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 EVENT N°5 : Multi sunt vocati, pauci vero electi || Groupe 2

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Obscuro Momentum
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MessageSujet: EVENT N°5 : Multi sunt vocati, pauci vero electi || Groupe 2   Sam 20 Déc - 9:40


Multi sunt vocati, pauci vero electi

Dalaigh McLaughlin - Pearl Smith - Lorcan Scamander - Elada Enatari


    Le silence régnait en maître dans ce temple de l'armement et de la drogue. Aucun bruit dans les longs couloirs, pas même le tic-tac vivant d'une horloge lointaine. Quelques ombres ci et là faisaient acte de présence mais personne ne pouvait les repérer à moins de les chercher. Puis, le claquement de chaussures à talons qui hurlaient la vie dans la maison. Une femme, magnifique, se dirigeait vers les escaliers, laissant sa robe mi-longue flotter derrière elle. On aurait un esprit. Le seul esprit réellement vivant de cet endroit. La porte se referma sur ses pas. Le silence s'abattit une nouvelle fois sur la demeure.

    Concentrée sur son but, énervée contre Jun qui lui cassait les pieds pour qu'elle ne fasse rien d'autre de sa vie, Pearl Smith préférait se changer et partir en voyage impromptue qui lui valait des remarques dès qu'elle reposait un pied en Angleterre. C'était pour cette raison qu'elle n'avait pas prévenu son garde du corps personnel de son retour. Elle ne faisait que passer, prendre quelques objets et potions dont elle avait besoin avant de disparaitre à nouveau.

    A l'étage, les ombres s'effondrèrent sur elles-mêmes, sans un bruit ni même une respiration. Retenues par des personnes dont ils n'avaient pas senti la présence, des personnes qui avaient étudié les plans de la maison pendant des heures jusqu'à trouver une faille qu'ils espéraient ne pas être protégée par quelques pièges magiques propres à la femme. Heureusement pour eux, aucun problème ne s'était levé sur leur chemin. Malheureusement pour la jeune femme, elle ne s'attendait pas à ce que quiconque sache qu'elle était de retour. Mais, et c'était cette fois à son avantage, ils ne connaissaient rien de sa position exacte ni des pièges qu'elle pouvait activer d'un simple geste.
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Pearl Smith

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MessageSujet: Re: EVENT N°5 : Multi sunt vocati, pauci vero electi || Groupe 2   Lun 22 Déc - 15:34





Ce jour tant redouté est aujourd’hui  arrivé

« Oui, Erin, je serais là d'ici une grosse demi-heure tout au plus. J'ai deux ou trois affaires à récupérer. Je vais faire vite, sinon Jun va me tomber dessus... Te rappels-tu où Anastasia a caché sa peluche licorne ? Elle me l'a réclamé pendant des heures hier soir et impossible de savoir où elle peut bien être... Ohh... Tu n'imagineras jamais ce que j'ai sous les yeux... Le collier de Pégase... Peux-tu me dire comment ce chat à t-il pu ranger ce collier dans la tellière en verre de la dînette ? »

Pearl avait beau fouiller sa chambre de long en large, il lui était impossible de mettre la main sur cette peluche. Elle aurait pourtant juré l'avoir vu ici, sur son lit. Le téléphone le long de son oreille Pearl se laissait tomber sur les draps chamboulés en soufflant. Chercher était loin d'être l'une de ses passions.

« Erin, je t'en supplie... N'y a-t-il pas dans ta mémoire, l'infime souvenir de cette licorne ? Je ne pourrais pas passer une nuit de plus avec Ana' et là... »

Pearl interrompait brusquement sa phrase. Son regard venait d'accrocher la lumière Rose de l'alarme qui clignotait au-dessus de la porte de sa chambre. Elle coupa son téléphone et se mit sur ses deux jambes. Ses pièges se mettaient un à un en place. Ce n'était pas un exercice.

* * *

« Et là ? Pearl ? Et là quoi ? [...] Elada ! »

Le prénom de l'une de ses amies venait de faire tilt dans l'esprit, d'humeur enfantin, d'Erin. Son cœur voulait jouer. Il en mourrait d'envie. Allez savoir pourquoi elle se persuada que Pearl devait s'amuser, qu'un quelque chose de divertissant avait attiré son esprit. Elle avait souvent remarqué cela chez Pearl. Le génie s'arrêtait souvent en plein milieu d'une de ses phrases pour courir dans son labo et s'amuser. Il n'était pas question pour Erin de manquer ça, même s'il fallait prendre le réseau de cheminette et se fichu mot de passe. Tout d'abord, Erin voulait aller chez Elada. Elle voulait l'emmener sur son terrain de jeux. Quittant sa chambre précipitamment la brune se dirigea vers le salon de l'étage et sa grande cheminée. Elle y croisa Tonton Caul et lui fit un bisou sur la joue avant de prendre une pleine poignée de poudre de cheminette. Le trafiquant, un cigare aux lèvres, n'eut guère le temps de demander où celle-ci se rendait que déjà les flammes vertes semblaient dévorer la sorcière.
Un nouveau salon se forma sous les yeux de la jeune fille qui, un grand sourire sur les lèvres, criait le nom de celle dont elle croisait déjà le regard.

« ELADA ! Nous allons jouer ! »

* * *

Pearl observait de sa chambre  la sécurité du manoir qui se mettait en place. Entrer était une chose, en sortir en été une autre. Le manoir se mit à trembler et comme un réseau électronique des lignes bleues se mirent à traverser les murs, les plafonds, les sols, les fenêtres et bientôt, aller d'une pièce à l'autre serait comme impossible. Comme si, sur chaque morceau de pierre, de plâtre et de bois, une serrure venait empêcher toute personne de rentrer ou sortir. Le piège se formait comme il le fallait, Pearl suivait du regard son avancée. De là où elle était, elle pouvait tout voir. Son visage afficha un sourire avant que dans son dos de vives flammes vertes ne s'activent dans la cheminée. Elle tournait les talons et découvrait Erin et Elada. À une seconde près, elles n'auraient pu passer. À une seconde près elle auraient été renvoyé à cent mille lieux d'ici sur une île déserte. Sur le moment, Pearl se reprocha d'avoir donné à Erin le mot de passe, mais il fallait que la divine providence ait tout fait pour qu'elles soient là. Avoir un si bon timing était inouïs.

« Erin ! Elada ! Comme de petits chaperons rouges, vous vous êtes jetées dans la gueule du loup ! »

Pearl se mit alors à rire tout en retournant à la porte-fenêtre donnant sur son balcon. Le sortilège de DOMUS DIVISA était désormais en place. Fini les allés et venus dans le manoir.
Reprenant son sérieux, elle tourna son regard vers les demoiselles.

« Vous aimez le pays imaginaire ? »


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Lorcan L. Scamander

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MessageSujet: Re: EVENT N°5 : Multi sunt vocati, pauci vero electi || Groupe 2   Mar 23 Déc - 18:49

    Quelles sont les motivations d'un homme qui est prêt à tuer pour défendre une vie ?

    Les lèvres d'Angela avaient formulées les modulations doucereuses de cette question qui s'était déposé sur ses paupières, avant qu'il ne s'endorme. Les boucles blondes rutilaient devant ses yeux, obnubilant sa conscience, dévorant les contours de la réalité pour transformer le monde en un amas de couleur auxquelles il ne prêtait plus le moindre intérêt. Son obsession faite femme, elle dansait dans des flammes, à des milles de lui, et pourtant, il tendait la main, croyant encore pouvoir poser ses doigts sur elle. A son cou, le médaillon pendait, comme la trotteuse lourde qui marquait les secondes. Son étourdissement était immatériel, et les parfums qui l’enivraient, irréels.



    (...)

    La voiture qui roulait sur la route détrempée luisait faiblement sous la lune. Les doigts ramenés sur le rebord de la vitre constellée par les gouttes de pluie, j'observais le manoir Smith grandir au milieu des ombres environnantes. Le chauffeur était resté silencieux tout le voyage durant, et déposant mes prunelles sur la nuque entretenue de l'homme employé par Pearl, j'observais le grain ferme d'une peau qui luisait sous les cheveux coupés courts. Pearl Smith m'avait envoyé un chauffeur dans l'après-midi. Une sorte d'avertissement, selon le message nébuleux. Une sorte d'appel au secours, considérais-je. Alice n'avait jamais eu besoin de son Charles autrement que pour prendre le thé. Logique enfantine, irréfutable, qui avait basé notre relation sur des termes des plus clairs. Pourtant, ce soir, il y avait de l'absurde qui flottait en l'air.

    «... Tabarnaque ... »

    Sâcre murmuré du bout des lèvres, j'observais, à travers ma vitre constellée de pluie, la voiture noire s'engager dans le sentier de la propriété. Je vins reposer ma tête contre le cuir du dossier, quand soudain, la voiture cessa de rouler. Doucement, sans précipitation, les pneus cessèrent simplement leur mouvements rotatifs, et le moteur, toujours ronronnant, n'engageait à aucun déplacement. Je jetais un coup d'oeil surpris à la nuque du chauffeur, qui, après quelques instants d'immobilité, se retourna vers moi, et ouvrant la légère vitre qui séparait la partie avant de la voiture de la banquette arrière, croisa mon regard.

    « Je crois bien qu'il y a un problème. Je tenais à vous prévenir. »

    Il sortit par la porte, et tandis que je restais un instant immobilisé par la surprise, décontenancé, il vint m'ouvrir la portière, un parapluie ouvert au dessus de moi. Je sortis en silence de la voiture, le regard dirigé vers le Manoir. Mes prunelles s'étrécirent en des fentes réptilienne. Le détail était imperceptible pour un œil néophite, mais le chauffeur et moi pouvions désormais admirer l'étrange nuance de bleu électrique qui flottait, faiblement, autour du Manoir de Pearl Smith. Mes lèvres s'entrouvrirent sur une question à l'intention du chauffeur, mais alors que je tournais mes yeux vers lui, la voiture et l'homme avait disparu.
    Restait simplement le parapluie, en suspens au dessus de ma tête. Je crispais les mâchoires, et en silence, remontait le sentier.
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Dalaigh B. McLaughlin

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MessageSujet: Re: EVENT N°5 : Multi sunt vocati, pauci vero electi || Groupe 2   Mer 24 Déc - 6:48


    Le Manoir se dressait dans toute sa hauteur, dominant la scène tel une ombre gigantesque planant sur le monde. L'allée qui menait à la large porte était bordée d'arbres, parfois entretenus au cordeau, parfois laissés libres de s'exprimer tel qu'ils le désiraient, laissant pousser leurs branches centenaire dans des torsades improbables. Lentement, le groupe fit le tour de l'endroit jusqu'à l'entrée qu'ils avaient découverte, dissimulée dans des buissons épineux. Ce n'était pas une porte mais un simple conduit d'évacuation. Cette nouvelle avait fait apparaitre des mines de dégoût sur plusieurs de ces visages prétentieux et hautains qu'il haïssait tant. Avec un rictus dédaigneux, il s'était glissé en premier dans leur seule possibilité d'entrée. Précautionneusement, il avait avancé centimètres par centimètres, entendant le souffle lourd d'une personne quelconque dans son dos. Ils avaient progressé ainsi pendant dix longues minutes avant d'arriver devant la grille de sortie. Ils savaient qu'ils ne devaient utiliser leurs baguettes que si la situation les obligeait à le faire. Chacun d'entre eux avait été équipé d'un sac parfaitement organisé, contenant une seringue remplie de sédatif puissant et autres produits qui leur seraient probablement très utiles lors de leur mission.

    Dalaigh se laissa glisser sur le sol, sans le moindre bruit. Il avait été fasciné par la légèreté avec laquelle son ami improbable s'était mû dans son appartement. Il ne se rappelait pas que Chess ait, à n'importe quel moment, produit le plus petit son provenant de ses pas sur le sol. Il s'était entraîné, avait appris, étudié la manière de marcher des chats, des singes, de tous ces impressionnants animaux des savanes. Et il avait réussi à dissimuler complètement sa présence à une personne non attentive. Lentement, il se dirigea vers la première cible, plaqua une main sur sa bouche et enfonça profondément la seringue dans le cou musclé de l'homme. Celui-ci s'effondra sur le sol, retenu par les bras du squelette. Il le posa sur le parquet pendant que les autres l'imitaient. Bientôt ne restèrent qu'eux, debout au centre de la première pièce. Ils avaient tous un objectif précis et, après un geste de Dalaigh, ils se dispersèrent en petits groupes.

