d’autres nouvelles de Lebon, depuis qu’il t’a dit ce qu’il avait vu ? Ce qui serait bien, à mon goût, c’est qu’on aille y faire un tour. Au laboratoire. Si tu acceptes que je t’y accompagne, évidemment. »

    Les dents plantées dans ma langue, je baissais les yeux, gardant le silence. Imaginer Lorcan se suicider devenait de plus en plus plausible, au vu de tous les éléments que m'apportait Lily. Personnellement, y aurais-je pensé ? Aurais-je pu imaginer que mon jumeau soit capable de faire semblant de se suicider ? Par amour ? Je crispais mes mâchoires, entrouvrant mes lèvres, quand mon portable se mit soudain à vibrer, brisant l'élan de ma réponse à Lily. Je plongeais les doigts dans ma poche, en sortait le portable, auquel je décrochais, affrontant alors la diatribe roumaine d'un homme paniqué et énervé. Mais je ne l'écoutais pas. Je contemplais le bleu des yeux de Lily. Pouvait t-elle seulement avoir raison ?
    Brusquement, je me mis à douter de ce que je désirais.

    Du pouce, je coupais finalement les colériques dires de Razvan. Lentement, je déposais sur la table l'argent nécessaire à payer le chocolat, et rangeais le portable dans ma poche. Je ressentais cette douleur de la perte, et je voyais se jouer devant mes yeux la scène du caillou qui explosait le crâne de l'androgyne. Pouvais-je y croire ? Le sang jaillissait pourtant sur mon âme, pour le tâcher de pourpre, tordre mon cœur et m'arracher des sanglots. Mais ce n'était pas ma souffrance. Ce n'était pas la mienne ; et le transfert filtrait la douleur. Ce n'était pas mon corps, ce n'était pas mon damne. Non. Mais merde, elle avait raison. Lorcan ferait en sorte que ni moi ni Lysander ne soyons au courant. Peut-être nous laisserait t-il des indices, néammoins ? Par exemple : Elizabeth. Je ne pouvais pas croire que Lorcan ait oublié un élément aussi important. Je ne pouvais pas croire non plus qu'il ait tué le chat. Je ne pouvais pas croire qu'il était mort. Mais je ne voulais pas croire qu'il ait eu un comportement aussi cruel.

    Je me levais, saluais Lily, et sortais, en précisant vaguement une urgence à propos de Razvan qui m'attendait immédiatement. Je ne pouvais pas craquer devant elle. Je ne pouvais pas me permettre de pleurer, ni quoique ce soit. Si elle était au courant de tout cela … si elle était au courant, oui … Les hypothèses fleurissaient dans mon esprit, naissant et mourant les uns après les autres, et je les étudiais et les chassais les uns après.

    (…)

    Les mois filaient.

    (…)


    Citation :
    « Je ne pense pas que Chess soit mort, en réalité. Du moins, pas vraiment. C’est peut-être idiot, mais ça me paraît improbable qu’il soit mort quand on sait qu’il ne vieillit pas et que peu de choses l’atteignent, notamment grâce à ses pouvoirs. Alors comme un simple coup dans le crâne aurait-il pu le tuer ? Je t’accorde que ce n’est pas un simple coup. Pas vraiment. Mais ce qui m’intrigue encore plus, c’est qu’on est parlé de la mort de Lorcan dans la Gazette alors que les évènements de ce jour ne conseillent pas de divulguer la mort de qui que ce soit. Et soyons d’accord qu’auparavant, aucun journaliste n’a eu l’idée de mentionner Lorcan dans le journal. Alors pourquoi le faire subitement ? Est-ce que quelqu’un ne l’aurait pas demandé ? Est-ce qu’il ne l’aurait pas demandé lui-même, d’une manière ou d’une autre, pour accomplir quelque chose sans encombre ? Et ne me dis pas qu’il vous aurait prévenu, Lysander ou/et toi, parce que ça n’aurait fait que faire échouer son plan. Il est censé être mort. Ce que nous ne croyons pas, et toi plus que moi puisque tu l’aurais su, sinon. Autrement que par la presse, je veux dire. Il est donc libre de tous ses mouvements, il peut faire absolument tout ce qu’il veut. Répondre au moindre de ses désirs, jouir de la liberté qu’il veut acquérir. Et à ton avis, quel serait son désir le plus profond ? Ne penses-tu pas qu’il est parti essayer une quelconque idée pour que Chess revienne à la vie s’il n’est réellement plus de ce monde ? Personnellement, je pense que si. Je ne pense pas que ni l’un, ni l’autre, soit mort. As-tu eu d’autres nouvelles de Lebon, depuis qu’il t’a dit ce qu’il avait vu ? Ce qui serait bien, à mon goût, c’est qu’on aille y faire un tour. Au laboratoire. Si tu acceptes que je t’y accompagne, évidemment. »