    Le silence dans le Manoir résonnait dans ses oreilles, faisant vibrer ses tympans d'une symphonie monodique scelsienne. Une irrésistible envie de siffler le prit soudainement et il recréa dans son esprit la musique qui l'obsédait. Bientôt, Quattro piezzi su une nota suola emplissait son cerveau au rythme de ses pas inaudibles. Les pièces sur leur trajectoire étaient vérifiées puis une légère éraflure de couteau était imposée sur le cadran supérieur de la porte. Si une deuxième éraflure apparaissait automatiquement par la suite, c'était qu'une personne était passée après eux. Cette personne étant très certainement la fille recherchée. Cette technique avait été mise au point par un scientifique dont il avait oublié le nom. Certainement était-il mort.

    Soudain, des flashs bleutés se firent entrevoir dans l'enfilade de portes. Le groupe réduit s'immobilisa et attendit que la sécurité se mette entièrement en place. Chacun d'entre eux avait été équipé d'un sac parfaitement organisé, contenant une seringue remplie de sédatif puissant mais également une cape qui leur permettrait de passer d'une pièce à l'autre en traversant les défenses comme un couteau de cuisine passerait à travers un morceau de viande parfaitement cuit. Un autre cadeau de ce scientifique. Comment s'appelait-il, réellement ? Repoussant le questionnement dans le fond de son esprit, il se contenta de sortir la cape de son sac et de la passer sur son corps, prenant bien soin de fermer totalement les pans pour qu'aucun espace ne puisse se créer. Ils fonceraient tête baissée à travers la barrière, tel était le plan de base. Cela provoquerait une faiblesse temporaire quant à l'analyse de la pièce mais c'était la meilleure solution que l'homme leur avait proposé. Ou peut-être était-ce la seule qu'ils lui avaient laissé le temps de proposer. Il ne s'en rappelait plus. Dans tous les cas, il leur avait affirmé que ce genre de piège ne serait pas un problème pour eux et qu'il deviendrait alors une gêne pour celui qui l'avait programmé. Un nouveau rictus déforma le visage du squelette. Il aimait Pearl. Il avait apprécié passer du temps avec elle. Dans le fond de son esprit remua le relent de souvenirs agréables. Il était obligé de les repousser. Pour le moment.

    Tenez-vous prêts. Nous passerons la barrière quand tous les autres nous aurons signalé leurs positions.

    Un téléphone portable, vulgaire technologique moldue, apparut dans sa main et il attendit.
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Elada L. Enatari

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MessageSujet: Re: EVENT N°5 : Multi sunt vocati, pauci vero electi || Groupe 2   Mer 24 Déc - 12:45

Épuisée. Je suis épuisée ! C’est que Padraig devient vraiment bon au quidditch. Non pas qu’il était mauvais auparavant, mais il attrape une endurance à toute épreuve. Je dois m’entraîner plus sans quoi, bientôt, je ne tiendrai plus la route face à lui. Je ne dois pas le décevoir, pas plus que je ne dois décevoir mon équipe lors de la prochaine saison, je ne peux pas leur faire cet affront. Dès demain, je vais m’entraîner deux fois plus longtemps. Après tout, je n’ai pas grand-chose d’autre à faire pendant les vacances. Quoi que, je pourrais rendre une visite surprise à Laïla, ou organiser une pyjama party avec le dortoir… Kate et Becky seraient heureuses de passer la soirée à la maison. Il faut que je convainque Papa… Mais pour l’instant, douche, pyjama, lait chaud et lecture ! Jean Valjean ne m’attendra pas indéfiniment, c’est certain.

[…]

Ce bagne me donne des frissons dans le dos. Qui envoie quelqu’un en prison pour un morceau de pain ? Aladdin a manqué de passer sa vie enfermé parce qu’il avait faim… le monde est cruel, Walt Disney revisitant les Mille et une nuits ainsi qu'Hugo l’avaient bien compris. J’espère parvenir à être impartiale quand je serai auror. Et dire que l’année prochaine, j’entame ma formation… pour autant que j’obtienne les ASPIC nécessaires… Bon allez ‘Lada, concentre-toi sur ton bouquin ! Il faut que tu profites de l’absence de papa, il te distrait tout le temps… et cela fait longtemps que tu n’as plus lu en français.

[…]

Le murmure des pages qui se froissent et défilent, l’odeur que transmet le papier qui se transforme en mille senteurs venues de France, et l’émotion de ton petit cœur d’enfant qui se sert devant tant d’injustices et de cruautés. Hugo vivait dans un bien triste siècle. Mais qu’aurait-il dit nôtre ?

Un bruit se fait entendre, un vent fait onduler les rideaux et l’atmosphère orangée de la pièce se teinte d’émeraude. Il est tôt pour le retour de Papa et, de coutume, il n’utilise pas le réseau de cheminées. Je me demande…

« ELADA ! Nous allons jouer ! »

Erin. Son menton fin, ses cheveux châtains, ses pommettes hautes. Il y a longtemps que je ne l’ai plus vue, elle a changé : plus grande, plus fine, plus femme, mais elle garde néanmoins, dans le regard et dans la voix, la même lueur enfantine que celle que je lui ai toujours connue. Depuis qu’elle a quitté Poudlard, nous avons échangé de nombreux courriers. Elle ne répond pas toujours, cela dépend de ses humeurs ; mais je ne lui en veux pas, car je suis moi même assez sporadique. Elle n’a pas donné la réplique à ma dernière lettre, son humeur ou son emploi du temps l’en aura empêchée. Qu’importe, elle est là, aujourd’hui, devant moi, et elle veut jouer ! Bien que j’aurai bientôt dix-sept ans, j'aime continuer à jouer, car je reste persuadée qu'il n'y a pas d'âge pour l’enfance, mais seulement des moments adéquats. Qu’ils viennent me trouver, ceux qui pensent que l’âge de raison rime avec l’ennui, et je leur montrerai que je peux tout à fait être sage lorsque l’occasion le réclame. Mais en l’occurrence, ce soir, l’occasion ne réclame rien du tout, et Jean Valjean venant de quitter sa prison, aucune culpabilité ne m’assaillira si je le délaisse quelques heures. Qu’il vole libre comme l’air, maintenant qu’il le peut ! Moi, je m’en vais me délecter de ce que Bonne-Maman appelle « mon extrême jeunesse » !

J’observe Erin et sa mine enjouée et mes pupilles s’illuminent. Nous allons jouer, nous allons jouer ! Mais avant tout, j’aimerais lui montrer Margaux et son pelage de grand félin avant qu’elle n’atteigne sa taille adulte. Elle a beaucoup grandi, mais elle reste encore le même petit chaton tout mignon. Erin va l’adorer. Malheureusement, l’adolescente n’a pas le temps, elle veut partir, tout de suite. Peut-être allons-nous jouer au quidditch… ou peut-être allons-nous cuisiner quelques gâteaux. Je vais aller me changer… Non, Erin veut s’en aller tout de suite, et mon pyjama est confortable. Soit, je lui présenterai Margaux plus tard.

Elle me presse, je la sens trépigner d’impatience. J’abandonne donc mon livre ouvert sur l’accoudoir du divan et, trop heureuse de pouvoir utiliser le bloc-notes que Papa a enchanté, je griffonne un mot rapide à son intention : « Je suis partie chez Erin, je reviens dans la soirée ». Papa ne s’inquiétera pas, il me sait responsable, malgré tout, et il peut toujours venir à ma rencontre s’il le souhaite. Je pose le petit billet sur son bureau et, émerveillée comme si je découvrais le sortilège pour la première fois, je le contemple se plier en origami et s’envoler pour aller virevolter au plafond avec tous les autres. Il trouvera son destinataire une fois celui-ci à la maison.

Comblée, je souris et me retourne : ma camarade de jeu s’en est déjà allée. Je m’approche donc également du foyer qui crépite paresseusement et, me saisissant d’une poignée conséquente de cette merveilleuse poudre qui, depuis l’enfance, me transporte de lieux en découvertes, j’articule clairement ma destination. Les flammes blêmissent et seuls demeurent, dans le salon chaleureux que je viens de quitter, l’odeur du lait chaud et le claquement chiffonné d’ailes de papier qui s’ébattent en un balai aérien.

[…]

La chambre est grande, richement décorée et féminine, mais une atmosphère acerbe s’est allongée sur ce temple opulent du sommeil. Au milieu de la pièce sombre trône, telle un monarque oublié, Pearl, comme à son habitude élégamment vêtue. Mais elle ne semble pas être d’humeur à la courtoisie. Autour de nous, un réseau de faisceaux bleus se déploie et quadrille la maison dans laquelle je viens de pénétrer, alors qu’une ampoule rosée clignote au-dessus de la porte, accompagnée de sa sonorité stridente. Je ne comprends pas ou plutôt, je feins de ne pas comprendre. À quel jeu, exactement, Erin désire-t-elle se risquer ?

En réalité, j’ai bien conscience que nous ne sommes pas là pour nous divertir, et la remarque fleurie Pearl m’en donne la confirmation :

« Erin ! Elada ! Comme de petits chaperons rouges, vous vous êtes jetées dans la gueule du loup ! »

Bien malgré moi, je comprends : bingo, c’est notre jour de chance ! Comme toujours, nous arrivons au mauvais moment. Mais quand bien même cela serait encore possible, je ne rentrerai pas chez moi en laissant ces deux demoiselles combattre seules, pour autant qu’un quelconque adversaire puisse aller au-delà de ce dispositif de sécurité. Je ne doute absolument pas des capacités combattives d’Erin, et encore moins de celles de Pearl néanmoins, j’en suis convaincue, ma place est ici, à leurs côtés.

« Pearl, que se passe-t-il ? »

La question semble ingénue, mais elle est pourtant légitime. L’enclenchement du système de protection traduit la présence d’intrus, mais les allégeances – ou plutôt l’absence d’allégeance – de Pearl me conduisent à me demander : quelle est la faction qui se trouve là, prête à cueillir la jeune femme à même sa chambre à coucher ? L’Anneau de Jade… L’Ordre ? Dans ma gorge, un bruit sourd retentit comme une alerte : et si Papa n’était pas vraiment allé à l’hôpital ce soir…

Un rire éclate ; Pearl est hilare, fière de son propre génie, de la mécanique qu’elle a mise en place de ses mains habiles et de son génie avisé. Je la comprends, le dispositif est fascinant, grisant même…

« Vous aimez le pays imaginaire ? »

Intriguant.

L’œil perçant de la trafiquante me scrute et spontanément, je hoche la tête, non avec l’air ravi d’une fillette qui, en mal d’aventures et de féérie, guette l’ouverture de son parc d’attraction favoris, mais plutôt avec celui de la compréhension. L’univers de Pearl est probablement plein de surprises, et c’est celui-là même que nous nous apprêtons à explorer. Étrangement, alors que je devrais m’effrayer dans cette atmosphère suffocante, je me sens alerte, dans mon élément, tel un chat, agile, vif, souple, réactif, puissant, aux aguets. Dans ma main, ma baguette… Inquiète, j’étouffe un cri et lance un regard affolé à Erin, qui me dévisage sans comprendre. Déstabilisée, je chuchote :

« J’ai oublié ma baguette ! J’ai… »

Adroits mais nerveux, mes doigts fouillent les recoins de mon pyjama, et je la trouve nichée contre mes reins, dans la poche arrière de mon pantalon à motifs bleu et rose. Soulagée, j’expire bruyamment.

« Ah, non ça va… fausse alerte ».

Et, penaude, l’expression défaite et la bouche pincée, d’un ton confus, presque retenu, tout en faisant rouler mes yeux sur le côté comme pour éviter le regard des Smith, je prends un air contrit :

« Désolée ? »

Consciente que c’est précisément le genre de circonstance qui requiert de moi que je cesse de faire le bambin en couche-culotte, je reprends mes esprits. Avec ou sans baguette, je suis capable de me défendre et de dominer les peurs, rationnelles ou non, qui m’assailliront probablement au cours des prochaines minutes. Je nne suis pas affolée, il me suffit de me laisser guider par mes sensations et, comme lorsque je suis sur un balai, de laisser mon instinct me dominer.