    (…)

    … Merde.

    (…)

    Je laissais mes semelles claquer sur le sol pour prévenir de mon arrivée. L'agent d'accueil se retourna lentement, me faisant signe de le suivre, et je plongeais à sa suite dans le couloir glacé du funérarium. On me tendit une photo, sur laquelle je reconnaissais Lebon et son sourire en coin, particulièrement horripilant. Je rendais la photo, avançant plus vite encore. On m'ouvrit une porte, et je tendais les mains. Quelqu'un enfila les gants en latex à mes doigts, et une blouse se posa sur ma poitrine, tandis que des doigts l'accrochait à ma nuque. J'avançais, portant le masque de protection à la hauteur de ma bouche et de mon nez, et je laissais le thanatopracteur ouvrir le caisson. Il tira lentement le billard, et apparut la housse de protection grise, sur laquelle je me penchais. Mes doigts tirèrent la zip, et je laissais apparaître le visage blanc du cadavre. C'était lui. Je tirais un peu plus, laissant apparaître son corps. Les doigts gantés de mon collègue me signalèrent ce que j'avais pourtant déjà vu. Mais je cherchais d'autre blessures. Sur sa poitrine, des enfoncements certains ; comme des coups d'impact trop violents. Je posais mes yeux sur la plaie qui avait déchiqueté sa gorge. A quelque chose près, cela ressemblait presque à une empreinte de … mâchoire ? Une mâchoire géante ? De requin ?

    « Combien de temps ? »
    « Depuis hier. »
    « Personne n'y a touché ? »
    « Les Aurors nous l'ont apportés comme cela. »
    « Merci. »
    « Un problème ? »
    « Il y a une procédure spéciale par rapport au corps ? Un choix de la famille ? »
    « Selon le rapport, il n'a pas de famille proche. Un vieil oncle, en Birmanie, atteint d'Alzheimer, seulement. »
    « Je me charge de lui, alors. »

    J'avais murmuré, et en faisant ce choix, j'acceptais l'idée que mon frère puisse être quelque part, vivant, et tueur. Et j'acceptais. Et je le protégerais.

    (…)

    Comment Lily avait t-elle pu avoir raison à ce point ?
    Comment ?

    Hurlant sur le concierge depuis une demie heure, après lui avoir expliqué que j'étais, -techniquement-, la tante de Lily par alliance au mariage de Ginny mariée à Harry, Ginny sœur de Ron, oncle de Victoire, Victoire femme de Lysander, Lysander, jumeau à … moi. Donc, par alliance, j'étais la tante de Lily, et j'avais la parfaite autorité pour réclamer la voir. J'ignorais les faibles protestations du concierge, et avisant les élèves qui passaient, me mit à gueuler plus fort encore, pour déclencher une rumeur. Résigné, le concierge se considéra comme obligé de répondre à ma demande, et me conduisit jusqu'au devant du portrait de la Grosse Dame. Il me fit attendre à l'extérieur, en me demandant aigrement de patienter. Il revint quelques minutes plus tard avec Lily. Je posais mes yeux sur elle, une seconde hésitante quand à tout ce qui arrivait, puis je secouais mes mèches blanches, et l'attrapais par l'épaule, pour l'écarter des oreilles trop intéressées.

    « On a retrouvé Lebon. »

    Elle n'était qu'une gamine, hein. Mais elle avait établit une théorie presque parfaite.

    « Tu t'en doutais, hein ? … Un mec retrouvé avec la gorge arraché, et la langue complètement brûlé ; et le reste de son équipe médicale massacrée à la tronçonneuse, ça ne peut pas être le petit détraqué du coin. C'est Lorcan, et tu te doutais qu'il y aurait ce meurtre, n'est-ce pas ? »

    Un pauvre sourire.

    « Tu t'en doutais, ou tu le savais, parce que c'est Lorcan t'a tout raconté, déjà. »

    Le sous-entendu était facile.
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MessageSujet: Re: Le pavillon des hommes. [Lily]   Dim 9 Juin - 9:10

Une heure après la mort, notre âme évanouie
sera ce qu’elle était une heure avant la vie.


Le soleil daignait enfin se présenter sur les terres d’Angleterre, réchauffant le parc du château d’un voile apaisant, bon à prendre. Perchée dans un arbre, Lily échappait au brouhaha d’un entraînement de Quidditch aux autres limites du terrain, les joueurs ne se mettant visiblement pas d’accord sur une tactique à prendre. Qu’importe, la saison était finie, ils se chamaillaient pour un rien. Profitant d’un rayon moqueur, la rouquine ferma les yeux et fit abstraction de ce qui se passait autour d’elle. Les autres élèves eux aussi profitaient du beau temps dans les alentours, mais sûrement, leurs pensées ne divaguaient pas autant que celles de la Lionne. Sa dernière entrevue avec Lorelei restait gravée en sa mémoire, encore trop intriguée par le peu de considération que lui avait accordé la sœur de Lorcan quant à l’exposé de ses suppositions. Ou du moins, elle ne lui avait rien répondu, pas même pour lui dire qu’elle était une idiote, si elle le pensait vraiment. Elle devinait l’hostilité de Lore vis-à-vis d’elle, son incompréhension devant le temps que passaient ensemble Lorcan et Lily. Et dire que tout n’était qu’une histoire de train. De thé. Surtout de thé. Une image lui traversa l’esprit.

Les prunelles toujours closes, elle manqua de tomber lorsqu’un cri prononçant son nom la réveilla de sursaut. En bas, sur la terre ferme, Alexis Lagen l’appelait, à plein poumons, apparemment depuis plusieurs minutes déjà. Intriguée, elle pencha sa tête vers le sol pour le contempler, le foudroyant du regard pour la peur qu’il venait de lui procurer.

« Abruti ! »
« Tu as qu’à répondre quand je t’appelle ! »
« J’ai failli tomber à cause de toi ! »
« Et bien ça te donne une occasion de descendre maintenant, on a un devoir à faire, je te rappelle. »

Botanique de mes deux. Jurant silencieusement, Lily prit le chemin inverse pour désescalader l’arbre sur lequel elle s’était perchée depuis probablement deux heures depuis. Attrapant la main de son ami pour sauter le dernier obstacle en toute sécurité, ils s’engagèrent dans une conversation effrénée, parlant des derniers évènements parus dans la Gazette ou les résultats de Quidditch. La jeune fille appréciait la compagnie de ce garçon pour la simple et bonne raison qu’ils ne parlaient jamais d’un sujet sensible, qu’ils ne se prenaient tous deux, jamais au sérieux l’un envers l’autre. Pénétrant dans le hall du château, ils esquivèrent de justesse un flux d’animaux de compagnie qui avait apparemment décidé de s’échapper de la volière. Riant devant la précipitation des propriétaires, ils s’engouffrèrent dans les escaliers pour rejoindre l’entrée de leur Salle commune, prononçant négligemment le mot de passe à la Grosse Dame.