Les yeux fermés, j’inspire profondément et c’est emplie que confiance je les ouvre sur un monde nouveau. Une œillade vers Erin m’apprend que sa détermination égale la mienne. J’expulse l’air vicié de la pièce. Intérieurement, je bouillonne, et l’énergie qui s’empare de mes membres me demande un effort physique auquel je ne m’attendais pas. Ma chevelure, plus rousse que jamais, semble s’enflammer. Désormais prête à explorer les profondeurs des élucubrations de l’esprit de notre hôte, je m’avance d’un pas, suivie par l’invraisemblable Erin, et c’est tout un microcosme de couleurs abracadabrantes qui s’ouvre à nous.
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Obscuro Momentum
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MessageSujet: Re: EVENT N°5 : Multi sunt vocati, pauci vero electi || Groupe 2   Sam 27 Déc - 10:07


    Deuxième tour

    Les sbires d'Artémis, au nombre de vingt, étaient tous éparpillés dans le Manoir, chacun se disposant selon un plan préétabli. Dans leur sac se trouvaient, parfaitement organisés pour qu'ils soient faciles d'accès, un téléphone portable, la fameuse cape qui leur permettait de passer à travers les défenses magiques qu'ils savaient exister mais également quelques seringues : celle emplie de sédatif avait été vidée dans le cou d'un garde, restait celle de venin d'acromantula, celle de venin de Doxy et le paralysant musculaire déniché dans une pharmacie par Dalaigh qui aimait mélanger les propriétés des médicaments magiques avec ceux de ces petits Moldus qu'il commençait à apprécier. Quelques fioles côtoyaient les seringues dûment emballées. Une potion d'Amnésie dans certains sacs, des philtres de Confusion dans d'autres et enfin, dans tous les sacs, des fioles d'Essence de Dictame. Seuls les dirigeants de chaque groupe avaient dans leur sac une Potion de Régénération Sanguine, à n'utiliser qu'en cas d'extrême urgence.



Ce qui se passe:

  • Les salles sont verrouillées et personne ne peut naviguer dans le Manoir sans une cape Brise-Glace.
  • Pearl, Elada et Erin sont dans la chambre principale et sont embêtées par les protections jetées par Pearl. Toutefois, Pearl détient un contre-sort qu'elle peut utiliser que deux fois avant que l'autre camp ne l'apprenne à leur tour.
  • Les membres de l'Anneau de Jade sont parfaitement préparés à toutes possibilités. Il vous faut deux oui pour valider un sort contre eux.
  • Si vous atteignez un membre de l'Anneau de Jade, vous pouvez récupérer toutes ses affaires.
  • Pearl, tu n'es pas au courant que Dalaigh fait parti de ceux qui t'attaque. Lorsque tu l'apprendras, tu seras déstabilisée.


Bonne écriture !
Le tour finira le 31 décembre, 23h59, heure du Québec.
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Pearl Smith

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MessageSujet: Re: EVENT N°5 : Multi sunt vocati, pauci vero electi || Groupe 2   Lun 29 Déc - 17:27





Ce jour tant redouté est aujourd’hui  arrivé


Au fond-elle, Pearl savait qu'elle était en danger. Elle avait comme cette certitude que l'on venait pour elle et que l'on ne lui ferait pas de cadeau. Regardant Erin et Elada, elle leur faisait un sourire qu'elle voulait serein. Elle voulait que tout cela semble pareil à un jeu. Elle composa sur son téléphone portable un numéro Italien. Il y eut à peine une seconde de sonnerie avant qu'une voix grave ne dise Pronto. Pearl en eu un parfait sourire. Entendre son père lui faisait toujours cet effet.

« Papa... Il me faut une extraction à la Smith... Je... Je t'aime. »

Avant même que son père ne dise un mot, la sorcière avait raccroché avec toujours ce parfait sourire. Elle rangea dans la poche invisible de sa robe son téléphone et s'asseyait un instant sur son lit. Elle réfléchissait aussi vite qu'il lui était permis de faire. Des milliers de choses lui envahissaient l'esprit comme pour mieux lui cacher la solution adéquate. LA solution Smith, LA valeur de la famille. En y pensant, elle avalait difficilement sa salive avant de se relever d'un air décidé.

« Les filles, nous changeons de robe. J'ai là des tenues qui bien d'être jolies, nous seront très utiles. Dans notre situation, des robes résistant à la magie et aux balles sont indispensables. »

Pearl ouvrait son armoire/dressing. Plus d'un millier de robes se dévoilaient devant elles. Claquant des doigts la sorcière changeait cette armoire de grily en armoire de guerre. Vêtements, armes, gadget en tous genre, il y avait tout. Les demoiselles n'avaient plus qu'à choisir.

« Faisons notre shopping... Vous avez carte blanche... »

Pearl savait déjà ce qu'elle voulait. Fuyant du regard les demoiselles, elle posa sa main sur le canon d'une arme particulière qui avait pour principale capacité de vous changer l'esprit. Cette arme était comme un monstre de l'âme. Avec elle, vous étiez capable de tout. Vous vous sentiez invincible et serein. Avec cette arme, ne pas appuyer sur la gâchette était un crime.

« Elada, regarde l'arme bleue juste devant toi... Tu vois sa cartouche ? Tu vois ces mouvements ? Avec celle-là, tu lâches dans l'espace, l'esprit de créatures disparues... D'horrible créature que seul un tireur capable de dominer ses sensations peut contrôler l'espace de quelques instants... Un tir, une cartouche... Une cartouche, 2 esprits... 2 esprits qui iront comme des détraqueurs se nourrir de la confiance de tes adversaires... Crois-moi, c'est radical... Si tu n'as pas peur, ils seront sans pitié... Ils disparaîtront après ça. Il te suffit de bien visualiser tes cibles...»

Pearl esquissa un sourire avant de prendre une robe de sorcière noire brodée d'or, bourrée de sortilèges de protections. Elle l'enfila rapidement par-dessus ses vêtements et regarda Erin qui avait comme à son habitude pris une arme lourde portable. Le pourfendeur. Capable de tout raser sur son passage, désintégrant toute vie. Pearl eut un léger rire et reprenant l'arme elle lui donnait une little monster. Arme aux allures de griffe de dragon dont une balle propulsée à la foi par la mise à feu et la magie transperçait à coup sûr un corps en lui laissant au passage un sortilège électrique qui vous déchirait les entrailles. Une arme que la belle avait conçue pour un ami qui lui été cher.
À peine, l'arme dans les mains d'Erin, l'on entendit un bruit sourd. Quelque chose approchait. Pearl espérait qu'un membre de son entreprise avait pu donner vie aux armures qui se trouvaient dispersées dans tout le manoir.

Dé 1:
 

« Erin, Elada... Il est temps de trouver votre Peter. Quand vous le verrez se sera comme une évidence et vous vous retrouverez dans une serre... Faîtes attention à Amélia, elle déteste qu'on la réveille, mais elle saura vous protéger si besoins... Vous attendrez papa... euh... Caul ou moi... N'essayez pas de sortir... Regardez l'océan. »


« Je n'aime pas Amélia... »

Pearl eut un léger rire. Amélia était une géante plante carnivore apprivoisée que Pearl avait accidentellement crée lors d'une explosion.

« Pourtant, tu as adoré lui donner des chocogrenouille... »

Se forçant à sourire, Pearl prenait Erin dans ses bras avec un pincement au cœur. Elle invita Elada à se joindre à leur câlin et toutes les trois se réconfortèrent ainsi quelques secondes. Pearl avait des frissons et se demandait si elle reverrait les deux demoiselles. C'était l'une des premières fois qu'elle prenait le danger au sérieux. La preuve ultime était cette arme qu'elle s'apprêtait à prendre.

« Allez, il ne faut pas traîner... Mes princesses, n'oubliez pas que je vous aime... Maintenant fermez vos yeux... Faites le vide et pensez au pays imaginaire... Monde utopique, malgré le danger... Un monde où la parole devient verbe... »

Une larme glissa sur la joue de Pearl pendant qu'elle posa doucement sur Elada et Erin ses index, les faisant partir de ce monde. Elle resta plusieurs secondes face au vide qu'avaient laissé les demoiselles tout en se concentrant sur sa respiration. Elle finit par faire disparaître cette petite perle salée de son visage et se dirigea vers l'armoire pour prendre une bonne foi pour toute l'arme en question. Fermant ses doigts sur l'engin, elle sentit tout de suite l'influence de cette création. Il fallait faire ressortir l'esprit guerrier de la sorcière peureuse qu'elle était. Si elle ne prenait jamais en compte, les mégardes de Jun, c'était bien pour ne pas avoir peur. Elle voulait se croire inatteignable, mais c'était loin d'être vrai.
La peur fit rapidement place à la confiance et a l'envie de se charger de ces violeurs de propriété. Sa baguette dans sa main droite, l'arme à feu dans l'autre, elle alla se poser sur son fauteuil en face de la baie vitrée. Elle n'avait plus qu'à attendre que la cavalerie arrive en espérant qu'elle serait là à temps. Elle attendait pendant que cette arme noire gagnait peu à peu du terrain dans son esprit de petite fille trop intelligente. Si une personne avait été là, elle aurait vu l'ombre de Pearl grandir pour mieux la dévorer.

"Charles?"

Dé 2:
 



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MessageSujet: Re: EVENT N°5 : Multi sunt vocati, pauci vero electi || Groupe 2   Lun 29 Déc - 17:27

Le membre 'Pearl Smith' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

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MessageSujet: Re: EVENT N°5 : Multi sunt vocati, pauci vero electi || Groupe 2   Mar 30 Déc - 15:08

De l'accompagnement sonore.:
 

« Papa... Il me faut une extraction à la Smith... Je... Je t'aime. »

« Papa ». Ce simple petit mot me fait l’effet d’un plongeon en plein hiver dans un lac gelé et mes entrailles se serrent tant et si bien que, l’espace d’un instant, la peur prend le dessus sur mes facultés de réflexion. Les mains tremblantes, je repense au foyer que je viens de quitter et que je n’ai pas le droit d’abandonner. Bien plus qu’une question de volonté, je n’ai pas le droit.

Pour calmer mes tremblements, j’expire l’air vicié de la pièce et, palpant pleinement la tension qui s’y est installée, je reprends confiance. Faire preuve de courage ne signifie pas ne pas avoir peur ; et mes peurs, je peux les dominer.

J’observe Pearl. L’air serein qu’elle affiche n’est qu’une façade destinée à nous apaiser ; assise là sur son lit, dans une réflexion que je n’ose pas briser, je la sens bouleversée.

« Les filles, nous changeons de robe. J'ai là des tenues qui bien d'être jolies, nous seront très utiles. Dans notre situation, des robes résistant à la magie et aux balles sont indispensables. »

D’un mouvement ample, notre hôte nous dévoile le dressing dans lequel elle stocke précieusement un nombre exubérant d’habits divers et variés et, d’un claquement de doigts, le transforme en un véritable repère de guerre. Devant mes yeux hallucinés se déploient des tenues dignes des plus grands guerriers ainsi que des armes dont je ne me risquerais pas à prononcer le nom. Ébahie, je retiens une expression admirative. Je n’aurai probablement pas l’occasion de tester la moindre de ces instruments de combat néanmoins, Pearl me fait comprendre que l’une de ces robes brodées d’or m’est destinée. Fascinée, je laisse glisser le tissu fin entre mes doigts et en admire la délicatesse ainsi que la résistance. Au contact satiné de l’étoffe, un sourire se dessine sur mes lèvres encore vaguement tremblantes et j’en recouvre mes épaules ainsi que mon pyjama. Je jette alors un regard à mon amie qui se pare de manière similaire, et son regard m’apprend que mes pantoufles en forme de coccinelles me décrédibilisent au plus haut point. Cela m’est bien égal, je combattrai pieds nus, s’il le faut.

« Faisons notre shopping... Vous avez carte blanche... »

À ces dires, je pose un œil incrédule sur la trafiquante. Ainsi finalement, je disposerai d’un pistolet. Ce fait me révèle toute l’absurdité de la situation : deux adolescentes – dont l’une en pyjama – se préparent à affronter un ennemi sans visage dans l’antre d’une négociante d’armes et de drogues un soir proche de Noël, quand elles devraient être occupées à se délecter de mets goûteux et de jeux insouciants. Je ne sais comment me situer : je suis effrayée mais j’ai conscience que si je deviens jamais auror, ma routine paisible sera régulièrement brisée de la sorte.

Ceci n’est qu’un exercice.

C’est cela, un exercice. Et mon défi est de rester calme. Je suis calme.

Une arme. Petite, délicate, bleu et or, absurde. Elle ressemble à l’un de ces revolvers moldus, mais en plus stylisé. Ses motifs sont compliqués, son canon est double et large, mais elle reste maniable. Incertaine de mes gestes, je tends le bras, ferme un œil et vise la fenêtre. Légère, fluide, elle tient dans une main, on la croirait sortie d’un film de science-fiction ; elle est parfaite. Mais saurais-je l’utiliser ? D’un geste vif, je la place dans un étui de cuir noir qui ceint ma taille, du côté gauche, afin que ma main droite reste disponible pour ma baguette. À ce moment, ma robe s’alourdit comme si je venais de le laisser choir de nombreux cailloux dans mes poches. Un tâtement compulsif m’apprend que je dispose désormais de nombreuses munitions, je ne saurais dire combien, je ne veux pas savoir. Cet équipement me pèse, mais il reste léger malgré tout.

Perdue dans ma contemplation, je me concentre pour mieux dominer mes sensations et ne reprends contact avec la réalité qu’au son de la voix douce d’une mademoiselle Smith qui m’entraîne malgré moi dans une câlinerie que je n’avais pas prévue. Les démonstrations d’affection physiques m’ont toujours mises mal à l’aise sans que je n’en comprenne la raison, mais je n’en fais nullement la remarque. Les deux demoiselles, probablement autant que moi, ont besoin d’être rassurées.

« Allez, il ne faut pas traîner... Mes princesses, n'oubliez pas que je vous aime... Maintenant fermez vos yeux... Faites le vide et pensez au pays imaginaire... Monde utopique, malgré le danger... Un monde où la parole devient verbe... »

Un sourire. Le contraste entre son attitude si affectueuse et son activité professionnelle est saisissant, et le frisson qui se termine dans ses prunelles liquides m’émeut et me redonne la volonté de dominer mes craintes. Si seulement Padraig était là… Un instant, je me demande comment agirait mon ami dans une telle situation. Assurément, il voudrait se battre mais surtout, il voudrait aider. Pourquoi ne pouvons-nous rester dans cette pièce pour soutenir Pearl ? Je m’apprête à lui poser la question, mais ses mains, puissantes malgré les apparences, nous forcent à l’aide d’un contre-sort à pénétrer dans ce monde parallèle qu’elle appelle « Pays imaginaire ».

Un pas. Un deuxième, et j’entre presque malgré moi dans un univers nouveau, fait d’eau et de mille et un visages inertes. Nous sommes sur une barque, Erin m’accompagne. Nous voguons. À notre droite, une pagaie. Instinctivement, je l’empoigne et bat la rivière noire de mouvements lents. Tout autour de nous, les poupées agitent nonchalamment leurs têtes de cire. Je connais cet endroit, il nous emmène de pays en pays et le temps semble y reculer. La nuit approche à nouveau. L’eau se trouble, sous la barque, un étrange animal graveleux et verdâtre. Le siècle coagule, et une musique angoissante remplace la première, lancinante, répétitive. Tic tac. Tic tac. Tic… tac. Deux yeux, énormes, globuleux, rodent à la surface luisante du fleuve froid. Mais dites-moi, que fait le crocodile sans le capitaine ? De l’enfant ou de l’adulte, je ne sais qui pose la question.

Silencieusement, nous fendons le calme reptilien de la couche sombre et aqueuse et le chant des pantins se mêle à celui de l’écailleuse créature qui nous suit. Une mouche à lunettes, petite, fatigante, obsédante, tourne autour de nos têtes engourdies. Bientôt, nous posons un pied souple sur la terre mouvante. Le paysage chante et les poupées s’éloignent, formant les frontières nébuleuses de cet étrange pays. Au loin, un lapin blanc m’apprend qu’il est en retard et partout, partout, la neige ; froide, dure, limpide comme le flot qui s’écoule sur la roche. L’hiver, partout le gel. Il fait froid, en témoigne les lèvres bleuies d’Erin et mes doigts engourdis. Et puis, les paroles de Pearl, obsédantes, qui s’affichent dans l’air comme un écho bienveillant : « Vous aimez le pays imaginaire ? ». Imaginaire, imaginaire. Tout ceci n’est que le fruit de mon imagination. J’en ai conscience, mais l’effet est des plus réel. Erin a froid, très froid, et je ne peux que la l’apaiser. À moins que… Un bruit sourd et je clos mes paupières. La forêt de Sherwood, Robin et, au loin, Adam, qui conte nos exploits versifiés. Le froid s’éloigne, mais mon amie tremble toujours. Elle est restée en décembre. Confiante, je lui attrape les mains pour la rassurer et l’emmène à l’autre Pôle, entre deux buissons graciles.

Non, Jean, je t’en prie, ne fuis pas ! Ce cher scieur de la Halle n’en n’a pas fini avec nous !

Je secoue la tête. J’en ai fini de me jouer du temps. Lentement, les secondes s’écoulent, une par une : tic tac, tic tac, toc toc… le temps dégouline, palpable, incarné. Physiquement, il s’écoule, perdu dans un immense sablier. Il n’est plus que sable et poussières et bientôt, il nous enserrera à la gorge et nous étouffera. Nous devons partir. Déterminée, je me fraye un passage dans ce désert lactescent, mais la frontière que créaient les poupées s’est métamorphosée en une barrière de verre beaucoup plus proche, matérielle, tangible, oppressante. Translucide, elle me laisse entrapercevoir Robin qui fuit au loin. Et face à nous, trois paires de globes jaunes, immenses, percés de fentes reptiliennes, qui nous observent sous leurs écailles rouges. Jafar ne s’est jamais contenté d’être le génie incompris. Nos pouvoirs égalent les siens, il les veut pour lui seul, il veut être à la fois le Saint-Esprit, le Père et le Fils, le génie unique, du mal ou du bien ça lui est égal, tant qu’il est l'original, le fort, le puissant. Quand les minutes nous auront ensevelies, il disposera de nous à sa guise, et fera de nos petits corps désarticulés de nouvelles marionnettes immaculées, sans vie… Un monde de sorciers désossés sera notre nouvelle patrie. Erin crie et moi-même, prenant conscience que ces pupilles fines et menaçantes appartiennent en réalité aux iris bleutés de trois assaillants, je commence à m’inquiéter. Que les corps auxquelles elles appartiennent aient conscience de la réalité ou qu’ils soient comme nous perdues dans une divagation m’importe peu, elles sont nuisibles. Erin s’enfonce et suffoque ; si je suis Robin, je me dois de la sauver.

Les serpents me fixent, je les observe et petit à petit, mon corps se meut en un une carcasse similaire. Erin sombre, sa main disparaît. Héroïque comme je voudrais l’être, je me faufile. Ma peau se perd, se transperce de toutes part. Je ne peux plus respirer, je ne peux plus respirer. Et toute cette énergie qui se canalise en moi, monopolise mes entrailles comme une sphère aux contours informes et incontrôlables, prête à jaillir. Tic tac, tic… intérieurement, je bouillonne, j’ai peur, je perds le contrôle. Mes sens surchauffent, je ne vois plus rien et soudain…

Souviens-toi ‘Lada, tout ceci n’est que le fruit de ton imagination.

Dés:
 

Le choc a été violent, mais nous nous en sortons relativement indemnes. Haletante, tremblante, ne prenant pas la pleine conscience de ce qui venait de se passer, j’enserre l’arme qui repose contre ma hanche. Que m’est-il arrivé ? Erin va bien, je vais bien, mais il n’en va pas de même des trois couleuvres qui semblent rapetisser au rythme de nos respirations. Elles ont un sac et une cape, dont Erin s’empare après qu’elle a repris ses esprits. Me concentrant toujours à reprendre ma respiration, je l’observe s’approcher de moi.

« Relève-toi, nous devons continuer », me dit-elle simplement.

J’acquiesce. Nous ne pouvons rester là, tapies dans mon immobilité. Je me redresse alors et, m’empare de l’un des sacs qu’elle me tend. À l’intérieur, des fioles diverses et variées, ainsi que des seringues. Que diable nos agresseurs ont-ils en tête ? Dédaigneuse, jouant avec le médaillon qui pend à mon cou, j’observe le petit groupe ramper sous les retombées et je me saisis de l’une des fioles que contiennent les sacs. Tout ici est déformé, je pourrais me méprendre sur leur contenu et je ne suis pas certaine de vouloir les utiliser sur ces hommes. Ceux-ci, en ce qui les concernent, ne représentent plus aucun danger, qu’ils restent là. Quant à nous, nous devons avancer, quitter cette pièce. Instinctivement, je m’habille de l’une de leur cape. Les protections de Pearl sont nombreuses, et tout comme ma robe me protège des sortilèges et des armes, leur manteau les abrite probablement de quelques mauvais sorts. Quitte à porter trop de vêtements, autant être préparée à toute éventualité… Erin m’imite et toutes deux continuons notre chemin, emportant avec nous, en réserve, la sacoche et la cape supplémentaires.


Dernière édition par Elada L. Enatari le Sam 10 Jan - 6:27, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: EVENT N°5 : Multi sunt vocati, pauci vero electi || Groupe 2   Mar 30 Déc - 15:08

Le membre 'Elada L. Enatari' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

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MessageSujet: Re: EVENT N°5 : Multi sunt vocati, pauci vero electi || Groupe 2   Sam 3 Jan - 20:11

Rappel des règlements des dés.

♦Vous n'avez droit qu'à 1 sort d'atmosphère, 1 sort offensif et 1 sort défensif par réponse.

♦ Seuls les dés vous permettent de valider ou non un sort et il est interdit de changer l'énoncé de vos sorts après tirage des dés. Par exemple, vous avez marqué "Oui : Le sectumsempra touche Alice et Non : le sectumsempra ricoche contre le mur et ne fait qu'entailler la joue de Frédéric" et le dés vous dit Non, il est alors interdit d'intervertir vos deux énoncés pour que cela vous arrange.

♦ Deux dés sont nécessaires pour lancer un sort offensif.

♦ Pour la validation d'un sortilège dirigé contre un PNJ, il faut lancer deux dés et prévoir quatre cas de figures. Seul deux Oui entraînera la validation d'un sortilège, qu'il soit offensif ou défensif, et touchera le PNJ.

♦ En ce qui concerne les sorts de soin, le tirage des dés est là aussi obligatoire, sauf pour les Médicomages.

♦ Les sorts tels que "Accio" ou "Lumos" ne sont pas réglementés et peuvent être utilisés autant que désiré.

Troisième tour

Pearl et Elada combattent les assaillants en se plongeant dans les Pays imaginaires. Dalaigh, préparé aux tours que Pearl pourrait lui jouer, marche confiant vers son emplacement. Il est maintenant possible de circuler "librement" à travers le manoir, mais il faut garder l'oeil ouvert pour des pièges.


Directions:
- Puisque Lorcan et Dalaigh ont manqué ce tour, ils seront pénalisés (ou leur faction sera au désavantage)
-Pearl détient l'avantage pour l'instant.
- Dalaigh va devoir jouer à l'innocent devant elle, ce qui va confondre ses troupes; ce sera pour lui un moment de faiblesse et il sera vulnérable.
- Elada se montre apte à suivre les instructions de Pearl, mais elle perdra le contrôle d'une arme ou d'un sortilège et blessera accidentellement Lorcan (à vous de voir comment cela peut se produire).

Si vous avez des questions quant à l'équilibre des blessures/afflictions, veuillez envoyer un mp à Matthias ou à Victoire.

Bonne écriture !