(…)

« Mais c’est quoi ce bordel ? »
« Sûrement ton ventre affamé, comme d’habitude. »
« Je ne rigole pas, tu n’entends pas ? »

Daignant enfin se séparer de son parchemin qu’elle avait déjà suffisamment de mal à rédiger pour s’en déconcentrer, Lily prêta une oreille attentive aux bruits résonnant derrière le portrait. Il était vrai que l’agitation des élèves paraissait être inhabituelle, mais préférant ignorer cela, elle laissa tout de même tomber sa plume, par découragement. Le soleil tapait toujours dehors, elle avait une envie irrésistible de retourner se percher sur ses branches, mais Jencko l’en dissuada en sautant sur ses genoux, faisant preuve d’une souplesse qu’elle ne lui connaissait pas. Depuis quelques temps, elle l’avait délaissé, elle se rendait compte à présent qu’elle s’en voulait profondément. Caressant tendrement le roux qui lui servait de pelage, la Lionne se rétracta sur sa chaise, croisant les jambes pour enfermer son chat entre ses bras. Ce moment câlin ne fut pas pour lui déplaire, lui apportant un apaisement qu’elle ne connaissait plus depuis un bout de temps. Jencko lui rendait agréablement ses caresses, heureux de retrouver celle avec qui il partageait sa vie depuis deux ans seulement.

Lorsque le portrait de la Grosse Dame laissa passer le concierge du château dans la Salle commune, on n’entendit cette fois-ci clairement les protestations et les rumeurs qui se propageaient dans le bâtiment. Curieuse, Lily le fut encore plus lorsque l’homme se dirigea vers elle, venant apparemment la chercher.

« Ta tante désirerait te voir. »
« Ma tante ? »
« J’ai cru le comprendre. »

Laissant l’animal grimper sur ses épaules, elle se rendit compte à quel point le sortilège que lui avait infligé sa mère pour qu’il reste de petite taille était pratique. Se demandant bien ce que sa tante pouvait venir faire ici, elle réfléchissait surtout à quelle tante était-ce. Prise d’une anxiété particulière devant cet évènement, la rouquine imaginait déjà quelque chose de grave ayant secoué sa famille, voyait déjà ses frères aussi rassemblés et se mettait dans un état qui la paralysait presque. Suivant le concierge sur les traces de ses pas, lorsqu’une tête connue fit irruption dans l’encadrement du portrait, Lily crut vouloir couper ladite tête, abandonnant toutes ses angoisses de famille déchue. Aussitôt emmenée ailleurs, elle souriait. Souriait de sentir son chat dissimulé derrière ses cheveux et souriait de voir le retour inattendue de Lorelei Lovegood-Scamander, curieuse de savoir pourquoi elle était jusqu’au château, venue la chercher.

« On a retrouvé Lebon. »
« Tiens donc. »

En réalité, malgré son calme apparent et son hilarité indéniable, elle était contente. Contente d’avoir visé juste. Apparemment, juste.

« Tu t’en doutais, hein ? … Un mec retrouvé avec la gorge arrachée, et la langue complètement brûlée ; et le reste de son équipe médicale massacrée à la tronçonneuse, ça ne peut pas être le petit détraqué du coin. C’est Lorcan, et tu t’en doutais qu’il y aurait ce meurtre, n’est-ce pas ? »

Cependant, la partie haineuse qu’avait Lore envers elle était bien discernable.

« Tu t’en doutais, ou tu le savais, parce que c’est Lorcan t’as tout raconté, déjà. »

Pauvres accusations.
Pauvres illusions.
Pauvres âmes.

Se laissant guider bien qu’elle tentait désespérément de guider ses propres pas, Lily n’accordait pas un seul regard à sa tortionnaire qui ne devait pas se rendre compte de la pression qu’elle exerçait sur son épaule. Secouant négligemment la tête, elle laissait à travers ce geste exprimer ses pensées, trouvant presque pathétiques les réactions de la jumelle Scamander devant les faits accomplis. Décidée à ne pas se laisser entraîner n’importe où, une petite discussion s’imposait avant, ce pourquoi elles rejoignirent très vite le hall du château, gagnant les hectares du parc. Se dégageant subrepticement de l’emprise de la jeune femme arborant maintenant de longues mèches, la rouquine prit le temps de la détailler, avant d’adopter une espèce de répartie dont elle n’avait jamais fait preuve, du moins, pas de cette manière.

« Réfléchis deux secondes, Lorelei. Tu penses sérieusement que Lorcan m’aurait dis quelque chose avant d’entreprendre quoique ce soit alors qu’il vous laisse tous les deux, ses jumeaux, dans le déni ? Qu’il m’aurait fait part, à moi, de quelque chose, alors que je ne lui suis pas utile ? Alors que j’ai probablement profondément blessé l’homme qu’il aime ? Alors que je n’ai été rien d’autre qu’un vulgaire pion dans son échiquier pour tester les capacités de Madness à Avalon ? Réfléchis, merde. »

Il n’est pas nécessaire de préciser que la colère montait en elle, au fil de ses paroles.

« J’aurais fais quoi ? Je ne suis même pas capable de lui fournir un Portoloin, ou des informations quelconques sur ce qui l’aurait intéressé. Je suis dans le même cas que toi, à la seule différence que plutôt que de me mettre devant une fatalité, que d’accepter une mort dans laquelle je ne crois pas, j’ai utilisé ma tête. Ce que tu devrais faire pour autre chose que ton président russe. »

Avançant de quelques pas sur la verdure, l’agacement des accusations portées sur elle et la colère d’un abandon qu’il lui faisait mal, éclataient sous le ciel bleu du pays. Laissant quelques secondes s’échapper, silencieuses, irréelles, Lily termina enfin par se retourner pour reposer le regard sur sa seule source proche de lui. Lui.

« Maintenant, ils ont retrouvés Lebon, c’est cool, et alors ? Tu veux faire quoi aujourd’hui ? Aller le chercher ? Le forcer à revenir ? Lui faire faire une thérapie ? Tu veux faire quoi ? Qui te dis qu’il n’est pas quelqu’un d’autre, maintenant, dans un autre pays, dans un autre continent, peut-être même dans un autre monde, tiens. »

Chat immergent de sa chevelure, elle commençait un peu à s’apaiser.

« Il n’y a rien d’autre à faire qu’attendre. Attendre qu’il revienne de son propre gré. »

Il faut toujours attendre, avec les Scamander.
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MessageSujet: Re: Le pavillon des hommes. [Lily]   Dim 30 Juin - 20:52

P { margin-bottom: 0.21cm; }
« Vraisemblablement, votre décès ne se produira pas avant la fin de vos jours et la date de votre inhumation concordera probablement avec celle de vos obsèques. » Pierre Dac.


« Réfléchis deux secondes, Lorelei. Tu penses sérieusement que Lorcan m’aurait dis quelque chose avant d’entreprendre quoique ce soit alors qu’il vous laisse tous les deux, ses jumeaux, dans le déni ? Qu’il m’aurait fait part, à moi, de quelque chose, alors que je ne lui suis pas utile ? Alors que j’ai probablement profondément blessé l’homme qu’il aime ? Alors que je n’ai été rien d’autre qu’un vulgaire pion dans son échiquier pour tester les capacités de Madness à Avalon ? Réfléchis, merde. »