Ce tour se terminera le 8 janvier 2015 à 23h59, heure du Québec.
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MessageSujet: Re: EVENT N°5 : Multi sunt vocati, pauci vero electi || Groupe 2   Sam 10 Jan - 12:43





Ce jour tant redouté est aujourd’hui  arrivé


*Ne craints rien. Je suis là, juste derrière toi. Personne ne pourra te faire de mal. Personne...*
J'avais cette phrase qui me résonnait dans la tête. Cette phrase d'un Jun combattant. D'un homme prêt à tout pour me protéger. Il me l'aurait dit s'il avait été là à côté de moi. Il m'aurait dit qu'il fallait que nous partions. Je devais sortir d'ici. Il fallait que je me lève de ce fauteuil de grande personne. Mais il y avait ces bruits... Ces cognements de combat qui m'effrayaient. Même l'arme que je tenais dans mes mains ne pouvait me faire oublier ma peur. Je m'inquiétais aussi pour ces petites personnes qui n'avaient rien avoir avec cela. Pourquoi les avais-je envoyées loin de moi ? C'était à moi de les protéger. C'était moi l'adulte et c'était à moi de faire en sorte qu'il ne leur arriverait rien. Un ultime bruissement me fit comprendre que le DOMUS était tombé. Tous pouvaient circuler librement dans le manoir. Certes, il y avait des pièges. Il y avait ces armures vivantes, ces puits sans fond, ces pièces prison, mais cela n'était pas suffisant. Des hommes suffisamment intelligents et entraînés arriveraient à déjouer ces tours de passe passe. Il n'y avait que la force de l'Homme pour contrer sa propre force.
Me levant lentement sans faire de bruit, je me dirigeais vers la porte de ma chambre. Ma main gauche enfermant ma baguette tremblait. J'observais ma main droite ne faisant plus qu'un avec cette arme à feu diabolique. Oh, non, cette main-là ne tremblait pas. Mon index frôlait avec passion le déclencheur de la mort qui a mes yeux brillait. Il voulait que sans la moindre hésitation je l'actionne. Il y aurait des cris, du sang et des larmes que je ne pourrais supporter. Mais l'appel de cette machine était trop fort.
La porte s'ouvrait sans le moindre grincement, laissant apparaître un couloir un couloir où je fus directement remarquée par l'un de ces intrus.
Pendant ce moment, le temps fut comme au ralenti. Je croisais à peine les yeux de cet être vivant que mon arme se levait face à lui et tirait. Il n'y eut qu'un petit sifflement presque inaudible avant que l'homme ne soit violemment projeté en arrière, faisait que le sortilège qu'il me lança frôlait ma joue qui se trouvait désormais légèrement égratignée. Je caressais mon visage lentement et faisais une grimace. Je supportais très mal la douleur sans parler de mon cœur qui se débattait. Un cœur dont le cognement me faisait atrocement mal.
J'avais beau essayer de fermer les yeux pour me contrôler je ne parvenais à rien. Je respirais comme si je venais de courir un marathon. Mon corps dégageait une chaleur insupportable et j'avais l'impression que me déplacer était un vrai challenge. J'avançais la larme à l'œil, zigzagant parfois. J'en enlevais mes chaussures à talons, je me laissais glisser le long des murs, sans savoir où je devais aller. Je pensais au salon. Jun y serait peut-être. Je priais pour qu'il y soit, mais il ne devait pas savoir que j'étais là. Il devait peut être m'imaginer tranquillement dans la villa de mon papa sur le bord de la piscine. Il y avait tellement d'options que j'avais la migraine. Je regardais autour de moi sans voir âme qui vive. Certain jonchait le sol et j'étais incapable de regarder s'il était mort ou vivant. J'avais à peine regardé l'homme que j'avais abattu. Il avait eu un effroyable cri de douleur qui m'avait glacé le sang. Il mourrait très certainement seul dans un couleur mal éclairée.

Avançant toujours, j'entendais quelques voix. Une de ces voix me sembla être celle d'Erin. J'eus pendant un cour instant un sourire sur les lèvres avant que je ne découvre les silhouette de deux mécréants aux regards vide de sentiment. J'eus à peine le temps de me dissimuler derrière un fauteuil et de tirer à deux reprises. J'ignorais totalement si je les avais touchés. Il y avait eu un bruit sourd, mais rien qui me donna une idée de l'état de mes adversaires. Je le découvrais lorsqu'un sort me souleva du sol. L'un deux était au sol. L'autre, cependant, n'avait rien. Il devait m'avoir en d'égout pour avoir fait de son partenaire un morceau de chaire et de sang. Sans pouvoir bouger, je le regardais s'approcher une seringue à la main. Ne lui restait-il plus que quelques centimètres qu'une masse s'abattait sur son crâne. Je sentis les fines gouttes de sang me gicler au visage avant de tomber à genoux sur le sol. L'armure me fit relever et se mit dans l'encadrement d'une porte. Lui n'était pas humain, mais j'avais plus de compassion pour cet homme en fer que pour celui qui venait de perdre la tête.

La porte du salon était désormais devant moi. Je l'ouvrais calmement en espérant y trouver ma délivrance, mais je n'y trouvais rien. Je n'y pas ce que j'attendais. Il y avait bien une personne qui de dos me fit espérer que j'étais sauvé. Je l'espérais, mais je sentais que quelque chose n'allait pas. Mon mal de tête ne se fit que plus fort et ma poitrine trop douloureuse me firent pleurer. Je n'avais plus l'esprit assez clair pour réfléchir. Difficilement, je me laissais tomber sur un canapé et cherchais impulsivement après avoir laissé tomber ma baguette un verre déjà plein d'alcool sur la table basse. J'en cassais une carafe me blessant légèrement la main. Je ne voulais pas regarder ce qui pouvait être un mirage. Je repliais donc mes jambes contre ma poitrine et masquais mon visage.

« Papa... Viens me chercher. »

dés:
 







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MessageSujet: Re: EVENT N°5 : Multi sunt vocati, pauci vero electi || Groupe 2   Sam 10 Jan - 12:43

Le membre 'Pearl Smith' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

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MessageSujet: Re: EVENT N°5 : Multi sunt vocati, pauci vero electi || Groupe 2   Sam 10 Jan - 18:12

Strauss. Jaloux de l’attention que j’accordais au crocodile, il emplit l’immense manoir de son plus bel aria. Mais nous ne devons pas nous laisser distraire. Il nous suffit d’avancer, simplement avancer. Et si d’aventure nous rencontrons encore le venin de l’un ou l’autre serpent, et bien nous n’aurons probablement aucun mal à nous en débarrasser. C’est cela, aucun mal.

Encore légèrement essoufflée d’avoir bien malgré moi canalisé et libéré tant d’énergie, je reprends mes esprits – pour autant que cette assertion fasse encore sens dans un microcosme aussi fantasmagorique que celui dans lequel nous nous trouvons. Et tout autour de nous, c’est l’univers qui s’étale, se distend. Le ciel d’encre s’étoile et une voie lactée d’un rouge sang se déploie sur toute sa longueur. Erin chevauche à mes côtés, elle semble aller mieux. Nous évoluons lentement, tout en prenant le temps de diriger avec soin nos montures vers les endroits qui nous semblent les plus appropriés. Un pas, et puis l’autre, en silence, doucement. Les trois gaillards que nous avons laissés derrière nous ne nous rattraperont probablement pas, mais je soupçonne fortement qu’ils soient plus que trois à oser s’attaquer à une forteresse de cette envergure. Que peuvent-ils donc bien vouloir à Pearl ? Mes lèvres se serrent. Je ne suis pas si innocente que je ne puisse pas imaginer des motifs de griefs contre une trafiquante d’armes et de drogues. Qu’importe, des gars aussi bien préparés et équipés ne sont probablement pas non plus blancs comme neige. D’ailleurs, s’ils l’étaient, ils ne s’en seraient pas pris à deux adolescentes. N’avons-nous pas l’air fragiles, avec tout notre attirail ? Intérieurement, je ricane.

Au fur et à mesure que nos déplacements nous mènent de montagnes en collines, les étoiles descendent en fins lambeaux le long de leur azur. C’est désormais dans mon rêve que nous nous trouvons, cela ne fait aucun doute. Et si mes songes se déploient avec tant de splendeur, je n’aurais probablement aucun mal à y trouver mon Peter. Je me demande quelle forme prendra celui-ci… Mais avant cela, je crains que nous ne devions affronter mon ennemi de toujours. Après tout, quelle bonne chanson mènerait si vite de preux chevaliers à leur Graal, et qui plus est sans leur faire rencontrer d’autres péripéties qu’une simple petite attaque dont ils sortent victorieux et sans heurts ? Et de fait, Henry-Clifford est là qui nous guette. Je sens sa présence toute proche et l’entend presque déployer ses longs yeux et ses mille dents carnassières. La prudence est de mise.

Nos licornes s’affolent. Elles aussi devinent la présence de l’animal, et sous leurs sabots, un liquide gluant se répand. Dans les yeux du canasson, la peur se mêle au reflet humide du firmament et tout en guettant l'adversaire d'un œil prudent, je flatte son encolure de soie pour la rassurer.

Et puis soudain, un vrombissement me fait comprendre que le prédateur a cerné ses proies, tapi dans l’ombre il se prépare et moi, j’hésite. Arme ou baguette ? Je ne veux pas avoir à choisir. Sûre de moi, j’augmente donc la pression de mes cuisses sur la bête affolée, je cale mes genoux contre ses ailes repliées et libère mon poing gauche des rênes. Si l’unicorne provient de mes fantasmes les plus profondément enfouis, je saurai le guider sans devoir la le diriger ; il suivra ma pensée.

Un pistolet dans une main et la baguette dans l’autre, le dos dressé et l’abdomen gainé pour ne pas perdre l’équilibre, je m’arrête, examinant le zéphyr étoilé. À mes côtés, Erin suit le moindre de mes tressaillements autant que je calque les siens. Nous formons une équipe efficace. Et puis, la pluie filante se met à déferler et les astres radieux deviennent météorites, nous forçant à éviter leurs lourdes trajectoires. Et dans ce ballet insensé, insensiblement, mon vieil ami s’approche. Il nous fait face désormais, et je n’avais pas souvenir qu’il fut si gros et si grand, mais surtout qu’il fut jamais accompagné d’une dame gastéropode. La demoiselle lui ressemble. Elle est légèrement plus petite – ce qui ne l’empêche pas de nous surplomber d’au moins trois mètres – mais elle semble plus agressive. Je n’ai pas peur, je n’ai pas peur. Ce n’est pas que ce cauchemar ne m’a jamais terrifié, mais je sais. Je sais que le cauchemar n’est pas la réalité. Et je sais aussi que, à l’image d’un épouvantard, Heny-Clifford peut tout à fait devenir la plus drôle des créatures. Nous avons joué aux cartes en prenant le thé, autrefois. Il suffit de savoir le tourner en dérision. Non, vraiment, il ne m’effraye pas, quand bien même je suppose que derrière ses globes oculaires globuleux et bien trop nombreux se cache un autre de nos chers visiteurs.

Le corps droit et paré à la moindre attaque, j’observe leurs constitutions visqueuses se mouvoir vers nous. Cette substance flasque est à l’image de ces mollusques que l’on retrouve échoués le long des plages et cette vision qui emplit mon esprit ne manque pas de m’arracher un sourire amusé. Intérieurement, je jubile de me retrouver dans cette situation des plus bouffonnes : certes, deux escargots gommeux nous font face, mais la froideur du métal dans l’une de mes paumes et la chaleur du bois dans l’autre m’emplit d’un sentiment de confiance incroyable. J’ai l’impression de voler ; je retrouve la sensation que j’éprouve lors des matches de quidditch. Je me souviens de cette fois où Marcus Borrow m’a narguée de son sourire édenté en espérant que cela me déstabiliserait. Il ne savait pas encore à qui il avait à faire. Comme si un Serpentard aussi ridicule pouvait… Voler, c’est cela ! Quelle bonne idée !