Je me détournais, pour ne pas affronter le bleu de ses yeux. Parce que je ne voulais pas forcément lui donner raison, ni me dire que je pouvais être la pire des imbéciles. Non. Je me concentrais sur l'étendue de verdure tout autour de nous. Je me concentrais sur les souvenirs d'un frère vivant, d'un jumeau en vie. Sur le sourire de Lorcan, sur le skateboard de Lysander, sur mes papiers et mes plumes. Sur Angela, sa lame contre ma gorge, et sur le roux étincelant des cheveux de Lily. Lily Luna. Hm. Mes doigts vinrent frotter mes tempes, et je fermais les yeux, pour réfléchir. S'il fallait que je réponde de ma connerie, alors je m'enfoncerai peut-être dans la perfidie de ce qui me semblait juste, à mes yeux. Peut-être, oui. Je voulais y croire, moi, que Lorcan puisse lui avoir donné des indices, des renseignements, et n'importe quoi d'autres. Parce que comme ça, elle représentait ma bouée à cette souffrance qui me découpait en deux. Je voulais croire que sur cet échiquier de Lorcan, Lily ne soit pas simplement une pièce. Qu'elle ne soit pas à convoiter, ni à dévorer. Elle devait lui être utile. Sinon, il ne nous aurait jamais parlé d'elle. Il ne l'aurait même pas mentionné. Mes prunelles s'enflammèrent sous cette colère idiote du besoin de rattachement. Du besoin de secours, de mon besoin de recevoir de l'aide. Qu'elle monte le ton de sa voix m'énerva en même temps qu'elle. Pas forcément contre elle, mais je m'énervais. Je baissais mes manches. Et le scalpel glissa entre mes doigts.


« J’aurais fais quoi ? Je ne suis même pas capable de lui fournir un Portoloin, ou des informations quelconques sur ce qui l’aurait intéressé. Je suis dans le même cas que toi, à la seule différence que plutôt que de me mettre devant une fatalité, que d’accepter une mort dans laquelle je ne crois pas, j’ai utilisé ma tête. Ce que tu devrais faire pour autre chose que ton président russe. »


Le dernier mot finit d'achever ma fureur. Je relevais lentement le visage, le poignet, et laissais glisser mes doigts à la hauteur de son visage, pour venir caresser sa joue trop blanche, trop humaine et trop vivante. Le scalpel, amant de mes phalanges, vinrent découper les dermes, faisant d'abord perler le sang, puis j'appuyais plus en profondeur, les mâchoires crispées.

« Roumain. »


Une coupure droite, sur toute la largeur de sa mâchoire, que j'achevais avec douceur, dans le chuintement humide de sa peau s'ouvrant sous mes doigts. C'était superficiel. Tellement superficiel. Tellement peu soulageant pour moi. Mais je ne pouvais quand même pas la découper tout entier. Je ne pouvais quand même pas la manger.


« Razvan est roumain. N'oublie pas ça. Avec les Scamander, il ne suffit pas d'attendre. Il faut aussi savoir jouer avec le feu, et décider de la manière dont tu l'utilises, que ce soit de l'étouffer ou de le nourrir. Nous sommes tous différent, et comme tu as des frères, tu dois connaître cela. Tu n'es pas Harry, tu n'es pas ton frère. Tu es toi, n'est-ce pas ? »


J'ôtais le scalpel, le relevant lentement, laissant s'écouler le sang le long de mes doigts. Il y eut un instant de silence que j'imposais, en cherchant quelque chose des yeux sur son visage, puis je soupirais, en faisant disparaître le scalpel dans ma manche.
« Bien. Porte toi bien, Lily Luna Potter. »


Je me détournais, et m'en allais.


[HS: j'ai eu un bug de couleur, oui. °° Et ... je te propose de clore sur le comportement ridiculement puéril et odieux de Lore ?]
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MessageSujet: Re: Le pavillon des hommes. [Lily]   Lun 1 Juil - 3:16

RP CLOS.
Et une égratignure de plus, hop !
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MessageSujet: Re: Le pavillon des hommes. [Lily]   Lun 1 Juil - 6:38

Merci pour ce rp. <3

Un pansement, et hop, non ?._.
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MessageSujet: Re: Le pavillon des hommes. [Lily]   

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Le pavillon des hommes. [Lily]

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