Un mouvement du bassin, une impulsion des jambes, et voilà que mon étalon au pelage de ténèbres déploie ses ailes gigantesques pour m’élever au-dessus du limaçon qui, énervé, gesticule mollement. Il est grotesque. Et soudain, je repense à l’épouvantard. Le terrible escargot sanglant a beau ne pas être d’humeur joviale, je sais désormais quoi faire. Ainsi, alors que je virevolte et tournoie autour des deux monstres pour les désorienter, je transfère le poids de mon corps vers l’avant et, dirigeant ma baguette vers leur essentiel graisseux, j’énonce clairement et avec conviction :

« Oppugno ! »

Spoiler:
 

Un vol de couleurs chatoyantes s’expulse de ma baguette et une myriade d’oiseaux s’attaque avec foi aux deux êtres à carapaces. L’air doux et gentil que dégage leur apparence chamarrée contraste plus que jamais avec leur férocité. Pour un peu, je jurerais que certains sont carnivores. Ils s’acharnent en effet tant et si bien que, crevant un œil par-ci, transperçant la peau par-là, ils finissent par rompre l’enveloppe charnelle de notre couple d’agresseurs à pied unique. Comme des ballons de baudruches qui explosent, ceux-ci se dégonflent alors dans un bruit risible et laissent derrière leur mue collante deux individus sanguinolents. Devant ce carnage, je ne peux m’empêcher de me demander si un Sectum sempra n’aurait pas été moins violent et à l'idée d'avoir éclaté les iris des deux hommes, je retiens un haut-le-cœur. Ma monture féérique me mène alors à eux et je constate avec bonheur que les fines membranes oculaires sont restées intactes. J’éclate alors d’un rire clair en hurlant ma victoire, le poing levé. Se joignant à ma joie, l’animal ébène bondit dans les airs, brassant l’air de ses sabots irisés. Joséphine serait fière de moi. Mais je suis consciente ne devons pas nous reposer sur nos lauriers pour autant. Je laisse donc glisser mes doigts le long du poil de mon porteur pour le calmer et je le guide vers nos deux agresseurs afin de vider le contenu de l’un de leurs sacs dans le mien, tout en regardant Erin inspecter les fioles du deuxième. Je crois que nous sommes beaucoup trop chargées, mais j’ai toujours beaucoup aimé ce dicton qui conseille de prévenir plutôt que de guérir. On ne sait jamais, après tout.

Et puis soudain, un une rumeur ronflante. Des reflets safran l’accompagnent. Je me retourne. Un gaillard de feu s’approche de nous en courant ; il tient dans son poing un objet pointu que je crois être une seringue. Une seringue dans une chaleur époustouflante. Un gaillard de feu, rien que ça… Levant les yeux au ciel, je secoue la tête d’un air désespéré. Un soupir et me voilà à chevaucher

Galopant telle une amazone, je m’approche alors de lui, ma chevelure rousse au vent, et sans trop réfléchir, je lève un bras assuré :

« Aqua Eructo ! »

Spoiler:
 

Une eau claire et limpide jaillit de ma baguette par flots abondants et je m’étonne de la puissance avec laquelle j’ai lancé ce sortilège que je guide avec difficultés en m’aidant de ma deuxième main. Mais le bonhomme est rapide et je ne parviens à le toucher que par infimes épisodes. Comme escompté, les flammes s’éteignent doucement, mais j’en veux plus. Je veux le voir à terre, inapte à nous agresser à nouveau. Un autre s’approche. Le premier semble lui vouloir du mal à lui aussi. Il est dans l’ombre, je ne peux le distinguer… Mais quand bien même je le distinguerais, les déformations que nous font subir cet univers me permettrait-elles de le voir sous son vrai jour ? Qu’importe, je dois toucher le premier. Aussi, je m’acharne à diriger ces tubes aqueux, m’épuisant légèrement à la tâche. Mais petit à petit, je perds le contrôle de la licorne que toute cette cohue angoisse. Je crois qu’elle ne supporte pas la contrainte physique que je lui impose. Moi-même, je faiblis. Du cheval ou de l’homme, je dois choisir. Non, je peux tenir les deux... Si seulement je n’étais pas si lourdement équipée. Un soubresaut de l’étalon et je perds également le contrôle de mon sortilège, que je fais malgré moi dévier sur la droite, percutant de plein fouet le nouvel arrivé qui se trouve projeté contre un mur dans un tumulte mat.

Tout s’arrête et je n’entends plus que le bruissement de ma propre respiration. Désormais, je ne chevauche plus qu’une piètre bascule à crinière qui grince au rythme de son bercement trop lent. Où sont Erin et sa blanche monture ? Je m’inquiète et sursaute quand le contact chaud d’une main amicale effleure mon épaule. Je reprends alors mon souffle et fais craquer mes orteils dans mes pantoufles, comme pour vérifier ma propre consistance. Et enfin, toutes deux, baguettes tendues vers l’avant, nous nous avançons vers l’homme que je reconnais comme étant Lorcan Scamander. Celui-ci saigne par endroits et semble étourdi par le choc et je ne sais quelle attitude adopter. Il n’est pas équipé comme les autres et Papa dit qu’il a récemment rejoint l’Ordre. Dans mes prunelles vertes, une lueur s’allume et, dans un calme extrême, je pointe mon double canon vers lui :

« Que fais-tu ici ? », dis-je d'un ton ferme et décidé.

En mon for intérieur je m’interroge : dois-je lui faire confiance ? Que justifie sa présence ici ? Est-il seulement l’ami de Pearl ?


Dernière édition par Elada L. Enatari le Lun 19 Jan - 17:19, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: EVENT N°5 : Multi sunt vocati, pauci vero electi || Groupe 2   Sam 10 Jan - 18:12

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MessageSujet: Re: EVENT N°5 : Multi sunt vocati, pauci vero electi || Groupe 2   Dim 11 Jan - 13:50


    La symphonie résonne toujours contre les tympans insouciants du squelette. Il sait ce qu’il doit faire, ils savent tous ce qu’ils doivent faire. Lorsqu’Artémis lui avait exposé son plan, son cœur s’était figé l’espace d’un instant. Pearl. Celle qui l’avait fait se sentir vivant après l’annonce désastreuse de la mort de Selina. Pearl. Cette jeune femme, à l’esprit enfantin, qui avait fait vibrer son monde dans un ballet de joie. Pearl. Celle que son cœur avait choisie pour guérir le deuil. Puis il s’était décidé. Avait accepté. Et avait prévu.

    Après avoir passé la première barrière, un bruit avait attiré son attention dans un coin reculé. Un geste brusque avait envoyé valsé un corps déjà vide de toute vie contre un mur, entrainant dans sa chute un tableau d’une valeur probable. Puis le silence s’abattit sur la pièce. Plus personne ne respirait, le moindre craquement était étudié par les oreilles entrainées de ceux que Dalaigh avait choisi pour l’accompagner. Les bruits du combat reprirent, au loin. Des cris, des pas de course, des sorts qui ricochaient contre les murs et qui provoquaient des gerbes d’étincelles brillant jusqu’à leur champ de vision. Ils passèrent la prochaine porte.

    Rien. Personne. C’était comme si la providence lui offrait un chemin libre jusqu’au salon, qu’il devait atteindre à tout prix. Il ne savait pas pourquoi mais il était convaincu que Pearl y serait. Quelque chose, à l’intérieur de lui, qu’il croyait éteint depuis longtemps, avait remué. Un instinct. Une impression. Un espoir, peut-être ? Tout était si confus alors que tout avait été préparé avec tant de soin. Son esprit était embrouillé. Ses pensées ne commençaient que pour se perdre dans une bouillie sans forme et il n’attrapait que des bribes de réflexions.

    Il fallait qu’il trouve Pearl.

    Quelque chose changea. Un cri glaçant retentit, provoquant un silence de mort. Tout se figea. Le bruit de chute redonna vie au Manoir et, sans prévenir, Dalaigh se mit au pas de course. Les hommes qui le suivaient ne parvinrent pas à le rattraper. Il franchissait les portes, sans regarder si la moindre menace était présente. Ignorait les corps. Les lumières stroboscopiques. Enfin, la porte qu’il avait vue lors de sa première visite se dressa devant lui. Devant, de longues traces de sang étirées. La boule au ventre, il entra. Pearl était là, sur le canapé. Un homme était là, également. Sans attendre, il leva sa baguette et un éclair vert jaillit pour frapper l’inconnu en plein torse.

    Avada Kedavra:
     

    Un éclair coloré vint à sa rencontre mais s’écrasa contre le mur avant que le corps sans vie ne s’affaisse sur le sol. Dalaigh se rua aux côtés de la jeune femme qui semblait perdue dans son monde et lui saisit la main.

    Pearl, écoute-moi. Il faut qu’on sorte d’ici. Je vais nous faire transplaner dans le jardin et on avisera depuis là, d’accord ? Pearl, regarde-moi…

    Le regard vide de la brune se plongea dans le sien et elle commença à se débattre, comme si elle ne le reconnaissait pas. Le squelette referma durement ses bras sur le corps de son amante et entama la procédure de transplanage. Les coups que lui envoyait Pearl le déconcentraient et, lorsqu’il sentit le monde tourner autour de lui, il perdit brusquement le contrôle et leurs corps enlacés s’écrasèrent brusquement dans le jardin. Un peu sonné, Dalaigh se positionna au-dessus de la surdouée et attrapa ses poignets, l’immobilisant contre le sol.

    Calme-toi ! Je ne te ferais pas de mal.

    Transplanage:
     


Dernière édition par Dalaigh B. McLaughlin le Dim 11 Jan - 13:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: EVENT N°5 : Multi sunt vocati, pauci vero electi || Groupe 2   Dim 11 Jan - 13:50

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MessageSujet: Re: EVENT N°5 : Multi sunt vocati, pauci vero electi || Groupe 2   Mer 14 Jan - 10:00


    Dans leur monde imaginaire, Erin et Elada n’ont aucune conscience des identités qui les attaquent. S’épuisant lentement mais sûrement, les deux jeunes femmes finissent par perdre le contrôle de leur chimère et se retrouve projeter dans la dure réalité du monde. Ayant blessé Lorcan, elles se dirigent toutes deux vers l’homme et tentent de lui adresser la parole. Dans un mouvement mou, le sorcier relève la tête, les fixe un court instant et sombre dans l’inconscient. Incapable de retourner dans le monde peuplé de rêve et de cauchemars, les deux filles n’ont plus l’avantage de sentir arriver les adversaires et ne sentent pas que deux nouveaux groupes se dirigent droit vers elles. A l’extérieur, Pearl et Dalaigh passent pour le moment inaperçu. Ce n’est pas l’instant rêvé pour mettre les choses au clair mais peut-être qu’une rapide explication s’impose si l’homme ne veut pas se prendre un sortilège défensif de sa belle en pleine figure ?

  • Dalaigh a changé de camps, pour des raisons qui lui sont propres. Les deux jeunes filles ne sont pas au courant de ce changement d’allégeance et il faut espérer qu’il ne se fasse pas attaquer avant qu’il ne puisse s’expliquer.

  • Il reste une dizaine d’attaquants dans la maison et six d’entre eux se dirigent vers Elada et Erin. Grâce aux dés, déterminez combien d’entre eux sont déjà blessés en sachant que deux d’entre eux sont obligatoirement en pleine santé.

  • Lors de ce tour, il faudra sortir Lorcan du Manoir car, inconscient, il ne se réveillera pas avant un bon moment.

  • Vous avez jusqu’au mercredi 21 janvier, 23h59 heure française, pour poster votre réponse.
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MessageSujet: Re: EVENT N°5 : Multi sunt vocati, pauci vero electi || Groupe 2   Sam 17 Jan - 18:03





Ce jour tant redouté est aujourd’hui  arrivé

« Pearl, regarde-moi... »
C'était presque sécurisant. C'était presque trop beau. En levant les yeux, j'aurais tellement voulu apercevoir mon père ou Jun. Tellement aimer que l'un deux me prenne dans ses bras... En levant les yeux, je croisais ceux de Dalaigh. J'eus un moment d'absence tant cela me parut improbable. Lui et moi ne nous étions pas parlés depuis longtemps. Nos professions nous avaient éloignées sans réelle raison. Ou plutôt je savais qu'il était avec l'anneau de Jade... Cette même faction que je fuyais comme toutes les autres.
Paniquée, j'essayais de me débattre. Je regardais l'arme à feu dans ma main sans arriver à la diriger vers lui. Je ne savais si je devais le tuer ou le laisser parler. J'avais peur de lui. J'avais peur du masque qu'il avait décidé de porter cette nuit.
Des larmes glissèrent sur mes joues et je fus terrorisé lorsque je compris qu'il nous faisait léviter. Je ne pouvais partir d'ici sans les filles. Je ne pouvais en aucun cas être fait prisonnière ou fuir sans les avoir d'abord tirée d'affaire.


L'arrivée fut douloureuse. Je m'écrasais sur le sol et avais un gémissement. Toujours les larmes aux yeux, je remarquais que mon arme était à plusieurs mètres de moi. Je voulus la rejoindre, mais Dalaigh m'avait cloué au sol. Les poignets solidement maintenus sur l'herbe, je ne pouvais rien faire. Il était bien plus fort que moi.
Toute tremblante, je fermais les yeux et tournais la tête. Le regarder été au-dessus de mes forces. Je ne pouvais pas voir son visage qui me rappelait de bons moments. Je ne pouvais penser à de la joie alors que rien n'allait en ce sens.
« Calme-toi ! Je ne te ferais pas de mal. »
Ses mots me firent encore plus malheureuse. Je ne le croyais pas. Je ne voulais pas le croire. Il était forcément de ces attaquants. J'avais bien reconnu des membres de l'anneau de Jade. S'il n'avait pas voulu me faire de mal, il m'aurait prévenu de cette attaque, il aurait fait que jamais je n'eus à vivre ça.
J'essayais donc de me libérer de son emprise. Épuisée, je n'arrivais à rien. J'avais le sentiment que je ne tiendrais pas jusqu'au bout. Je me sentais piégée, encerclée, enfermée... J'avais du mal à respirer. Je ne voyais rien avec ces larmes. Je n'avais plus aucune carte en main. J'avais perdu. J'étais comme cette gamine au fin fond de cette campagne abandonnée. Je me persuadais que personne ne viendrait m'aider.
Je pleurais comme cette gamine que j'étais toujours, malgré mon corps de grande personne. Je ne pouvais pas canaliser cette part Peter Pan qui resterait dans mon cœur jusqu'à la fin.
Je pensais à Elada et Erin. J'imaginais leur détresse qui pouvait ressembler à la mienne.
« Ne faites pas de mal à Erin et Elada... Je ferrais ce que vous voudrez... Laissez-les... Elles n'ont rien fait... »
Tout cela était de ma faute. C'est moi qui avais accepté de fournir des armes pour une faction. Cest moi qui avais provoqué la mise à mort du roi en laissant une âme pure contrôler ma création. J'avais tenté le diable et celui-ci revenait à moi. J'avais eu tort. Jun avait eu, une foi de plus, raison. J'étais incapable de prendre une décision responsable. Pas même de savoir en qui je pouvais avoir confiance. Tournant la tête et regardant Dalaigh dans les yeux, j'espérais qu'il aiderait au moins mes deux protégées en souvenir de cette plage. Il n'avait pas pu oublier.
« Je t'en supplie... Laisse Erin et Elada. Tu n'as besoin que de moi. »

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MessageSujet: Re: EVENT N°5 : Multi sunt vocati, pauci vero electi || Groupe 2   Dim 18 Jan - 17:12


    La terreur dans les yeux de Pearl lui retourna le cœur. Il aurait dû faire plus, il aurait pu faire plus. La protéger, l’avertir, l’enlever une nouvelle fois et l’emmener, loin. Après ce qui s’était passé avec Selina, il aurait dû prévoir. Eviter que cela ne se reproduise. Il sentait qu’elle lâchait prise, en-dessous de lui. La candeur si agréable habitant son regard lorsqu’ils étaient tous deux sur la plage avait disparue, aspirée par la noirceur qui avait recouvert d’une fine pellicule ses iris verts. Sa respiration était erratique, ses yeux emplis de larmes qu’il devinait de défaite. Lentement, il libéra l’un de ses poignets, retira le masque qui dissimulait ses traits et essuya les yeux de la jeune femme.

    Ne faites pas de mal à Erin et Elada... Je ferrais ce que vous voudrez... Laissez-les... Elles n'ont rien fait... Je t'en supplie... Laisse Erin et Elada. Tu n'as besoin que de moi.

    Pearl… Je ne ferais aucun mal à ces jeunes filles, et j’ai besoin de toi mais pas de la manière à laquelle tu penses. Je ne te ferais aucun mal non plus. Je ne te livrerais pas à ces personnages hautains. Je ferais tout pour ne pas perdre un deuxième amour.

    L’incompréhension remplaça la peur. Emotion tout autant dévastatrice, engendrant des dizaines de sentiments différents. Il défit sa prise sur le second poignet délicat et attendit que Pearl reprenne ses esprits. Lentement, il se releva et tendit une main à la brunette pour l’aider à se remettre sur ses pieds. Les sortilèges ricochaient sur les murs, à l’intérieur, créant une lumière d’ambiance changeante et parfois assassine. Mais les cris et les bruits d’objets qui se brisent ne les atteignaient pas, les plongeant dans une atmosphère tout à fait particulière.

    Ecoute-moi. Ne m’attaque pas s’il te plait. Je suis venu avec eux, c’est un fait. Mais je savais que c’était la seule option pour arriver jusqu’à toi et te sortir de là par tous les moyens possibles. J’étais avec eux, je ne suis pas comme eux. Artémis n’a pas pris la peine de vérifier la pureté de mon sang, valeur chérie de l’Anneau de Jade. Si elle l’avait fait, elle aurait vu que je ne suis qu’un Sang-Mêlé. Jamais ils ne m’auraient accepté parmi eux. De plus, je ne me sentais à ma place dans aucune de ces factions. Le seul moment où j’ai cru trouver un semblant de logique, c’était sur cette plage. Pearl, est-ce que tu comprends ce que je te dis ?

    La jeune femme était d’une pâleur inquiétante mais semblait reprendre des forces au fur et à mesure que les secondes s’égrenaient. Dalaigh la soutint par la taille, la forçant à accepter une proximité nouvelle. Le poids du corps féminin se transféra presque automatiquement sur la gauche, prenant un appui avide sur le squelette. Avec douceur, il souleva la surdouée dans ses bras et la porte en direction opposée au Manoir. Il savait que les deux filles, Erin et Elada, se trouvaient encore à l’intérieur des murs de pierre. Mais il devait en premier lieu mettre Pearl à l’abri. Elle paraissait brisée. Comme si son innocente enfantine venait de se retrouvée projeter dans le monde cruel des adultes, où les conséquences de ses actes provoquaient des retours de flammes involontaires mais prévisibles. Un monde cruel où les moindres actions étaient réfléchies et pesées pour entrer dans un enchainement huilé de stratégies sociales construites. Un monde cruel où les enfants subissaient un lavage de cerveau afin d’intégrer rapidement les stratégies de leurs tuteurs. Un monde cruel où Pearl ne semblait pas avoir mis les pieds avant aujourd’hui. Peut-être avait-elle refusé de se laisser faire tout en étant consciente de tous ces complots autour de sa personne. Peut-être était-elle trop profondément enfoncée dans son propre monde pour remarquer les messes basses que chacun faisait sur tout et surtout n’importe qui.

    Ignorant les bruits qui commençaient à monter du Manoir, par les vitres maintenant brisées, il continuait droit devant lui. Le jardin parfaitement entretenu était dorénavant jonché de briques de verre, de débris plus gros projeté depuis l’intérieur et, par endroit, de morceaux humains. Dalaigh força Pearl à plaquer son visage contre son torse, voulant la protéger des dégâts que la mort faisait sur la conscience humaine. Déjà affaiblie, elle n’avait pas besoin que ses yeux se posent sur les restes de ses ennemis. Il savait ce qui était prévu. Maîtriser les gardes, trouver Pearl, la garder en vie pour l’amener à Artémis. Rien n’avait été dit par rapport aux éventuels dommages collatéraux qu’il pouvait y avoir. Une fois que les membres de l’Anneau de Jade se seraient rendus compte que la trafiquante d’armes n’était pas chez elle, ils finiraient le travail et disparaitraient. Erin et Elada devraient se débrouiller sans une aide extérieure car, contre lui, le corps de Pearl était secoué de sanglots et il ne pouvait pas se résoudre à la laisser seule. A moins que…

    Arrivés en bordure de terrain, l’homme s’assit le plus doucement possible sur le sol et fouilla dans la sacoche qu’il portait encore à son côté. Il en sortit le téléphone moldu, en ouvrit le clapet et tapa quelques mots sur l’écran lumineux. Le message s’envoya, en plusieurs exemplaires. Quelques mots qui, moins de cinq minutes plus tard, provoqueraient la disparition des survivants de l’attaque. Ils ouvriraient leur téléphone lorsqu’ils en trouveraient le temps, liraient les lettres noires sur fond blanc, se regarderaient avec un sourire satisfait et partiraient dans un claquement sonore. Il espérait seulement que le système dont Pearl lui avait parlé lors de sa précédente visite avait été mis en place sur l’entièreté du Manoir et intercepterai ceux qui essayaient de transplaner sans y être autorisé, les emprisonnant dans une prison de souffrance et de noirceur absolue.
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MessageSujet: Re: EVENT N°5 : Multi sunt vocati, pauci vero electi || Groupe 2   Mar 20 Jan - 11:13

« Que fais-tu ici ? »

L’homme relève la tête, nous regarde et défaille. Je lance un juron et, la baguette toujours pointée vers lui, je laisse retomber mon arme contre ma cuisse. Autour de nous, le calme a repris ses droits, ne dissimulant rien du chaos dans lequel nous avons plongé cette immense salle remplie de bibelots plus incongrus les uns que les autres. Je ne crois pas que nous soyons dans l’une de mes chimères, et les prunelles surprises d’Erin m’indiquent que nous ne sommes pas non plus dans l’une des siennes. Serions-nous retournées dans la réalité ? La décoration, l’air froid de la nuit, le silence lourd de l’après-coup, tout y ressemble. Et pourtant…

Mon attention se focalise à nouveau sur l’individu qui gît à nos pieds ; je ne sais toujours pas quoi penser de lui, mais je reste convaincue qu’il ne se trouve pas ici pour la même raison que les autres. Palpant la chair de son cou pour en deviner le pouls, j’expulse un soupir rassuré en constatant l’allure régulière de celui-ci. Et puis, me relevant, c’est mon propre désarroi que je constate. Maintenant que nous nous trouvons dans un univers tangible, j’ai l’impression de perdre tout contrôle. Il y a ce sorcier à mes pieds ; Erin que, pour des raisons qui me sont propres, je me sens tenue de protéger ; et sa bienfaitrice qui, bien plus que je ne l’aurais cru, m’inquiète. Devrions-nous la retrouver dans sa chambre ? Elle aura bougé, sans doute. Et d’ailleurs, qui me dit que les pièces ne se déplacent pas elles aussi ? Perdue dans toutes mes interrogations, je me sens bien moins l’âme d’une guerrière que je ne le voudrais. Songeuse, je porte mes ongles à mes lèvres. Ce n’est pas le moment de m’attarder sur mes états d’âme de petite fille craintive. Il y a un temps pour toute chose, Elada, me dirait papa. Il aurait raison, probablement. Que fait-il d’ailleurs, en ce moment ? Est-il déjà revenu de l’hôpital ? S’étonne-t-il seulement d’une absence si longue ? Quelle heure est-il ? Portant mon regard à ma montre, je constate que, derrière le cadran brisé, les aiguilles se sont arrêtées l’une sur le onze et l’autre sur le huit. Instinctivement, je porte ma main à mon cou pour vérifier la présence rassurante de mon médaillon, que j’effleure lentement. Vraiment, quelle heure est-il maintenant ?

Un jet de lumière, un coup et mes genoux, autant que mon ventre et ma poitrine, rencontrent le sol. Étalée sur mon dos, Erin se redresse par mouvements lents et minutieux, l’index sur les lèvres pour m’intimer le silence. Et toutes deux, sans un bruit, nous profitons de l’obscurité pour nous dissimuler autant que faire se peut et observer la scène. Mes cheveux sont noirs et courts désormais, autant que mes pupilles. Ca ne change peut-être pas grand-chose, mais c’est toujours moins visible qu’une crinière fauve. Plus rien, le calme plat. Le sortilège, pourtant, était bien réel, et il a manqué de nous arracher un bras, ou pire encore. Une lueur verte n’augure jamais rien de bon, je ne sais que trop quels genres de sorcelleries elle peut dissimuler.

Six attaquants:
 

Bien décidées à survivre à tout ceci, Erin et moi nous retranchons derrière une table qui a basculé là en même temps que notre invité surprise. La circonstance est angoissante néanmoins, je reste d’un calme à toute épreuve, réservant mes angoisses pour des temps plus appropriés et fouillant les lieux du regard à la recherche de nos assaillants. Et puis je distingue une ombre, cachée derrière une première, plus grande. Et enfin, une troisième, perchée non loin des deux premières. Chacun guette les gestes du groupe adverse et j’ai l’impression de rejouer un mauvais épisode de la guerre des tranchées. Malheureusement, je ne dispose ni de masque ni de gaz. Lentement pourtant, ma main se libère de l’arme que je n’ai pas quittée depuis que l’alarme a retenti et examine le contenu de mes poches trop lourdes. À moins que…

Je déglutis. Je ne crois pas ressentir le besoin d’utiliser des grenades magiquement améliorées dont je ne connais pas les effets, néanmoins tout en ressaisissant fermement mon revolver, je considère doucement cette possibilité, que je tâte comme un interdit… tentant, mais trop honteux.

Profitant de ce que je me perds en tergiversations inutiles, un autre éclair jaillit, et puis un suivant qui m’apprend que je me suis trompée en croyant ne devoir affronter que trois adversaires. Un bref instant, je me sens perdue et désorientée : je crois j’aimerais juste rentrer à la maison. Allez, reprends-toi Ela’, concentre-toi !

À mes côtés, Erin retient un tremblement. Je plisse les yeux et laisse lentement glisser la boule qui obstrue mon œsophage vers mon estomac : ils sont en réalité six, pour autant qu’il ne s’en cache pas d’autres ailleurs. Cette histoire n’a qu’assez duré. Mesurant la gravité de la situation et n’écoutant que ma folie, je me lève d’un bond hâtif, me saisis du poignet de mon amie et l’entraîne dans ma course : « Cours ! », dis-je d’un ton pressé.

Sans rechigner, elle me suit, ce qu’entreprennent aussi de faire nos nouveaux petits amis. Mais il s’avère que si je suis plutôt du genre rapide, l’âge avancé de certains ne les laisse pas en reste. C’est alors que, tout aussi tourmentée que moi par l’affaire dans laquelle nous nous trouvons, Erin se retourne à demi, pointe sa baguette vers les indésirables et prononce ces quelques mots salvateurs :

« Impedimenta ! »

Spoiler:
 

Brillant. Prononcé en toute hâte, le maléfice n’est pas parfait, mais il ralentit néanmoins le groupe d’hommes de façon considérable, autant dans ses déplacements que dans ses gestes. Ils nous destinent encore quelques belles paroles néanmoins, nous évitons celles-ci avec une relative aisance. Et puisque le miracle veut que de l’air frais proviennent du couloir adjacent au salon dans lequel nous nous situons, probablement n’avons-nous plus qu’à nous faufiler jusqu’à lui et à quitter ce manoir étouffant. Quitter le manoir, oui, mais pas avec une horde affamée à nos trousses. Car si la horde traînasse, elle recouvrira bientôt ses capacités. Consciente qu’il s’agit du moment idéal pour agir et nous débarrasser d’eux, je m’arrête en priant Erin de continuer sans moi : « Sors d’ici, attends-moi dehors ! ».

Je détache alors mes iris de la belle pour coller leur noirceur sur les faciès fatigués de nos ennemis. L’un d’eux semble gravement blessé et peine à suivre l’allure folle imposée par les autres. Un deuxième boîte et soutient tant bien que mal son bras droit qui menace de pendre dangereusement. Bien, en voilà deux qui ne feront pas grand mal. Les quatre autres, par contre…

Je lève le menton. Au centre de la pièce se trouve un lustre démesuré, tout de cristal et de perles et surtout, vraisemblablement très pesant. Une idée me vient alors, et je vise sa précieuse attache :

« Confrigo ! »

Spoiler:
 

Avec satisfaction, je suis l’évolution de mon incantation qui se dirige vers la suspension massive et en rompt les liens. Elle n’est pas parfaite, mais dans un tintement clair, le lourd objet de verre fend l’air et, dans la puissante mélodie de ses apparats qui s’entrechoquent, vient s’écraser contre le plancher vernis, distribuant ses éclats nacrés aux convives exaltés. Sa pureté éclate et se répand et, sur le sol, des centaines de perles roulent dans un ballet insensé. L’une d’elle vient se nicher contre mes orteils et je délie mes paupières pour constater les résultats : bien que sanguinolents et meurtris, deux hommes sont encore debout, et je devine à leurs mouvements que bientôt, le sortilège de la protégée de Pearl prendra fin. Celui qui semble le plus robuste de tous – un petit blond trapu, le crâne légèrement dégarni – cherche d’ailleurs quelque chose de caché sous sa cape. Je m’apprête à le gratifier à nouveau de ma complaisance, mais puisque que c’est un téléphone qu’il sort de sa poche, j’abandonne toute charge à son égard. Je me souviens alors de celui que j’ai malencontreusement heurté quelques minutes plus tôt, que je ne me sens pas le droit d’abandonner là mais qui se trouve de l’autre côté du lustre. Un soupir et je pointe vers lui ma compagne de bois :

Spoiler:
 

Comme transporté sur l’un de ces brancards moldus, la belle endormie s’élève dans les airs et, tout en courant à grandes enjambées, je l’extrais de sa forêt enchantée pour l’emmener avec moi loin de tout ce carnage. Mais je ne prête malheureusement pas assez attention à ce corps si lourd au bout de mes doigts meurtris, de sorte qu’en passant la porte qui me mène dans le couloir, je heurte celui-ci contre le papier peint. Un second choc en passant la deuxième porte et son corps retombe mollement sur l’herbe verte. Ce que tu peux être mauvaise, Elada ! Confuse, mais pas pour autant décidée à le laisser ainsi gésir dans l’entrée, je décide de le traîner derrière un muret, où j’espère qu’il n’attirera pas l’attention malgré les traces laissées dans l’herbe menue. L’exercice est long et difficile, et il m’épuise tant que, pour un peu, je me croirais asthmatique.

C’est ainsi que, essoufflée mais néanmoins satisfaite de l’avoir mis à l’abri, je délie mes jambes dans le jardin en suivant mon intuition qui, je l’espère, me mènera à Erin. Mais je ne trouve mon amie nulle part et malgré moi, je panique. Ma voix se trouble et tremble :

« Erin ? »

Une minute de fouilles plus tard, le découragement s’empare de moi : seul le vent répond à mes appels désespérés. Fatiguée, je déplie mes phalanges et laisse tomber l’arme de Pearl sur la terre mouillée. Je me débarrasse ensuite de toutes ces protections dont je ne ressens plus le besoin et qui m’alourdissent le corps et l’esprit, les écoutant lentement glisser contre l’étoffe de mon pyjama et choir dans les brins graciles. La brise voyage dans ma chevelure à nouveau longue et rousse ; elle la gonfle et caresse ma peau. Et ainsi, immobile, désormais seulement armée de ma baguette, j’observe son murmure dans les branchages.

Oh, Erin, où es-tu donc allée ?

Bientôt, le tourment s’empare de mes glandes lacrymales, et je sens couler mon inquiétude liquide sur mes joues, silencieusement, calmement. Mais l’inactivité, je le sais, ne résous jamais rien. Aussi, tandis que je me retourne pour détailler la demeure dans toute sa grandeur je ressers l’étreinte de mon poing sur mon arme de toujours, décidée à agir. Jamais je n’aurais dû demander à la brunette de partir seule.

Un pas, et puis l’autre sur le terrain mouillé me mènent vers l’intérieur de la gigantesque bâtisse, mais alors que je m’apprête à me jeter à nouveau dans la gueule du loup, des sanglots bruyants captent mon attention. Persuadée de retrouver-là l’égarée, je m’élance elle et m’arrête net en constatant mon erreur : quelques mètres plus en avant, la trafiquante, en pleurs, semble se reposer sur un homme à l’allure de squelette. Ma gorge se noue et mes iris verdoyants se dessèchent : cette vision bloque toute ma mobilité et je reste là, perdue entre mon incompréhension, ma peur et ma fatigue, à ne pas savoir si je dois ou non les rejoindre et leur crier mon malheur.


Dernière édition par Elada L. Enatari le Mer 21 Jan - 10:58, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: EVENT N°5 : Multi sunt vocati, pauci vero electi || Groupe 2   Mar 20 Jan - 11:13

Le membre 'Elada L. Enatari' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

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MessageSujet: Re: EVENT N°5 : Multi sunt vocati, pauci vero electi || Groupe 2   Sam 14 Mar - 18:29

Post de clôture


Le silence s’abattit sur le Manoir Smith. Les éclats intempestifs de lumière colorées lâchèrent leurs dernières gerbes pendant que les diamants du lustre s’égrenaient sur le sol, répercutant leur bruit pur entre les murs désormais vides. Plus une respiration, plus un seul corps encore doté de vie. A certains endroits, les peintures soigneusement choisies étaient maintenant couvertes de longues trainées pourpres, nouvelles toiles de maître glauques.

Les opposants avaient disparu, sur l’ordre de Dalaigh McLaughlin, le leader qu’ils ignoraient avoir changé de camps. Leurs corps étaient retenus dans un endroit plus qu’étrange, à l’atmosphère épaisse et au soleil invisible. La tension qui y régnait avait déjà fait hurler plusieurs détenus alors qu’ils ne s’y trouvaient que depuis cinq petites minutes. L’air suffoquant faisait résonner leurs cris de peur, les emprisonnant pour mieux les leur retourner. Ils deviendraient fous très rapidement, entendant leur détresse revenir à eux par vague imprévisible. Ils n’avaient aucune chance de s’en sortir, leur magie étant ici inutile.

Dans le jardin auparavant bien entretenu, trois personnes se faisaient face. Pearl, déboussolée, semblait ne tenir debout que grâce aux bras du squelette passés autour de son corps frêle. Dalaigh, bien que sanguinolent par endroit, ne paraissait pas le moins du monde affecté par ses blessures superficielles. Elada, quant à elle, s’était figée sur place, comme en prise avec un doute énorme. Elle ne savait si la jeune femme était en sécurité dans l’étreinte de cet inconnu atypique ou si elle se devait d’intervenir. La baguette tremblait entre ses doigts fins alors que le couple s’approchait d’elle. Le squelette leva la tête, lui offrit un sourire épuisé et resserra Pearl contre son torse. Les sanglots brisaient le silence étouffant qui s’était imposé depuis que les membres de l’Anneau avaient transplané.

« Nous devrions partir. Quitter cet endroit, aller dans une maison hors de tout et que personne ne connait. Ils ne vont pas tarder à se rendre compte que quelque chose n’est pas normal. »

La voix grave de l’homme était un bruit réconfortant dans cette ambiance presque post-apocalyptique. Pearl hocha simplement la tête, faisant confiance à son ancien amant ce qui enleva tout doute de la part d’Elada. Dalaigh posa une main douce sur le bras de la petite rousse, ferma les yeux pour mieux se concentrer ce qui l’empêcha de voir le mouvement léger entre les buissons. Un craquement violent déchira le voile surnaturel qui entourait le Manoir et les trois corps disparurent.
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Des centaines de kilomètres plus loin, le même craquement se fit entendre entre les murs d’une maison plutôt atypique. La chaleur était presque étouffante, l’humidité plaqua immédiatement une pellicule de transpiration sur les visages blessés mais aucun ne se sentit en danger. La maison était isolée, sur une île au large des côtes de l’Equateur, plus précisément situé sur l’île Genovesa. Tout le monde la croyait inhabitée, ce qui avait offert un cadre parfait pour une retraite stratégique si le moindre problème survenait. Ils ne savaient pas combien de temps ils allaient rester ici. Probablement longtemps. Mais les paysages étaient superbes, ils s’habitueraient à la chaleur et leur magie leur fournirait tout ce dont ils pourraient avoir besoin. Une nouvelle vie commençait pour eux. Une vie qu’ils n’avaient pas choisie mais que les événements leur avaient imposée. Ils devraient faire avec.
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